Mon cher Victor,
Aujourd'hui, c'était excursion à la ferme avec mes petits. Malgré l'extrême fatigue dont je suis la proie, je me traîne jusqu'à notre table pour bavarder un peu avec toi... Tu aurais pu au moins retirer tes bottes et chausser des souliers convenables ! Elles sont pleines de boue ! Ce n'est pas poli, Mirabelle ! Navrée. Pas eu le
temps. Ca sent le cochon... C'est moi ! Un petit aperçu des senteurs raffinées dont je me suis impregnée...
Ce matin, après avoir fait une heure de bus sous la pluie et dans le brouillard, nous voilà à la ferme. Igmar me demande si on va "prendre le pique-nique" tandis que Clarence, lui, se sert carrément dans son sac pour entamer son paquet de chips. Il me faut alors expliquer qu'il n'est que dix heures du matin et que nous avons plein de choses à faire et à voir avant de manger. Ludivine insiste quand même pour savoir "quand nous allons à la cantine". Soupir de ma part... C'est adorable !
Chaque enfant chargé d'un seau rempli de graines pour les animaux, nous rendons visite aux cochons, poules, chevaux et autres créatures, apprenons à jeter le grain, à mettre la main bien à plat pour nourrir le poney, les chèvres et autres publics très très intéressants. Les enfants sont ravis (sauf quelques petits bouts pas très téméraires, dans lesquels je reconnais, émue, ma propre enfance...) et Martine et moi faisons préciser le vocabulaire de circonstances.
Vient ensuite le tour des lapins. Ah... Les lapins ! Toute une affaire ! On remarque vite la différence de taille entre ces dodus de clapiers et notre petite Câline, élevée au sein de la classe. Dans la continuité de ce qui a été dit précédemment, nous interrogeons les enfants sur les mamans, les papas et leurs petits.
- Comment s'appelle le petit du lapin ?
Pas de réponse des bouts de choux. Nous rappelons alors ceux des autres animaux (agneau, veau, poussin, caneton etc.) et attendons désespérement le mot "lapereau". Jusqu'à ce que Sandy, dans une étincelle de génie, s'exclame :
- Un lapinou !
Ca ne s'invente pas... Le reste de la journée est fidèle à la matinée, c'est à dire que je supervise les relations inter-élèves, en empêchant les petiots, par exemple, de se doubler au toboggan. J'en punis un ou deux (pas de meilleurs idées à leurs yeux que de faire tomber leur camarades à la renverse du haut de l'échelle...) et admire leurs jeux, imaginatifs à un point que tu ne peux concevoir (ex : Alexandre à califourchon sur une grosse pierre, cavalant sur son fidèle destrier à travers la plaine...). Ils murissent, mes petits du lundis. Leurs jeux s'étoffent, leurs idées sont de plus en plus fines, de plus en plus précises. Ils jouent ensemble, maintenant, s'appellent par leurs prénoms. Laura arrive désormais à grimper au toboggan sans que je l'aide et Nelson a pris énormément d'assurance, ne réclamant plus ma main pour monter à l'échelle. Je me sens bêtement émue, comme si j'y étais pour quelque chose...
15 h : Retour au car. Les petits sont épuisés. Au bout de trois minutes de route, ils dorment à poings fermés. L'occasion pour moi de prendre des photos. Suces. Pouces. Doudous. Respirations calmes et bienheureuses. Waouh ! Je suis complètement crevée mais si bien dans mes bottes, là, dans ce car, en tant que presque-maîtresse !
publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Bavardages