XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,

Tout d'abord, je tiens à préciser pour mes lecteurs-"presque" collègues (je pense à Eddie ou à Bellzouzou, si elle passe par là...), que oui, je sais qu'il n'y a (là aussi, "presque") plus d'estrades dans les classes, mais que je cherchais un mot d'esprit relatif au monde enseignant à peu près équivalent à l'expression "de l'autre côté du miroir". Si tu le précises, c'est que ton mot soit-disant d'esprit n'est pas efficace ! C'est fort probable.

Lundi matin, mon réveil sonne. Je l'explose tel un Didier Bourdon dans "Le pari" et je... C'est quoi "Le Pari" ? Je t'expliquerai plus tard, Victor ! Pour l'instant, j'ai d'autres chats à fouetter ! Je me réveille donc nerveuse (mais, paradoxalement, curieuse et ravie) car... Car ? Car ça y est, c'est la rentrée des classes ! Mais cette fois, rien à voir avec ma rentrée à l'IUFM : il s'agit de la rentrée pour des milliers d'élèves, élèves dont je vais découvrir les visages enfantins à 8 h 45, en compagnie de mon IMF ! IMF ? Victor, tu ne te souviens pas ? J'ai déjà exposé la signification de ce sigle ici ! Ah oui, c'est vrai !

J'arrive très en avance à l'école J.M, contrairement à mon IMF, qui arrive au dernier moment. Je suis, comme tu peux t'en douter, très tendue, et il me semble l'être bien plus que les enseignants. Je sais pourtant que cette première journée sera une "prise de contact", une phase d'observation, d'où un rôle mineur de ma part. Cependant, l'anxiété ne se commande pas... Non. Et puis, on ne va pas te refaire ! C'est juste !

Quand la cloche sonne, je file dans la cour, me frayant un passage entre les parents (certains sont là depuis l'aube, j'en ai vus, en arrivant, qui attendaient dans leurs voitures !), qui discutent entre eux ou disputent leurs garnements (les deux à la fois, bien souvent !), lancés, eux, dans des courses poursuites des plus périlleuses. Ca, évidemment, ce sont les grands... Et comment sont les petits ? En pleurs. Beaucoup s'accrochent à leurs mamans comme s'ils allaient à l'abattoir. D'autres restent pétrifiés. Surtout, on comprend mieux, face à ces bouilles pleines de sanglots, combien l'école peut être troublante pour de petits CP, et encore plus pour des Maternelles. L'inconnu. L'obligation de quitter Papa et Maman. Un cadre avec lequel il va falloir se familiariser. Le premier jour d'école est déterminant pour la perception que l'enfant aura de cette dernière. Ils sont touchants, ces petiots...Il a quand même une année entière pour se faire une idée ! Bien sûr.

Je repense à mes rentrées de Primaire. Je ne me souviens pas avoir pleuré mais... Tu dis ça mais ce serait bien ton genre ! La mémoire me fait défaut. En tous cas, moi, Mirabelle, examinant cette rentrée des classes du haut de mes vingt-deux ans, je revois mon instit' de CP, celle de CE1, celle de CE2, celui de CM1, celle de CM2... Ils m'ont marquée. Il y avait beaucoup d'institutrices, à cette époque ! Ca n'a pas changé, Victor. La profession est toujours essentiellement féminine.

Quand on change de statut, le point de vue change avec, forcément. Je suis, par exemple, en ce lundi matin, curieuse de la manière dont le directeur s'adresse aux géniteurs des élèves. A la façon dont les enseignants font rentrer les apprenants en classe. Les apprenants ? Quel jargon ! Je sais. Je trouve ça ridicule également, mais cela me fait rire ! J'observe les parents. Leurs regards sur les instituteurs. Et je souris... Parce que je compare la Mirabelle, son petit cartable sur le dos, toute fière d'apprendre à lire,
et la Mirabelle professeur des écoles stagiaire, qui a mûri, grandi, qui trouve sa voie, peu à peu. La vie nous façonne. Et ça me fascine...

