XXIeme siecle

Janvier 2008
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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mardi 1 janvier 2008
Mon cher Victor,

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Bonne année,  Mirabelle ! Bonne année, Victor, bonne année... Tu pourrais  y mettre du tien ! Je t'accueille les bras ouverts et toi tu... Excuse-moi, Victor, c'est juste  que je n'aime pas particulièrement le 31 Décembre, ni le 1er  : nous ne l'avons jamais fêté à la maison.  Ah... Eh oui, ça arrive ! Tu pourrais tout de même faire preuve de bon coeur envers ceux qui t'aiment et qui t'entourent ! Mais j'y mets du coeur ! On ne dirait pas ! Evidemment, si tu  attends que je sorte d'un gâteau géant avec des cotillons et que je déclanche un feu d'artifice et que... Pfff... Allez, allez ! Tout de suite ! L'exagération ! Bon. Que me vaut l'honneur de ta présence ? Rien. Je passais juste comme ça pour dire que je suis bien contente qu'une nouvelle année commence. Je croyais que la nouvelle année n'avait aucune importance pour toi ? Eh bien...

2007 fut une année mitigée en ce qui me concerne. J'ai, d'un côté, acquis mon indépendance et atteint certains de mes rêves, parmi les plus accessibles : avoir un bel appartement et un chatounet rien qu'à moi. 2007 fut également l'année du grand saut puisque ça y est, je suis enfin maîtresse, même si j'avoue que cela ne correspond pas tous les jours à mon idéal du métier, ne serait-ce qu'au regard de la place démente qu'il occupe dans ma vie. Et puis maintenant, on nous demande de décrocher la lune... En résumé, du point de vue professionnel, cette année 2007 se révélera comme celle du désanchement mais... Pas du découragement ! Ahhh ! C'est drôle, il me semble avoir lu cela quelque part... J'avoue, j'avoue, la formule n'est pas de moi mais de la revue Le monde de l'Education, qui a publié un numéro spécial (très très intéressant) sur les jeunes instits'.
2007 fut aussi, bien sûr, et puisque toi et nos lecteurs avez suivi mes articles saupoudrés de larmes et orchestrés aux violons, l'année de ma séparation d'avec Johan. Séparation que je n'accepte pas encore, mais bon. Tant pis. Il y a bien un moment, paraît il, où il faut baisser les bras, même si ça ne me dit rien du tout pour l'instant. C'est donc en célibataire toute fraîche que je commencerai cette année 2008. Et toutes les aventures seront bonnes à prendre pour passer à autre chose !!! Roooooo, Mirabelle ! La luxure, désormais ! Mais je plaisante, enfin ! Allez, tu me connais, Victor : tu sais bien que je ne pourrais sauter dans le lit d'un homme sans être amoureuse... Quoi que...

Pour 2008, puisque l'heure des résolutions est venue... Bon, bien sûr, on sait très bien que les bonnes résolutions ne sont pas faites pour être tenues, mais enfin, jouons le jeu tout de même.

1) Obtenir mon permis de conduire (mon dieu, je vais finir dans le livre des Records...)
2) Trouver l'Amour (et cette fois, le Bon, avec qui j'aurai ma maison, mes bébés et tout le fatras)
3) Devenir la maîtresse que j'ai toujours rêvé d'être, ou du moins, commencer à le devenir, car je sais que cela ne se fera pas par un claquement de doigts.
4) Montrer aux gens que j'aime que je les aime, combien je tiens à eux (comme dirait David : "On devrait toujours dire avant l'importance que les gens prennent, tant qu'il est encore temps").
5) Faire du sport.
6) Prendre soin de mon corps une fois par mois : j'entends par là aller faire une visite à ma copine esthéticienne, dont, je l'avoue avec honte, je n'ai toujours pas profité des brillants services alors qu'elle exerce tout près de chez moi.
7) Revoir ma garde-robe et m'assumer en tant que femme (ah ah, je me fais rire moi-même !)
8) Trouver l'Amour (ah non, ça je l'ai déjà dit)
9) Arrêter de me ronger les ongles (j'ai déjà essayé, maintes et maintes fois, avec plus ou moins d'efficacité...).
10) Obtenir mon permis de conduire (je l'ai déjà dit aussi, je crois, mais enfin, il faut bien arriver au numéro 10).

