XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 1 mai 2006

Mon cher Victor,

Tout d'abord, je m'excuse auprès de toi, mon Victor. J'imagine que tu déjà été surfer sur les blogs de Matthieu, de Laflote et de Mel, qui ont déjà traité le sujet que je vais aborder aujourd'hui. Sache seulement que je ne les ai copiés en rien : l'idée germait déjà dans ma petite caboche depuis un certain temps, et j'avais même entamé un brouillon ! Mais enfin... C'est la loi du plus rapide, et je te fais mes plus plates excuses, ainsi qu'à mes trois collègues de la blogosphère. Tu sais, ma Mirabelle, je lis tellement d'articles que je finis par les confondre tous... Ma pauvre tête, tu comprends... C'est l'âge... Je peux y aller alors ? Mais ouiii ! Je suis toute ouie !

Terrible nouvelle annoncée dans les médias la semaine dernière. Quoi donc ? Une catastrophe ? Une révolution ? Le rétablissement de l'empire ? Pire que ça. Euh... Zinedine Zidane prend sa retraite. Qui c'est, ça, Zinedine Zidane ? Un sportif. Un footballeur plus précisemment. Une légende vivante depuis la Coupe du Monde 1998. Et qu'est-ce qu'il a fait de si exceptionnel, ce cher monsieur, pour mériter ce statut de légende vivante ? Pas grand chose. Il a tapé dans un ballon. Il a fait des publicités. Il a représenté des associations caritatives. C'est bien, ça, les associations ! Je ne dis pas le contraire. Mais aujourd'hui, des people non engagés sont des people qu'on n'engage plus à la télé : la célébrité, la reconnaissance, passent désormais aussi par le don de soi. Ohh ! Regardez ! Comme je suis riche et célèbre et que vous êtes pauvres, malades et inconnus, je vais vous donner plein d'argent ! Dites-moi que je suis quelqu'un de bien !  Si bien que l'on peut douter de la sincérité de certaines stars dans leur engagement pour "un monde plus juste". Tu caricatures ! Evidemment. Mais la caricature est souvent bien plus parlante. Alors donc, ce Zinedine Zidane prend sa retraite ? Et qu'est-ce que ça a d'extraordinaire ? Il y en a plein, des gens qui prennent leur retraite, et on n'en fait pas tout un plat ! Je dirais même plus : on ne parle pas de tous ces gens qui se lèvent aux aurores, gagnent des clopinettes toutes leurs vies pour finalement toucher une retraite de misère !

Lundi soir. Ton morbide du journaliste : "Zinedine Zidane vient d'annoncer à l'instant qu'il prenait sa retraite". Un peu plus et on imaginait déjà les funérailles, la France en larmes, Nadette et les tifosi cachés derrière leurs mouchoirs... Tu veux mon opinion, Victor ? Je m'en bats l'oeil, moi, de Zinedine Zidane. Pourtant, s'ils l'annoncent dans les journaux, c'est que tout le monde ne doit pas penser comme toi ! Humm... Moi, je pense plutôt qu'on les AMENE à mythifier Zidane. Parce que franchement, quand on y réfléchit d'un peu plus près : Zidane, c'est juste un mec qui tape bien dans un ballon, rien de plus ! Et c'est hallucinant de constater qu'il fait la une de la presse et des journaux télévisés pour quelques jolis buts !

Zidane est un symbole. D'accord. Symbole d'intégration, j'imagine. Un petit gars des quartiers pauvres de Marseille propulsé star du football et roi du ballon rond devient un exemple pour tous ces gamins immigrés qui rêvent de réussite. Sauf que Zidane est né à Marseille, pas en Algérie... Mais quand même, ça tombe pile poil dans ce courant de "discrimination positive" : regardez, c'est possible de devenir riche et célèbre quand on est d'origine étrangère ! Au fond, je me dis que Zidane est devenu un instrument, presque la personnification d'un grand idéal de société. On a tous envie d'y croire, nous, en une France plus juste et plus intégratrice ! Du coup, quand ils nous emmenent tous au stade dans une publicité, on se prend à rêver...