Madame B. appelle ses CE2. Je me tiens prête. Mes yeux croisent ceux de ces jeunes écoliers, effarouchés ou craintifs, hilares ou confiants. Lunettes, cartables Barbie, casquette "Bob le Mécano", sourires à fossettes. Je suis déjà sous le charme. Je ferme la marche, suivant de près le joyeux troupeau de bambins en route vers la connaissance. Madame B. ouvre la porte de la classe. Bientôt, c'est le fracas des chaises contre le carrelage. Le zip des sacs que l'on ouvre. L'odeur des fournitures toutes neuves. C'est la rentrée pour des milliers d'enfants.

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,

Je souhaitais t'adresser ici, ainsi qu'à nos lecteurs, et de manière très officielle, "toutes mes confuses". Toutes tes confuses ?! Ce n'est pas français, ça ! C'est un clin d'oeil au "Père Noël est une ordure", Victor, tu ne peux pas comprendre. Passons, passons... Alors, pouquoi ces confuses ?

Dans cet article comme dans celui-ci ou celui-là, j'évoquais l'école J.M, où je pensais effectuer mon stage filé. Mea culpa. Je me suis trompée, Victor. L'école J.M ne sera pour moi qu'une école de "transit", jusqu'à mon départ pour Northampton.
Quel dommage ! Tout se passait pour le mieux ! Eh oui... Mais comment se fait-il que tu te sois trompée ? Comme je l'ai assez répété, je n'ai pas pu assister à l'intégralité de la réunion de rentrée à l'IUFM : c'est pourquoi certaines informations précieuses m'ont échappé. Enfin, ce n'est pas une excuse ! Tu nous avais expliqué que ton rôle était de décharger un directeur ! Vous ne pouviez donc pas être plusieurs dans la même école, sois logique, Mirabelle ! Effectivement, j'ai manqué de discernement. Mais il faut me comprendre, Victor... J'étais tout près de chez moi (seulement deux bus à prendre) et j'avais envie d'y croire. C'était idéal. N'importe qui aurait réagi comme tu l'as fait, c'est vrai... Merci de ta compréhension, Victor : j'espère que nos lecteurs seront aussi mignons que toi ! Oh, de toute façon, tes lecteurs, tu ne leur laisses pas le choix !

Enfin, tous ces tours et ces détours ne nous disent pas où tu vas effectuer ce fameux stage en responsabilité filée ! Je ne peux pas te le dire pour l'instant, navrée. Tout se décidera à la rentrée de janvier. Tu n'as donc été à l'école J.M que pour combler les lundis ? C'est tout à fait cela... J'en suis désolé pour toi : j'ai senti que tu t'étais attachée dès la rentrée ! C'est ainsi. Mais alors, tu ne retournes plus du tout à l'école J.M ? Comme je te l'ai dit, j'y reste jusqu'à mon départ. C'est à dire que j'ai encore deux lundis devant moi, ce qui me permettra d'assurer deux séances d'ORL sur la distinction entre noms propres et noms communs... Ca, ça va, c'est facile ! Pour nous, adultes, ça l'est, mais pas pour des enfants ! Humm... Je tiendrai également une séance d'anglais le dernier lundi. Parfait ! Il faudra que tu me racontes tout ça ! Ce sera bien sûr dans la liste de mes priorités blogosphériques !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,

Suite à cet article sur la rentrée des classes, je souhaitais parler avec toi d'un point particulier, qui me taquine sérieusement les méninges. C'est joliment dit ! Tu trouves ?
Oui. Merci ! De quoi voulais-tu me parler ? De l'égalité des chances. Ah. Pourquoi souris-tu ? Parce que c'est un de tes sujets favoris, c'est manifeste ! Certes. Cependant... Cependant ?

