XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 4 juin 2006

Mon cher Victor,

Je suis encore toute retournée. Par quoi ? Par cet article de Laflote. Je l'ai lu également... Il est vrai qu'il est bouleversant. Je m'y suis tant retrouvée ! Je n'ai pas pu laisser de commentaire. Je n'aurais pas trouvé les mots justes... Mais je voulais tout de même, à ma manière, réagir à cet article.

C'était il y a un peu plus d'un an. Après de longs mois clouée sur un lit d'hôpital, ma grand-mère nous a quittés des suites d'un accident vasculaire cérébral. Je revenais d'un cours de grammaire anglaise. J'ai trouvé sept ou huit appels en absence sur mon portable, tous de la part de ma mère. Puis mon téléphone a sonné. Voix blanche de Maman. Mon sang se glace, ma gorge se noue. Oui, ma mamie est morte. Je rentre chez moi dans une sorte de brouillard, sans trop savoir comment. Un pied devant l'autre, machinalement. Je n'ai plus aucune conscience de ce qui m'entoure. Je ne pleure pas. Je suis hébêtée, complètement hébêtée. C'est la voix de ma mère que je retiens surtout. Sa difficulté à prononcer ces trois mots : "Elle est morte.". La mort, à mes yeux, ce n'est pas cesser d'exister. C'est admettre qu'un être cher peut s'en aller. Qu'on ne le reverra plus...

Parfois, je regrette d'avoir assisté à la mise en bière. Quand nous patientions dans le couloir, j'ai entendu le son zippé de la fermeture éclair. J'ai tout imaginé. Je ne connais rien de plus terrible, de plus frontal, de plus réaliste pour caractériser la mort. Je l'ai embrassée sur le front. Elle était glacée. Je ressens encore ce froid glacial contre mes lèvres.  Mon père et mon oncle ont soulevé maladroitement ses bras pour placer des photos de famille contre sa poitrine. Ils sont retombés dans un claquement. Rigides. Froids. Nous lui avons caressé les cheveux, délicatement, comme pour ne pas lui faire de mal. Elle semblait plus vieille encore qu'auparavant. Son visage se tordait dans une grimace. Elle avait son gros gilet bleu, celui qu'elle avait tous les dimanches, quand nous passions la voir chez elle. Comme c'était étrange, cet habillement si familier, face à ce corps inhabité... 

J'avais énormément de représentations erronées d'un enterrement. Je n'avais jamais perdu un proche. J'imaginais que je m'effondrerais dans l'église. Cela fut effectivement le cas, mais le plus terrible fut l'arrivée du corbillard. Ce corbillard qui contenait le cercueil. Ce cercueil où reposait ma grand-mère. Nous attendions devant l'église. La voiture est arrivée. Elle a fondu sur nous comme une réalité irrémédiable, qu'il ne servait plus à rien de nier. J'ai éclaté en sanglots. On a sorti le cercueil. Pénétré dans l'église. Il faisait très froid. La messe a débuté. L'orgue se lamentait, accentuait le caractère funèbre de cette matinée. Je pleurais sans pouvoir m'arrêter. La main de J. serrait la mienne, sans un mot. On n'entendait que moi dans l'église. Je tentais de me raisonner, de me calmer, mais les larmes se précipitaient, dans des cris de quasi hystérie. J'hoquetais. La morve coulait le long de mon nez. J'étais incontrôlable.

Vint le moment où je dus me lever et lire le texte que j'avais écrit pour elle, la veille au soir. J'y avais mis tout mon coeur. Pas de pathos. Juste mes souvenirs d'enfance... Les éclairs au chocolat, les parties de dominos, le robinet dans la petite cour. La première phrase que je prononçai ne fut qu'une succession de hoquets. Mes yeux embués de larmes m'empêchaient de lire correctement. Je me suis reprise, je ne sais comment. J'ai pensé à elle. A moi. A la petite fille que j'étais. Aux souvenirs merveilleux qu'elle me laissait. J'ai lu mon texte de toute mon âme. J'ai vu ma mère laisser libre cours à sa peine. Elle, si courageuse jusque là, qui avait lu toutes les prières, allumé tous les cierges, assumé toute l'organisation de l'enterrement sans la moindre larme, a éclaté en sanglots. "C'est magnifique, Mirabelle, ce que tu as écrit pour ta grand-mère..." m'a-t-elle dit en sortant de l'église. Quand nous l'avons mise en terre, j'ai jeté mon texte sur le cercueil...

Aujourd'hui, je me plais à penser qu'elle est quelque part. Je me plais à penser qu'elle est près de Dieu, elle qui y croyait tant. Moi, Mirabelle, je ne crois pas en Dieu. Mais pendant la messe, l'idée qu'il y avait quelqu'un pour l'accueillir, pour la recueillir, m'a fait un bien immense. L'idée qu'elle n'était pas seule. Qu'elle avait trouvé la paix. Et qu'elle me regardait, de là-haut, qu'elle m'encourageait à poursuivre mon chemin, elle qui, par manque d'argent, malgré un certificat d'études obtenu brillamment, n'a jamais pu réaliser son rêve : devenir institutrice...