Revenons un peu sur terre, Victor, si tu veux bien. Zidane n'a pas trouvé le vaccin contre le Sida. Ni fait progressé la lutte contre le cancer. Il n'a pas pris de grandes mesures sociales pour la France. Il a joué au football. C'est tout.  Il a SEULEMENT joué au football ! Il n'a en rien bouleversé le cours de l'humanité ! Alors qu'on arrête un petit peu de l'ériger en héros, bon sang ! Ne t'énerve pas Mirabelle... Tu sais bien que je n'aime pas quand tu t'échauffes ainsi ! Pardon, Victor. Mais je dois dire que je trouve l'attitude des médias à ce sujet absolument indécente ! Qu'on fasse la une pour l'abbé Pierre, par exemple, me semble justifié, mais pas pour Zidane, non, sincèrement, pas pour Zidane ! Le sport c'est une chose, faire avancer le monde en est une autre ! Et lui, lui, il est footballeur, nom de nom, pas bienfaiteur de l'humanité !

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Lundi 1 mai 2006

Mon cher Victor,

Hier soir, bien au chaud dans mon petit lit (alors que comme d'habitude, je ne trouvais pas le sommeil !) je me suis prise à rêver. A quoi donc ? A une France utopique, qui n'existera sans doute jamais... A une idée qui me tient debout, tournée vers l'avenir, vers un idéal... J'adore les idéaux, tu le sais. Je suis moi-même pétri d'idéaux. Si tu me faisais partager les tiens ?

Je rêve d'une France où nous serions tous égaux. La révolution française a beau avoir posé les fondations de cette égalité, je persiste à penser que cette égalité est une égalité de droit et non de fait. Pour preuve, notre égoisme, à tous, moi y compris. Pas d'affirmations à l'emporte-pièce, Mirabelle... Justifie un peu ta pensée ! Très bien. Alors imagine-toi la scène...

C'est l'hiver. Il fait un froid de canard, il neige même un petit peu. Je suis frigorifiée, malgré mon manteau triple épaisseur qui me donne l'air d'une bombonnière, malgré mes gants de laine, malgré mon écharpe, malgré mon bonnet. Je me hâte. Je passe devant les Galeries Lafayette. Terré dans un coin, un clochard. Il me regarde passer... Et moi, moi, je ne le regarde pas. Je presse le pas. Je n'ose pas croiser son regard. J'ai honte. Je le connais, pourtant, ce clochard. Il est toujours là. Mais il me fait peur. Une peur idiote, j'en conviens... D'autant plus que je ne sais pas en identifier l'origine. Je sais juste que j'ai honte de moi, et que je suis gênée. Je le croise souvent, pourtant, ce clochard...

C'est la fin de l'hiver. Il fait moins froid. Cependant, le vent demeure assez piquant, et je frémis de plaisir en pénétrant dans le bus que j'attends depuis dix bonnes minutes. Il y fait si bon... Je m'assois comme d'habitude, devant, près du chauffeur, le nez collé à la vitre. Nous passons devant les Galeries Lafayette. J'ose regarder... Le clochard n'est plus là. A sa place, une rose rouge... Mon sang se glace. Je viens de comprendre...

C'était il y a quelques mois. Depuis, quand je longe les Galeries Lafayette, j'ai toujours une petite pensée pour cet homme. Une pensée honteuse, gênée, et en même temps pleine de compassion et de bons sentiments. Où veux-tu en venir avec cet exemple ? Tu ne vois pas, Victor ?

Je ne suis qu'une trouillarde. Comme tout le monde (ou presque). Et on aura beau faire de longs discours sur l'égalité, l'entraide, la solidarité, toutes ces belles valeurs ne trouveront d'accomplissement réel que si nos mentalités sont prêtes pour un tel changement. Il faut croire qu'elles ne seront jamais prêtes ! Quand on pense que la Révolution Française date de trois siècles ! Il y a vraiment des moments où je peine à croire encore en la nature humaine, franchement !

J'ai longtemps cru que la gauche aurait le pouvoir de métamorphoser la France. Jusqu'au jour où j'ai compris que quelles que soient nos opinions politiques, NOUS sommes la France. NOUS choisissons de donner le pouvoir à tel ou tel courant, gauche ou droite. Et quoi que décide le gouvernement en place, si NOUS ne sommes pas d'accord, il n'y aura pas de changements. Alors mes rêves d'égalité, où chacun tendrait une fleur à son voisin, tout ça, c'est irréalisable. Complètement irréalisable. C'est se voiler la face. Tout comme rendre le gouvernement responsable de tous nos malheurs revient à se déresponsabiliser.

