XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Tu vois cet avion en photo ? Eh bien, c'est moi.

Je viens de m'écraser lamentablement sur le plancher des vaches. Je planais haut, très haut dans le ciel : j'ai volé tout l'après-midi d'hier, au milieu de mes petits nuages tout roses et de petits angelots qui me faisaient coucou avec un sourire bienveillant. J'étais bien, bien, bien...  Et puis, dans la soirée, tout s'est écroulé, tout. C'est encore ce garçon ?

Bien sûr que c'est encore lui. La dernière fois que nous en avions parlé tous les deux, Johan et moi étions en phase d'"approche", et j'étais, dans ma naïveté légendaire, pleine d'espoir quant à une possible réconciliation. Cet espoir s'est concrétisé hier après-midi, à mon plus grand bonheur... Entre parenthèses, quelle cloche, mais enfin bon...

Que s'est-il passé ? Rien que du très classique. Il m'a dit qu'il m'aimait. Que ça valait encore la peine de continuer. Qu'il allait faire des efforts. Changer même... Et moi je l'ai cru. Il faut croire que ce fameux dimanche ne m'avait pas servi de leçon... Quel dimanche ? Tu ne t'en souviens pas, Victor ? Relis donc l'article Pourquoi les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus !  Ah oui, c'est vrai... Donc, il t'a fait le même coup ? Dans les grandes lignes, oui. La seule différence, c'est que la déception a été différée. Là, il m'a fallu un après-midi entier pour comprendre ma douleur. Il est parti au foot. Il devait revenir vers 17h. Je l'ai attendu. Allumé des bougies dans ma chambre pour que nos retrouvailles soient dignes de ce nom. J'avais imaginé un scénario des plus agréables : musique romantique, roucoulades à n'en plus finir...

 Et j'ai attendu, attendu... Jusqu'à 18h15. J'avais éteint les bougies évidemment. Il était parti chez  son meilleur ami et n'avait "pas pensé à me prévenir". Drôle de situation... Quand on aime quelqu'un et qu'on est au bord de la rupture, la moindre des délicatesses est encore de ne pas commettre d'impairs... Et là, en l'occurrence, il n'a "pas pensé" que je l'attendrais peut être tout l'après-midi, avec en tête des projets merveilleux. Ambiance tendue, donc, quand il est rentré. Moi, idiote que je suis, je songe : "c'est normal, Mirabelle, c'est normal... Attends un petit peu. Cela ne va pas s'arranger par un coup de baguette magique ! Laissez-vous du temps."

Du temps, justement, il ne nous en a pas laissé. Il est revenu sur ses "déclarations". A remis en question tout ce qu'il m'avait promis en début d'après-midi. M'a dit qu'"il n'y croyait plus". A repoussé mes baisers. A été indifférent à mes larmes. Et il est parti, en précisant bien, au cas où je n'aurais pas compris, qu'"il ne m'appelerait plus".

C'est là que je me suis écrasée. A une vitesse foudroyante. Sans espoir de survie...

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Es-tu de bonne humeur aujourd'hui ? Ma foi, oui ! Tant mieux alors, parce que ce que je m'apprête à écrire n'est pas ce qu'il y a de plus gai, je dirais même que c'est assez déprimant, alors accroche-toi. Bien, bien, bien... Je ferai mon possible !

Aujourd'hui, c'était l'enterrement d'une tante de Johan. Elle souffrait d'une leucémie et laisse derrière elle un petit bout de chou de six ans. Johan est venu me chercher. Il m'a reconduite. Et il est reparti...

 J'ai revu sa famille, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Et je me suis aperçu... Qu'elle m'avait manqué. J'ai revu de loin Benoît, Romain et les autres et vraiment, je me sentais presque à ma place. Bien évidemment, je dis "presque" parce que je ne suis plus la petite amie de Johan. Et cela change tout. Parce que je n'aurais pas dû être placée au milieu de la famille à l'église. J'avais l'impression de mentir, même si tout l'attachement que j'ai pour eux tous légitimait ma présence ici. Je me disais (drôle de circonstances pour de telles pensées) : "profite-en bien, c'est la dernière fois que tu les vois tous !".