Vaaalà pour mes bonnes résolutions ! En ce 1er janvier, je tenais à dire, puisque cela ne durera pas bien longtemps, que je suis pleine d'espoir quant à l'avenir, un sourire aux lèvres et le coeur débordant d'énergie ! Sur ce, bonne année à tous et à toutes !
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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Mercredi 2 janvier 2008

Mon cher Victor,

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Allez, revenons à l'essence de ce blog : l'Ecoooole !  Aaaah ! A force d'écouter, au choix, tes jérémiades  de petite amie bafouée et ou tes  futilités de célibataire toute neuve, j'en avais oublié que tu étais  institutrice ! Toi qui disais que j'étais trop centrée là-dessus... Tu ne manques pas de toupet !!! Hihihi ! Tu grimpes à l'échelle tout de suite !  Tu sais comment je suis...

Un sujet qui me trotte dans la tête en ce moment de par quelques petites ennuis que j'ai connus à l'école à cause de cela : les notes ! Les notes ? Oui. Ou plutôt : comment évaluer ? Pour le premier trimestre, j'avais prévenu les parents à la réunion : je ne mettrai pas de notes, du moins pas de notes chiffrées. Et pourquoi donc un tel choix ? Je déteste la compétition et le classement qu'on opère, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement, entre les enfants... Tu oublies que les enfants, eux-mêmes, entretiennent ce classement ! Oui, c'est vrai. Bon. C'est qu'ils sont féroces, à cet âge là...

J'avais donc dit que je noterai sous forme de lettres pour instaurer un climat de travail agréable en cette première partie de l'année. Bon. Volonté quelque peu idéaliste, j'ai eu tôt fait de m'en rendre compte, puisque les enfants trouvent toujours le moyen de comparer leurs notes, surtout si, comme moi, on fait la bêtise d'affubler les lettres de + ou de - pour signifier que telle ou telle notion est plus ou moins bien acquise. En résumé, cela n'évite pas du tout le phénomène si bien connu des instits' et si bien connu de chacun d'entre nous, qui avons tous été un élève, j'entends le phénomène du : "T'aaaaaaaaaaas coooooombiiiiiiiiiiiien ???????". Ce beau principe est donc difficilement tenable. Pourtant, je l'ai défendu au mieux tout au long de ce premier trimestre.

Jusqu'à ce fameux jour où un père est venu se plaindre à moi de mon système de notation. Bon. Son gamin "a besoin de notes, ça le booste", "dans le bulletin, il n'y a que des appréciations" et "Toutes les maîtresses donnent des notes". Bon. Avec toute la diplômatie dont je suis capable, j'ai tenté d'expliquer à ce monsieur que les notes n'étaient pas obligatoires et que contrairement à ce qu'il affirmait, toutes les maîtresses ne mettaient pas de notes, pour la simple raison que notre liberté pédagogique nous donne le droit de choisir le système qui nous convient le mieux.  J'ai également précisé que les lettres étaient en soi une notation et que tout était expliqué dans le bulletin. Bon. A vrai dire, il ne me semble pas qu'il m'ait vraiment écoutée, d'autant plus qu'il a été faire un scandale à la directrice par la suite, allant jusqu'à proférer des menaces : "Cela va monter très haut !". Oh mazette... Voici ta carrière en péril !

A la pause de midi, j'en parle aux collègues. L'instit' de CM2 a l'air bien embêté pour moi : "Au début, je faisais comme toi. J'appliquais ce qu'on nous avait appris, je ne mettais pas de notes. Sauf que c'est bien joli, tout ça, mais les parents, ils en veulent des notes. C'est difficile à comprendre pour un Inspecteur... En théorie, nous sommes dans notre droit, bien sûr, car la hiérarchie nous déconseille de mettre des notes chiffrées, donc à la limite, tu vois, l'Inspection va totalement approuver ton choix. Mais enfin... Quand tu te retrouves avec un tout un tas de parents sur le dos, qui ne jurent que par la note, la note, la note... Il y a un moment où tu penses aussi à faire ton boulot dans les meilleures conditions possibles... Et là, tu mets des notes chiffrées, quitte à déplaire à l'Inspecteur !".

