Lundi 26 février 2007
Mon cher Victor, 
Je me suis aperçue très récemment que je suis devenue allergique. A quoi donc ? A tout ce qui touche, de près ou de loin le permis de conduire. C'est à dire ? Je ne supporte plus les publicités pour R*****T et autres C*****N, j'ai envie d'arracher les yeux à tous les gens qui se plaignent d'avoir perdu des points, à tous ceux qui trouvent à redire sur le prix de l'essence, à tous ceux qui friment dans leurs grosses (ou petites, ça arrive aussi...) voitures. J'ai envie de leur hurler dans les oreilles, de leur secouer les puces pour leur indécence. "Mais putain, vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez ?! Hein ?!"
J'ai envie de me barrer en courant quand on me demande : "Alors ? Le permis, ça en est où ?" ou qu'on me reproche mon découragement. J'ai envie de pleurer dès qu'on plaisante (même gentiment) de mes difficultés à obtenir cette saloperie de permis à la noix et je voudrais me recroqueviller dans un coin quand vient l'heure de mes leçons. Je résiste aux larmes quand mon Mystérieux Inconnu me dit que c'était-pas-la-peine-de-prendre-des-heures-qui-servent-à-rien-pendant-les-vacances-tu-aurais-pu-venir-chez-moi, alors que j'étais toute heureuse, en lui annonçant ces leçons prises sur mes temps de repos, de lui montrer que je m'accrochais envers et contre tous les Inspecteurs.
Je me suis aperçue très récemment que je suis devenue allergique. A quoi donc ? A tout ce qui touche, de près ou de loin le permis de conduire. C'est à dire ? Je ne supporte plus les publicités pour R*****T et autres C*****N, j'ai envie d'arracher les yeux à tous les gens qui se plaignent d'avoir perdu des points, à tous ceux qui trouvent à redire sur le prix de l'essence, à tous ceux qui friment dans leurs grosses (ou petites, ça arrive aussi...) voitures. J'ai envie de leur hurler dans les oreilles, de leur secouer les puces pour leur indécence. "Mais putain, vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez ?! Hein ?!"
J'ai envie de me barrer en courant quand on me demande : "Alors ? Le permis, ça en est où ?" ou qu'on me reproche mon découragement. J'ai envie de pleurer dès qu'on plaisante (même gentiment) de mes difficultés à obtenir cette saloperie de permis à la noix et je voudrais me recroqueviller dans un coin quand vient l'heure de mes leçons. Je résiste aux larmes quand mon Mystérieux Inconnu me dit que c'était-pas-la-peine-de-prendre-des-heures-qui-servent-à-rien-pendant-les-vacances-tu-aurais-pu-venir-chez-moi, alors que j'étais toute heureuse, en lui annonçant ces leçons prises sur mes temps de repos, de lui montrer que je m'accrochais envers et contre tous les Inspecteurs.
Je ne peux plus voir UNE SEULE voiture rouler sans me dire que tous ces gens ont le permis et pas moi. Je ne peux même plus imaginer ma petite Twingo, ni envisager d'avoir le permis avant les vacances d'été. La vérité, Victor, c'est que je n'y crois plus et que ce permis de conduire me bousille. Je ne peux plus dire tout haut le nombre d'heures que j'ai effectué sans en éprouver une honte effroyable. Exemple : Hier, une connaissance essaie de deviner le nombre d'heures de conduite que j'ai fait jusque là. Il me dit : "Tu n'as quand même pas fait plus de cinquante heures ?". Eh si... J'ai fait plus de cinquante heures... J'essaie de sourire... De parler d'autre chose... Mais la vérité c'est que j'ai envie de me tirer de là, de m'arracher les cheveux avant de sombrer dans la folie. Je ne peux plus non plus me réjouir pour mes amies qui viennent de l'obtenir. Je suis rongée par une jalousie profonde et incontrôlable, qui me donne envie de déchirer leurs papiers et de piquer leurs voitures en quatrième vitesse.
Je suis tombée bien bas. Au point d'imaginer payer une petite crapule pour me fournir un faux permis, moi qui suis "toujours vissée à la loi" dixit mon Mystérieux Inconnu. Oui. Vraiment. Je serais prête à me faire faire un faux permis. Parce que je n'en peux plus et que peu de gens s'en rendent compte. Parce qu'on m'engueule de ne pas y croire et que le fait même de m'engueuler m'angoisse encore plus. Parce que les heures s'enfilent les unes après les autres, que je conduis extrêmement mal en ce moment et que je ne parviens pas à remonter la pente. Parce que je n'arrive même plus à rire de moi-même à ce sujet, et que quand ça en est là, ça devient grave. Parce que le permis de conduire est une obsession, qui me bouffe à un point que tu n'imagines pas. Parce qu'aujourd'hui, dans mon esprit, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont le permis, et ceux qui ne l'ont pas.
Je suis tombée bien bas. Au point d'imaginer payer une petite crapule pour me fournir un faux permis, moi qui suis "toujours vissée à la loi" dixit mon Mystérieux Inconnu. Oui. Vraiment. Je serais prête à me faire faire un faux permis. Parce que je n'en peux plus et que peu de gens s'en rendent compte. Parce qu'on m'engueule de ne pas y croire et que le fait même de m'engueuler m'angoisse encore plus. Parce que les heures s'enfilent les unes après les autres, que je conduis extrêmement mal en ce moment et que je ne parviens pas à remonter la pente. Parce que je n'arrive même plus à rire de moi-même à ce sujet, et que quand ça en est là, ça devient grave. Parce que le permis de conduire est une obsession, qui me bouffe à un point que tu n'imagines pas. Parce qu'aujourd'hui, dans mon esprit, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont le permis, et ceux qui ne l'ont pas.

Bavardages