XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 3 mars 2006

Mon cher Victor,

Tu sais que J. faisait partie de la famille. Oui, après deux ans de couple, c'est normal qu'il en soit ainsi. C'est ce que je me disais également, mais je commence à me demander, maintenant, s'il ne faisait pas TROP partie de la famille. Explique-toi !

Vois-tu, mon Victor, j'ai une petite soeur. Il se trouve que cette petite soeur, âgée de dix-huit ans, a-do-rait Johan. Et ce n'est pas un vain mot. Toujours à se chamailler ces deux-là. Ils faisaient la paire, vraiment. Et moi, j'aimais bien. Je me disais : "quelle chance qu'ils s'entendent aussi bien, j'ai tiré le bon numéro vraiment !". J'étais heureuse. Et j'adorais les entendre se disputer : "Mirabêêêlle !!! J. m'embêêête !!!!". J'adorais.

Mais maintenant... Maintenant il n'est plus là, et, en quelque sorte, j'ai privé ma petite soeur d'un de ses compagnons de jeux favoris. Et je sens bien que... ça coince. C'est juste qu'elle l'aimait bien, c'est tout... Pour bien l'aimer, elle l'aimait bien, ça, aucun doute. A un tel point qu'elle a souvent pris sa défense, alors qu'on ne peut pas dire qu'il ait été très... délicat, avec moi, ces dernières semaines. Tout ne peut pas être ni tout blanc ni tout noir. Quand un couple se sépare, les responsabilités sont partagées, et c'est sans doute ce qu'elle essaie de te montrer en prenant sa défense.

Cela va encore plus loin que ça, mon pauvre Victor... J. est passé à l'improviste à la maison, avant-hier soir. C'est ma soeur qui lui a ouvert. J'ai bien vu qu'elle était heureuse de le voir. J'ai également remarqué le sourire en coin de ma mère, ravie, elle aussi, de retrouver son petit protégé, qu'elle affectionne beaucoup. Et moi... Il me faut l'admettre, j'étais contente aussi. Je retrouvais ma petite bulle... Ma tendre petite bulle... Là, je ne te comprends plus ! J'étais contente parce qu'elles souriaient toutes les deux, que lui aussi leur souriait... L'espace d'un instant, je me suis dit qu'il ne tenait qu'à moi pour que tout le monde dans cette pièce soit heureux. Ce n'est pas ainsi que tu dois raisonner, et tu le sais très bien ! Oui je le sais. C'est pourquoi je n'ai cédé aux avances de J. ce soir-là. Et tu as très bien fait, surtout si tu estimes que cela doit rééllement se terminer entre vous !!!

Oui. Au fond, je sais que j'ai eu raison. Mais dans les instants de déprime absolue, où il me manque viscéralement (ça m'arrive assez régulièrement, il me faut l'avouer...) je serais prête à tout (ou presque) pour qu'il soit là, pour entendre sa voix dans la cuisine, le voir discuter avec ma mère, avec ma soeur... C'est de la nostalgie, voilà tout. Oui. De la nostalgie pure et dure. Cela devient récurrent !

Il va falloir du temps, beaucoup de temps, plus que je ne peux encore l'imaginer. J. faisait partie de cette maison, et de notre vie, à tous les quatre. Il connaissait mon oncle, mes cousines. Il était dans nos vies à tous. Plus dans la tienne que dans celle des autres tout de même ! N'exagérons rien ! En plus, il y était entré d'une manière si fidèle à ce qu'il est... Par surprise, avant même que je ne décide de me lancer dans la grande aventure. Après le foot... J'étais déjà en pyjama, il avait fallu que je me rhabille rapidement, avant qu'il débarque à la maison... Quand j'y pense... J'en souris bêtement ! On n'est jamais bête quand on aime, et ce quel que soit l'âge... Me bousculer a été plutôt profitable au bout du compte : je n'ai pas eu le temps de paniquer, pas eu le temps de me poser les questions existentielles que je m'étais toujours posées jusque là... Il a été un véritable tourbillon ! Et je crois que je le remercierai toute ma vie pour ça... Tu veux me tirer des larmes ou quoi ?

 Non. Il n'empêche qu'il manque dans la famille. Il n'y a plus rien à y faire, je sais. Mais il manque... C'est un fait.

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Vendredi 3 mars 2006

Mon cher Victor,

Eh bien, que se passe-t-il ma Mirabelle ? Je croyais que tu ne publiais qu'un article par jour ? Tu as une de ces mines ! Pardon, Victor, mais c'est un cas de force majeure, il fallait à tout prix que je parle à quelqu'un. Tu as l'air complètement dégoutée ! C'est bien le mot...