Il y a des moments où j'ai envie de nous secouer tous et de nous mettre de grandes claques. Ah... Ne me fais pas ces yeux-là, je ne suis pas une violente ! J'ai juste envie d'avoir moins peur des autres, et que les autres aient moins peur de moi. Il faudrait que plus personne ne baisse les yeux, l'hiver, devant un clochard qui nous regarde passer. Il faudrait que nous osions plonger nos yeux dans les siens. Peut-être n'y verrions-nous rien qui nous effraie, finalement...

 

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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle
Mardi 2 mai 2006

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, un article un peu particulier. Ahh !! Tout d'abord, dis moi : qui est cette charmante jeune femme sur la photo ? Je n'en sais strictement rien, et tu devrais peu t'en soucier, mon Victor ! Petit coquinou, va ! Je suis attentif à ton article, c'est tout... Alors écoute-moi un petit peu, cela changera ! Tu es d'une mauvaise foi terrible... C'est que je n'aime pas quand tu te comportes comme le commun des mortels ! Allez, excuse-moi... Et viens-en au fait !

Précisons d'abord - pour les distraits qui n'ont pas remarqué la photo en haut à gauche de l'écran - que la blonde de cet article, là, à son ordinateur, lascivement allongée, féminine jusqu'au bout de ses talons aiguilles, ce n'est pas moi. Eh non, messieurs ! Je suis légèrement moins... apprêtée ! Et de toute façon, là n'était pas le sujet de mon article. J'ai évoqué précedemment avec toi, mon Victor, ma décision de "lever le pied" en ce qui concerne mon existence sur la blogosphère. Eh bien figure-toi que je ne peux m'empêcher de faire un tour régulièrement sur mon administrateur, le coeur battant, en me disant que j'aurais peut être des commentaires de mes lecteurs préférés ! Il semblerait que je sois atteinte de la fièvre blogueuse. La fièvre blogueuse ?

La fièvre blogueuse atteint  tous les nouveaux accros de la blogosphère, qui sont encore tout émerveillés des prouesses de la technologie : mettre un sondage sur son site, afficher ou non des commentaires, insérer des photographies... Etre très fiere de soi quand on visualise son aperçu, alors qu'au fond, on a juste écrit quelques lignes ! C'est moi, tout ça, vois-tu, mon Victor !

J'aime tellement écrire. Je ne suis plus que fébrilité quand je rédige un article. Tout se bouscule dans mon esprit. Mes doigts ne courent jamais assez vite sur les touches. Je suis dans un état second. Ou je reste à ne rien écrire, à contempler tout autour de moi. Le temps suspend son vol. Je ne réfléchis même pas. C'est comme si je me laissais... imprégner. Par quoi ? Je ne sais pas. Par l'atmosphère. L'inspiration. Et ne pas savoir entretient ma fascination pour l'écriture.

A la moindre petite chose quotidienne qui me semble interessante, je me dis : "tiens, il faut que je le note, j'ai bien envie d'en parler sur mon blog.". Certains commentaires m'interpellent, me font réfléchir. Me donnent de nouvelles idées. J'ai l'impression que chaque blog est en interaction avec les autres. Qu'ils sont des satellites gravitant autour de la même étoile. Ca me fascine... J'étais pourtant assez méfiante vis à vis des blogs. Cette façon parfois indécente qu'ont les gens de raconter leurs vies, ce côté voyeur qu'on a tous plus ou moins... Et puis je me suis aperçue, grâce au blog de mon amie Camille, que bloguer, c'est entrer dans un monde parallèle. Où l'on est libre de manipuler la réalité. Et j'aime cette idée de manipulation.

