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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 01:30

Mon cher Victor,



Il y a fort longtemps, je t'avais promis un article sur Harrods, ce magasin de luxe situé à Londres. Nous voilà repartis chez les British ?! Temporairement, rassure-toi. C'est juste que je suis un peu mélancolique de l'Angleterre, ce matin, et je me suis dit qu'il était temps d'écrire un article sur ce magasin. Tes souvenirs se sont sans doute un peu émoussés... C'était il y a si longtemps ! C'est vrai. Pourtant, je crois que je saurai en parler, car certaines choses, comme tu le sais, mon Victor, restent gravés.

Quand nous sommes arrivées devant la vitrine, au sortir du métro, Sophie et moi, nous n'avons eu sous les yeux, tout d'abord, qu'une horde manifestants anti-fourrure, appelant les consommateurs à boycotter les produits de Harrods. C'était très impressionnant, cette manifestation, et assez drôle, dans le fond, car quelques clientes arborant des manteaux de fourrure se sont faites huer par la foule et se se sont contentées de lancer un regard méprisant à la populace. Bref. Rappelons le contexte : c'est la période de Noël. Les vitrines sont superbes, avec guirlandes lumineuses, lustres, automates et raffinées à un point que tu n'imagines pas. Je pressens, rien qu'en regardant les prix dans les vitrines, que la moindre babiole va coûter les yeux de la tête.

Nous entrons. Et là, je ne sais plus où regarder. Tout est doré. Les sols sont brillants. Tout est brillant. Les clientes, toutes très bien habillées, ne sont pas, visiblement, issues du prolétariat, et je me fais l'effet d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, avec mon sac de lycéenne bourré jusqu'à en faire péter la fermeture éclair, ma parka un peu sale, mon jean biiien élimé et mes Converses pas tout à fait propres. De plus, j'ai les cheveux gras, pas de maquillage et les traits tirés. Bref. Je suis interloquée par toutes ces dorures, sans pour autant les aimer. Car ma première impression est celle du "Too much". Une impression qui ne me quittera pas mais qui m'amusera de plus en plus, en découvrant chacun des étages du magasin.

Nous parcourons plusieurs rayons tandis qu'une vendeuse nous dévisage. Elle me rappelle quelqu'un, cette vendeuse. J'en fais part à Sophie, qui écarquille les yeux, quand soudain, la révélation : mais oui ! Cette vendeuse me rappelle celle de "Pretty Woman", qui refuse de servir Julia Roberts sur Rodeo Drive ! Eh ben voilà ! Sophie rigole. "Pretty Woman" est une de ses films préférés. Nous décidons que nous irons au rayon chaussures pour faire nos Julia Roberts. Pfff... Quelle gaminerie... Je sais. Mais que veux-tu, ça me fait rire !

Inutile de te dire, Victor, que le magasin est bondé. Les décors entourant les escalators, qui nous emmènent au dernier étage (nous avons décidé de commencer par le dernier et de redescendre les étages un à un, au fur et à mesure), sont pour le moins somptueusement "too much". Du doré, du doré, encore du doré... En musique de fond, un opéra. Fort joli, d'ailleurs, et qui sonne vrai. Soit le CD est d'excellente qualité (mais il ne faut pas exagérer !) soit une femme chante réellement de l'opéra quelque part. Sophie écarte cette hypothèse d'un : "Pfff... N'importe quoi... C'est un CD, Mirabelle !". Mais non, ce n'est pas un CD, j'en suis presque sure. La voix est chaude, je remarque les respirations de la chanteuse, c'est de l'opéra live, ça ! Le dernier étage est celui des joujous de Noël. Sophie, à la recherche d'une babiole pour son petit neveu, en ressort aussi vite qu'elle est entrée, rouge comme une tomate et pantelante : "C'est fou le monde qu'il y a ici... On change d'étage ?". Je n'attendais bien évidemment que cette proposition, moi qui ai passé ces dix minutes d'immersion à insulter intérieurement tous les clients (oui, je sais, Victor, ce n'est pas bien), à slalomer entre les jouets et les gamins, et à essayer de respirer correctement. A ce point là ? Mais Victor, nous sommes très exactement à deux semaines de Noël ! C'est de la fo-lie ! On dirait bien, oui...