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Dimanche 4 juin 2006

Mon cher Victor,

Une fois n'est pas coutume, je vais parler sport ! Je croyais que tu détestais ça ? C'est vrai. Du moins quand je le pratique. Car en simple spectatrice, mes goûts en ce domaine sont tout autres. Et plus particulièrement en ce qui concerne LE TENNIS. Explique moi ce que c'est que ça : il existait quelque chose de ce genre à mon époque, appelé lawn-tennis. Et puis, il y avait Wimbledon... Winbledon est resté ! Mais depuis sa création, le tennis a quelque peu évolué. A Roland Garros, on le joue sur terre battue. C'est un jeu d'opposition. Deux concurrents, de part et d'autre d'un filet. Une raquette qui pèse son poids, qui a beaucoup évolué depuis ton époque, Victor. Et une petite balle jaune, qu'il faut renvoyer de l'autre côté le plus finement possible, en essayant que son adversaire ne la touche pas. Ah... Tu l'as déjà pratiqué ? J'ai essayé une ou deux fois... L'expérience ne fut pas concluante ! En effet, comment mener un jeu (je ne parle même pas d'un set, et encore moins d'un match !) à son terme quand la balle de service ne pas pas le filet ? Tu joues mal à ce point ? Oui. Et quand, par miracle, je réussis à éviter le filet, ma balle s'envole et je passe généralement plus de temps à courir après elle qu'à jouer. Ah... C'est embêtant. Le rôle de rammasseur de balle me correspondrait donc davantage. Ne ris pas, s'il te plaît, Victor ! Mais non, mais non... Donc, tu voulais simplement me dire que tu n'étais pas douée pour le tennis ? Non. Je souhaitais surtout parler de mon amour pour la petite balle jaune.

J'adore Roland Garros. Le rebond de la petite balle jaune. Les cris des juges de lignes. La ola des spectateurs. Le ton monocorde de l'arbitre. La course effrenée des ramasseurs de balle. Enfin, j'imagine que tous les tournois se ressemblent. Tout ce que tu décris existe dans d'autres compétitions. C'est vrai. Mais Roland Garros... C'est très particulier. Roland Garros représente tout ce que je ne suis pas et je m'en mets plein les mirettes chaque année : Roland Garros c'est l'élégance, voire la prétention. Ces chapeaux immenses sous lesquels se cachent des bourgeoises "en représentation". Roland Garros, c'est le théâtre du début du XXème siècle : on y  va pour se montrer, en grande bourgeoise, en personnage de la haute société. Dans les tribunes de Roland Garros, on reconnaît des stars : "oh, tiens, Patrick Bruel !". Roland Garros, c'est le "Gala" de la terre battue. Et les caméras se prêtent au jeu : le spectateur du service public a l'extrême privilège par exemple, de dévisager, le plus indicrètement du monde, la femme de Fabrice Santoro ou la petite amie de Juan-Carlos Ferrero. Enfin, tout de même, Mirabelle ! Si tu ne regardes Roland Garros que pour les célébrités, c'est bien dommage ! Laisse-moi finir, Victor ! J'allais justement élargir le champ de mes motivations !

Toute ma personne est sur le court pendant un match de Roland Garros. Je ne suis plus qu'une pile électrique. Seul le tennis me fait cet effet. C'est un sport qui joue avec les nerfs. Combien de fois me suis-je rongé les ongles à cause de balles de match perdues ? A cause d'un chouchou évincé ? A cause d'un score très serré ? Roland Garros, c'est un grand cri d'amour aux joueurs. Gros plans sur les visages en sueur. Sur les entraîneurs que j'égale en angoisse. Sur la vitesse du service : Quoi ? Nadal sert si vite que ça ? Et cette petite balle jaune, elle en a, du mérite ! Parce que, bien souvent, ça cogne dur, permets-moi de te le dire, Victor ! Si j'étais elle, à la vue d'un Nadal s'apparentant à un Robocop, j'irais à reculons sur le terrain. Surtout qu'aujourd'hui, les femmes maîtrisent de mieux en mieux l'art de la frappe : prenez par exemple Venus Williams, la reine de la hargne, qui manque d'assomer son adversaire. La pauvre concurrente, bien lui en a pris, a eu le reflexe salvateur de se baisser pour éviter la balle. Sinon, elle était bonne pour finir comme Tanguy dans le film d'Etienne Chatillez ! Tout ce que tu me dis là me fait penser que le tennis est un sport de brute...

Le tennis n'est pas un sport de brute, Victor. Au contraire, le tennis c'est la stratégie, la finesse de jeu. Autrement, comme expliquer que Roger soit numéro un mondial ? Roger ? Roger Federer. Un Suisse, virtuose de la raquette. L'empereur de la terre battue. Un esprit fort agréable avec ça. Une modestie comme on n'en fait plus. Quelqu'un qui a su rester simple malgré le succès. J'ai beaucoup d'admiration pour lui. Humm... Que se passe-t-il, Victor ? Tu as l'air embêté par quelque chose ? C'est que je n'ose t'en faire part, vu la fièvre avec laquelle tu me décris Roland Garros. Et puis, tu vas encore me traiter de rabat-joie ! Allez, lance-toi ! Roland Garros, tu le regardes tous les ans ? Oui. Je n'en manque pas un seul. Et... Intensivement ? Oui. J'ai des souvenirs de révisions pour le baccalauréat devant un match magnifique opposant Fabrice Santoro à Marat Safin. Humm... Allez, Victor, je sens bien que tu n'as pas encore craché le morceau... Et tes révisions pour l'oral, dans tout ça ? Pff... Tu n'es vraiment qu'un rabat-joie !

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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