XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 6 juillet 2006

Mon cher Victor,

Pour une fois, pas de grands discours, juste une petite vidéo, qui à elle seule, en dit beaucoup sur la France d'aujourd'hui. Crois-moi, Victor, tu ne seras pas déçu... Ca ne m'éclaire pas beaucoup... Tout ce que je vois, ce sont des politiques prêts à se taper dessus ! Justement... C'est tout l'intérêt de cet extrait !

Qui est celui qui crache toutes ces horreurs ? Notre premier ministre en personne, Dominique de Villepin. Eh bien... Il n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Et celui qui ressemble à un petit cochon de lait, qui est-ce ? Un petit cochon de lait ? Oui, celui qui se fait insulter ! Je ne trouve pas qu'il ressemble à un petit cochon de lait, mais enfin... C'est François Hollande, le premier secrétaire du Parti Socialiste. On ne peut pas dire qu'ils soient très copains tous les deux...

Alors c'est ça, la France d'aujourd'hui ? Un premier ministre qui s'énerve et perd son sang-froid ? Une Assemblée furieuse ? Un président d'Assemblée dépassé ? Hein, c'est ça ? Les images sont parfois plus parlantes que les mots. Ca date de quand, cette scène ? De quelques temps, déjà. Et cela s'est calmé, depuis ? Oui. Le premier ministre a "présenté ses excuses". Pourquoi le mets-tu entre guillemets ? Il les a présentées oui ou non ? Eh bien... Il n'a pas prononcé le mot "excuse" mais a tenté d'arranger son cas, lui qui n'était déjà pas très populaire...

Mais Mirabelle, est-ce que tu te rends compte de l'image que donne les politiques d'eux-mêmes et de leur pays ? C'est consternant, n'est-ce pas ? Mais c'est bien plus que cela ! Je n'en reviens pas que l'on en soit toujours là au XXIème siècle ! On dirait des coqs qui se combattent les uns les autres ! C'est leur soif de pouvoir qui les rend mauvais ! Les politiques ont tendance à se provoquer les uns les autres, ce n'est pas nouveau. François Hollande, lui-même, a cherché le conflit par une prise de parole très critique vis à vis du gouvernement. Ce n'est pas une excuse ! Ces hommes représentent tout un peuple ! Et ils se comportent comme s'ils n'en étaient pas dignes ! Ah, vraiment, elle est belle, la France d'aujourd'hui ! Il n'y a pas de quoi être fier ! Ils ne valent pas mieux que les autres ! C'était bien la peine de tirer à boulets rouges sur les siècles précédents ! Je suis bien d'accord avec toi, mon pauvre Victor...

Et après ce genre de scène, on s'étonne que les Français ne croient plus en la politique. Mais comment y croire ? Comment leur faire confiance, quand on s'aperçoit que l'Assemblée Nationale ressemble parfois à un immense champ de bataille ? La première fois que j'ai vu ces images, j'ai ri à gorge déployée, face à l'air complètement dépassé de Jean-Louis Debré, l'expression courroucée de François Hollande, drapé dans sa dignité, et le barrage de députés socialistes, protégeant le leader de leur parti à grands renforts de protestations. Mais aujourd'hui... Je ris jaune. J'ai vingt-deux ans et ce style d'accrochage ne m'incite pas à faire confiance aux politiques. Loin de là...

 

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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle
Jeudi 6 juillet 2006

Mon cher Victor,

Je sais que nous avons déjà pris un café ensemble ce matin, mais j'ai vraiment besoin de te parler. Tu es obsédée par tes résultats, n'est-ce pas ? C'est ça. Je n'en peux plus, Victor. Mes pensées sont intégralement tournées vers le concours. Je ne suis un cadeau pour personne en ce moment, crois-moi... Allez, raconte-moi tout.

J'aurai les résultats demain à 17 h. Depuis trois jours, toutes mes nuits sont accaparées par le concours. Je ne vois pas mon nom sur la liste. Je pleure. Autour, personne ne fait attention à mes larmes. Je me retrouve sur le périphérique. Sur le périphérique ? Oui, Victor : dans les rêves, tout est possible. Oh... Cela doit être ton échec au permis de conduire qui te fait encore des misères ! Certainement... Ce matin, au réveil, j'étais si angoissée, si tendue, que je me suis précipitée sur l'ordinateur pour vérifier que les résultats n'étaient pas encore parus. Tu as employé le mot "obsédée", il est tout à fait approprié : il s'agit réellement d'une obsession !