L'autre jour, je discutais de mes petits malheurs avec ma cousine, qui me conseilla de reporter mon manque de J. sur la bouffe. Paraît-il que pour elle, cela marche du tonnerre quand elle a un coup de blues. Bien... Prise ce midi d'une envie de J. comme j'en ai rarement eue jusqu'ici (tu sais, ce genre de mal qui pourrait fort bien me faire attraper mon téléphone et composer son numéro...), et disposant de la maison pour moi toute seule (mes parents sont au restaurant), je me dis que tiens, c'est l'occasion d'essayer, voir si ça marche.

Me voilà donc la cuisine, jetant mon dévolu sur un paquet de tagliatelles, qui se marierait fort bien avec des lardons fumés et une petite sauce à la carbonara. Je me mets aux fourneaux sans grand enthousiasme cependant, les larmes aux yeux, priant pour que ce repas me fasse tout oublier. Je commets l'irréparable en allumant la radio, qui ne passe que des chansons d'amours déçus, dans lesquelles j'ai tôt fait de me reconnaître, et qui réveillent un torrent de larmes salées. Ca tombait bien, j'avais oublié de saler les pâtes...

Et voilà. Vingt minutes plus tard, je mange. Et je pleure toujours... Cette expérience se révèle être une pure catastrophe : je n'ai aucun plaisir à manger ce que j'ai préparé, j'ai mis dix fois trop de crème fraîche, et je n'ai pas de kleenex sur moi.

Et là... Et les tagliatelles, et ma rupture me restent sur l'estomac...

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 3 mars 2006

Mon cher Victor,

Continuons l'étude des grands personnages politiques d'aujourd'hui. Une fois n'est pas coutume : je parlerai de quelqu'un qui s'était soit-disant "retiré de la vie politique" (ce sont ses termes !) mais qui semble bien s'y glisser à nouveau, grâce aux médias, meetings de soutien etc... Cet homme, mon cher Victor, s'appelle Lionel Jospin. Il est du parti socialiste. De quel bord est-il, alors ? Gauche. Ahh !! Ne fais pas cette mine réjouie : tu vas déchanter bien vite.

Nous avons parlé la dernière fois, mon cher Victor, du Président de la République. Il a été réelu en 2002, dans des conditions absolument déplorables : contrairement aux sondages et aux confiantes opinions de chacun d'entre nous, Jacques Chirac n'a pas affronté Lionel Jospin, le candidat du PS de l'époque, au deuxième tour. Eh non... Lionel Jospin a été ejecté par l'indéboulonnable chef  du Front National, un parti d'extrême droite, que j'évoquerai plus en détails dans un prochain article. Ohhh ! Mais quelle horreur !!! Je t'avais bien dit que tu allais déchanter... Et encore : tu ne l'as pas vécu en direct ! Moi, Mirabelle, je votais pour la première fois à l'époque, et crois-moi, une telle expérience, cela te forge une certaine idée de la politique. Je veux bien te croire, ma pauvre petite !

Suite à son échec, le soir-même des résultats du premier tour, humilié comme il était par cette victoire du Front National sur les idées humanistes du Parti Socialiste, Lionel Jospin intervient, devant caméras, micros et militants de son parti :

- J'en tire les conclusions et me retire de la vie politique.

J'étais devant la télévision ce soir-là. Ma mère et moi avons poussé un cri, tout comme ces militants, effondrés en larmes, devant l'horreur d'une France transformée en monstre potentiel. Et aux journalistes de s'exclamer : "c'est incroyable, on ne s'attendait pas à une telle décision du leader de la gauche !". Je regardais ces gens qui pleuraient, qui criaient, et je voyais toutes ces belles idées d'égalité, de fraternité, de liberté, s'envoler en fumée, anéanties, brisées par des résultats aux antipodes du pays des Droits de l'Homme. Il ne faisait pas bon être français, ce soir-là, tu sais, Victor...

Lionel Jospin s'est donc retiré de la vie politique...

Pour un temps !

Et ma foi, le voilà qui revient ! Et je lui en veux. Je lui en veux car la première qualité d'un homme politique, il me semble, est de respecter ses engagements. Et de se remettre en question, lors d'un échec, ce qu'il n'a pas fait : sa campagne présidientielle a pourtant été, à mes yeux, une lamentable succession de déclarations contradictoires, enchaînant boulette sur boulette, et utilisant les pires stéréotypes pour se rattraper, comme la fameuse veste rouge de son épouse. Je suis un peu noyé, moi, dans tout ça ! Je sais, il faut l'avoir vécu pour le comprendre. Je trouvais cependant que cela méritait d'être dit, et j'approndirai un de ces jours, si nous en avons l'occasion. Je l'espère ! Car tu sais combien j'aime la politique !

Lionel revient donc !

