Lundi 9 avril 2007
Mon cher Victor,
Maintenant que c'est les vacances (et surtout, maintenant que j'ai la distance nécessaire pour en parler plus clairement...), un point sur ce SR2 me semble inévitable. C'est vrai que tu n'as beaucoup évoqué le sujet jusqu'ici ! Effectivement. Besoin de me détendre. D'exister à travers autre chose qu'à travers l'Ecole. Car il faut bien dire que pendant ces trois semaines, je n'ai vécu QUE pour ça. J'ai été parfaitement invivable. Coupée du monde. Obsédée par ce stage.
Alors après une semaine de vacances chez mon Mystérieux Inconnu (où je n'ai RIEN fait, mais alors rien du tout, ce qui promet une deuxième semaine tout à fait studieuse et intensive...), je m'atèle à la tâche de l'analyse post-stagieuse. Post-stagieuse ? Tu m'as compris ? Oui, mais... Bon. C'est l'essentiel ! Tel un Jacques Chirac dressant le bilan de ses années de présidence, je me tiens devant toi, Victor, à te regarder dans le blanc des yeux, prête à te dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je n'en demandais pas tant...
Alors... Si je devais définir ce que j'ai vécu, le premier adjectif qui me vient à l'esprit est le suivant : crevant. Ce stage fut bel et bien épuisant. Si je fais le compte, j'ai dormi, en moyenne, six heures par nuit, ce qui n'est pas suffisant, surtout pour moi qui suis une grosse dormeuse. Deuxième mot qui me vient à l'esprit : réalité. Réalité ? Au bout de trois semaines, j'ai une petite idée de ce que va être mon métier dans les années à venir. Une grande direction, des objectifs, et de l'improvisation qui gravite autour. Tu ne prépares rien ?!Et cette réalité ne te fait pas peur ? Bien sûr que si. Mais on ne peut pas préparer tout. On prépare l'essentiel : lecture, mathématiques... Sinon, on y laisse sa vie. En toute franchise. Tout en sachant, bien évidemment, que j'avais un double-niveau. Donc plus de boulot ! Bien sûr que si. Je redoute énormément la rentrée de septembre. Je sais mieux qu'auparavant que je vais en baver des ronds de chapeaux... Mais il faut bien passer par là !
Et si tu avais à définir ce que tu dois améliorer ? M'affirmer. M'affirmer en tant que maîtresse. Oser dire, bien fort, mon opinion. Particulièrement en ce qui concerne la relation d'équipe. Ta situation de stagiaire est un peu bâtarde... Tu as le concours, mais tu n'es pas encore totalement maîtresse... Oui. J'ai donc eu quelques difficultés à trouver ma place parmi les autres enseignants. Je crois d'ailleurs que je ne l'ai jamais trouvée. L'impression d'entrer dans une école par effraction. Tu exagères peut être un petit peu, là, Mirabelle... Certes. Ce que je veux dire, c'est qu'on arrive dans une école où tout un système est déjà en place. On prend le train en marche. Ca demande une sacrée capacité d'adaptation. Une capacité que j'apprends à développer, peu à peu, mais j'ai encore des progrès à faire !
Et par rapport aux élèves ? Trouver le juste milieu entre autorité et autoritarisme. Aaaah ! Voilà une question philosophique ! J'ai souvent été partagée entre la sensation d'être trop sévère, de "ne rien leur passer" et celle de n'être pas assez ferme, de me laisser marcher sur les pieds. Lors de ma visite de validation... Tiens, à propos de cette visite de validation, il serait peut être temps que tu nous en parles ! J'attends toujours ! Plus tard, Victor, plus tard... Je disais donc que lors de ma visite de validation, on m'a dit que j'avais tendance à peut être un peu trop crier. Je n'ai pas envie d'être une maîtresse qui crie. Alors je vais devoir prendre de la distance par rapport à mon attitude. Ce n'est pas facile, de prendre de la distance, quand on est dans le feu de l'action ! Je ne te le fais pas dire...
Et c'est tout ? Bien sûr que non ! Il faut aussi que j'apprenne à mieux gérer le temps, à prévoir tout un tas d'activités pour ceux qui ont terminé, il faut que je sois moins hésitante, que je sache où je vais SYSTEMATIQUEMENT, que je m'impose auprès des parents (j'en ai des choses à dire là-dessus...). Il faut aussi que je différencie mieux, que j'apprenne à mieux cerner les difficultés des élèves, que mes activités soient plus adaptées, que je ne laisse personne derrière... Eh là ! Doucement... Il faut, il faut, il faut... Tu as toute ta carrière pour t'améliorer ! Ne mets pas la barre trop haut pour l'instant, prends ton temps ! Tu me demandes si c'est tout, je te réponds... Et puis tu sais, la première inspection n'est pas si loin ! Tu m'exaspères, Mirabelle...
