XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 12 mars 2007
Mon cher Victor,

Juste parce qu'on m'a conseillé de lever le pied un peu, et que je n'attendais que la bénédiction de mes proches pour courir te rejoindre, me voici donc, après une semaine d'enseignement. Que dire à ce sujet... Ce n'est pas la peine de venir me voir si tu n'as rien à dire ! J'avais osé espérer que tu parlerais sans même reprendre ta respiration ! Mais à ta mine déconfite, je devine que ce stage est bien loin de se dérouler tel que tu l'avais prévu...

Que dire, effectivement. Je n'ai jamais été aussi crevée. Je n'ai jamais autant pleuré. Et surtout, comme je le disais dans l'article précédent, je ne me suis jamais sentie aussi seule. Ah... Parlez moi des soupirs devant la dictée de mots ratée ! Parlez-moi des soirées de découragement, des fiches de prep' à rédiger... Du sommeil qui manque, des traits tirés, des larmes au réveil, des larmes au retour....

La vérité, c'est que je suis larguée dans la fosse aux lions sans armes pour les combattre. Ma première semaine a été, pour être tout à fait sincère (et l'IMF qui m'a visitée mardi dernier, bien que l'ayant formulé dans d'autres termes, partage cette opinion), lamentable. Une gestion de classe pitoyable. Des situations d'apprentissages inexistantes. La fatigue, le découragement, le doute. Mais quand même, toujours, au fond, l'espoir. Et le souvenir. Le souvenir de ces instants de dépassement, qui me font m'entêter dans la voie que je me suis choisie. Je me revois pleurer, à bout de souffle, après mes entraînements au 1500m. J'entends encore mon père répéter, répéter encore : "Ne lâche pas, Mirabelle, ne lâche pas ! Tu le veux, ce concours, dis ? Hein ? Tu le veux ?". Et je me dis que JE N'AI PAS FAIT TOUT CA POUR RIEN. Le concours, ce satané concours, me paraissait insurmontable, inatteignable. Or, je l'ai surmonté, je l'ai atteint.

Alors oui, j'ai été effondrée pendant une semaine. J'ai été effondrée, dépassée, démunie. Solitude devant les fiches de prep' pas remplies : qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur faire faire demain ? Solitude face à quelques gaffes (ben oui, on ne me changera pas) d'ordre administratif dès le premier jour de classe, et que je vous raconterai, sitôt ce stage terminé et vous rigolerez bien, je vous assure...

Je ne suis pas encore instit'. Et contrairement à ce que j'ai crié tous les toits dès ma PE1, JE NE ME SENS PAS INSTIT'. Non. Là, en ce moment, il me semble juste être une "petite jeune" qui fait ce qu'elle peut et qui ne peut pas grand chose. Le processus identitaire sera long à se mettre en place. Chaque jour, les gamins m'aident à grandir et j'apprends de mes conneries, de mon bordel, de mes tentatives de bien faire qui tournent, pour l'instant, quasiment toutes à l'échec.

On m'a dit que j'improvisais. Remarque cinglante, qui pourtant, ne tient pas compte des heures passées à bosser, des week ends qui n'en sont pas, des récréations passées à travailler seule dans ma classe au lieu d'aller prendre le café avec les collègues. De mes six heures de sommeil de plus en plus lourdes à porter.

Telle que tu me vois ce soir, Victor, je me suis fixée deux objectifs : mieux gérer ma classe et mieux gérer mon temps. Et puis préparer toutes mes fiches de prep' pour le lendemain. Tu ne les fais pas toutes ? Non. Impossible. Pourtant, je ne reste pas sans rien faire. Je me couche à 0 h 30 tous les soirs, plus tard en week-end. Mais mon inexpérience entraînant une certaine innefficacité, je suis, bien souvent, "à la ramasse" pour le lendemain. Et je frôle les frontières de l'animation ! Aie aie aie  ! Comme tu dis.

Telle que tu me vois ce soir, Victor, je n'en peux plus. Mes collègues PE2, sont, eux aussi, sur une pente rude. Certains se posent des questions sur leurs vocations. D'autres songent à démissionner. Pas moi. Pas moi. Je veux toujours être instit'. Pour l'instant, je l'avoue, je suis parfaitement nulle. Mais je veux toujours être instit', mon idéal me tient, encore. Et c'est ce que je retiens. C'est ce qui me permet de retourner, tous les matins, à l'école avec une envie de mieux.
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

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  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

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Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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