XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Devant l'acharnement dont tu fais preuve pour m'arracher les mots de la bouche, je ne puis faire autrement que de dévoiler peu à peu les contours de ma vie amoureuse...

 Oui, Victor, oui, j'ai bien "fréquenté" quelqu'un. Mais ce n'est pas, contrairement à ce que tu pourrais imaginer, une "amourette", ce n'est pas quelqu'un de passage, non. Ah, je constate que tu fronces les sourcils : je croyais que tu L'AVAIS fréquenté ?! Bien vu, Victor, bien vu. Effectivement, j'emploie le présent quand je devrais utiliser le passé, et c'est bien là, tu l'auras deviné, "ce qui cause mon tourment". Car, sache-le... Je l'aime toujours. Et lui ? Il t'aime ? Eh bien... Je crois, oui... Alors ? Où est le problème ? Vous vous aimez, non ? C'est tout ce qui compte ! Non, Victor, non. Ce n'est pas tout ce qui compte, comprends-le bien. D'ailleurs, soit dit en passant, en tant qu'auteur des Misérables et de Notre-Dame de Paris, chefs-d'oeuvre des amoures déçues et tortueuses, tu devrais pouvoir te glisser dans la peau de Mirabelle comme si c'était la tienne. Je suis, ne l'oublie jamais,  l'incarnation même d'une élucubration, la quintescence de la complication et du drame. Tu percevras plus tard, au fil de nos conversations, l'étendue du désastre. Oui, mais enfin, ça ne me dit pas pourquoi ce n'est plus possible avec ce jeune homme ! Certes... Pour répondre à ton interrogation, ô combien pertinente, il me faut illustrer mon propos par...Madame Bovary,de Gustave Flaubert. Oui, merci, je le connais, nous sommes des contemporains ! Oups ! Excuse-moi Victor, ne clique pas tout de suite sur la petite croix rouge s'il te plaît...

"Madame Bovary, c'est moi", disait Flaubert. Eh bien, il se trouve, Victor, que c'est moi aussi : je suis une Madame Bovary du XXIème siècle. Qui est Madame Bovary ? C'est une femme insatisfaite, rêveuse, qui vit dans ses livres, qui cherche le reflet de son idéal amoureux dans la vie de tous les jours, vie qu'elle mène sans grand enthousiasme, et même, pour être tout à fait exact, avec ennui. C'est bien connu, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin... Et la naïve Emma, avec son sens du tragique, est si "déconnectée" de la réalité qu'elle en paie le prix fort : elle s'empoisonne à la fin du roman. Rien de bien positif dans tout ça, donc... Et Mirabelle dans tout ça ?

Eh bien, Mirabelle... C'est un mystère que j'éluciderai pour toi demain !

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Tu me vois aujourd'hui dans un état d'esprit assez cafardeux : j'ai terminé mon stage aujourd'hui même. Fini. Rideau. Adieu les CM1-CM2 de l'école de Saint-Arnoult... Adieu Armelle, Louis, Safa, Antoine, Laurène, Jean-François, Oné, Nicolas, Benjamin, Maximilien, Thomas, Clara, Marine, Antoine, Laura, Clément, Eva, Thomas, Delphine et Willy !

"Dites bien au revoir à Aurélie et Mirabelle avant de sortir, parce que vous ne les reverrez pas lundi !"

Défilé de bises. Sourires. Un dessin, même, dans une enveloppe à nos prénoms. Des mots gentils : "Merci, on a bien appris". Une petite fille qui nous serre très fort contre elle. Et puis plus personne dans la classe. Le silence. Ma leçon de biologie qui restera notée au tableau jusqu'à lundi matin. Aurélie et moi, plantées comme des piquets, un sourire crispé aux lèvres. Nous ne disons rien. Pas besoin. Nous sommes tristes, c'est tout.

J'ouvre l'enveloppe de Thomas...

