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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 01:53
Mon cher Victor,

En  septembre, je serai maîtresse. Ca va venir vite, septembre ! Oh que oui... A vrai dire, je n'aurai pas vu passer cette année de PE2.  Il y a eu mes trois mois en Angleterre, parenthèse enchantée et dont je tire beaucoup de bénéfices pour ma pratique, et puis les stages en responsabilité, le mémoire... Tu as eu de quoi t'occuper, effectivement ! Et surtout, j'ai évolué. Quand je compare la manière dont j'ai tenu la classe pour ma première semaine de SR3, et celle dont je tenais ma GS-CP au SR2, je me dis que j'ai fait un petit bout de chemin. Je suis plus sûre de moi, moins hésitante. Plus à l'aise. Et surtout, quand je suis dans la classe, devant vingt-six paires d'yeux à qui j'explique ce qu'est une "planche" de B.D, je me sens à ma place. Je me sens maîtresse. Je ne suis plus la post-adolescente que je redoutais.

J'ai hâte d'avoir ma classe. J'ai peur, aussi, évidemment. Car, comme les futurs détenteurs du concours s'en apercevront l'année prochaine, la formation de professeur des écoles, la PE2, c'est court, superficiel. Décevant. Et ils auront sans doute, comme moi, à moins d'avoir eu auparavant de réelles expériences dans l'enseignement, le sentiment d'être propulsés dans une classe dans la panique et l'urgence. Tous les ans, dans les enquêtes de bilan, les PE2 tirent la conclusion qu'ils ne sont pas satisfaits de cette formation. Que l'IUFM paraît bien décalée par rapport à la réalité du terrain. J'ai pu m'en rendre compte moi aussi. Ce qu'on nous raconte, en PE1, ce sont de grandes idées un peu utopiques qui ne laissent présager en rien de ce qui nous attend réellement dans une classe. C'est de la théorie pure et dure. On ne s'aperçoit qu'une fois dans une classe combien la différenciation est difficile à mettre REELLEMENT en place, combien il est compliqué d'apprendre à lire à un élève (surtout que nous ne sommes pas du tout formés à l'apprentissage de la lecture, du moins dans mon académie), et on sous-estime le boulot que ça représente. C'est un métier perfectible à l'infini.

Serai-je une bonne enseignante ?
Cette question m'obsédait et m'angoissait l'année dernière, en PE1. Depuis quelques semaines, je me la pose en pointillés. Je me dis que l'avenir le dira, et que, de toute façon, je ferai tout pour. Je me laisse le temps de progresser, encore. Je ne me sens pas plus bête qu'une autre, pas plus immature, pas moins prête. Nous sommes tous, de toute façon, et en toute sincérité, un peu "à la ramasse". Cette année de T1 nous effraie autant qu'elle nous motive. Et n'entrent plus, en ligne de compte, entre nous, les questionnements du type "qui sera une bonne maîtresse", "qui ne sera pas un bon enseignant". Je m'aperçois que cette distinction, crée par la concurrence du concours, s'efface à l'entrée en PE2. Parce qu'on apprend à relativiser, à se donner le temps. Et à ne pas émettre de jugement à l'emporte-pièce. Peu importe qu'on ait eu le concours du premier coup ou au bout de la troisième fois. Personne, en PE2, ne se permet de dire : "Untel a eu de la chance de l'avoir du premier coup. N'ayant pas connu l'échec, n'étant pas animé d'un esprit de revanche, il sera forcément un moins bon instit' que moi" ou "Si Truc n'a toujours pas le concours au bout de la troisième fois, ça veut dire qu'il n'est pas fait pour ça.". Les tentatives de catégorisation, sensées nous rassurer en PE1, n'existent plus en PE2.

Parce que le jugement sur le métier change.
S'il n'est pas encore fixé (nous avons en effet toute notre carrière pour mieux saisir, je dirais même "sentir" en quoi il consiste), il n'en demeure pas moins qu'il a changé. Nous savons que l'enseignement, ce n'est pas du déterminisme. Ce n'est pas entrer dans des cases. Ce n'est pas juger les uns et les autres. Ce n'est pas établir une hiérarchisation en fonction du rang au concours, des chanceux et des malchanceux. Non. Nous sommes tous en train d'apprendre le métier. On ne peut pas dire si on sera un bon enseignant ou non, et ce n'est en rien le concours (qu'on l'ait eu ou non du premier coup) qui le détermine. Il faut rester humble. Je trouve stupide de décréter que "ceux qui ont eu le concours du premier coup seront de moins bons enseignants que ceux qui l'ont eu au bout de plusieurs tentatives".

Si l'on encourage ceux qui sont face à l'échec, si on leur affirme que cela ne laisse présager en rien de leur capacité à devenir enseignant un jour, alors pourquoi ces personnes devraient-elles elles-mêmes cautionner le stéréotype selon lequel "quand on l'a du premier coup, c'est de la chance" et que par conséquent "Ceux qui n'ont pas connu l'échec feront de moins bons enseignants que ceux qui ont connu l'échec" ? Ce n'est pas juste. Et surtout, c'est verser dans le déterminisme. Car je suis intimement persuadée qu'être un bon maître, une bonne maîtresse, s'apprend. Certains sont peut être plus naturellement pédagogues que d'autres mais je suis certaine que chacun a sa chance et que chacun progresse, pourvu qu'il s'en donne les moyens et se remette en question. Tout le monde peut y arriver.

Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, l'enseignement est pour moi le métier de l'humilité. L'instit' ne sait pas tout (je l'ai encore dit vendredi à mes CE1, quand, ne sachant pas répondre à une de leurs questions très précise sur la Bande Dessinée, je leur ai dit que j'allais me renseigner) et tant mieux. Parce que ça lui permet de rester bien droit dans ses bottes et qu'après tout, il n'est qu'un intermédiaire entre le gamin et le savoir. Si on admet que le principe d'éducabilité existe, que chacun a ses chances, alors pourquoi le nier dans le cercle des adultes ? Pourquoi vouloir catégoriser les uns et les autres ? J'ai eu le concours du premier coup, en étant très bien classée. Ce n'est pas pour autant que je me suis prise pour la reine de l'IUFM. Et ce n'est pas pour autant non plus que j'ai jugé les recalés incapables d'être de bons enseignants un jour.

Bref. Tout ça pour dire que la question qui me taraudait en PE1 ne me taraude plus. Il faut la garder à l'esprit, bien sûr, mais se faire confiance et se dire que tout s'apprend. Petit à petit.

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commentaires

Jb 14/06/2007 15:23

Un petit conseil (qui sera pas utile Normal tu me connais ^^)J'avais un prof qui balancait des craies sur ceux qui parlaient pdt le cours, résultats j'ai appris à etre vif... :)Mais c'était un bon prof!Donc balance des craies et tu le seras :-D

Mirabelle 29/06/2007 09:40

Euh... Je serai surtout très vite sujette à un "avis réservée" quant à la validation de mon année de PE2 !! ;-)

Cristophe 13/06/2007 18:45

La voie de la sagesse.  d:-)

Mirabelle 29/06/2007 09:42

Crois-tu ? ;-)

LUCQUIAUD 13/06/2007 01:43

En rentrant dans sa classe se dire : je suis enseignant(e) tout simplement .... Humble, soyons-le face au "savoir" , mais sûr de soi quand on doit transmettre jour après jour , les rudiments de ce savoir ...Et on apprend en même temps ...Bon mercredi Farfadet

Mirabelle 29/06/2007 09:41

Bon vendredi ! (je sais, je sais, je réponds très tard aux commentaires... La honte sur moi !) ;-)

Anaelle 12/06/2007 13:49

Tout d'abord un grand bonjour Mirabelle, et félicitations pour la validation de cette année!C'est fou ce que je me retrouve dans cet article, prof ou instit', on fait finalement le même métier! Tout comme toi, après cette année de PLc2, je me sens plus sereine quant à la question "vais-je être une bonne prof?" parce que je sais que je vais y mettre toute mon énergie et mes ressources, parce que je sais que j'aime ce métier, j'aime les élèves, bien plus encore que je ne l'aurais imaginé.Après, que ce maudit concours ait été réussi du premier coup, du second ou du troisième, au final qu'importe... la plc1, tout comme la PE1 apparement, n'a rien à voir avec le métier que l'on apprend à exercer pendant les stages, et que l'on continuera à apprendre pendant encore de nombreuses années. Penser qu'on a encore au moins autant que les élèves à apprendre, c'est ce qui fait de notre métier le plus beau du monde, à mon sens!

Mirabelle 29/06/2007 09:49

Merci beaucoup pour tes félicitations ! Je pense effectivement que la PE2 (tout comme la PLc2 apparemment) nous permet de gagner en sérénité et de nous dire que nous avons le temps, au fond, de progresser. Je crois que j'arrive peu à peu à dédramatiser notre métier..."Après, que ce maudit concours ait été réussi du premier coup, du second ou du troisième, au final qu'importe... la plc1, tout comme la PE1 apparement, n'a rien à voir avec le métier que l'on apprend à exercer pendant les stages, et que l'on continuera à apprendre pendant encore de nombreuses années. Penser qu'on a encore au moins autant que les élèves à apprendre, c'est ce qui fait de notre métier le plus beau du monde, à mon sens!" : vi, vi, vi... Tellement vi que je n'ai rien à ajouter ! :D

Aurelie 12/06/2007 07:41

Bonjour Mirabelle, merci pour cet éclaircissement; c'est vrai qu'on se pose des tonnes de questions et ça fait du bien de voir qu'après la PE2 tu ne t'en poses plus certaines!Par contre, je serai moi-même intéressée par un stage en Angleterre! Aurais-tu la bonté de me dire comment tu as procédé?bonne journée

Mirabelle 29/06/2007 09:47

C'est l'IUFM qui propose cela. En fait cela dépend des IUFM. Dans mon académie, étaient proposés des stages de trois mois ou de trois semaines. Avant les résultats du concours (généralement entre les écrits et les oraux) tu passes un entretien à l'IUFM où on te pose des questions sur le pays pour lequel tu postules, sur ta motivation etc. Ton départ dépend évidemment de ton admission ou non au concours. Si tu veux en savoir plus, clique donc en bas sur "contact" ! ;-)