Mon dieu, mon dieu... Et ce père a appelé l'Inspection ? Je n'en sais fichtrement rien et à vrai dire, je ne me fais pas du tout de souci. Je n'ai rien à me reprocher. Je fais mon boulot du mieux que je peux. Non, à vrai dire, ce n'était pas vraiment sur les menaces que je souhaitais attirer ton attention, Victor, mais sur ce satané problème de notes.

Que faire ? On nous a dit, à l'IUFM, que mettre des notes chiffrées, "c'est mal". Sauf qu'on a omis de nous préciser, comme dans la formation en général, que les parents font de plus en plus partie de l'école, et que bien faire son métier, aujourd'hui, c'est aussi bien tenir compte d'eux. Ah, ça, ce n'est pas une nouveauté... Combien de fois t'ai-je entendu dire ici, Mirabelle, que la relation aux parents étaient totalement éclipsée lors de votre formation ? Oh, je ne les compte plus ! Toujours est-il que cette histoire de notes, ça me turlupine beaucoup. Cela me fascine presque de constater combien certains parents sont obnubilés par la note. Pourtant, par la note, on tend à montrer si une compétence est acquise ou non. C'est aussi le but des A, des B, C et D que j'ai choisis d'adopter. N'est-ce pas là l'important ?

Bref. Je pensais de toute façon changer mon système pour le deuxième trimestre. Les gamins vont être ravis ("Maîîîîîtresse, pourquoi vous mettez pas de notes ? Avec notre maîtresse de l'année dernière, on avait des notes !!!") et les parents aussi, même si je ne le change pas pour faire plaisir aux parents. J'ai bien envie de mettre des points rouges et des points verts, qu'est-ce que tu en dis ? Eh bien, Mirabelle, si tu veux vraiment savoir ce que j'en pense... Ehm... Tu penses vraiment que c'est la meilleure solution ? Je te charrie, Victor !!! Alors tu vas mettre des notes chiffrées ? Oui. Je me dois de regarder la vérité en face : mon histoire de lettres, c'est la compétition aussi. Adapte, Mirabelle, adapte ! Ce n'est rien d'autre que ton métier !!

Enfin bon, moi, ce que j'en dis surtout, c'est que l'époque où les enfants ne travaillaient que pour avoir des bonnes notes, et non pour acquérir des connaissances n'est pas terminée, malheureusement... C'est tout un rapport au travail, à la récompense, que l'on devine en dessous de tout cela. C'est la façon dont on envisage le rôle de l'Ecole qui est en jeu. Transmettre des connaissances (rrra, j'ai dit "transmettre", qui renvoie à "transmissif", mot à bannir !!!), faire en sorte que les enfants aient acquis des compétences, c'est mon boulot. Les parents ne devraient voir que le résultat : que leur gamin sache ou non lire un texte et le comprendre, qu'il sache ou non faire une multiplication à deux chiffres etc. Peu importe la manière dont on exprime ce résultat, pourvu qu'il traduise une compétence.

Ce qui me gêne, moi, dans tout ça, c'est qu'on est en train de cantonner les gamins dans une sorte de culture de la note. Ils vont bosser pour la note, sans voir ce qu'il y a derrière. Sans voir ce qu'est sensée révéler la note. Ils vont pleurer parce qu'ils ont un B (c'est en partie pour cela que j'estime que mon grand principe est intenable) et parce qu'un B c'est moins bien qu'un A. Or, d'habitude, ils ont des A, d'où les larmes. Et on aura beau leur expliquer que B, cela veut dire que "c'est bien", qu'il ne faut pas dramatiser les notes, beaucoup d'élèves resteront bloqués là-dessus.Et cela commence de plus en plus tôt ! Et toi, tu es en train de baisser les bras... Non. Je reconnais juste qu'il est difficile de changer les mentalités quand, depuis longtemps, les élèves sont conditionnés par la note. Parfait. Alors tu sais ce qu'il te reste à faire ? Non. Tu n'as plus qu'à aller exercer en Angleterre. Là, au moins, avec tes histoires de lettres, tu seras dans la norme !

