Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor, 

Tout d'abord, je tiens à préciser pour mes lecteurs-"presque" collègues (je pense à Eddie ou à Bellzouzou, si elle passe par là...), que oui, je sais qu'il n'y a (là aussi, "presque") plus d'estrades dans les classes, mais que je cherchais un mot d'esprit relatif au monde enseignant à peu près équivalent à l'expression "de l'autre côté du miroir". Si tu le précises, c'est que ton mot soit-disant d'esprit n'est pas efficace ! C'est fort probable.
Lundi matin, mon réveil sonne. Je l'explose tel un Didier Bourdon dans "Le pari" et je... C'est quoi "Le Pari" ? Je t'expliquerai plus tard, Victor ! Pour l'instant, j'ai d'autres chats à fouetter ! Je me réveille donc nerveuse (mais, paradoxalement, curieuse et ravie) car... Car ? Car ça y est, c'est la rentrée des classes ! Mais cette fois, rien à voir avec ma rentrée à l'IUFM : il s'agit de la rentrée pour des milliers d'élèves, élèves dont je vais découvrir les visages enfantins à 8 h 45, en compagnie de mon IMF ! IMF ? Victor, tu ne te souviens pas ? J'ai déjà exposé la signification de ce sigle ici ! Ah oui, c'est vrai !
J'arrive très en avance à l'école J.M, contrairement à mon IMF, qui arrive au dernier moment. Je suis, comme tu peux t'en douter, très tendue, et il me semble l'être bien plus que les enseignants. Je sais pourtant que cette première journée sera une "prise de contact", une phase d'observation, d'où un rôle mineur de ma part. Cependant, l'anxiété ne se commande pas... Non. Et puis, on ne va pas te refaire ! C'est juste !
Quand la cloche sonne, je file dans la cour, me frayant un passage entre les parents (certains sont là depuis l'aube, j'en ai vus, en arrivant, qui attendaient dans leurs voitures !), qui discutent entre eux ou disputent leurs garnements (les deux à la fois, bien souvent !), lancés, eux, dans des courses poursuites des plus périlleuses. Ca, évidemment, ce sont les grands... Et comment sont les petits ? En pleurs. Beaucoup s'accrochent à leurs mamans comme s'ils allaient à l'abattoir. D'autres restent pétrifiés. Surtout, on comprend mieux, face à ces bouilles pleines de sanglots, combien l'école peut être troublante pour de petits CP, et encore plus pour des Maternelles. L'inconnu. L'obligation de quitter Papa et Maman. Un cadre avec lequel il va falloir se familiariser. Le premier jour d'école est déterminant pour la perception que l'enfant aura de cette dernière. Ils sont touchants, ces petiots...Il a quand même une année entière pour se faire une idée ! Bien sûr.
Je repense à mes rentrées de Primaire. Je ne me souviens pas avoir pleuré mais... Tu dis ça mais ce serait bien ton genre ! La mémoire me fait défaut. En tous cas, moi, Mirabelle, examinant cette rentrée des classes du haut de mes vingt-deux ans, je revois mon instit' de CP, celle de CE1, celle de CE2, celui de CM1, celle de CM2... Ils m'ont marquée. Il y avait beaucoup d'institutrices, à cette époque ! Ca n'a pas changé, Victor. La profession est toujours essentiellement féminine.
Quand on change de statut, le point de vue change avec, forcément. Je suis, par exemple, en ce lundi matin, curieuse de la manière dont le directeur s'adresse aux géniteurs des élèves. A la façon dont les enseignants font rentrer les apprenants en classe. Les apprenants ? Quel jargon ! Je sais. Je trouve ça ridicule également, mais cela me fait rire ! J'observe les parents. Leurs regards sur les instituteurs. Et je souris... Parce que je compare la Mirabelle, son petit cartable sur le dos, toute fière d'apprendre à lire, et la Mirabelle professeur des écoles stagiaire, qui a mûri, grandi, qui trouve sa voie, peu à peu. La vie nous façonne. Et ça me fascine...
Madame B. appelle ses CE2. Je me tiens prête. Mes yeux croisent ceux de ces jeunes écoliers, effarouchés ou craintifs, hilares ou confiants. Lunettes, cartables Barbie, casquette "Bob le Mécano", sourires à fossettes. Je suis déjà sous le charme. Je ferme la marche, suivant de près le joyeux troupeau de bambins en route vers la connaissance. Madame B. ouvre la porte de la classe. Bientôt, c'est le fracas des chaises contre le carrelage. Le zip des sacs que l'on ouvre. L'odeur des fournitures toutes neuves. C'est la rentrée pour des milliers d'enfants.
