XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mercredi 16 juillet 2008
Mon cher Victor,

 
Ce matin, en me levant, je me suis dit que je m'étais privée d'un plaisir tout particulier. Ah oui ? Et lequel ?Très récemment, je t'ai raconté mon dernier jour à l'école de C. mais j'ai omis un moment tout à fait agréable : le goûter !
Aaaaahh ! Comme dans de nombreuses classes, j'avais choisi de faire un petit goûter pour fêter la fin de l'année avec mes CE2-CM1. Et au lieu de faire ça dans la classe, nous avons fait cela sur la pelouse de l'école. On avait les verres, les assiettes en carton, les gâteaux, les bonbons, les boissons...

Il faisait beau. Les fourmis venaient chatouiller les pieds des gamins en sandales, d'où des crises d'hystérie collective. Certains étaient de service, prenant leur rôle très au sérieux. J'étais détendue. Eux aussi. Je sais qu'en théorie, cela n'a rien d'exceptionnel, ce que je raconte là. Beaucoup de maîtres et maîtresses (tous ?) font un goûter pour le dernier jour de classe. J'imagine que pour moi, c'était différent : mon premier goûter de maîtresse qui s'en va, mon premier départ d'instit' bien accrochée à ses élèves... Ils étaient tous serrés autour de moi, plus ou moins en rond. J'avais beau leur dire de s'écarter, que nous avions toute la pelouse pour nous tout seuls, ils étaient là, agglutinés autour de moi. Ou... Autour des bonbons ? Oui, peut être... Vas-y, casse moi mon rêve, Victor ! Bref. On était bien. On a parlé de tout et de rien. J'ai fait des plaisanteries. J'étais légère. Eux aussi. J'étais légère et heureuse, heureuse de partager ce moment avec eux, avec eux tous.

Nous nous sommes empiffrés de gâteaux et de bonbons, nous avons beaucoup ri. J'ai encore en tête leurs bouilles pleines de chocolat, leurs rires étouffés par le Coca-Cola, leur joie de vivre. Et puis il a fallu rentrer et faire les cartables, pour la dernière fois. Bonjour tristesse. Les remercier pour cette année passée avec eux, parce que je pense sincèrement que l'enrichissement va dans les deux sens. Ils m'auront beaucoup aidée, tous, à me faire rire quand j'avais envie de pleurer, dans les moments de doute. Ils n'en ont pas conscience, bien sûr, mais ils ont été mes tout premiers élèves, tous ces loulous... J'ai donné mon adresse à ceux qui la voulaient, c'est à dire qu'ils se sont tous précipités sur le papier de brouillon pour l'écrire, promettant que "Maîîîîtreeeeesse, je vais vous envoyer une carte de mes vacaaaaaaaances !". Sourire. Et puis il arrive un moment où il faut se dire au revoir. J'ai embrassé les plus demandeurs, caressé la tête des plus pudiques. Ils sont tous sortis. Derniers roulis des cartables, éclats de rire qui chantent. "C'est les vacaaaaaaaaaaaances !". Et puis il y avait ces mamans à la sortie, venues me remercier et me saluer. Me souhaiter bon courage pour cette nouvelle aventure brigadesque. "Vous lui avez beaucoup apporté, vous savez... Merci.". J'accepte les bouquets. J'ai l'impression d'avoir gagné le Tour de France ou je ne sais quelle compétition fleurie. Et puis plus personne. Le vide de la classe, les affiches à décrocher, mes affaires à rassembler. Blues. Inéluctable.

Mais ce n'est pas ça que je retiendrai. Au fond, les cartables qui s'éloignent, les casiers vides, la classe nue, c'est triste à pleurer, et je veux garder leurs sourires édentés, leurs visages barbouillés, leurs gargouillis de Coca-Cola... Oui, vraiment, c'était bien, ce goûter sur l'herbe.
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Mercredi 6 août 2008
C'est de recevoir une carte postale d'une de mes élèves (enfin, ancienne élève, il faut que je m'habitue !) qui me fait mille bisous sous le soleil du Sud.
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Jeudi 7 août 2008
Mon cher Victor,



L'Ecole me manque. Et quand l'Ecole me manque, le moyen le plus sûr pour me rapprocher d'elle, c'est encore d'écrire à son propos. Ou de préparer ta rentrée, Mirabelle... Certes, certes. Bref. Pas plus tard que tout à l'heure, j'ai été faire un petit tour sur
le site de Jack, qu'on ne présente plus. J'en ai profité pour lui piquer l'image jointe à cette conversation : j'adore ! Dis moi... Je croyais que tu ne parlerais plus de ton métier avec moi ? Oui mais là... Hem... Le site n'est pas encore prêt, vois-tu... Alors en attendant... Alors tu t'es dit : "En attendant, continuons de boucher les trous avec ce brave Victor !"! Pfff... Ce que tu peux être susceptible !

