Victor ! Victor !
JE VAIS A L'ORAL !!! JE SUIS ADMISSIBLE !!!
Je vais à l'oral ! Je vais à l'oral ! Je vais à l'oral ! Je vais l'oral ! Ahhh ! Magnifique ! Extraordinaire ! Merveilleux ! Incroyable ! Je n'y crois pas, je n'y crois pas, je n'y crois pas, je n'y crois pas... Ah mon dieu, ah mon dieu ! Ca veut dire que je n'ai pas eu la note éliminatoire en mathématiques ! Ah mon dieu ! Ah mon dieu ! Mirabelle, que je suis content pour toi ! Je suis ravi ! Ra-vi ! Allez, raconte-moi tout !
Ambiance extrêmement tendue en cours d'EPS ce matin. Mes petits camarades et moi-même sommes sur les nerfs. Notre formateur nous taquine un peu (à 8h30, il inscrit : "H-3h30" au tableau) et tente, tant bien que mal, de nous "changer les idées" en nous focalisant sur l'entretien d'EPS, entretien que nous ne passerons pas tous, nous le savons. Je regarde ma montre toutes les cinq minutes, tout comme ma voisine. On entend des soupirs, des "j'ai mal au ventre". Quoi de plus normal si près des résultats ?
10 h 30. Notre formateur quitte la salle pour aller faire des photocopies. Chacun s'excite sur son siège, s'impatiente, se plaint. Cécile regarde son téléphone. Devient rouge comme une pivoine. La classe s'immobilise. Silence de mort. Enfin, quelqu'un ose se risquer à poser la question qui nous brûle les lèvres à tous : "C'est les résultats ?". Elle lève les yeux et murmure : "Oui. Ca y est, ils sont affichés au Rectorat, une amie les a consultés. Elle vient de m'envoyer un texto."
Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont ! Soudain, c'est l'hystérie collective. Certains se lèvent déjà. Je me mets à trembler comme une feuille. D'autres restent pétrifiés. Notre formateur revient, nous trouve dans cet état de fébrilité, et admet qu'"on ne peut continuer à faire classe dans ces conditions". D'une compréhension à toute épreuve, il accepte de clore le cours, et nous voilà tous à cavaler dans les couloirs, en espérant que les résultats soient déjà affichés à l'IUFM. Je n'en peux plus. Il me semble que le sol se dérobe sous mes pieds. J'ai peur. Je n'ose y croire.
Misère... Les résultats ne sont pas encore affichés, et le site du rectorat est toujours fermé. Un quart d'heure d'attente, interminable : jambes qui flageollent, larmes qui montent aux yeux... Et tout à coup, Aline déboule, triomphante : "Ca y est ! Les résultats sont sur Internet !". Je ne me précipite pas. De toute façon, les ordinateurs de l'IUFM sont occupés. Déjà, certaines personnes de ma classe connaissent leurs résultats. Certains vont vomir, d'autres pleurer dans un coin. Ceux qui réussissent ont la joie discrète, par respect pour leurs camarades moins chanceux. C'est mon tour... Le coeur battant, je cherche mon nom de famille...
J'y suis ! J'y suis, Victor ! Oui, c'est bien moi : je relis trois ou quatre fois mes nom et prénom pour m'en assurer ! Je n'y crois pas...
Mes amies les plus proches ont également les écrits. Nous tombons dans les bras, nous embrassons comme si nous avions déjà le concours. Pur moment de grâce. J'appelle ma mère. Je me mets à pleurer en raccrochant. Une vraie gamine. Je n'ose y croire. Moi, Mirabelle, je vais aux oraux, malgré les mathématiques ! C'est inespéré ! Que je suis fière de toi ! J'ai pensé à toi, tu sais ! J'avais si peur d'échouer, Victor. Si peur de décevoir ma famille, mes collègues de la blogosphère... Si peur de te décevoir, toi ! Votre soutien à tous m'a fait tant de bien, je ne vous remercierai jamais assez...
Merci !



Bavardages