Lundi matin, mon réveil sonne. Je l'explose tel un Didier Bourdon dans "Le pari" et je... C'est quoi "Le Pari" ? Je t'expliquerai plus tard, Victor ! Pour l'instant, j'ai d'autres chats à fouetter ! Je me réveille donc nerveuse (mais, paradoxalement, curieuse et ravie) car... Car ? Car ça y est, c'est la rentrée des classes ! Mais cette fois, rien à voir avec ma rentrée à l'IUFM : il s'agit de la rentrée pour des milliers d'élèves, élèves dont je vais découvrir les visages enfantins à 8 h 45, en compagnie de mon IMF ! IMF ? Victor, tu ne te souviens pas ? J'ai déjà exposé la signification de ce sigle ici ! Ah oui, c'est vrai !
J'arrive très en avance à l'école J.M, contrairement à mon IMF, qui arrive au dernier moment. Je suis, comme tu peux t'en douter, très tendue, et il me semble l'être bien plus que les enseignants. Je sais pourtant que cette première journée sera une "prise de contact", une phase d'observation, d'où un rôle mineur de ma part. Cependant, l'anxiété ne se commande pas... Non. Et puis, on ne va pas te refaire ! C'est juste !
Quand la cloche sonne, je file dans la cour, me frayant un passage entre les parents (certains sont là depuis l'aube, j'en ai vus, en arrivant, qui attendaient dans leurs voitures !), qui discutent entre eux ou disputent leurs garnements (les deux à la fois, bien souvent !), lancés, eux, dans des courses poursuites des plus périlleuses. Ca, évidemment, ce sont les grands... Et comment sont les petits ? En pleurs. Beaucoup s'accrochent à leurs mamans comme s'ils allaient à l'abattoir. D'autres restent pétrifiés. Surtout, on comprend mieux, face à ces bouilles pleines de sanglots, combien l'école peut être troublante pour de petits CP, et encore plus pour des Maternelles. L'inconnu. L'obligation de quitter Papa et Maman. Un cadre avec lequel il va falloir se familiariser. Le premier jour d'école est déterminant pour la perception que l'enfant aura de cette dernière. Ils sont touchants, ces petiots...Il a quand même une année entière pour se faire une idée ! Bien sûr.
Je repense à mes rentrées de Primaire. Je ne me souviens pas avoir pleuré mais... Tu dis ça mais ce serait bien ton genre ! La mémoire me fait défaut. En tous cas, moi, Mirabelle, examinant cette rentrée des classes du haut de mes vingt-deux ans, je revois mon instit' de CP, celle de CE1, celle de CE2, celui de CM1, celle de CM2... Ils m'ont marquée. Il y avait beaucoup d'institutrices, à cette époque ! Ca n'a pas changé, Victor. La profession est toujours essentiellement féminine.
Quand on change de statut, le point de vue change avec, forcément. Je suis, par exemple, en ce lundi matin, curieuse de la manière dont le directeur s'adresse aux géniteurs des élèves. A la façon dont les enseignants font rentrer les apprenants en classe. Les apprenants ? Quel jargon ! Je sais. Je trouve ça ridicule également, mais cela me fait rire ! J'observe les parents. Leurs regards sur les instituteurs. Et je souris... Parce que je compare la Mirabelle, son petit cartable sur le dos, toute fière d'apprendre à lire, et la Mirabelle professeur des écoles stagiaire, qui a mûri, grandi, qui trouve sa voie, peu à peu. La vie nous façonne. Et ça me fascine...
Madame B. appelle ses CE2. Je me tiens prête. Mes yeux croisent ceux de ces jeunes écoliers, effarouchés ou craintifs, hilares ou confiants. Lunettes, cartables Barbie, casquette "Bob le Mécano", sourires à fossettes. Je suis déjà sous le charme. Je ferme la marche, suivant de près le joyeux troupeau de bambins en route vers la connaissance. Madame B. ouvre la porte de la classe. Bientôt, c'est le fracas des chaises contre le carrelage. Le zip des sacs que l'on ouvre. L'odeur des fournitures toutes neuves. C'est la rentrée pour des milliers d'enfants.
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
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