Le petit Nathan a allumé des cierges pour sa maman. Il ouvrait de grands yeux sur tout, se retournait fréquemment, parlait à son papa, à son grand frère... Face à tous ces gens qui pleuraient, il était l'incarnation même de la vie qui doit continuer. Même s'il n'avait sans doute aucune idée de ce que signifiaient vraiment les bougies, l'orgue et ce cercueil... J'avais envie de lui faire de gros bisous, touchée que j'étais avec mes yeux d'adulte, mais il était si nature, si innocent, et en même temps si gai : je n'avais pas envie de verser dans la sensiblerie. Je n'aime pas ça.

J'étais venue pour sa famille. Mais aussi pour lui. Surtout pour lui. Pour Johan, je veux dire... Oui, merci ! J'avais compris ! Je n'étais pas assise à côté de lui dans l'église. J'étais juste derrière lui. Je l'ai beaucoup observé pendant la cérémonie. Je regardais sa nuque. La contraction de ses mâchoires. J'avais envie d'être près de lui. De lui tenir la main. De l'embrasser. L'embrasser ?! Dans une église ?! Oh rassure-toi : un baiser d'une chasteté exemplaire, sur la joue, juste pour lui montrer que j'étais là, simplement. Mais je ne pouvais pas. A un moment, j'ai juste caressé sa nuque du bout de mon doigt, après avoir longuement réfléchi, comme si cela engageait ma vie entière. Toujours dans l'excès... Que veux-tu Victor, c'est ma nature, je ne peux pas lutter contre cela ! Il ne s'est pas retourné, n'a pas eu l'air surpris. Il devait s'attendre à un tel geste. J'y ai vu, bécasse que je suis, comme un encouragement... Et ça t'est retombé sur le coin du nez, comme d'habitude, c'est ça ? Oui, c'est ça...

En sortant de l'église, je lui ai pris la main. Je l'ai embrassée (la main, hein, Victor, pas la bouche !). Il ne m'a pas repoussée. Espoir, quand tu nous tiens... Nous avons attendu la mise en terre. Partout, des fleurs. Et il en arrivait toujours plus, à un tel point qu'on ne savait plus où les mettre ! Nous avons attendu longtemps, dans le froid et le vent, au milieu des pleurs et reniflements.

Et puis nous sommes partis. Nous sommes allés directement chez son oncle. Et là, en sortant de voiture... J'ai fait la bêtise de lui demander si je pouvais l'embrasser. Sur la bouche cette fois-ci ! Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Peut être parce que j'en mourais d'envie depuis qu'il était venu me chercher. Et... Il t'a dit non. Tout à fait. J'étais, bien évidemment, à deux doigts de fondre en larmes, comme d'habitude. J'ai paniqué en voyant toute la famille  débarquer : ils me verraient tous sangloter comme une gamine de cinq ans ! J'ai donc dit, sans trop savoir ce qui me prenait : "je rentre chez moi, je vais me débrouiller !". C'était où ? J'ai oublié de te le dire : à une vingtaine de kilomètres de chez moi. Ah oui... Donc impossible de rentrer par tes propres moyens ! Il a insisté pour me ramener... Pas pour me retenir. Il ne t'aime plus, cela saute aux yeux !

Je suis donc rentrée chez moi en pleurs, comme à chaque fois que je revois Johan. D'où la nécessité de ne plus le revoir ! Effectivement, j'imagine que ce serait plus sage...

Regrettant de n'être pas restée chez l'oncle de Johan (parce que quand même, vraiment, je les aime bien, tous !), j'ai décidé d'appeler Romain, son cousin, à qui j'ai demandé de transmettre le message suivant : "je ne suis pas là, mais dis à Fabrice et Nathan que je pense bien à eux.". Le message a été transmis dans un brouhaha général, d'où un Romain qui se met à hurler, pour obtenir le silence : "Mais taisez-vous ! C'est la copine de Jo !", alors que j'avais bien précisé, voilà quelques temps, que je n'étais plus la petite amie de personne, et surtout pas celle de Johan !

Réflèxe, réflèxe, quand tu nous tiens...

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Ne t'avais-je pas parlé, il y a déjà quelques temps, de mon amie Camille ? Il me semble que si... C'est bien ce que je pensais. Eh bien, il se trouve (et j'ai, je dois l'avouer, un grand plaisir à te l'annoncer) que nous sommes de la même famille, ou quasiment.

Explique-moi tout ça !