"Chère Marion, je te shouaite souhaite un agréable voyage. Je te remerci de tes conseils de maths, sciences, etc... Revenais nous voir quand vous voulez. Gros bisous. Thomas."

Dans la voiture, atmosphère songeuse... Nous leur enverrons une carte, décidons-nous. Cette idée nous redonne le sourire, et nous imaginons déjà comment formuler nos remerciements, à eux qui nous ont tant apporté, et le plus inconsciemment du monde. Nous nous raccrochons toutes les deux à l'espoir d'une nouvelle visite à Saint-Arnoult, dès que nous aurons une demie-journée de libre : notre maître d'accueil nous a en effet proposé de construire une évaluation sur nos séquences de biologie et de géographie, et de les corriger ensuite. Espoir mince, étant donné notre emploi du temps chargé à l'IUFM... Espoir tout de même.

Pourquoi ai-je la sensation, après chaque stage, d'avoir oublié de dire quelque chose aux élèves ? J'ai pourtant, à peu de choses près, tenu ma séquence de biologie comme je le souhaitais...

Sans doute voulais-tu leur dire combien tu as aimé travailler avec eux ? Et puis aussi... Enfin, si je peux me permettre... Leur dire qu'ils vont te manquer ?

Oui... Ca doit être ça... Mais une maîtresse n'est pas censée tenir ce genre de propos à ses élèves, ou alors en fin d'année évidemment... Et surtout pas au bout d'un stage de quinze jours, de la part de jeunes filles qui ne sont même pas encore maîtresses !

Qui sait... Peut être qu'un jour ce sera possible...

Oui, qui sait...

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Avant toute chose, je tenais à... Minute papillon ! Ton cher Victor, lui aussi, a quelques petites choses à te dire ! J'ai lu le commentaire de cette Lisa (serait-ce elle la fameuse petite soeur, comme j'ai cru le comprendre ?) sur ton article "Madame Bovary, c'est moi". Et entre parenthèses, vraiment, te comparer à Madame Bovary, tu te fiches un peu du monde, je n'ai pas osé te le dire hier, mais enfin... Et donc, elle dit des choses, qui, me semble-t-il, ne collent pas tout à fait avec le personnage auquel tu tentes de t'identifier. Parce que, quand même, cette Lisa, qui, manifestement, te connaît bien, te dit : "si tu prenais la peine de regarder autour de toi tu verrais que les relations réelles sont certes tumultueuses et douloureuses, mais aussi riches de sens.". Alors qu'est ce que ça veut dire ? Ne serait-ce pas une allusion déguisée à ce que tu as vécu avec ce garçon ?? Ouh la... Je constate que notre discussion prend une tournure toute autre que celle que j'imaginais, une tournure, qui, je le précise, me trouble quelque peu. Arrête avec tes grandes phrases, et raconte-moi exactement ce qui se passe avec ce garçon !

Ce qui se passe avec ce garçon ? Tu as du temps devant toi, Victor ? Oui, je pense bien : j'ai l'éternité ! Tant mieux. Parce qu'avec ce sujet, nous entrons véritablement dans toute la complexité de mon existence, et quelques phrases ne viendront pas à bout des sempiternelles contradictions qui en découlent...

 Il était une fois une jeune fille, Mirabelle, qui attendait de rencontrer le prince charmantSON prince charmant : un grand brun aux yeux noisette, le teint mat, qui l'emmenerait sur son cheval blanc et lui parlerait littérature, arts et philosophie jusqu'à la fin des temps. Cette pauvre Mirabelle, jusqu'ici blottie au creux de son petit nuage rose bonbon, confortable certes, mais où, visiblement, il n'y avait pas de place pour deux, s'écrasait violemment sur le dur plancher des vaches sitôt que la réalité de la vie tentait de la surprendre : les amoureux transis arrivaient en Super Cinq pétaradante ou juraient comme des charretiers, confondaient Jacques Brel et Francis Cabrel, et disaient "avoir abandonné la philosophie depuis la Terminale". Autant dire tout de suite qu'elle préférait rester seule dans sa chambre d'enfant, à écouter en boucle ses chansons d'amour à l'eau de rose !