Donc, quand je suis tombée sur cette image, ça m'a fait rire (comme d'habitude sur "Danger Ecole") et puis surtout, cela m'a évoqué plein de choses. Entre autres, un sujet qui me tient à coeur et que je n'ai pas eu le temps, je crois, de développer auprès de toi : les instit's meubles. Qu'est ce que c'est que cette bestiole ? Cette année (enfin, l'année dernière, il faut vraiment que je m'y fasse !), certains parents m'ont pris pour une sorte d'étagère fixée aux murs de l'école. Tu sais, ce genre d'étagère classique, pas spécialement belle, pas spécialement laide, qu'on ne remarque même plus parce qu'elle est là depuis des années. Sauf que toi, tu n'étais pas à l'école de C. depuis des années ! Oui, évidemment.

Il m'est arrivé plusieurs fois, alors que je me détendais en écoutant tranquillement de la musique dans ma classe (tout en continuant de corriger les cahiers, hein, cela va sans dire !), de voir débouler des parents vers 19 h le soir. J'avoue que dans ces cas-là, on se sent un peu atteint dans son intimité. Surtout quand c'est pour se faire enquiquiner avec des problèmes secondaires. Bref. On laisse tout en plan, cahiers et préparations, on sourit, on écoute, on conseille, et il est déjà 20 h qu'on n'a pas eu le temps de s'atteler aux cahiers du jour. Du coup, on quitte l'école sur les nerfs, parce qu'on n'a pas pu être aussi efficace qu'on auraît dû, ruminant de frustration : si cette maman avait pris rendez-vous, on aurait pu organiser notre travail autrement et ainsi gagner en productivité. Mais non. C'est tellement facile de venir frapper à la porte de la classe comme si de rien n'était !

Je me demande souvent si certains parents sont conscients que nous sommes des personnes avant d'être des instits. Que nous avons une vie, à côté de notre tableau noir. Que, comme tout le monde, nous avons des jours sans et des jours avec, des jours où on aimerait qu'on nous foute la paix.  Pour certains géniteurs, l'instit' dort et mange dans sa classe. Même, l'instit' VIT dans sa classe : sa vie, C'EST sa classe. Arrête avec tes majuscules, Mirabelle, ça m'agresse ! Si tu n'arrêtes pas tout de suite, je m'en vais ! Tu as vraiment des réactions tout à fait surprenantes, mon Victor ! Bref. Qu'est-ce que je disais ? Ah oui, voilà ! Certaines de mes collègues recevaient les mêmes parents tous les soirs, et en général plus d'une heure. De la folie pure. Elle aurait dû taper du poing sur la table un bon coup ! Oui, sans doute. Et quand on ne sait pas dire non, c'est comme pour tout dans la vie... On se fait avoir ! Certains parents, qui cherchaient l'enseignant de leurs enfants, sont allés jusqu'à venir frapper à ma classe pour s'étonner du fait de ne pas trouver le maître ou la maîtresse à son bureau, allant jusqu'à me demander de justifier son absence. Ooooh ! Si si si ! Cela ne s'invente pas, ces trucs-là !

En résumé, notre fonction nous dépasse. Si le stéréotype selon lequel il n'y a plus personne dans l'école quand la cloche a sonné continue de couler des jours heureux, il s'avère pourtant que la réalité montre que nous sommes disponibles pour les parents après 16 h 30. De là à dire que certains considèrent que vous êtes à leur disposition... Il n'y a qu'un pas ! C'est très contradictoire, et injuste, car il y a réellement peu de parents qui se soucient vraiment de déranger ou non. Au moins, ils le demandent par politesse ! Oui, c'est déjà ça, certains n'en prennent même pas la peine. Et nous ne sommes que rarement "reconnus" pour le boulot fourni. Il doit y en avoir qui pensent qu'enseigner, c'est facile ! Oh oui, certainement. Il y aura bien un jeu de télé-réalité pour lancer ce challenge un de ces jours : tu imagines, Victor, des parents candidats pour remplacer l'enseignant de leur gamin ! Ah, ben, je rirais bien, moi, devant ma télé, à les voir galérer dans une classe de trente gamins !
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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