J'ai commencé à m'imaginer en grande conversation avec toi, mon Victor. Et il me semble aujourd'hui, que je te connais mieux. Je sursaute, en cours d'histoire-géographie, quand notre formateur évoque les "pamphlets républicains de Victor Hugo au XIXème siècle". Je me surprends à penser : "Mais il parle de mon Totor, là !" Et j'ai presque envie de lever la main pour faire remarquer que je le connais, moi, Victor, et intimement, s'il-vous-plaît ! C'est peut être ça, aussi, la fièvre blogueuse. Discuter avec quelqu'un, blogueur réel ou personnage illustre. J'aime vraiment parler avec toi, tu sais, Victor... Moi qui suis du genre torturé, à me poser des questions sur tout (et parfois sur n'importe quoi, il faut bien le dire), tu m'apaises. Tu me fais du bien. Bien sûr, on m'a souvent dit : "tu n'es pas un peu folle, de parler avec Victor Hugo ?". Si. Je suis peut être folle. L'effet de la fièvre blogueuse sans aucun doute. Mais si cela peut me permettre de me sentir mieux, d'écrire régulièrement (j'avais perdu un peu la main ces derniers temps...), d'entretenir mes vieux rêves de livres et de publication, alors j'espère qu'il n'existera jamais de vaccin contre cette drôle de fièvre...

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publié dans : Mystérieuse blogosphère par Mirabelle
Vendredi 5 mai 2006

Mon cher Victor,

Vendredi dernier, au réveil, je me suis tout de suite rendu compte qu'il serait difficile de tenir mon programme de mathématiques de la matinée. Ce n'est pas bien, ça, Mirabelle ! Je sais. Mais va savoir pourquoi, je n'ai pas culpabilisé...

Dehors, ma mère prenait le petit déjeuner sur la terrasse. Grand soleil. Et les petits oiseaux nous accompagnaient par leurs gazouillis... Je suis restée environ trois quarts d'heure à ne rien faire sur cette terrasse. A simplement bavarder avec ma mère. Nous avons ri des moineaux qui se poursuivaient les uns les autres. Reçu des brindilles sur le crâne aussi : la charpente de notre maison abrite un nid de volatiles fort sympathiques, et nous avions, au-dessus de nos têtes, le pépiement des petits en fond sonore, marquant les allées et venues de leurs parents, des vers de terre aux becs.

Notre jardin était plein de couleurs, ce matin-là. Des tulipes jaunes irisées de rose, des Coeurs-de-Marie qui portent si bien leurs noms... Des fourmis qui grimpaient sur mon plateau de petit-déjeuner, la folle escalade de l'une d'elle sur ma petite cuillère... Un rouge-gorge s'était posé sur la barrière, à quelques mètres de nous, nous l'avons admiré en silence... J'ai observé un ballet de bourdons, dans le pavé de fleurs...

Et puis soudain, je me suis aperçu que j'étais bien, là, au soleil, à contempler la nature et ses merveilles. Les rayons du soleil me caressaient la peau, le chant enjoué des oiseaux me mettait du baume au coeur... Il me semblait que le monde n'attendait que moi pour prendre toute sa dimension, et que bientôt, je ne formerais plus qu'un avec lui. Le concours, mes amours m'ont tout à coup paru sans importance, comparés à l'essence de la vie. Je me suis dit que c'était peut-être ça, le bonheur, tout simplement...

Pourquoi ce froncement de sourcils, mon Victor ? Tu m'avais habitué à des conversations bien plus noires que celle-ci, et je dois dire que je suis assez étonné de te voir si sereine, si... Epanouie ! Il est vrai que j'ai tendance à raconter mes petits malheurs plutôt que mes petits bonheurs. Alors, pour une fois, pourquoi ne pas se laisser aller au plaisir d'une si rare plénitude ? J'étais bien, ce matin-là, et j'avais pensé que peut être, tu serais heureux de partager ce bonheur tout simple avec moi ! Je le suis, en effet ! Et puis, cela fait du bien, un peu de légereté ! L'atmosphère de la blogosphère n'est pas franchement des plus optimistes en ce moment ! J'espère que ton article redonnera le sourire à tes lecteurs, au moins temporairement !