Avant toute chose, petite parenthèse, indispensable à la compréhension de mon histoire : mon oncle, Marc, est instituteur décharge. C'est à dire ? C'est à dire qu'il est amené à effectuer des remplacements, mais sur une plus longue période que les remplaçants traditionnels. La tante de mon amie Camille, elle, est institutrice. Ils se sont donc connus aau travail ? Il a fait un remplacement dans son école, et hop !, ça a été le coup de foudre, c'est ça ? Hep, hep, hep... Pas si vite, Victor !

Marc est séparé. Isabelle est divorcée. Nous savons, Camille et moi, qu'ils se connaissent, j'en ai même parlé avec Isabelle, brièvement, pendant des vacances en Italie. Rien de sensationnel au premier abord : ils se connaissent. C'est tout. Ce n'était pas le coup de foudre alors ? Je n'en sais rien. Le mystère demeure encore sur certains points...

Et puis un jour, quelques jours avant le départ de Camille pour Barcelone... Je croyais qu'elle était au Mexique ?!? Oui, elle est au Mexique, mais avant, elle était à Barcelone... Et puis peu importe ! Ca n'a strictement aucun rapport avec mon propos, donc s'il te plaît, reste tranquille... Un jour, donc, peu avant son départ pour Barcelone, Camille est à la maison.

- Il paraît que Papa a vu mon oncle avec une femme en ville. Ils se tenaient la main ! Tu te rends compte ?!

- Ah, tiens ! C'est marrant que tu me dises ça ! Nous aussi on soupçonne quelque chose du côté de ma tante : elle fait pas mal de mystères et elle sort tout le temps !

Tout est parti de ça. Gesticulant sur mon lit, nous avons alors élaboré tout un scénario : Marc et Isabelle travaillent dans la même école, peut-être sont-il ensemble ? Papa m'a dit que c'était une femme brune plutôt petite. Elle avait un manteau de quelle couleur ? Je crois qu'il m'a dit quec 'était un manteau rouge. Alors ce n'est pas elle, Isabelle n'a pas de manteau rouge. A moins qu'elle ne se le soit offert récemment et que tu ne l'aies pas encore vu. Ahhh ! SI ça se trouve, ils sont ensemble ! Tu imagines ! Et puis, et puis... S'ils se marient, on sera peut-être demoiselles d'honneur, je vois d'ici ma robe... Oh, ce serait trop bien ! On serait comme de la même famille, tu te rends compte ?!!?

Deux puces qui poussaient des cris suraigus. Voilà ce que nous étions ce soir-là. J'en souris encore... Dans la frénésie de notre enquête, je mets tout mon bureau sans dessus-dessous à la recherche d'une photographie d'Isabelle que je compte montrer à mon père, au cas où il la reconnaîtrait...

-Ah non ! Ca ne me dit rien... Ca ne doit pas être elle.

-Tu es sûr ? Regarde bien !

-Non non, vraiment... Ceci dit, je ne l'ai pas bien vue, j'étais assez loin. Mais elle n'est pas comme ça, j'en suis presque sûr...

Déception, déception... Tant pis ! Pendant le dîner, telles deux hystériques, nous insistons  : on ne sait jamais, tu étais quand même loin, tu peux te tromper... Ce serait fantastique ! Ce serait comme dans les films ! Je vais essayer d'en savoir plus, dommage que je parte à Barcelone car ce sera moins facile de se renseigner... Je n'en reviens pas ! Tu te rends compte ?!? Marc avec Isabelle ! 

Riant aux éclats, ma mère et ma soeur prennent part à notre enthousiasme débordant, tandis que mon père, sceptique, roule des yeux consternés : "quel cinéma...".  

Peu importe... Nous, nous y croyons, et dur comme fer !

 

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

J'ai commis, dimanche soir, l'irréparable. Vois-tu, Victor, je suis, comme beaucoup de gens sur cette planète, munie d'un téléphone portable. Ca existe, ces trucs-là ? Eh oui... Avancée technologique majeure, le téléphone portable est devenu, d'après certains sociologues, "un mode de communication à part entière, voire dominant". Bien. Or, un téléphone portable, Victor, permet, bien souvent, d'envoyer des sms. Des sms ??? Oui, des sms : Short Message Service. Humm... Dit plus simplement, ce sont de courts messages-texte que l'on envoie de son téléphone portable vers le "cellulaire" (autre façon de désigner l'engin en question, moins courante je l'avoue) de quelqu'un d'autre. Ah bon... Oui.

