XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 19 janvier 2007
Mon cher Victor,

Suite à cet article, où j'exprimerais mes craintes quant à mon stage en responsabilité, je souhaitais t'annoncer une nouvelle souriante, que dis-je, resplendissante, merveilleuse, sensationnelle ! Ahhh ! Tu vas faire des heureux : Sev, par exemple !

Laisse-moi d'abord t'expliquer quelques petites choses. Le stage en responsabilité, qui se tiendra de début mars jusqu'à fin mars, est une vaste loterie. C'est à dire ? C'est à dire que c'est (en partie) le HASARD qui choisit les affectations des stagiaires. Pourquoi "en partie" ? Parce qu'il y a tout de même des priorités : le mémoire. Si le stagiaire a choisi ses lieux de stage en fonction de son mémoire (c'est à dire s'il a besoin d'étudier telle ou telle classe pour élaborer sa réflexion), il est prioritaire. Seule obligation pour les stagiaires : choisir un lieu de stage qui soit différent de celui de leur stage en responsabilité filé.

Alors il te fallait autre chose qu'un... Cycle 1 ! Oui, c'est ce que je voulais dire ! Je ne pouvais donc choisir dans mes voeux que du Cycle 2 et du Cycle 3. J'avais, par conséquent, fait 15 voeux non-hiérarchisés, comme tous mes camarades, parmi ceux les plus proches de mon domiciles et les plus accessibles, puisque ce fichu permis de conduire conditionne tout. Et les lieux ? Un certain nombre étaient "satisfaisants" du point de vue de l'accessibilité, mais j'ai tout de même dû piocher dans les "trous du cul du monde"... Oh !! Mirabelle !! Il n'y a pas d'autre expression !

Je craignais, bien évidemment, que la malchance ne s'abatte sur mon destin déjà fragilisé, imaginant avec horreur l'éventualité de louer quelque chose pendant trois semaines, si par malheur mon lieu de stage était très mal desservi. Un gros souci s'imposa alors dans mon esprit : comment faire pour me procurer des ressources documentaires, indispensables pour monter des séances ? C'est un point préoccupant, en effet...

Bref. Le jour où on m'a fait parvenir les différents lieux de stage, le jour où il a fallu formuler des voeux et que j'ai consulté la carte de mon petit département, j'ai fondu en larmes devant les trous perdus et les écoles au milieu de nulle part. Bref... Viens en à l'essentiel : et ton affectation ??? Ne brûlons pas les étapes !

Ce même jour (le matin, à vrai dire... Et j'aurais mieux fait de commencer par là !), un membre du secrétariat pédagogique de l'IUFM nous explique le fonctionnement concernant les affectations sur les lieux de stage : c'est l'ordinateur qui fait tout, par un procédé appelé "la moulinette" ! Cette moulinette tire au sort entre les différents prétendants, tout est une question de chance... Cependant, on nous avertit d'un risque : celui d'un deuxième tour, certaines affectations n'étant pas attribuées dès le premier ! Tu suis, Victor ? J'essaie, j'essaie...

Alors, on pronostique. On tient compte des mémoires (laquelle de mes copines a demandé tel cycle ? A-t-elle choisi selon son mémoire ?), on élabore des stratégies. Ma copine Sophie, par exemple, craignant d'être au deuxième tour, a ciblé des lieux très éloignés, pensant que personne ne les choisirait. Quant à moi... Bloquée par cette saloperie de permis, je sélectionne les lieux les plus proches de ma petite ville, bien obligée, ceci dit, d'inscrire quelques "trous du cul du monde" pour parvenir à quinze voeux.

Et hier, le grand jour. A midi, la liste des postes est affichée. Et ? Et je n'en crois pas mes yeux : je suis à cinq ou six bornes de chez moi, dans une ville très prisée ! Une ville TRES TRES bien desservie, puisque je n'ai qu'à prendre un bus de ville au bout de ma rue et zou, me voilà à la mairie de la fameuse ville prisée... Mairie elle-même juste en face de l'école ! Tu as le postérieur bordé de nouilles ! Oh oui ! Si on réfléchit bien, je n'ai qu'à : attendre le bus, monter dedans, rêvasser pendant le trajet, descendre, traverser la rue... Et je suis arrivée ! On t'a retiré une sacrée épine du pied !

Inutile de te dire qu'hier soir, on a débouché le champagne ! Mon Mystérieux Inconnu, à l'annonce de la bonne nouvelle, m'a glissé un : "tu vois, ce n'était pas la peine de te gâcher la vie avec ça avant de savoir, tu as eu de la chance !", mais n'ignore pas que ce sera les mêmes jérémiades pour le SR3. Mon papa, quant à lui, est aussi ravi que moi puisqu'il n'aura pas à me servir de chauffeur. Et moi... Moi, je n'ai qu'une chose à dire, en levant ma coupe : Moulinette, je te bénis !
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 19 janvier 2007
Mon cher Victor,

Lundi dernier, j'ai pris la classe en charge. Ce n'était pas prévu pourtant ? Non. Mais ma directrice a été convoquée à l'Inspection l'après-midi même, et m'a proposé, dans la foulée, de faire classe dès le matin, en sa présence, pour "être opérationnelle dès le 22 Janvier". Elle m'a également soufflé l'éventualité de m'observer et de prendre des notes par rapport à mon travail, ce que j'ai accepté sans hésitation, tu penses bien ! Il est bon d'avoir un regard extérieur sur sa pratique !