Il écrit un livre, donne son avis sur les sujets "chauds" du moment dans les plus grands quotidiens de France, et comme par hasard, "fait un petit tour du côté du parti socialiste" de plus en plus fréquemment, alors que (tiens, comme c'est drôle une telle coïncidence !) tous les leaders du parti se bouffent la rate afin de trouver LE candidat convenable pour les prochaines présidentielles ! Il semble donc bien loin, ce retrait de la vie politique...

Et cela m'énerve, Victor, à un point que tu ne peux pas imaginer...

Alors, s'il compte revenir, mais vraiment revenir et se la jouer "sauveur de la gauche" alors qu'il est parti responsable du fiasco des présidentielles... Voilà ce que je lui dirai : Allez, Yoyo, viens prendre ta deuxième claque ! On t'attend de pied ferme !

 

 

 

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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle
Vendredi 3 mars 2006

Mon cher Victor,

Troisième article de la journée. On ne t'arrête plus ! Oui, j'ai pris une cadence infernale, je te l'accorde. C'est juste que mon après-midi contraste tellement avec ma matinée, (et mon repas) que je n'ai pu résister à l'envie de te faire part de cette évolution. Alors, raconte...

J. est passé à la maison. Encore ?! Je croyais qu'il ne devait plus venir ?! Moi aussi ! Mais comment dire... Il a un tel sens de la surprise ! Il m'a passé un coup de fil, en début d'après-midi, alors que je regardais par la fenêtre avec l'espoir de voir passer, peut être, une 406 verte. Tu ne changes pas, toi... J'ai honte de le dire mais non, effectivement, je ne change pas. Je dois être une imbécile...

Bref. Mon téléphone sonne...

- Tu ne veux pas que je passe chez toi ?

(C'est tout J., ça... Au lieu de dire clairement qu'il meurt d'envie de me voir, il préfère me le faire dire à moi, pour ensuite faire comme si c'était pour me faire plaisir à moi, et bien évidemment pas à lui...)

- Eh bien... Je ne sais pas... Tu as quelque chose à me dire de particulier ?

Que veux-tu, je n'ai pas pu dire non... Je me voyais, là, attendant bêtement, regardant par la fenêtre de ma chambre, "au cas où" comme on dit, et je ne pouvais pas refuser. Je m'en serais cognée la tête contre les murs.

- Non. J'ai juste envie de passer chez toi.

- Bon. Eh bien, passe... On verra bien.

On verra bien... Le genre de choses que je ne prononce strictement jamais ! J'étais donc assise sur mon bureau à regarder par la fenêtre et tout à coup... Une 406 verte ! La sienne ! Celle de mon J. ! Et je le vois, là, qui continue à me parler au téléphone :

 

- Bon, eh bien, j'arrive dans la seconde !

- Oui, je te vois par la fenêtre ! Effectivement, tu as fait vite !

Et moi, le plus bêtement du monde, incorrigible romantique, je m'imagine dans ces comédies à l'eau de rose... Un homme appelle une femme. Lui dit qu'il a très envie de la voir. Qu'il l'aime encore. En fait, il est juste derrière elle, du moins pas trop loin, ni trop près. La caméra se focalise sur son visage à elle, et elle sourit, et ça se sent, mon dieu, ça se sent qu'elle se dit "ah ! Comme ce serait bien s'il était là, juste derrière moi !". Et lui, il arrive, il se rapproche... Et ça y est, il est juste derrière elle ! Et il lui parle encore au téléphone. Il lui dit qu'il arrive. Il raccroche. Puis il lui tape sur l'épaule. Elle se retourne. Et ils tombent dans les bras l'un de l'autre.

Voilà à quoi je pensais, donc, quand je l'ai vu arriver. Eh bien... Et tout ça en quelques secondes, on peut dire que toi, tu as de sacrées images dans la tête ! Oui. C'est un de mes principaux défauts. La seule différence d'avec ce scénario mielleux, c'est que je ne lui ai pas sauté dans les bras. Quand même ! Ou à retardement dirons-nous...

Mais c'était sensiblement différent des autres fois. Je ne me suis fait aucune illusion. En l'embrassant, je ne me suis pas dit que nous repartions à zéro. J'avais juste envie d'être avec lui. Et de ne plus penser au fossé qui nous sépare dans la vie quotidienne. On était bien. On ne s'est pas disputé, fait assez rare pour être noté. Et j'ai passé un moment magique. Une parenthèse enchantée. On en a discuté. Calmement. Sans se fâcher. C'était serein. On était heureux de se voir. Et j'étais bien. Vraiment bien.

Cela m'étonne de toi... Moi aussi ! Une parenthèse enchantée, Victor, je te l'ai dit... Une parenthèse... Mais pour une fois, de ces deux mots, c'est le mot "enchantée" que je retiendrai, pas le mot "parenthèse".

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

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Opinion


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La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

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Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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