XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 2 avril 2006

Mon cher Victor,

Je suis en vacances. Mais... Je passe le concours de professeur des écoles à la mi-mai !

C'est pourquoi, sérieuse comme je suis, je me suis précipitée dès ce matin à la bibliothèque universitaire ! Tu n'es pas allée à l'IUFM ? Non. On voit bien, Victor, que tu n'y as jamais mis les pieds : les bibliothécaires se croient dans leur champ, les étudiants se rassemblent sans travailler... Heureusement, la BLVE est là ! Qu'est ce que ça que ça, la BLVE ? La BLVE, c'est la bibliothèque des langues vivantes étrangères. Une atmosphère studieuse. Exactement ce qu'il me faut.

J'aime bien regarder les gens. Quel est le rapport avec cette bibliothèque ? C'est que j'aime regarder les gens surtout dans cette bibliothèque ! Moi-même, pendant que j'écrivais les Misérables, j'avais quelques moments d'absence : tout écrivain part, parfois, dans un ailleurs lointain, et l'inspiration vient. Voilà, c'est tout à fait ça ! On se met à rêver... On regarde autour de soi. On écoute les conversations... Mirabelle ! Tu ne fais pas ça ?!? Si, parfois... Mais tout le monde le fait aujourd'hui, je t'assure !

On regarde leur façon d'écrire. Parfois, certains tirent la langue, d'autres sont couchés sur leurs feuilles. D'autres écrivent trois lignes en dix minutes mais d'une écriture cursive, appliquée, régulière, et ils admirent leur travail avec un sourire d'enfant. Oui, vraiment, j'aime bien regarder les gens.

Dans le bus aussi... Il y en a qui lisent. D'autres qui se mettent les doigts dans le nez. D'autres qui téléphonent... Il y a toujours deux copines, qui gloussent comme deux collégiennes (qu'elle sont peut-être ?) et racontent leurs histoires polissonnes d'une voix de stentor, au cas où les autres usagers n'entendraient pas.

Et on imagine... Que fait-il dans la vie ? Comment s'appelle-t-elle ? Ont-ils des enfants ? On observe la manière dont ils sont habillés ; même, parfois, si on a la chance de les entrevoir, leurs chaussettes... Dis donc, on peut dire que tu as le sens du détail ! Oui. J'ai de grandes théories là-dessus. Par exemple, quelqu'un qui a des chaussettes brodées de minuscules nounours ne peut pas être foncièrement mauvais. Du moins, je l'espère... Et ceux qui n'ont pas de chaussettes ?  Eh bien, on se base sur les chaussures... Et tu en as combien, des comme ça ? Un certain nombre ! Tu en veux d'autres ? Non merci. Ca ira...

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Lundi 17 avril 2006

Mon cher Victor,

Pardonne-moi si tu n'es pas la vedette d'aujourd'hui, mais c'est un cas de force majeure !

Bon anniversaire ma Camille !

Voilà, c'est tout...

Déjà ?

Oui, déjà !

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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Lundi 17 avril 2006

Mon cher Victor,

Nous reprendrons aujourd'hui la suite de l'article "Mon oncle... et sa tante ! (1)" Ahh ! Tant mieux ! Tu nous avais laissé à un moment décisif ! Alors ? Est-ce que Marc et Isabelle sont vraiment ensemble ? Quelle impatience ! Laisse-moi au moins reprendre le fil de mon histoire ! Où en étions-nous déjà ? Tu avais terminé sur vos conjectures pendant le dîner... Ah, voilà, c'est ça !

Dur de percer un tel mystère. Mon oncle est le comble de la discrétion, et pas du genre expansif. Quant à Camille, son efficacité n'est pas garantie, puisqu'elle décollera d'ici peu pour l'Espagne. Ceci dit, tant de difficultés ne nous empêchent pas de mener notre enquête, et encore moins d'en parler entre nous sur MSN, toujours avec la même excitation, même à des kilomètres l'une de l'autre.

Le temps passe... Et, il nous faut, à Camille et moi, admettre que nous en sommes toujours au même point : pas d'indices fiables, juste nos élucubrations de gamines. Nous ne sommes donc pas plus avancées, et le découragement nous assaille peu à peu.

Un jour, cependant, le vent semble tourner en notre faveur... Mon père a "revu Marc, de loin, avec la même femme que la dernière fois" (lui semble-t-il...), ma mère aurait "entrevu une jeune femme sortant du café avec lui", mais moi, Mirabelle, qui habite pourtant à moins de cinq cent mètres de chez mon oncle, je ne suis pas fichue de le surprendre avec cette mystérieuse inconnue ! Tout aurait pourtant été si simple : ayant passé une semaine avec Isabelle en Italie pour l'anniversaire de Camille, ayant résolu avec elle des grilles de mots croisés, je la reconnaîtrais au premier regard, même furtif !