Maintenant que c'est les vacances (et surtout, maintenant que j'ai la distance nécessaire pour en parler plus clairement...), un point sur ce SR2 me semble inévitable. C'est vrai que tu n'as beaucoup évoqué le sujet jusqu'ici ! Effectivement. Besoin de me détendre. D'exister à travers autre chose qu'à travers l'Ecole. Car il faut bien dire que pendant ces trois semaines, je n'ai vécu QUE pour ça. J'ai été parfaitement invivable. Coupée du monde. Obsédée par ce stage.
Alors après une semaine de vacances chez mon Mystérieux Inconnu (où je n'ai RIEN fait, mais alors rien du tout, ce qui promet une deuxième semaine tout à fait studieuse et intensive...), je m'atèle à la tâche de l'analyse post-stagieuse. Post-stagieuse ? Tu m'as compris ? Oui, mais... Bon. C'est l'essentiel ! Tel un Jacques Chirac dressant le bilan de ses années de présidence, je me tiens devant toi, Victor, à te regarder dans le blanc des yeux, prête à te dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je n'en demandais pas tant...
Alors... Si je devais définir ce que j'ai vécu, le premier adjectif qui me vient à l'esprit est le suivant : crevant. Ce stage fut bel et bien épuisant. Si je fais le compte, j'ai dormi, en moyenne, six heures par nuit, ce qui n'est pas suffisant, surtout pour moi qui suis une grosse dormeuse. Deuxième mot qui me vient à l'esprit : réalité. Réalité ? Au bout de trois semaines, j'ai une petite idée de ce que va être mon métier dans les années à venir. Une grande direction, des objectifs, et de l'improvisation qui gravite autour. Tu ne prépares rien ?!Et cette réalité ne te fait pas peur ? Bien sûr que si. Mais on ne peut pas préparer tout. On prépare l'essentiel : lecture, mathématiques... Sinon, on y laisse sa vie. En toute franchise. Tout en sachant, bien évidemment, que j'avais un double-niveau. Donc plus de boulot ! Bien sûr que si. Je redoute énormément la rentrée de septembre. Je sais mieux qu'auparavant que je vais en baver des ronds de chapeaux... Mais il faut bien passer par là !
Et si tu avais à définir ce que tu dois améliorer ? M'affirmer. M'affirmer en tant que maîtresse. Oser dire, bien fort, mon opinion. Particulièrement en ce qui concerne la relation d'équipe. Ta situation de stagiaire est un peu bâtarde... Tu as le concours, mais tu n'es pas encore totalement maîtresse... Oui. J'ai donc eu quelques difficultés à trouver ma place parmi les autres enseignants. Je crois d'ailleurs que je ne l'ai jamais trouvée. L'impression d'entrer dans une école par effraction. Tu exagères peut être un petit peu, là, Mirabelle... Certes. Ce que je veux dire, c'est qu'on arrive dans une école où tout un système est déjà en place. On prend le train en marche. Ca demande une sacrée capacité d'adaptation. Une capacité que j'apprends à développer, peu à peu, mais j'ai encore des progrès à faire !
Et par rapport aux élèves ? Trouver le juste milieu entre autorité et autoritarisme. Aaaah ! Voilà une question philosophique ! J'ai souvent été partagée entre la sensation d'être trop sévère, de "ne rien leur passer" et celle de n'être pas assez ferme, de me laisser marcher sur les pieds. Lors de ma visite de validation... Tiens, à propos de cette visite de validation, il serait peut être temps que tu nous en parles ! J'attends toujours ! Plus tard, Victor, plus tard... Je disais donc que lors de ma visite de validation, on m'a dit que j'avais tendance à peut être un peu trop crier. Je n'ai pas envie d'être une maîtresse qui crie. Alors je vais devoir prendre de la distance par rapport à mon attitude. Ce n'est pas facile, de prendre de la distance, quand on est dans le feu de l'action ! Je ne te le fais pas dire...
Et c'est tout ? Bien sûr que non ! Il faut aussi que j'apprenne à mieux gérer le temps, à prévoir tout un tas d'activités pour ceux qui ont terminé, il faut que je sois moins hésitante, que je sache où je vais SYSTEMATIQUEMENT, que je m'impose auprès des parents (j'en ai des choses à dire là-dessus...). Il faut aussi que je différencie mieux, que j'apprenne à mieux cerner les difficultés des élèves, que mes activités soient plus adaptées, que je ne laisse personne derrière... Eh là ! Doucement... Il faut, il faut, il faut... Tu as toute ta carrière pour t'améliorer ! Ne mets pas la barre trop haut pour l'instant, prends ton temps ! Tu me demandes si c'est tout, je te réponds... Et puis tu sais, la première inspection n'est pas si loin ! Tu m'exaspères, Mirabelle...
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
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