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Vendredi 5 mai 2006

Mon cher Victor,

Paraît-il qu'on reste toujours l'enfant de ses parents. Cela me semble logique ! Oui, effectivement, c'est d'une logique redoutable, mais j'entendais surtout par là que quels que soient leurs âges, qu'ils soient adultes ou nourrissons, des enfants restent des enfants d'un point de vue parental, et en particulier d'un point de vue maternel. Aurais-tu un exemple en tête ? C'est même l'exemple en question qui m'aura donné l'idée de cet article, vois-tu. Il s'agit d'une collègue de la blogosphère, Laflote, qui me semble, à travers ses posts, être l'incarnation parfaite de LA mère, dans toute sa splendeur. J'aime beaucoup quand elle parle des ses loutres. Ses loutres ?! Enfin, Victor, ne fais pas l'ignorant : je sais très bien que tu vas régulièrement sur son site ! Ohhh ! Je feins la surprise pour tes autres lecteurs : c'est un procédé visant à introduire une explication ! Navrée."Mes loutres", donc, dans l'esprit de Laflote, équivaut à "mes filles". Il y a Loutre n°1 et Loutre n°2 que je vous encourage vivement à observer à travers les articles de Laflote, dans cette rubrique. En lisant ses posts, je ressens une grande tendresse. Un amour inconditionnel. Une fierté débordante. Bref : une mère.

Une mère, j'en ai moi-même un exemplaire à la maison. Et malgré mon statut de "presque-adulte", j'ai encore régulièrement droit à des paroles cajolantes ("mon trésor", "ma chérie" et autres diminutifs sucrés), à des inquiétudes ("tu as bien pris ton portable ?", "tu es certaine que tu ne vas pas avoir froid avec ta petite veste de rien du tout ?") et à des remontrances ("ce n'est pas parce que tu as vingt-deux ans que tu as le droit de me parler sur ce ton ! Tu peux encore te prendre une claque, je te signale !"). J'ai également souvent l'occasion d'assister à des séquences nostalgie : yeux papillonnants, sourires attendris... Et hop, c'est parti ! Souvenirs, anecdotes du genre "ta première dent","ton premier Noël", "ta première grenouillère", suivie d'un discours sur combien le temps passe vite, et comme les enfants grandissent, on les a à peine mis au monde qu'ils sont déjà grands... Tu verras, quand tu auras des enfants ! Tu riras moins !

Attention, Victor : je ne me moque pas le moins du monde ! Non, tout cela m'attendrit au plus haut point, voilà tout. J'aime les mères. Je trouve ça beau, moi, les mères un peu poules, un peu protectrices, qui n'hésitent pas à affirmer que "le premier qui fait du mal à ma fille, je lui arrache les yeux". J'aime les mères qui avouent profiter à fond de leurs petiotes parce que bientôt "ce ne seront plus eux, leurs parents, qui les prendront dans leurs bras", ainsi que celles qui murmurent que "tout de même, cela faisait moins de problèmes quand vous étiez petites".

Laflote disait dans un de ses articles, très justement à mon avis, que le fameux moment où le jeune oiseau quitte le nid est sans doute plus difficile pour les parents que pour les enfants. Etant moi-même à deux doigts de faire le grand saut, j'ai tendance à penser qu'effectivement, la maman oiseau éprouvera quelques douleurs à se séparer de ma personne, sachant que je suis l'aînée et que c'est donc, pour elle aussi, une sorte de baptême de l'air !

Les mères auront beau dire, il me semble que faire un enfant est un acte égoiste. Elles ont un bébé. C'est magnifique. Elles sont tout pour lui. Il grandit. Peu à peu, ses centres d'intérêt s'élargissent. Progressivement, il découvre le monde, un monde dans lequel les mères n'occupent qu'une place assez restreinte, au bout du compte. Elles savent qu'un jour, un jour prochain, il faudra le laisser partir. Mais c'est LEUR enfant : c'est difficile d'admettre que la chair de leur chair ne leur appartient plus. Si difficile... Du moins j'imagine !

Tu sais quoi, Victor ? Non, mais tu vas le me dire ! J'ai hate d'être maman à mon tour. Tu as trouvé le père ? Pas pour l'instant. Alors tu as encore le temps de voir venir. Surtout que si tu fais un enfant sans même être mariée, ne compte plus sur moi pour nos conversations, il y a des limites tout de même ! Ah la la, toi et ton XIXème siècle ! 

 

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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