XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mercredi 25 juillet 2007
Mon cher Victor, vacances.gif


Dimanche, c'était réunion de famille chez mon Mystérieux Inconnu. Ces charmants repas sont toujours l'occasion de prendre des nouvelles des uns et des autres (ils sont très très nombreux, dans cette tribu...) et de poser la question fatidique : "Alors, qu'est-ce que tu deviens, toi ?". Argl. C'est là qu'on a intérêt à être devenu quelque chose ! Oui. Et surtout, à être devenu quelque chose qui puisse nous épargner quelques sarcasmes. Ce qui, je le devine, vu la tournure que prend cette conversation, n'est pas ton cas... Valaaa !

Après avoir essuyé quelques plaisanteries bien grasses de la part de l'oncle de mon Mystérieux Inconnu (le mot "maîtresse" doit être trop tentant... Ca doit être ça !), nous discutons Ecole et vacances. Et là... Ca se gâte ! Oh, en apparence, pas du tout. Parce que moi, Monsieur, je garde mon sang-froid et mon sourire et je conserve protestations et vociférations en mon for intérieur. Du coup... Du coup ? Du coup, quand les cousins se sont ligués contre moi pour laisser sous-entendre (comme beaucoup de gens, malheureusement...) que les enseignants ne font rien et sont toujours en vacances, j'ai gardé pour moi cette réplique assassine : "Ah oui ? En tous cas, j'ai un métier, ce qui n'est pas votre cas.". Ah... Il me semble que tu as bien fait de te taire... Tu aurais pu te ramasser une assiette en pleine figure et détériorer tes relations avec ta belle-famille ! Oui. Restons prudent.

Bon. C'est vrai que cela peut écoeurer de savoir que je reprends début septembre, quand certains rament pour obtenir une semaine de congés. J'avoue qu'objectivement, cela peut paraître disproportionné... Cependant, j'ai remarqué que les stéréotypes vont toujours bon train : les phrases à l'emporte-pièce du type "Vous, les enseignants, vous ne fichez rien !" sont malheureusement toujours d'actualité, et je t'épargne, bien sûr, les misérables poncifs sur les fonctionnaires, élus boucs émissaires. Au contraire ! Ne me les épargne pas, Mirabelle ! J'aimerais bien comprendre comment marchent les mentalités de votre siècle... Très bien. Alors pour résumer, sache, mon cher Victor, que, bien que les rôles des fonctionnaires soient divers et variés, la réputation qui les suit n'est pas très reluisante : il n'est pas rare d'entendre ici ou là que les fonctionnaires sont payés à rien foutre. Et puis c'est bien connu, le boulot de fonctionnaire n'est pas compliqué, il suffit de savoir rester le cul sur une chaise. Ah... Tout cela m'a l'air de manquer singulièrement de nuances...

Alors c'est vrai, quand j'entends, dans la famille de mon Mystérieux Inconnu, qu'on sait presque mieux que moi en quoi consiste mon métier ("Allez, Mirabelle, c'est que des gamins que tu as en face de toi, c'est pas compliqué !"), mon sang ne fait bien évidemment qu'un tour. Je sais désormais qu'il y a des discussions à éviter avec ma belle-maman (en particulier la tournure que prend l'Education Nationale sous notre cher Président de la République...) si je ne veux pas finir en tapant du poing sur la table pour défendre mon métier. Enfin bon... Pour être tout à fait honnête... Oui ? Je suis moins tranchée qu'il n'y paraît. Ah bon ?

Oui. Parce que quand j'entends des enseignants se plaindre de leur métier (jusqu'à affirmer qu'ils font le pire métier du monde...) et râler parce que les vacances passent trop vite, j'ai envie de leur dire de regarder un peu en dessous d'eux. Ma mère, infirmière, rame pour avoir des vacances. Elle commence très tôt le matin et finit très tard le soir. Elle fait des nuits à un an de la retraite, elle est complètement épuisée. Ma soeur, même en job d'été, se tue au travail de 8 h à 20 h, en étant payée des clopinettes. Ma grand-mère s'est échinée dans les usines et y a laissé sa santé. Des exemples comme ceux-ci, on en trouve à la pelle. Alors non, franchement, je ne crois pas que nous, enseignants, soyons à plaindre. Bien sûr, je ne dis pas que tout est parfait, mais je persiste à croire qu'il est encore possible de nous réserver des plages de temps libre, de réels moments de repos. Soyons conscients de cela et restons modestes, sans trop étaler nos chances, sans tomber dans l'indécence, sans quoi les sarcasmes qui nous affectent parfois pourraient  bien s'avérer justifiés un jour, du moins en partie.
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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle
Mercredi 25 juillet 2007
Il y avait la pluie et le tonnerre. Le duvet humide. L'odeur un peu moisie de la tente. Les rires, les cris, la musique dehors. La fatigue, les yeux qui piquent. Mes pieds tout froids et les éclairs. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Comme si j'attendais quelque chose. Ou quelqu'un. Cette nuit de 14 juillet me rappelait celle de mes huit ou neuf ans. Un été, des vacances avec mes parents et ma meilleure amie. Un orage terrifiant, comme celui-là. La même peur : une peur de petite fille.
J'étais seule dans ces deux duvets convertis en un seul. A deux doigts de glisser du matelas pneumatique, seule à maudire cette fichue idée de camping. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Une heure a dû s'écouler, dans la torpeur, dans la nervosité et l'épuisement. De ces instants où le temps nous échappe un peu, où on bascule vers un nulle part, où on n'a plus qu'une vague conscience de qui on est et d'où on se trouve, comme dans du coton.
Et puis, dans le bruissement de l'herbe, j'ai entendu le gémissement de la fermeture éclair, distingué la lueur d'une lampe de poche. Entrevu une silhouette familière. Il est entré dans la tente, a retiré ses chaussures. Il s'est couché à côté de moi, dans ces deux duvets convertis en un seul. Il m'a prise dans ses bras. M'a dit de ne pas m'en faire, et de dormir. Et moi, j'ai béni la vie de m'avoir offert cet orage et cette sensation étrange : celle de ne manquer de rien.
J'ai vraiment vécu ça. Un orage terrible, ses bras autour de mon visage, ses lèvres sur mon front, et l'impression que rien ne pourrait m'arriver, que rien ne pourrait nous arriver.
Si la vie est difficile, si l'amour est compliqué, si un jour tout peut être bleu et le lendemain gris, il y a quelque chose dont je suis absolument certaine, malgré le doute et les épreuves... C'est qu'il y a des instants qui valent la peine qu'on s'en souvienne.
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publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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