Cependant, aujourd'hui, je ne te servirai pas de grands discours enflammés et idéalistes, ni de phrases compliquées et enthousiastes quant à l'avenir de l'Education. Ah... En PE1, nos formateurs nous ont beaucoup parlé de situations-problèmes. Situations-problèmes ? Il s'agit de mettre l'élève face à un obstacle, c'est à dire le faire réfléchir sur des éléments apparamment contradictoires, auxquels il devra chercher une solution. Et ? Et, lors de ma deuxième journée à l'école J.M, il m'a semblé que l'ensemble des enseignants et moi-même, étions face à une situation-problème. Prenons un cas concret.


Une petite fille. Que j'appelerais Anaïs. Anaïs, en CE2 dans la classe de Madame B., suce son pouce en classe. Anaïs manque de concentration. Ne paraît pas faire preuve de beaucoup d'intérêt pour l'école. Anaïs n'a pas une écriture lisible, et éprouve beaucoup de difficultés à copier quelques lignes sans fautes, et sans raturer. Anaïs ne maîtrise pas les principaux constituants de la phrase, n'accorde pas noms et adjectifs, conjugue laborieusement des verbes courants dans les temps simples. Anaïs n'est pas soigneuse et ne sait pas couper les mots. Anaïs ne met ni majuscule ni point à ses phrases, ce qui fait que finalement, on peine, justement, à distinguer ces fameuses phrases. Anaïs recherche ma présence et mes câlins et copie sans arrêt sur sa voisine. Anaïs est adorable, mais pas du tout autonome.

Un petit garçon. Que j'appelerais Pierre. Pierre, en CE2, dans la classe de Madame B. Pierre écrit bien, rapidement, et sait orthographier, seul, des mots difficiles. Par exemple, lors d'un exercice de production écrite, Pierre m'appelle : "Comment on écrit "tee-shirt" ?" me demande-t-il. J'examine son cahier. Il a fait quelques fautes mais je sens chez lui de réelles facilités. Alors je lui conseille de l'écrire "comme il pense que ça s'écrit". Après un instant de réflexion (joliment accompagné d'une moue dubitative), son stylo trace le mot suivant : "tee-short". Je ne suis guère étonnée par ce "o" (combien de personnes disent "tee-short" au lieu de "tee-shirt" ?) mais demeure béate face à ce "tee", orthographié correctement alors qu'il s'agit d'un mot anglais.


Qu'est-ce que tu cherches à me dire, Mirabelle ? Je suis sûre que tu peux trouver tout seul, Victor. A mon avis, tu t'interroges sur l'hétérogénéité des classes. Tout à fait. Cette classe de CE2 à J.M est donc très hétérogène ? Non. En fait, c'est même le contraire. Le niveau est plutôt bon. J'ai pu consulter les livrets d'évaluation CE1, ainsi que les suivis de cycle. Certains sont excellents et la plupart sont de bons élèves. Vraiment. Ca m'a d'ailleurs épatée. Eh bien alors ? Alors, en pensant au fossé qui sépare Pierre et Anaïs, je me dis qu'il doit être difficile de jongler avec les niveaux des uns et des autres, surtout quand les élèves en difficulté sont plus nombreux que dans cette classe de CE2. Comment remédier à de telles disparités ? C'est ça, la situation-problèmes des enseignants. J'ose à peine m'imaginer : moi, Mirabelle, jeune enseignante T1, désamparée... On nous bourre le crâne, à l'IUFM, avec la "différenciation", mais est-elle réellement réalisable ? Ce qu'on nous enseigne est-il compatible avec la réalité du terrain ? Combien de jeunes professeurs des écoles, fraîchement sortis de l'IUFM, dénoncent ce manque de connexion entre théorie et pratique ? L'Egalité des Chances, c'est bien, c'est une bien belle idée, mais une idée encore très utopique.