Dimanche soir, j'ai envoyé cinquante textos à la suite. Textos ? Ah, c'est vrai, excuse-moi, je n'ai pas précisé : c'est une autre manière de dire SMS. Ah... J'en ai donc envoyé une cinquantaine, je te laisse deviner à qui... A une seule personne ? Oui... Serait-ce à ce Johan, là, celui qui te fait tant souffrir ? Droit dans le mille. Alors, tu en as envoyé cinquante ? Rien qu'à lui ? Oui, rien qu'à lui... J'étais dans un état second, celui que j'appelerais l'état du sms-addicted. Dans mon cas, cet état est, heureusement,  très ponctuel. Habituellement, j'ai cent-vingts sms sur mon forfait et... Sur ton forfait ? Qu'est-ce que c'est que ça, un forfait ? Encore en rapport avec ce téléphone qu'on peut porter, là ? Oui. Avec mon téléphone portable. Un forfait, c'est un contrat passé avec un opérateur qui... Un opérateur ? Ne m'interromps pas sans arrêt, Victor, sinon tu ne vas plus rien y comprendre. J'irai seulement à l'essentiel si tu veux bien... C'est donc un contrat passé avec un opérateur : tu payes une certaine somme tous les mois pour avoir le droit de téléphoner pendant un certain temps et d'envoyer un certain nombre de sms. Dans mon cas, c'est un forfait de deux heures, avec cent-vingts sms, comme je te le disais.

Dimanche, tu le sais, c'était mon anniversaire. Mon premier anniversaire sans lui. J'ai bêtement espéré qu'il vienne, toute la journée, jusque tard le soir, jusqu'à ce qu'il reparte pour Saint-Brieuc. Il n'était pas venu. Et c'était pour moi une prise de conscience horrible : il n'était pas venu, et il ne viendrait plus, ni la semaine d'après, ni les autres jours, si je ne me battais pas. Je l'ai donc appelé, avec mon téléphone portable. Il était sur la route, dans la voiture avec ses compagnons de co-voiturage. J'ai pleuré, supplié, avoué que j'avais passé un anniversaire absolument atroce sans sa présence... Lui me disait qu'il ne pouvait pas parler librement, d'une voix froide, presque indifférente, qui me faisait tant de mal... Je n'attendais pas grand chose : une parole gentille, un ton tendre aurait suffi, suffi à me redonner un peu d'espoir, à apaiser mes larmes. Mais il n'a rien dit.

C'est là que j'ai sombré dans l'état de sms-addicted. Je suis devenue comme folle. Puisqu'il ne voulait pas me parler, il allait m'entendre, qu'il le veuille ou non. Alors, dans un élan de rage, d'orgueil blessé, je lui ai envoyé une cinquantaine de sms, tous plus insultants les uns que les autres, des sms vengeurs, méchants, pour lui faire mal, aussi mal qu'il me faisait mal à moi... Et je ne pouvais plus m'arrêter. J'attendais qu'il me réponde, qu'il réagisse, mais non, rien, j'étais seule, complètement seule : je le détestais, je le détestais, et je le lui écrivais. J'allais l'effacer de ma vie, oublier son nom, son visage...

Alors, Johan, si par hasard, tu vas sur mon blog, sache une chose : je ne pensais strictement rien de ce que j'ai pu t'écrire dimanche. C'était la faute du syndrôme sms-addicted...

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Peux-tu me dire pourquoi les hommes et les femmes ont tant de mal à se comprendre ? Peux-tu me dire pourquoi leurs attentes ne sont jamais les mêmes ? Peux-tu me dire pourquoi ils passent leurs vies à se poursuivre, à se fuir, à douter ?