Et puis, un beau jour d'Août, froid et brumeux comme on en fait seulement en Normandie, il est arrivé. Elle n'a vu que son crâne dégarni et cette mèche blonde, là, qui lui tombait sur le front. Elle s'était dit que, vraiment, le pauvre n'était pas gâté... Et n'avait pas remarqué ce sourire lumineux, ces yeux  d'un bleu profond, cette petite cicatrice adorable, là, sur le menton.

Et pourtant...

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Je suis sans Valentin... Qu'est ce que c'est que ça, un "valentin" ? Un Valentin, c'est un amoureux. Or, comme tu le sais, je n'en ai plus. De toute façon, la Saint-Valentin, je déteste ça ! C'est quoi, exactement, la Saint Valentin ? Parce que, tu sais, à mon époque, ça n'existait pas, tout ce tralala... Et tu n'as rien perdu, Victor, je te le dis !

Qu'est ce que la Saint-Valentin ? La Saint-Valentin, c'est le XXIème siècle dans toute son excellence : c'est profiter de la NIAISERIE des pauvres gens pour se faire du beurre sur leurs dos. C'est prêcher "l'amour toujours" alors que la tendance est au divorce (et pas qu'un peu !), c'est l'hypocrisie incarnée. Explique-moi une chose, Victor : Pourquoi devrait-il y avoir un jour où l'on s'aime plus que les autres ?.

Selon moi, cette célébration absurde n'a qu'un seul but : culpabiliser les couples qui s'engueulent ce jour soit-disant idyllique de la Saint-Valentin ! Exemples à ma façon :

 

"Oh, mon dieu, chéri ! Je viens de te reprocher de ne pas avoir baissé la lunette des toilettes, je te demande pardon !"

"Quoi !? Tu m'as trompée !? Et avec ta secrétaire ! Et ce bouquet, là, c'est pour qui ? Ahhhhh... C'est pour moi ? En quel honneur je te prie ?!? Ah... C'est la Saint-Valentin... Eh bien, eh bien... Je te remercie mon coeur, il est vraiment très beau... Si je te pardonne ? Eh bien, eh bien... Je verrai ça demain. En attendant, prépare nous donc une jolie table pendant que je mets de la musique douce et des bougies !"

"Véro, je viens de recevoir une carte de la Saint-Valentin de mon ex ! Il me dit qu'il m'aime et qu'il ne veut pas que nous divorcions. Du coup, je ne suis plus très sûre de moi..."

Tu caricatures ! Oui, Victor, mais c'est voulu ! Tu es sûre que tu n'aimes pas la Saint-Valentin ? Tu me sembles un peu trop véhémente pour être honnête !

Bon, d'accord... J'ai déjà fêté la Saint-Valentin. Il fut un temps, même, où mon âme de midinette était émerveillée par cette journée "si romantique" en théorie. Mais cette année... Cette année, tu as décidé que tu détesterais parce que tu es toute seule ! On ne peut rien te cacher... Alors rien de nouveau côté coeur ? Eh bien... J'ai trouvé ce matin, sur ma boîte vocale, un message de Johan qui me souhaitait "une bonne Saint-Valentin" en spécifiant (non mais quel toupet !) qu'IL M'AIME. Pour répondre plus directement à ta question : non, rien de nouveau. Rien que du très "johanesque" et que du très "mirabellien". La routine, quoi...