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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Samedi 5 janvier 2008
Ce soir, elle voudrait juste qu'un homme la prenne dans ses bras, comme elle est. Sans un mot. Sans lui poser de questions. Sans lui demander si elle est vraiment là, si elle pense à lui, si elle l'aime encore. Ce soir, elle voudrait juste qu'un homme la serre contre lui,  qu'il l'accepte, avec ses silences et ses doutes intérieurs. Elle voudrait qu'un homme oublie tout, avec elle, pour le lui faire oublier. Ce soir, elle voudrait qu'un homme soit juste là pour l'aimer, sans rien espérer, sans promesses, sans lendemain. Elle voudrait juste le corps d'un homme contre le sien, la main d'un homme dans la sienne, même pour un instant. Ce soir, elle voudrait qu'un homme l'aide, rien qu'en étant là, à tirer un trait sur cette histoire d'amour qui se termine, à ouvrir les yeux sur toutes les beautés d'une rencontre. Ce soir, elle voudrait un homme, qui soit là pour la faire se sentir belle et désirable, pour lui donner foi en cet avenir qu'elle n'imagine pas. Ce soir, elle voudrait juste qu'un homme prenne son visage entre ses mains, la regarde dans les yeux et lui dise qu'elle a toute la vie devant elle. Ce soir, elle ne veut pas d'amour. Pas de "je t'aime", non, surtout pas de sentiments. Les sentiments la dégoûtent et il n'y a plus pour elle que le langage des corps qui soit véritablement sincère. Ce soir, elle voudrait qu'un homme soit là, sans lui mentir, sans parler de demain, sans parler d'hier. Elle ne veut pas qu'il lui demande combien elle a eu d'amants, ni d'où vient ce voile dans ses yeux. Ce soir, elle voudrait qu'un homme la prenne telle qu'elle est là, en ce moment, à se chercher, sans se trouver, à essayer de rêver sans y parvenir. Ce soir, elle voudrait juste d'une histoire sans importance, sans sentiment, qui lui ferait tout oublier, jusqu'à l'idée même de l'amour perdu. Ce soir, elle voudrait juste quelques heures de fièvre et de douceur, sans parler, surtout sans parler. Elle voudrait juste écouter les soupirs, le frôlement des peaux, les frissons. Sans expliquer. Sans rien expliquer. Sans dire d'où l'on vient et pourquoi on est là. Etre deux, c'est tout, même si c'est court, même si cela ne dure pas. Parce que ce soir, tout ce qui est long, tout ce qui dure, la répugne. Elle voudrait juste qu'on la prenne telle qu'elle est, qu'un homme la contemple d'un regard nouveau, plein de curiosité, d'envie de la connaître, elle, toute entière. Elle veut juste qu'on la veuille, juste un instant. Juste ce soir. En oubliant le passé qui la retient, les souvenirs qui la maintiennent, ce visage qui l'obsède encore. Ce soir, elle voudrait juste qu'un homme soit là pour elle. Ce soir, elle voudrait qu'un homme la réconforte, juste en étant là, qu'il sèche ses larmes invisibles et fasse battre son coeur sec. En l'aimant juste un instant, juste une nuit. Sans enjeu. Sans contrat. Juste en étant là, ce soir.
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publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle
Lundi 7 janvier 2008
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publié dans : Les galipettes de Nougatine par Mirabelle
Lundi 7 janvier 2008
Je croyais faire partie de ces petits couples à l'abri du besoin. De ces êtres qui ne s'imaginent pas  l'un sans l'autre. Tout ça n'était qu'une vaste connerie. Parce que je sais désormais que l'amour ne tient qu'à un fil. Qu'un jour la moitié de soi peut vous aimer, et quinze jours plus tard douter complètement des sentiments qu'il a pour vous. Et qu'il n'y a rien qu'on puisse faire. Rien qu'on puisse dire. Pas de photos qu'on puisse brandir, pas de souvenirs que l'on puisse évoquer pour faire s'évanouir les doutes de l'autre. Et on espère juste se réveiller du cauchemar, ouvrir les yeux et le trouver là, à côté