J'ai eu mal au ventre toute la journée. Rien n'a pu me distraire. J'ai tourné en rond dans la maison, en évitant ma chambre, où mon bureau est envahi par mes cours de l'IUFM. Je ne peux pas les regarder. Ou alors, je fonds en larmes... Oh la la ! Je ne pensais pas que cela prendrait ces proportions ! Eh si... Mirabelle, tu n'as pas encore les résultats ! Ne pars pas perdante ! Mais non : paradoxalement, j'y crois encore ! Mais alors pourquoi te mets-tu dans des états pareils ? J'y crois encore, mais dans mes retranchements. Ma raison a renoncé, elle. Il me reste une lueur d'espoir, une seule, minuscule. Si faible, qu'il m'est difficile de l'entretenir. Et j'ai mal. Mal de me savoir si angoissée, alors que ce sont mes derniers instants de rêve. Demain, à 17 h, je serai fixée. Demain, à 17 h, je connaîtrai peut être mon premier échec scolaire.

Pourtant, ne pas savoir pourrait être grisant. Si je n'ai pas encore les résultats, je peux encore m'imaginer sautant de joie, hurlant : "je l'aiiiii !", croulant sous les baisers et les félicitations. Oui... Je pourrais très bien faire défiler ce genre d'images dans mon esprit. Le temps est assassin. Rien ne lui échappe. Aujourd'hui, j'essaie de raviver la flamme. Demain, elle s'éteindra sans doute, en l'espace d'un instant. C'est cette conscience du temps qui me terrifie le plus. Le tic tac de l'horloge. La petite aiguille qui avancera d'un chiffre au bout de 3600 secondes. Et ainsi de suite, jusqu'à 17 h demain. Toute la journée à tenter de s'occuper l'esprit. A faire semblant. Et finalement, le dénouement. Rapide. Disproportionné comparé à ces jours d'attente, ces heures de calcul : et si j'ai telle note à une épreuve coefficient 2, est ce que je pourrais compenser avec une bonne note en langue, coefficient 1 ?

J'aimerais fixer ces instants de doute, Victor. Pour qu'ils soient immortels. Preuve que pendant longtemps j'ai espéré. Pendant longtemps, malgré l'incertitude, je me serais persuadée que tout était encore possible. Demain, lors de notre conversation, je me lamenterai. Et pour une fois, je ne te ferai pas de reproche sur ta fâcheuse tendance aux jérémiades. Tu auras bien le droit de t'épancher un peu : ce sera totalement justifié ! Demain, je saurai. Toute la blogosphère saura également. Humm... Garde les pieds sur terre, Mirabelle : disons plutôt que TON LECTORAT saura. A ce que je sache, tu n'es pas n°1 dans le top 50 des blogs... Si je n'étais pas au bord de la crise d'angoisse, je rirais de ta soudaine maîtrise des données blogosphériques, Victor. Et dire qu'il y a encore six mois, tu ne savais même pas ce que c'était qu'un ordinateur...

Tout à l'heure, je relisais tous les articles publiés dans la rubrique "Mirabelle future instit". Tant de chemin parcouru... Parfois, je n'ose y croire : moi, Mirabelle, j'ai été aux oraux du CRPE ? Moi, Mirabelle, j'ai suivi une formation dans un IUFM ? Moi, Mirabelle, j'ai caressé le rêve de faire classe, un jour, à des élèves aux yeux de qui je serais adulte, responsable, savante, alors que je quitte à peine les rives adolescentes ? Je suis émerveillée et terrifiée à la fois. Emerveillée face à mon évolution. Et terrifiée... Terrifiée que tout puisse s'arrêter, demain à 17 h ? Oui.

Je suis navrée, Victor. Il est 19 h 35 et tu as sans doute autre chose à faire que d'écouter mes états d'âme. Mais j'avais un tel besoin de parler... Je m'en rends compte. C'est normal, va... Mes paroles ont sans doute été quelque peu décousues. Les mots ont suivi mes sensations, parfois contradictoires. Un flot de phrases, pas toujours ordonnées. Je m'en excuse... Allez, tu es toute pardonnée ! Rentre chez toi, maintenant, il se fait tard... En fait, je vais rester en ville : je retrouve toute ma classe dans un bar pour un dernier rendez-vous. Un rendez-vous où nous tous serons sur un même pied d'égalité. Pour la dernière fois... Avant le couperet.

 

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle

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La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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