Re-escalators. Et re-opéra ! Je regarde partout. Au fur et à mesure que nous montons, la voix se rapproche. Elle est là, tout près. Tout à coup, je pousse un cri strident : "Sophiiiie ! Regarde ! Qu'est-ce que je te disais !". Sur l'un des balcons... L'un des balcons ?! Ah oui. Encore une kitscherie que je n'ai pas expliquée. A chaque étage, des balcons, que l'on peut admirer des escalators. Sur ces balcons, des automates, des objets de grande valeur ou... Une chanteuse d'opéra ! Dans une robe de velours noire absolument divine, droite comme un i sur son balcon, une chanteuse d'opéra. "Ah ben oui, t'avais raison..." me fait Sophie. Quelques grammes de finesse dans un monde de brut. La musique suspend le cours du temps mais l'escalator arrive à son terme et nous replongeons dans la jungle d'Harrods.

Et là, sur le palier... "Ah oui, j'en avais entendu parler." me dit Sophie. Un mémorial. Là, sous nous nos yeux, deux figures dorées entrelacés. Tout autour, très nombreuses, des bougies. Des bouquets de fleurs aussi. Des petits mots, témoignages d'affection : "We will never forget you", "I love you forever" etc... Les photographies de la princesse Diana et de Dodi Al Fayed. Qui sont ces gens là ? La princesse de Galles, Diana, avait épousé le prince Charles, fils de la reine d'Angleterre, Elizabeth II. Après avoir divorcé de Charles, elle entretenait une liaison avec Dodi Al Fayed, fils d'un grand milliardaire et propriétaire d'"Harrods", Mohamed Al Fayed. Dodi et Diana sont morts dans un accident de voiture, à Paris, en essayant de semer des paparazzi. Ah... Sombre histoire... Bref. Si je te raconte ça, Victor, c'est parce que ce dame s'est produit en 1997, soit quasiment dix ans avant mon escapade chez Harrods. Et face à ces témoignages, ces fleurs, je peux te dire que la douleur m'a semblée encore toute fraîche pour les Anglais. A côté de moi, des gens se recueillaient. Se mettaient à genoux pour prier. D'autres sanglotaient carrément. Et cela au coeur d'un grand magasin où les gens dépensent, dépensent, dépensent... C'est assez... Etrange. Presque... Indécent.

Bref. Nous atterrissons ensuite au rayon chaussures. Je me suis mise en tête d'essayer une paire de bottes léopard. Le genre que je déteste mais qui me fait beaucoup rire. Sophie essaie des talons aiguilles et tente de marcher avec. Je lui fais une démonstration, sous les yeux éberlués de quelques clients. Fou rire évidemment. Privilège de l'étranger... J'imagine. Je ne me serais jamais comportée d'une telle façon dans mon pays natal. Pour donner un rythme à ma démarche podiumesque, Sophie entonne l'air de "Pretty Woman". Puis c'est son tour. Nous finissons écroulées sur les bancs à rire comme deux gamines. Et les vigiles ne vous ont pas mises à la porte ? Bizarrement, à part quelques clients, le rayon était désert. Dieu soit loué pour vous !

Nous trouvons ensuite le moyen de nous perdre dans le magasin. Tu avais gardé ces chaussures léopard ?! Mais non enfin, j'avais remis mes Converses ! Bref. Nous tournons en rond dans le rayon mobilier, découvrons le rayon CD/DVD, sans pour autant parvenir à retrouver ces maudits escalators. Il nous faut environ vingt minutes pour explorer tout l'étage et retrouver les escalators. J'ai acheté, entre temps, une boule à thé tout à fait charmante en forme de théière, que je compte bien offrir à ma maman à mon retour. Puis nous sommes enfin DEHORS. Nous n'avons pas pu faire tous les étages de fond en comble. Nous avons d'autres choses à voir à Londres et nous savions que notre visite d'Harrods serait un vrai marathon.

A moi de résumer ce que nous venons de vivre, au milieu des manifestants anti-fourrure : "Bon ben, je n'ai pas aimé, mais il fallait le voir. Au moins, on aura pu se mettre dans la peau de Viviane quand elle regarde les vitrines de Rodéo Drive.". Direction le métro. En crânant avec mon sac "Harrods".

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Published by Mirabelle - dans Chez les British
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commentaires

LUCQUIAUD 08/04/2007 01:37

Mirabelle 08/04/2007 10:05

Merci Monsieur Lucquiaud ! A vous aussi ! :D

Céline 07/04/2007 21:22

Pfff ca ne me donne vraiment pas envie du tout cet endroit.
Comme on dit: une place pour chacun et chacun à sa plave ;-)

Mirabelle 08/04/2007 10:06

Je n'en suis pas ressortie ravie mais franchement, ça vaut VRAIMENT le coup d'être vu. Parce que c'est vraiment un autre monde. Gros bisous Céline et Joyeuses Pâques !