Et puis, un soir, sur MSN avec Camille... Changement de tactique : nous décidons d'appeler Marc, pour en avoir le coeur net. Ou plutôt : Camille me persuade d'appeler Marc, parce qu'évidemment, clouée sur Barcelone, sa marge de manoeuvre est assez restreinte. Je m'y colle donc, le coeur qui bat et les mains moites, avec une Camille qui m'encourage via le net. Une sonnerie. Puis deux... Je prépare mes phrases les plus diplomates... Et enfin, après le traditionnel "Tonton, c'est Mirabelle, ça va ?", je me lance :

"En fait... Je t'appelle parce que... Je voudrais savoir... Ne le prends pas mal, surtout, je respecte ta vie privée mais... Je voudrais quand même savoir si... Si Isabelle et toi vous êtes ensemble."

Ca y est. J'ai craché le morceau ! Vas savoir pourquoi, mon Victor, je me sens tout de suite mieux ! Et je devine, au silence qui suit ces mots, là-bas, à l'autre bout du fil, que c'est lui, maintenant, qui est mal à l'aise...

- Eh bien... Pourquoi tu me demandes ça ? C'est assez délicat. En fait... Je ne sais pas trop.

- Vous êtes ensemble ou pas ?

- Je te le répète : je ne sais pas. C'est... Non, je sais pas.

Blanc. Bredouillement. Hésitations. Je me prends les pieds dans un fil transparent. Pas très claire, ton image... Alors disons que je ne préfère pas enfoncer le couteau dans la plaie, et que mes sabots sont assez gros comme ça ! C'est déjà mieux... Je raccroche donc après les politesses d'usage, avec la déséagrable sensation d'avoir dépassé les bornes.

Et ensuite ? Ensuite, je raconte tout à Camille sur MSN. Je ne sais plus trop quoi penser. Et je culpabilise de me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je veux dire : alors ? Comment saurez-vous s'ils sont vraiment ensemble ou pas ? Quelle est la vérité ?

La vérité apparaîtra dans un prochain article, sous la forme d'un dîner chez Camille... Et nous nous arrêterons là pour aujourd'hui ! C'était gros comme une maison...

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

T'arrive-il d'avoir le cafard ? Bien sûr, je suis comme tout le monde ! Moi, cela m'arrive plus souvent qu'à mon tour... Et dans ces cas-là, je ne connais qu'un remède : les petits plaisirs de la vie ! Et que sont, selon toi, ces petits plaisirs ? C'est bête comme chou. Bien sûr, tu ne connais pas Philippe Delerm, un écrivain bien d'aujourd'hui. Il a écrit un joli livre sur ces petits plaisirs de tous les jours : La première gorgée de bière.

Pour moi, c'est la première gorgée de thé qui est la plus délicieuse, quand il n'est pas bouillant, cela va sans dire ! Et puis j'aime bien grignoter un petit carré de chocolat pour accompagner. Et est-ce que le nombre de carrés de chocolat est proportionnel à ton degré de déprime ? Si c'est le cas, j'espère que ton porte-monnais est bien garni, parce que tes tablettes de chocolat ne doivent pas faire long feu ! En plus, tu te contredis... Comment ça je me contredis ?!? Mais oui ! Dans l'article "Pleure pas la bouche pleine", tu disais que tu n'avais jamais essayé la nourriture comme compensation du manque affectif ! Je ne me contredis en rien : là, je te parle juste d'une tasse de thé et de chocolat, ce n'est pas pareil ! C'est toi qui le dis ! Oh... Victor, tu m'énerves ! On ne va pas se disputer pour si peu, quand même ! Allez, laisse-moi parler, et cesse de t'échauffer ainsi, c'est mauvais pour toi...

J'aime le thé et le chocolat, disais-je. Qui plus est quand je saupoudre le tout d'un peu de Mozart, comme c'était le cas tout à l'heure. Oui, vraiment, quand j'écoute le "Concerto pour flûte et harpe", avec au creux de mes mains une tasse de thé si chaude que j'en frissonne, et là, à deux doigts de fondre dans ma bouche, des carrés de chocolat bien noir, alors là, oui, je me dis que la vie est quand même bien bonne d'avoir inventé trois merveilles pareilles... Et que ça vaut bien le coup qu'on souffre un petit peu ! Quelques grammes de finesse dans un monde de brute...

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Rien de tel que l'amitié pour se requinquer. C'est le remède le plus puissant que je connaisse au mal d'amour. J'ai encore pu en constater les effets samedi soir. Une heure, quarante-huit minutes et  une seconde au téléphone avec Maxime. Quelle précision ! Eh oui... C'est la magie des téléphones portables.

Ca m'a fait un bien immense de lui parler. Je me suis endormie tout de suite après avoir raccroché. Et en me disant que non, finalement, je n'étais pas pitoyable, ni lamentable, ni tous ces adjectifs péjoratifs dont je m'affublais mentalement. C'était encore à cause de J., tout ça je suppose ? Tu veux encore croire que vous avez une chance ? J'aimerais bien. Mais comme dirait Johnny Hallyday : "Pour être un couple, il faut être deux"... Qui est Johnny Hallyday ? Un philosophe ? Non, un chanteur bien de nos jours... Alors, il t'a conseillée ? A-t-il réussi à te faire admettre qu'il fallait abandonner ? Parce que moi, j'essaie, mais comme tu es têtue comme une mule... Il m'a conseillée à sa façon. En pondérant. C'est quelqu'un qui sait pondérer.

