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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 09:26
Mon cher Victor,

 Depuis deux jours, je suis chez mon Mystérieux Inconnu, dans la très belle ville de Rouen. Et tu es ENCORE sur le net ! Tu n'as pas mieux à faire ? Ne t'inquiète pas, ma présence blogosphèrique ne sera que de courte durée, puisque ma connexion Internet, que j'avais retrouvée avec adoration pas plus tard que mardi, m'a fait faux bond dès le lendemain matin. On ne peut vraiment pas leur faire confiance à ces machins-là ! A qui le dis-tu !

Du coup, je profite du temps où je suis seule dans son appartement (Monsieur est au travail) pour mettre à jour nos conversations. Je t'avais promis de poursuivre cette discussion, au sujet de ma première journée seule avec les mômes, dans le cadre de mon stage filé. Bon, bon, attends deux secondes, je le relis rapidement, histoire de ne pas être trop à la trâine...

Après la pause pipi, je suis donc de nouveau dans la classe avec mes petits bouts. Je m'asseois sur la petite chaise de la maîtresse, face au tableau, et la directrice s'installe avec les enfants, un peu en retrait, calepin en main, prête à m'observer de son oeil de professionnel. C'est stupide, mais le fait que cette femme ne soit pas une IMF me rassure. Et bientôt, j'oublie complètement sa présence, trop occupée que je suis dans la lecture du l'album le plus de circonstances, en cette période de l'année : "Roule Galette" ! Tu ne fais pas très original ! Certes non. J'entame la lecture de l'album en mettant le paquet sur les grosses voix et la théâtralisation. Les petits me fixent avec curiosité, air béat et yeux ronds. J'adore. Je pose des questions de compréhension, les amène à décrire l'illustration, à anticiper...

Je n'ai pas prévu de lire toute l'histoire aujourd'hui et je clos la première partie de ma lecture sur le moment le plus titillant pour les gamins : où va donc la galette quand elle s'échappe par la fenêtre ? A peine le temps de travailler le langage à partir des cahiers de vie des enfants et c'est déjà la récréation. J'aide les petiots avec leurs manteaux, réponds aux sollicitations les plus diverses ("Eeeeh ! Eeeeh ! T'as vu mes baskets Spiderman ? Dis, hein, t'as vu ?"), fais les lacets de chaussures, distribue des bisous à qui en veut et tout ce petit monde déboule dans la cour.

Et je suis LESSIVEE. Mais heureuse, surtout quand Martine vient me dire, avec un grand sourire : "Bon eh bien, cela s'est plutôt bien passé !". Je touche du doigt le paradis des maîtresses. Tout en sachant fort bien que ce n'est qu'une première journée et que les choses vont se gâter l'après-midi, où je serai véritablement toute seule avec les monstres dans l'arène. Ca va... Ils ont l'air plutôt mignons, comme monstres ! J'aurais pu tomber bien plus mal, c'est vrai... A la récréation, je fais plus ample connaissance avec les autres enseignantes de maternelle, qui sont pétries de gentillesse et qui me mettent tout de suite à l'aise, sans me faire sentir que je suis "la petite débutante". Nous causons des enfants, évidemment, dans la joie et la bonne humeur. Le temps tourne et je dois appeler les enfants pour le retour en classe, ce qui, tu vas vite t'en rendre compte, n'a pas été une partie de plaisir.

Martine m'ayant laissée dans la cour pour vaquer à ses occupations de directrice, je ne peux compter que sur ma bonne volonté et mon courage pour rassembler mes troupes. J'opte d'abord pour une stratégie dont j'ai constaté l'efficacité en élémentaire, mais dont je doute en maternelle : rester près de la porte et frapper dans ses mains en criant avec autorité : "Les petiiiiiits, on rentre !". Bien... Inutile de te dire que dans le brouhaha de la cour, cela n'a eu strictement aucun effet. Et puis ils avaient tous bien mieux à faire que d'écouter leur maîtresse du vendredi : vas-y que je tape le copain avec la pelle, que je lance du sable, que je me dispute avec un moyen pour la trotinette... Bref : ta stratégie est un échec ! Alors je choisis une méthode plus frontale, qui consiste, tout bêtement, à aller chercher les gamins un à un en hurlant. Une efficacité très limitée encore une fois. Tout cela frise le cauchemar. Parce que dès que j'en attrape un, un autre me lâche la main pour retourner sur le tracteur, que certains font la sourde oreille parce-que-c'est-plus-pratique-pour-être-plus-longtemps-en-récréation, parce que je n'ai pas encore l'autorité et la crédibilité de l'enseignante déjà bien installée dans sa classe.