Il est venu dimanche soir. A l'improviste, comme toujours. Il m'a souri. Il avait mis la chemise que je préfère. Je l'ai trouvé beau. Il s'est invité dans ma chambre, s'est allongé sur mon lit. Il plaisantait, avec ce ton léger, coquin, qui le caractérise, qui m'agace autant qu'il me fait fondre. Comme s'il était chez lui. Comme si tout allait bien... Comme si nous n'étions pas séparés. Il ne voulait pas qu'on parle, ou du moins pas sérieusement, pas des choses qui fâchent. J'ai insisté. C'était peine perdue. Et c'était tant mieux, je l'admettais intérieurement : je voulais profiter de lui, de sa présence. Je voulais le retrouver, entendre sa voix, revoir son sourire, rire de ses petites plaisanteries que je connaissais pourtant par coeur. Je voulais qu'il reprenne ses habitudes, ici, chez moi. Qu'il aille se servir un verre de Coca. Qu'il chahute avec ma petite soeur, qu'il aille expliquer deux ou trois rudiments d'informatique à mon père... J'étais heureuse qu'il soit là, dans ma chambre, sur mon lit, comme avant. Heureuse qu'il tripote les bords de mes posters, ce que je détestais pourtant, heureuse qu'il dévisse les ampoules de ma guirlande lumineuse, ce que je l'empêchais de faire auparavant, heureuse qu'il joue avec mon tigre en peluche comme il l'avait fait tant de fois.  Oui, j'étais bien. Et moi non plus, pour une fois, je n'avais pas envie de débattre du devenir de notre relation. Je voulais être avec lui. Savoir s'il tenait encore à moi. C'était tout. Et j'espérais que cela suffirait à nous aimer pour de bon.

Et puis ce qui devait arriver arriva. Nous nous sommes rapprochés... Rapprochés ? Enfin Victor, tu vois très bien ce que je veux dire !! Je ne vais quand même pas te faire un dessin !

J'ai hésité, pourtant... Parce que je voulais qu'il m'aime. Qu'il me dise qu'il ne pouvait vivre sans moi, même si nous étions différents. Qu'il préférait encore qu'on se dispute toute notre vie plutôt que de se séparer pour toujours. J'espérais que s'il me désirait ainsi, s'il m'embrassait avec autant de fougue, c'était parce qu'il pensait tout ça, parce que, comme moi, il avait compris que ce n'était pas terminé entre nous, et qu'il fallait l'assumer. J'ai espéré qu'il pense tout ça, oui. Mais je ne lui ai pas demandé de me le dire. J'aurais dû...

Quand il est reparti à l'école de police (car il est gardien de la paix, je ne te l'avais pas dit, Victor ?), j'étais bien. Confiante. Je l'avais embrassé avant qu'il s'en aille. Il avait l'air bien, lui aussi. Bien sûr, je ne savais pas trop où tout ça allait nous mener, mais je me disais qu'au moins, nous étions de nouveau ensemble, et que c'était là le plus important.

Et puis je l'ai eu au téléphone récemment. Il avait l'air gêné, préoccupé. J'ai eu peur tout à coup. Alors, j'ai évoqué le "rapprochement" de dimanche soir. Je lui ai dit que pour moi cela signifiait beaucoup. Qu'à mes yeux, rien n'était terminé, sans quoi j'aurais résisté à ses avances. Et lui m'a répondu... Qu'il ne savait pas si ça valait la peine de continuer vu nos différences... Mais que je l'attirais toujours.

Cela m'a blessée. Certaines l'auraient pris comme un compliment : après tout, il avait encore du désir pour moi. Mais à moi, cela ne me suffit pas. Je ne veux pas de son désir s'il n'est pas accompagné de sentiments, de sentiments forts. S'il ne croit plus en notre couple, s'il n'y croit vraiment plus, alors oui, je lui en veux, et oui, je regrette profondément ce qui s'est passé entre nous dimanche. Pour moi, c'était un geste d'amour et d'espoir. De réconciliation. Pour lui, c'était purement physique, et peut-être un peu, tout de même nostalgique. Mais il ne s'est pas impliqué comme moi je me suis impliquée. Il n'a pas espéré comme moi j'ai espéré. Ou du moins, c'est ainsi que je le ressens. Et ça, c'est fou ce que ça me fait mal...

Alors, Victor, s'il te plaît, dis moi pourquoi les hommes et les femmes ont tant de mal à se comprendre, pourquoi leurs attentes ne sont jamais les mêmes... Pourquoi il m'a appelé plusieurs jours de suite, pourquoi il m'a déclaré son amour, pourquoi il m'a dit que je lui manquais, et pourquoi, surtout, pouquoi il est venu chez moi si ce n'était pas pour me retrouver. C'était, paraît-il, pour enfin comprendre clairement ce qu'il voulait. Je pensais que faire l'amour avec moi ferait pencher la balance du bon côté. J'avait tort.

 

 

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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