Différencier prend du temps. Et derrière, il y a les Programmes, la pression des parents, celle de la société, les jugements, les attentes. Il faudrait pouvoir travailler sans prendre le train. Reprendre à la base. Ne pas hésiter à faire un point sur des notions de Cycle 2 si celles-ci ne sont pas assimilées, même si on a un CM1-CM2. Quand je lis un post comme celui d'Eddie, j'en suis découragée d'avance et je me dis qu'on ne peut pas faire de miracle sans qu'on nous donne un petit coup de pouce. Sans considération. Sans respect. Sans moyens. Parce que l'Education n'a pas de sens sans la société. Et que cette "Egalité des Chances", justement, il faudrait aussi l'appliquer à nous, les enseignants, qui ne sommes pas tous logés à la même enseigne...

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,


Puisque désormais, il existe, sur ce blog, une catégorie dédiée à mes démêlés avec le permis de conduire, je me ferai une joie de te narrer un évènement fort fâcheux que j'ai vécu il y a quelques semaines. Tu as été à la foire ? Tu as voulu exercer ta conduite sur une de ces petites automobiles de divertissement ? Rigole, Victor, rigole... Tu vas voir !

Comme j'ai la plus grande considération pour mes lecteurs et que j'ai envie de les rendre gais (si si) je vais te faire part, Victor, le plus ironiquement du monde, de l'ACCIDENT qui m'a traumatisée. Quoi ?! Tu as eu un accident ??? Mais je ne vois pas en quoi cela pour égayer tes lecteurs ! Attends un peu, Victor...

Il faut savoir, avant toute chose, que cet accrochage automobilesque... Ce n'est pas très français, ça ! C'est fait exprès, c'est un effet de style ! Dans ce cas, je m'incline... Cet accrochage automobilesque s'est déroulé début août alors que j'étais en leçon de conduite. Je sens qu'un sourire se dessine sur mes lèvres. Je t'avais bien dit que ce serait drôle !

D'abord, je dois dire que j'étais, en prenant le volant, dans un état d'esprit lamentable. C'était ma deuxième leçon de conduite depuis mon PREMIER échec au permis (puisque depuis, malheureusement, il y en a eu un deuxième) et la précédente, qui s'était tenue la veille, après plus d'un mois déconnectée de l'auto-école, s'était plutôt mal passée : j'avais accumulé les erreurs et j'avais fini la leçon le coeur en petits morceaux. J'abordai donc cette deuxième heure avec beaucoup d'appréhension, me rabaissant intérieurement. Ca ne m'étonne pas de toi !

Malgré les encouragements de mon moniteur, la leçon démarre mal : je bâcle un angle mort, et si mon passager expérimenté n'avait pas freiné, je renversais un cycliste. "Ce n'est pas grave", me dit-il :"On repart !". Il me jette des coups d'oeil inquiets de temps en temps, me rassure. Il commence à te connaître ! Il sait comment tu fonctionnes ! Eh oui... Dès que je fais une erreur, j'y pense, j'y repense, je me traite de tous les noms... C'est comme un automate que je prends la direction du périph'. Je sens l'angoisse monter face à la pluie, lourde et violente, qui s'abat sur le pare-brise. Je déteste conduire sous l'eau. Déjà que tu n'es pas très douée quand les conditions météorologiques sont bonnes... C'est comme ça que tu m'encourages, Victor ? Pardon, pardon, ça m'a échappé !

La section de périphérique sur laquelle je débouche est limitée à 70 km/h, et pour couronner le tout, affublée d'un radar. A cet endroit, je le sais, même par beau temps, les conducteurs sont confrontés à de considérables ralentissements. Alors quand il pleut, tu n'imagines même pas !

"Ralentis, ralentis..."
"Ralentis, ralentis..."
"Ralentis plus, ralentis plus !"

Je ralentis. Rétrograde. La voiture devant moi se rapproche dangereusement. Je me vois déjà l'emboutir. Je me répète, encore et encore, que je suis nulle, que je n'y arriverai jamais, que ce n'est pas normal, après ** heures de conduite, d'être aussi empotée, quand soudain... Quand soudain quoi ?! Quand soudain, quoi ?! Tu as embouti la voiture de devant, c'est ça ??

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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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