XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 26 mai 2007
Mon cher Victor,le-petit-nicolas.JPG

Hier, toute la journée, j'étais dans la classe où j'effectuerai mon SR3.
C'est quelle classe déjà ? Un CE1. Combien sont-ils ? 26. 20 garçons et 6 filles ! Les pauvres fillettes doivent se sentir un peu perdues... Oui. J'ai pu discuter avec elles en fin de journée et elles m'ont avoué que "ce n'était pas facile parce que les garçons les embêtaient tout le temps". Ah... Je ne suis guère étonné ! En arrivant à 8 h 30 le matin, frâichement descendue de mon bus vert, direction le bureau de la directrice, que je remplace pour trois semaines, donc. Tu remplaces la directrice ?! Excuse-moi, Victor, je me suis mal exprimée. Je voulais dire que je la remplace en tant qu'enseignante bien évidemment, même si elle s'absence effectivement pour un stage de direction. Tu me rassures...

Jusqu'à la récréation de dix heures, nous discutons de ce qui a déjà été fait et de ce qui reste à faire. On évoque aussi les loustics que je n'ai pas encore vu. Elle me prévient : c'est une classe difficile. Pas "très travailleuse". Avec quelques cas. Quelques cas ? Deux ou trois enfants seront orientés en CLIS l'année prochaine. D'autres sont suivis par un maître d'adaptation. Trois élèves redoubleront leur CE1 car ils ne maîtrisent pas encore la lecture. La directrice me donne tout de suite les noms des zigotos perturbateurs et m'indique que de toute façon, je les repérerai très vite, ce dont je ne doute pas.

Après la récréation, me voilà lâchée au milieu des fauves. En ce vendredi, la directrice est déchargée (ce qui explique pourquoi nous nous sommes permis d'aller "bavarder" dans son bureau) et c'est Fabien qui fait le dompteur. Je me présente aux enfants. C'est fou comme l'appréhension s'évanouit quand on rencontre les gosses. J'imagine... Tu devais te demander où tu avais atterris quand la directrice t'a parlé de cette "classe difficile" ! Mais au fond, ils restent des enfants... C'est ça. Ce ne sont que des enfants. Qu'ils soient en difficulté ou non, ce ne sont que des enfants, et quand j'ai dû me présenter à eux, en parlant bien fort, devant le tableau, quand je les ai eus tous en face de moi, à me dévisager, bouche ouverte, toutes mes peurs se sont envolées. Je suis prêt à parier qu'elles reviendront... Sans doute ! En attendant, je profite de leur absence !

Après les présentations, je m'installe au fond de la classe, avec papier et stylo pour noter tout ce qui semble intéressant dans les affichages et productions d'élèves. Evidemment, quelques numéros se retournent, m'observent, discutent carrément de ce que je fais et de ce que j'utilise : ("Eeeeeh !!! Anthony !!! T'as vu, elle a un stylo-pluuuume !"). Et tout ça au beau milieu d'une séance de géométrie sur la symétrie. Bon. Ce que je vois m'inquiète un peu, je dois le dire. Deux gamins devant moi n'ont même pas sorti leurs affaires. Une élève donne des coups de règle à son voisin, une autre s'époumonne et insulte un de ses camarades assis à l'autre bout de la classe. Une bonne dizaine de gamins ont les yeux posés partout, sauf sur les figures dont ils doivent trouver les axes de symétrie. Et ça bavarde, ça bavarde, ça bavarde. Les trousses tombent. C'est le bordel. Fabien rame pour les faire bosser. Je le vois qui soupire et donne des coups de règle sur le tableau. En réalité, je peux compter sur les doigts d'une main ceux qui suivent la leçon. Aie. Et surtout, j'ai déjà repéré, comme prévu, ceux qui sont les plus turbulents.

Pause du midi. Après balade dans la petite ville, au soleil, après dégustation d'un sandwich jambon-beurre-gruyère, retour à l'école. L'équipe est sympa. Les instits' s'amusent du vouvoiement que j'emploie naturellement : "Tu peux me tutoyer, tu sais...". Ca va venir... L'ambiance est détendue. Moins glauque que pendant mon SR2. A propos de ton SR2, je note que tu ne nous as toujours pas parlé de l'équipe enseignante ! Ah oui, c'est vrai, j'avais dit que je le ferai ! Ce sera pour bientôt, promis... A 13 h 30, Fabien récupère les monstres et c'est parti pour une séance mêlant Découverte du Monde et Maîtrise du langage et de la langue orale : observation des gerbilles de la classe, tentative de représentation, et rédaction de petits textes documentaires dont les meilleurs paraîtront dans le journal de l'école. Les enfants sont moins excités que le matin, où ils avaient, selon Fabien (et évidemment sur un ton bien ironique...), "donné le meilleur d'eux-mêmes".

Pendant que les élèves dessinent les rongeurs, Fabien et moi nous partageons la correction des cahiers du jour. L'exercice : "Complète ces phrases en choisissant un sujet qui soit d'abord un pronom personnel, puis un groupe nominal". A la phrase : ".................. galope dans le pré", les élèves devaient donc proposer "il" ou "elle" puis, dans un deuxième temps, un groupe nominal de leur choix, cohérent avec le reste de la phrase. Et dans le cahier d'Aristide... Voici ce qui faillit bien me faire tordre de rire (et avec les fautes s'il vous plaît...) : "Nicolas Sarkzsy galope dans le pré". C'est peut être une métaphore... Une chevauchée éperdue vers l'Elysée ! Et puis n'oublie pas que votre Président de la République s'est déjà exhibé à cheval ! C'est vrai. Toujours est-il qu'après avoir montré ce cahier à Fabien, celui-ci déclara que c'était typiquement le genre de réponse d'Aristide, toujours prêt, selon lui, "à se rendre intéressant". Je m'attends donc, au cours de ces trois semaines, à ce que mon sérieux soit mis à rude épreuve !

Après une séance d'EPS remuante, pleine de pleurs, de chutes et de bobos, je reprends mon bus vert et rentre chez moi. En me disant que ces trois semaines vont être très enrichissantes... Mais pas de tout repos ! Parce que quand même, je vais te dire, Victor, il y a de sacrés loustics !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

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Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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