 

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

J'ai commis, dimanche soir, l'irréparable. Vois-tu, Victor, je suis, comme beaucoup de gens sur cette planète, munie d'un téléphone portable. Ca existe, ces trucs-là ? Eh oui... Avancée technologique majeure, le téléphone portable est devenu, d'après certains sociologues, "un mode de communication à part entière, voire dominant". Bien. Or, un téléphone portable, Victor, permet, bien souvent, d'envoyer des sms. Des sms ??? Oui, des sms : Short Message Service. Humm... Dit plus simplement, ce sont de courts messages-texte que l'on envoie de son téléphone portable vers le "cellulaire" (autre façon de désigner l'engin en question, moins courante je l'avoue) de quelqu'un d'autre. Ah bon... Oui.

Dimanche soir, j'ai envoyé cinquante textos à la suite. Textos ? Ah, c'est vrai, excuse-moi, je n'ai pas précisé : c'est une autre manière de dire SMS. Ah... J'en ai donc envoyé une cinquantaine, je te laisse deviner à qui... A une seule personne ? Oui... Serait-ce à ce Johan, là, celui qui te fait tant souffrir ? Droit dans le mille. Alors, tu en as envoyé cinquante ? Rien qu'à lui ? Oui, rien qu'à lui... J'étais dans un état second, celui que j'appelerais l'état du sms-addicted. Dans mon cas, cet état est, heureusement,  très ponctuel. Habituellement, j'ai cent-vingts sms sur mon forfait et... Sur ton forfait ? Qu'est-ce que c'est que ça, un forfait ? Encore en rapport avec ce téléphone qu'on peut porter, là ? Oui. Avec mon téléphone portable. Un forfait, c'est un contrat passé avec un opérateur qui... Un opérateur ? Ne m'interromps pas sans arrêt, Victor, sinon tu ne vas plus rien y comprendre. J'irai seulement à l'essentiel si tu veux bien... C'est donc un contrat passé avec un opérateur : tu payes une certaine somme tous les mois pour avoir le droit de téléphoner pendant un certain temps et d'envoyer un certain nombre de sms. Dans mon cas, c'est un forfait de deux heures, avec cent-vingts sms, comme je te le disais.

Dimanche, tu le sais, c'était mon anniversaire. Mon premier anniversaire sans lui. J'ai bêtement espéré qu'il vienne, toute la journée, jusque tard le soir, jusqu'à ce qu'il reparte pour Saint-Brieuc. Il n'était pas venu. Et c'était pour moi une prise de conscience horrible : il n'était pas venu, et il ne viendrait plus, ni la semaine d'après, ni les autres jours, si je ne me battais pas. Je l'ai donc appelé, avec mon téléphone portable. Il était sur la route, dans la voiture avec ses compagnons de co-voiturage. J'ai pleuré, supplié, avoué que j'avais passé un anniversaire absolument atroce sans sa présence... Lui me disait qu'il ne pouvait pas parler librement, d'une voix froide, presque indifférente, qui me faisait tant de mal... Je n'attendais pas grand chose : une parole gentille, un ton tendre aurait suffi, suffi à me redonner un peu d'espoir, à apaiser mes larmes. Mais il n'a rien dit.

C'est là que j'ai sombré dans l'état de sms-addicted. Je suis devenue comme folle. Puisqu'il ne voulait pas me parler, il allait m'entendre, qu'il le veuille ou non. Alors, dans un élan de rage, d'orgueil blessé, je lui ai envoyé une cinquantaine de sms, tous plus insultants les uns que les autres, des sms vengeurs, méchants, pour lui faire mal, aussi mal qu'il me faisait mal à moi... Et je ne pouvais plus m'arrêter. J'attendais qu'il me réponde, qu'il réagisse, mais non, rien, j'étais seule, complètement seule : je le détestais, je le détestais, et je le lui écrivais. J'allais l'effacer de ma vie, oublier son nom, son visage...

Alors, Johan, si par hasard, tu vas sur mon blog, sache une chose : je ne pensais strictement rien de ce que j'ai pu t'écrire dimanche. C'était la faute du syndrôme sms-addicted...

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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