de soi, à respirer paisiblement, comme avant. Dans l'ordre des choses. Sauf que tout ça, c'est des conneries. L'Amour, c'est des conneries. On peut construire autant que l'on veut, rêver autant que l'on veut, espérer autant que l'on veut, quand on ne sait plus s'imposer, quand votre image s'éloigne en l'autre, quand vous assistez à l'oubli, sans pouvoir rien dire, sans pouvoir bouger, il n'y a rien à faire. On veut le lui dire. Les mots se bousculent dans la gorge et les larmes sont là, face au ton détaché, à l'indifférence apparente. Le ridicule. Combien de maris a-t-on vu s'enfuir, après quinze ans de mariage et refaire leur vie vingt ans après ? Combien a-t-on vu d'hommes jurer l'amour toujours et se tirer en allant acheter des cigarettes ? Tout cela n'a pas de sens, et ma grande bêtise a été d'en chercher. Ma grande bêtise a été de croire que l'on m'aimait assez pour m'aimer encore longtemps, malgré la séparation, le temps d'oublier, le temps de pardonner. Mais non. Et il n'y a rien que je puisse faire, rien que je puisse dire. Mes sentiments à moi ne valent rien. Mes sentiments à moi ne valent rien, pas un clou. Et chaque jour, je regrette, chaque jour, je réalise, chaque jour je vois combien je l'ai considéré comme acquis, combien j'ai été aveugle. Et chaque jour, il m'oublie, chaque jour un peu plus, et chaque jour, je sais que c'est ma punition. Et si je pouvais revenir en arrière, ne serait-ce qu'une fois, je trouverais les mots, les mots pour dire tout l'amour, ces mots que je  ne disais pas, que je ne pouvais pas prononcer. Ces mots que nous avons tous besoin d'entendre pour nous sentir exister et avoir confiance...
Je croyais faire partie de ces petits couples à l'abri du besoin. Vous savez, ceux qui se réunissent dans ces soirées de "casés"... Sauf que tout ça n'est qu'une vaste connerie. Parce qu'un jour, on se retrouve seule, complètement seule, et la famille, les amis, ne suffisent pas à combler ce vide. Ce siège vide. Cette absence. Qui persiste. Et les remords, et les regrets. Et l'impuissance. Parce qu'il n'y a rien qu'on puisse faire pour se faire aimer de nouveau. Parce qu'il n'y a rien qu'on puisse faire pour amener  l'autre à nous désirer. Parce qu'il n'y a rien qu'on puisse faire pour amener l'autre à se projeter dans le futur, avec nous. Parce qu'il n'y a rien qui puisse ramener l'amour. Parce que tous les coups de fils sont douloureux, que toutes les paroles sont douloureuses, qu'entendre sa voix est douloureux, qu'entendre son indifférence est douloureux. Et on veut juste se réveiller de ce cauchemar. Tout reprendra son cours, forcément, un jour ou l'autre, cela ne peut être autrement... Et on veut juste se réveiller de ce cauchemar. Reprendre notre place. Notre place vide. Qu'il reprenne sa place. Sa place vide. Qu'il revienne. Qu'il revienne. Qu'il revienne. Et pas de photos qu'on puisse brandir pour raviver la flamme, pas de souvenirs qu'on puisse évoquer pour redonner la foi. Rien. Rien. Rien. On n'a d'autre choix que d'assister à la lente agonie de l'histoire, l'écouter dire qu'il doit réfléchir, en sachant au fond de soi que ses doutes, son indifférence naissante, ne sont que le début de la fin. Et on voudrait prendre le premier train, tambouriner à la porte, crier, hurler, supplier, rester des heures entières. Qu'il ouvre enfin. Demander pardon. Pour tout ce qu'on n'a pas vu. Qu'il nous laisse entrer et nous caresse les cheveux, en souriant, tout doucement, sans un mot, parce que les mots ne servent plus à rien. Un regard amoureux, son regard amoureux. Et puis fermer la porte. Et être ensemble.
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publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle

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Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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