Je dois dire que dans un premier temps, quand j'ai reçu le mail de ma directrice ("ah, au fait, je suis convoquée à l'IA lundi après-midi, tu devras prendre la classe en charge à ce moment-là.", j'ai été prise d'une crise de panique : quoi ? Lundi, déjà ? Mais c'est trop tôt ! Ce n'était pas prévu comme ça ! Je ne suis pas prête ! Et puis finalement... Finalement, tu t'es dit que de toute façon, il fallait bien que tu te lances un jour ! Voilà !

Alors je me suis lancée ! Après un week-end éreintant (en résumé, j'ai passé mes samedi et dimanche à mon bureau, à bosser fiches de prép et séances...), je suis en piste lundi matin. J'arrive avec une vingtaine de minutes d'avance, histoire de bien repérer le matériel, de prendre mes marques, de préparer mes activités pour la matinée. Une dame de ménage apparaît dans la classe et s'étonne : "tiens, c'est bizarre, Jocelyne n'est pas là, elle doit être malade...". Qui est Jocelyne ? C'est l'ATSEM. Ah... Son absence risquait de te poser problème par rapport à la gestion de la classe ? Là, je me dis "et voilà, évidemment, il faut que ça arrive aujourd'hui...". Je sens la peur, la panique, m'envahir. Mais pas très longtemps, au bout du compte. Parce que je me dis : "bon allez, tu vas faire tes armes ! Tu ne sais pas encore nager, tu es dans le grand bain sans ceinture, mais t'as pas le choix, il faut que tu arrives à te raccrocher au bord sans couler !".

Les enfants sont arrivés peu à peu. J'ai fait l'accueil sans trop m'en rendre compte, assistée par Martine, qui, je te le rappelle, était présente dans la classe et tenait à m'épauler, toute péanalisée que j'étais par l'absence de Jocelyne. C'est gentil de sa part ! Oui. Cette femme est une crème. Je suis vraiment très bien tombée. Bref. Je ne suis pas très à l'aise pour l'accueil. Je suis pourtant près de la porte mais certains parents ne me regardent pas, n'ayant d'yeux que pour Martine. Tu as du mal à t'affirmer en tant que maîtresse du lundi ? Seulement face aux adultes. Car une fois la porte fermée, j'ai puisé en moi pour feindre de l'assurance.

Après accueil et jeux libres, j'ai entamé les rituels, ne pensant que par éclipses à la présence de Martine, sourcils froncés, grattant sur son bloc notes. Je m'emmêle un peu les pinceaux dans les rituels mais il me semble que le courant passe bien avec les petits. Je change de ton aussi souvent que possible, pour garder leur attention. Je distribue les étiquettes de présence, qu'ils vont placer soit "à l'école" soit "à la maison". Nous parlons du calendrier. C'est la souris rouge, celle du lundi. Un enfant va "l'habiller" au tableau, avec son petit maillot rouge. Les quinze minutes de rituels passent à une vitesse HALLUCINANTE et c'est déjà l'heure d'embarquer tout mon petit monde pour la séance de motricité : parcours !

A propos de ce parcours, je ne l'avais en rien préparé, l'organisation à ce sujet étant TRES TRES compliquée. Je ne m'apesantirai pas là-dessus, car il faudrait y consacrer une conversation entière ! Bref. Pour ce parcours, Martine et moi-même menons la séance. J'aide les petiots à sauter des hauteurs minuscules, à passer sur, à passer sous... Je m'aperçois de combien nous sommes leurs référents, à tous ces gosses, leur repère de sécurité, ne serait-ce que quand leur petite menottes craintives serrent la mienne, lorsque je les aide à sauter d'une table à un tapis de sol. La séance est... Sportive. Nous sommes vite débordées car les gosses sont difficiles à contenir. Ca court dans tous les sens, ça se pousse, ça piaille, ça se double, ça se cogne, ça rigole, ça proteste... Bref : c'est un joli bordel ! C'est vivant, disons... Et puis il faut bien qu'ils se dépensent ces petits bouts !

Je prends en charge le retour au calme, que j'improvise complètement. Pour les amener à se rasseoir tranquillement sur le tapis, je leur demande de "faire comme moi", j'agite mes mains genre "les petites marionnettes" et c'est comme si j'avais appuyé sur un bouton. Les gamins me suivent et vont s'asseoir, concentrés sur leurs gestes. Je m'asseois en face d'eux et me mets à parler bas, tout bas... Je leur raconte que des petites souris grises sont en train de courir dans la pièce et qu'il ne faut pas leur faire peur... En même temps, je fais différents gestes : je tapote ma tête, mon menton, mes cuisses... Et ils me suivent ! Ils sont à fond dedans, leurs mirettes ouvertes bien grands, dans un air de fascination ! Waouh ! Je suis trop fière de moi ! Pour une fois... Ca mérite d'être souligné !

C'est ensuite la pause pipi, dix minutes qui s'écoulent rien qu'à relever les petites culottes, fermer les boutons de pantalon, laver les mains, appuyer sur le robinet d'eau... Puis direction la classe et les plus chahuteurs ne résistent pas à l'envie de courir dans le couloir ! Du coup, lundi prochain, ce sera le jeu du petit train, pas le choix ! Une fois dans la classe, je reprends ma place sur la petite chaise de maîtresse, tandis que les enfants s'installent sur les bancs, tout autour du tapis. Et là, je me dis que c'est vraiment moi la maîtresse, aujourd'hui. Il est 10 h 10 et je suis heureuse comme tout...
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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