Il ne connaît pas J., pas du tout. Il ne sait de lui que ce que je lui ai dit. Cela m'a aidée d'avoir en face de moi quelqu'un de distancé, qui observe la situation d'un oeil objectif. Il ne détient pas toutes les clés, c'est certain, mais certaines paroles qu'il a pu prononcer me font réfléchir. Le terme "profiteur" par exemple... J'ai défendu J. en soutenant que non, vraiment, il n'était pas ainsi. Mais au fond, qu'en sais-je ? Pas grand chose. On ne connaît jamais vraiment les gens, et encore moins la personne qu'on aime. Après tout, il est capable d'une extrême indifférence à mon égard, comme si ces deux années passées ensemble n'avaient pas existé. Il est capable de crier qu'il m'aime, qu'il veut que l'on se remette ensemble, et tout ça d'un ton d'une sincérité touchante, mais aussi de soupirer, de maugréer qu'il "ne sait pas quoi me dire" le lendemain, quand je fais un pas vers lui. Alors, je ne le connais plus. Je ne sais plus ni ce qu'il veut, ni ce qu'il pense, ni s'il m'aime... Je suis impuissante.

Maxime m'a aidé à relativiser. A prendre conscience que, comme d'habitude, je dramatisais, que j'avais peut être tendance à exagérer. Oui, je viens de rompre... Et alors ? Il y a tellement de gens qui traversent ce genre d'épreuves et en guérissent. Tellement de gens qui réussissent à oublier une personne qu'ils pensaient aimer durant toute leur vie. Surtout que J., par exemple, a l'air de le vivre assez bien, beaucoup mieux que moi en tous cas, qui sacralise notre relation plus qu'elle ne le mérite.

Nous n'avons pas parlé que de ça. Et je pense que si, justement, j'étais libérée en raccrochant (si détendue que je m'endormais littéralement, bercée par le son de sa voix), c'est que nous avons parlé de tout et de rien, de la pluie et du beau temps. Nous n'avions pas discuté ainsi depuis longtemps, depuis très longtemps. A une certaine époque, rongé par la jalousie, J. prenait très mal mon amitié avec Maxime. Il avait peur, me demandant même de rompre tout contact avec lui. Je ne l'ai pas écouté fort heureusement...

Samedi soir, nous avons évoqué nos souvenirs de lycée. Des petites choses quotidienne de la vie mais qui nous ont fait rire aux éclats. C'était chaleureux. Encore la nostalgie à l'oeuvre je suppose, mais c'est si agréable... Pendant qu'il me parlait, je repensais à la façon dont il me comprenait à seize ans. Est ce que J. m'a jamais comprise comme Maxime ? Je ne pense pas. M'a-t-il jamais comprise tout court, d'ailleurs ? J'en doute... Surtout vu le peu de cas qu'il fait de ma personne dorénavant. Maxime a eu plus de considération pour moi hier soir après des semaines de distance, que J. qui m'appelle régulièrement et qui, fut un temps, disait m'aimer pour la vie. Ce détail, aussi minuscule soit-il, m'interpelle...

Nous avons discuté à bâtons rompus pendant près de deux heures, comme je te l'ai dit. Et tout ça sur le forfait de Maxime, ce qui me gêne un peu quand même, mais puisqu'il a, paraît-il, un forfait défiant toute concurrence... Il m'a écoutée longtemps. Je connais peu de gens dans mon entourage qui m'auraient écouté avec une telle bienveillance après une longue période de silence. Oui, vraiment.

Avant de l'appeler, j'étais extrêmement fatiguée, mais aussi au bord de la crise de nerfs. Une demie heure à me tourner et me retourner dans mon lit, sans pouvoir calmer ma colère bouillonnante. Et puis je me suis souvenue de ce qu'il m'avait dit... Si tu as besoin de parler, je suis là. Je n'ai pas hésité, bien qu'il soit très étrange, après des années, de lui raconter ma vie en long, en large et en travers, comme autrefois. Ce fut pourtant très naturel. Nous avons parlé, parlé, parlé. Le temps a passé très très vite. Et quand j'ai raccroché, il était presque deux heures. Autant dire un quasi record en ce qui me concerne !

Aujourd'hui, je suis apaisée. Je me dis qu'il est resté mon ami... J'ignore ce qu'il en est pour lui, mais ce qui ne fait aucun doute à mes yeux, c'est qu' il reste la plus grande amitié masculine que j'ai jamais vécue jusqu'ici. A seize ans, j'étais persuadée qu'il était mon double au masculin... Une sorte de miroir. Bien sûr, désormais, nous avons changé avec l'âge et l'expérience (surtout lui, parce que moi, je suis restée la même petite gamine) mais je ressens encore ce lien particulier entre nous, et j'espère que ce lien demeurera... Indéboulonnable.

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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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