XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mardi 29 août 2006
Mon cher Victor,

Moi qui me plaignais dans cet article du syndrôme tout-va-bien-du-coup-je-n'arrive-plus-à-écrire, je suis servie ! Comment ça ? Aujourd'hui, quelqu'un m'a déçue. Un homme ? Non, une femme.

Je suis déçue. Je ne suis même pas en colère. Juste déçue. Je ne lui en veux pas. Mais elle me déçoit. Je suis lasse et blessée. Lasse d'espérer, lasse d'insister. Dans ces lignes, j'affirmais qu'il fallait toujours y croire. Se battre, encore et toujours. J'avais oublié de préciser qu'on ne peut déplacer des montagnes si l'autre n'y croit plus. On ne peut pas le forcer à vous aimer encore, à demander de vos nouvelles, à vous sourire, à vous parler. On ne peut pas éternellement prononcer de grandes déclarations d'amitié dans le vide. On ne peut pas éternellement pleurer au téléphone sans réaction au bout du fil, mettre son orgueil dans sa poche, réaffirmer tout le respect, toute l'admiration, toute l'estime qu'on porte à l'autre.

Laisse le temps au temps, m'avait-on dit. Le temps me faisait peur. Il me fait peur. Le temps est contre nous, Victor, et je ne voulais pas que cette amitié, cette grande et belle amitié, tombe en poussière par mon laisser-aller, par ma paresse. J'ai voulu me battre, insister, sourire, tendre la main, malgré l'indifférence, le refus, la froideur. Loin de moi l'envie de me faire passer pour une héroïne. Car je t'avoue, Victor, que j'abandonne. J'abandonne.

Je croyais que le temps amenait le pardon. La réflexion. Le recul. Je croyais que le temps remettait les choses dans l'ordre, qu'il nous aidait à y voir clair. Je croyais que le temps était salvateur. Le temps n'est pas grand chose, finalement... Car c'est à nous de lutter contre lui. Et quand on le laisse couler, lentement, en enfilant les minutes comme on enfile les perles, quand on le laisse glisser sur nous comme si on acceptait la défaite, alors il est trop tard.

Des preuves d'amitié ne sont rien sans des yeux pour les voir et les apprécier. A rien ne sert de patienter des heures qu'un coeur s'ouvre à vous, à rien ne sert d'essayer de se (re)valoriser, d'évoquer les souvenirs d'antan, de chanter les louanges de cet "avant" qu'on voudrait tant retrouver. Si l'autre n'est plus qu'indifférence à votre égard, alors il faut abandonner. Se résigner. Malgré cette envie d'insister, encore et toujours, malgré cet élan, cet élan qui nous pousse à aligner les phrases dans le néant d'une fenêtre de conversation, cet élan puissant où se mêlent souvenirs, douleur et attente de jours meilleurs.

L'Amitié est, par définition, un lien étroit entre deux personnes qui s'aiment et se respectent, s'apprécient et s'estiment. Parfois, le lien rompt. Sans qu'on s'en aperçoive. D'un côté ou de l'autre, parfois des deux. Pour des raisons qui échappent à notre entendement. On se prend à rêver de le raccomoder. On tire le lien vers nous en essayant de faire un noeud. Mais en face, l'autre résiste, son fil est bien plus tendu, bien plus rebelle que le nôtre. On en a assez de tirer, de tirer encore. La corde nous abîme les mains, on a mal, nos forces nous abandonnent. Alors tout lâche. Et on se retrouve, comme un imbécile, avec un bout de ficelle usé dans la main... Qu'on avait pourtant tenu le plus longtemps possible, de tout notre coeur, de toute notre âme.

Excuse-moi, Victor, si j'ai monopolisé la conversation. J'ai parlé sans m'arrêter, sans réfléchir. J'en avais besoin. Demande à nos lecteurs de me pardonner si je n'ai pas autorisé les commentaires sur cet article. Malheureusement, j'estime qu'il n'y a rien à dire sur ce que je viens de publier. C'est triste. Décevant. Et j'ai écrit pour moi. Parce que j'en avais besoin. Et parce que l'abandon se passe de commentaire...




C'est un air détaché
Pour chanter le fil enchanté,
Qui, malgré nos airs fâchés,
Dit : "Tâchez de vivre attaché,
Les cœurs des cœurs approchés,
Accrochés par un fil caché.
Si le monde est démanché,
Tâchez de pas le lâcher."

Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil de nos sentiments enlacés,
Oh, le fil nous lie, nous relie.

Sur la Terre, tout est gâché,
Empêché, presque arraché,
Alors faut s'amouracher,
S'aimer, vivre attaché.
Politiciens éméchés,
Sachez qu'on peut se fâcher,
Qu'il faut pas ce fil toucher,
L'arracher ni l'effilocher.

Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil de nos sentiments enlacés,
Oh, le fil nous lie, nous relie.

C'est un air détaché
Pour chanter le fil enchanté.

Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil de nos sentiments enlacés,
Oh, le fil...
Le fil qui nous sert à nous resserrer,
Oh, le fil...
Le fil tendu, entre nous, comme un lien,
Oh, le fil...
Qui nous tient, nous retient,
Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil tendu entre nous comme un lien,
Oh, le fil...
Qui nous tient, nous retient.


Alain Souchon, Le fil
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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Mardi 29 août 2006

Mon cher Victor,

Savais-tu que je suis quelqu'un de très rigide ? Il m'est arrivé de penser une telle chose, mais jamais très franchement. J'ai déjà senti chez toi une sorte d'intransigeance sur certains sujets... Alors tu te sais rigide ? Il est rare de reconnaître ce genre de défauts ! Eh bien, à vrai dire, je ne sais pas trop... Dis m'en plus...

Je ne t'ai jamais dit, Victor, combien je suis à cheval sur la langue française. Non, effectivement. Ce qui ne veut pas dire que ma maîtrise de la langue soit irréprochable ! Je m'en doute bien. Qui peut prétendre être irréprochable à ce niveau ? C'est bien là ce qui m'occupe. Comme tu le sais, Victor, je vais être maîtresse. Oui, tu avais parlé de ta réussite au concours dans cet article, et du chemin parcouru pour y arriver dans cette catégorie. En tant qu'enseignante, je vais devoir m'attacher à transmettre aux élève la valeur de la langue, et sincèrement, je prendrai ce rôle très au sérieux : le langage a pour moi une importance capitale, et je compte bien rendre les enfants conscients de l'impact qu'elle a sur la vie de tous les jours.

On entend beaucoup parler, en ce moment, de la "déperdition" de la langue française, dûe à la progression phénoménale du langage sms, dont j'ai fait part ici, sur un sujet tout autre. Les didacticiens et pédagogues les plus conservateurs s'alarment de la main-mise foudroyante du langage sms sur le langage écrit, et s'interrogent sur la représentation de la langue dans les esprits. Comment la langue est-elle perçue ? Les Français ont-ils conscience que la langue est un patrimoine dont chacun est responsable ? Toutes ces questions, je me les pose moi aussi, bien que je sois nettement moins radicale que certains chercheurs, qui font de la langue une donnée figée, qui doit résister aux évolutions sociales. La langue a ses évolutions, c'est vrai... Moi-même, quand je compare ta façon de parler avec celle que j'avais au XIXème siècle (car désormais, je m'adapte à la tienne !), je constate de grands changements ! J'estime que ces évolutions sont naturelles, et doivent être acceptées. Cependant... Pas quand c'est au détriment d'une certaine qualité de langue ! Qu'entends-tu par là ?

Tu disais tout à l'heure, Victor, que personne n'est irréprochable. C'est bien évident. Mais j'avoue que certaines phrases que j'entends, de ci de là, m'écorchent les oreilles : "c'est comme si que...", "si je serais là, j'aurais...", et j'ai bien du mal, en général, à ne pas reprendre les personnes qui les prononcent. Tout dépend de la façon dont on les reprend. Si on le fait avec un air supérieur et un ton d'institutrice, je comprends que cela puisse froisser ! Je le conçois tout à fait également. Là où ça m'inquiète, en revanche, c'est quand certains se fichent du langage comme de leur première chemise. C'est à dire ? C'est à dire quand un mot est prononcé à la place d'un autre, qu'une bonne âme corrige cette erreur de vocabulaire, et que la personne reprise hausse les épaules et s'exclame "Ca revient au même !". Parce que non, je suis désolée, cela ne revient pas du tout au même !

La langue française est très riche, Victor. Pleine de nuances. Et c'est là ce qui rend la rend intéressante et incomparable. Et je trouve (quitte à en faire bondir !) que c'est une marque d'irrespect que de la traiter comme un vulgaire moyen de communication. D'autant plus que quand communication il y a, si la langue n'est pas utilisée correctement, une situation peut très bien aboutir sur un malentendu, et là, pour le bien-être de tous, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse encore nier l'importance du langage ! Ce sont peut être des gens qui n'ont pas eu le goût de lire, et comme la langue orale est intimement liée à la langue écrite... Quel dommage ! Je persiste à penser que les gens qui passent à côté de la beauté de la langue ratent énormément de bienfaits ! Chacun a ses domaines de prédilection, Mirabelle... Bien sûr... Mais tout de même ! Tu as raison, en fin de compte... Sur quoi ? Tu es intransigeante !

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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle

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Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 6 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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