Finalement, je regroupe mes élèves comme je peux, essuyant une remarque d'une collègue dans le couloir "on dirait que tu as eu du mal à les rentrer". Non sans blague ? J'ai juste vociféré comme jamais, couru aux quatre coins de la cour, ai confondu les enfants à cause des bonnets et des cagoules... Le cauchemar ! Hihihi ! C'était loin d'être drôle sur le coup, crois-moi ! Une fois dans la quiétude de la classe, je démarre les ateliers ou plutôt l'atelier, puisque le deuxième atelier que j'avais prévu (en l'occurence, peinture), ne peut être tenu par l'ATSEM, absente je le rappelle. Ce matin, donc, c'est jeux libres ou atelier "déchirer et coller". C'est à dire ? C'est à dire que les enfants doivent déchirer du papier en petits morceaux et les coller dans un rond pour faire la galette. C'est d'une simplicité enfantine ! Rien n'est simple quand on a trois ans, Victor. Il faut tout apprendre. Par exemple, la petite E. ne sait pas déchirer le papier (elle le tord), le petit G. n'a pas compris que le but du jeu n'est pas de noyer le papier de colle, la petite L. ne sait pas qu'on ne met pas le pinceau à la bouche, le petit R. ne comprend pas ce que signifie "dans le rond", et l'ensemble des élèves ont, dans l'ensemble, des difficultés à remplir une surface en adaptant leur technique de déchirage. C'est donc, en vérité, atrocement compliqué, et je rame, je rame, je ne fais pas passer autant d'élèves que j'aurais souhaité sur cet atelier.

L'heure du midi débarque à une vitesse navrante (il me semble n'avoir "rien fait" avec les élèves) et zou, direction la cantine pour une partie de la classe, ou le foyer familial pour une autre. Quant à moi, affamée, je me jette littéralement sur ma gamelle de pâtes réchauffées au micro-ondes et profite un maximum du silence reposant (mais un peu déstabilisant) qui s'est emparé de cette classe vide.

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commentaires

Rosa Negra (attachiante) 23/02/2007 21:28

Du mal à ramener les enfants ? Ce n'est pas grave, va. Je fais ça tous les jours (et avec des plus âgés, qui sont en âge de comprendre l'importance de respecter les consignes donc) et je sais bien que ce n'est pas évident au début. Le temps que les enfants s'habituent à toi et tout ira de soi.
"vas-y que je tape le copain avec la pelle" : pardon, je ne me moque pas, hein, mais... pliée, je suis. Sacrés enfants !
Bon courage maîtreeeeeeesse ! :-)

Mirabelle 25/02/2007 14:31

""vas-y que je tape le copain avec la pelle" : pardon, je ne me moque pas, hein, mais... pliée, je suis." : tant mieux, tant mieux, j'étais moi-même pliée en l'écrivant !! :D

Eddie 22/02/2007 20:54

Bon et bien tout ça est plutôt encourageant! ;))
Et sinon t'es pas en vacances bientôt non, histoire que les posts se multiplient un peu? Parce qu'on voudrait en savoir plus!!!!
Bon courage pour les prép!

Mirabelle 24/02/2007 17:10

Ben euh... J'ai retrouvé ma connexion Internet depuis hier mais euh... A propos de grand bain, j'ai la tête sous l'eau depuis quelques jours à cause de la préparation de mon SR2 et m'est avis que cela va durer un bon mois ! Ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre, non ? ;-)

Plum' 18/02/2007 17:05

J'avoue que moi aussi, à la lecture de ton récit, j'ai oscillé entre le grand sourire et la grimace. Mais je vais t'avouer quelque chose Mirabelle : tu m'as attendrie. Oui, oui, c'est vraiment le mot : attendrie.
Je pense que pour les gamins, c'est pareil.
Mais ça, tu le sauras plus tard...
Gros bisous et bon courage.

Mirabelle 25/02/2007 14:27

En fait, cet article a été écrit pour vous faire sourire ! Je vois que j'ai atteint mon but ! :D Gros bisous Plum' !

Cristophe 16/02/2007 23:57

J'adore tes récits d'apprentie-maîtresse !
En t'imaginant courir après les bambins, je suis partagé entre le sourire et la plainte.

Mirabelle 24/02/2007 17:07

Sur le coup, j'étais plus près de la plainte que du sourire... Mais en écrivant cet article, j'avoue que je me suis fait plaisir ! C'est bien, de rire de soi-même, non ? ;-)

Maya 16/02/2007 20:57

C'est une très belle description de ton travail "maitresse"
Bon repos.

Mirabelle 25/02/2007 14:25

Merci ! :D