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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 22:24
Mon cher Victor,journal.jpg

Ca y est. Mon SRF est terminé. Ton SRF ? Mon Stage en Responsabilité filé. Ah oui, c'est vrai... Pas trop cafardeuse ? Un peu, bien sûr. Mais avec le temps, j'apprends à ne pas trop m'attacher. A me dire que si moi je vogue vers d'autres horizons, mes petits aussi ! Tu en parles comme de tes élèves à toi, c'est bien révélateur...

Révélateur ou pas, hier soir, en me couchant, je m'étais dit : "Surtout, Mirabelle, demain, n'oublie pas d'embrasser les enfants un à un à la sortie, de leur expliquer que tu ne les reverras plus". J'étais certaine d'y penser. Vraiment. Sauf que cela ne s'est pas passé comme ça. A 16 h 30, j'étais tellement dans ma journée, dans le bon déroulement des rituels (on lit une histoire, on distribue les suces et les doudous, puis on va ouvrir aux parents) que je n'ai pas réalisé que c'était la fin de l'année. Pas du tout. Bêtement, mon esprit détraqué m'a soufflé que je les reverrais la semaine prochaine. Mais non.

Du coup, ils sont partis sans mes bisous et moi sans les leurs. Ce n'est que quand j'ai vu arriver des mamans avec des bouquets de fleur (alors qu'il ne restait plus que quatre enfants dans la classe...) que j'ai compris que c'était VRAIMENT la fin. On m'a remerciée pour ma gentillesse et ma patience. J'étais émue. J'ai remercié. Cet instant, bien que sans chichi, me paraissait très solennel. Les petits derniers m'ont fait un bisou. Déjà nostalgique de cette classe, je les regardais, eux, les mômes, bien ancrés dans le présent, me faire juste un coucou (sous l'insistance de maman) et s'en aller en jacassant.

Je suis rentrée chez moi avec mes fleurs, après que la directrice m'ait raccompagnée pour la dernière fois. Ca fait toujours drôle, l'idée de la "dernière fois". J'ai promis d'envoyer de mes nouvelles. De la tenir au courant de mon poste. La portière de la voiture a claqué et je me suis retrouvée à pieds, à deux-cents mètres de ma petite maison, avec un bouquet de fleurs sous chaque bras.

Je me dis que j'ai quand même participé à quelque chose. Que c'est un tout petit peu grâce à moi si ces vingt-cinq loupiots grandissent bien. Oh... Il ne faut pas se leurrer, bien sûr... C'est l'instit' qui a fait les trois quarts du boulot ! Rendons à César ce qui lui appartient ! Oui. Je ne compte pas m'attribuer tous les mérites. J'ai peut être juste un peu contribué à la réussite de cette année, même si j'ai débarqué en janvier, même si je n'étais là que le lundi et que je n'étais "pas la maîtresse mais Mirabelle". Je me dis que peut être, certains se souviendront (je sais, Victor, ils n'ont que trois ans, c'est peu probable...) de la première fois où on leur a lu l'histoire de "Roule-Galette". C'était une maîtresse qu'ils voyaient le jour de la petite souris rouge... Des lunettes rectangulaires... Comment s'appelait-elle déjà ? Ils demanderaient à leurs parents. Et si les parents n'ont pas de mémoire non plus ? Je préfère ne pas envisager cette hypothèse...

Bon, d'accord... Si eux ne se souviendront sans doute pas de moi, moi, je me souviendrai d'eux. J'ai les photos du Carnaval, les photos de la sortie à la ferme. Des tas de minois joufflus, des sourires jusqu'aux oreilles, des têtes de mules, des loulous endormis dans le car. Ces instants, je les ai capturés. Je n'oublierai pas mon premier lundi en responsabilité. L'angoisse au ventre. La découverte de mes élèves. Apprendre les prénoms, cerner les personnalités. S'apprivoiser petit à petit. Et les quitter le lundi 2 juillet en me demandant à quoi ils ressembleront, ces loupiots, dans une vingtaine d'années, quand ils auront mon âge...

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commentaires

Rosa Negra 04/07/2007 12:59

Purée, tu exagères ! Mon contrat n'a pas été renouvelé (va savoir pourquoi... je discuterai avec ma directrice jeudi ou vendredi) et là... là... t'as pas honte, non ?! Moi qui ne voulais pas mettre de mots sur mon départ de vendredi parce que quitter les petits bouts... quitter les élèves récalcitrants que j'ai réussi à adoucir... quitter ces enfants qui me demandaient de leur lire histoire sur histoire... Une grande première pour moi : lire en y mettant le ton et voir leur regard émerveillé, entendre leurs commentaires sur tel ou tel personnage une fois l'histoire finie, voir que je faisais ça bien parce qu'ils s'y croyaient. Les bisous, les câlins... La franchise des enfants (que les adultes partagent trop peu)... Leurs bêtises, aussi. Même ça ça va me manquer. Et leurs questions auxquelles je répondais de mon mieux. La viande à découper. Les plus petits à faire manger. Les fesses à essuyer et les nez à moucher. Les enfants à consoler parce qu'ils auraient voulu rester avec papa et maman. Leur expliquer pourquoi ils ne sont pas là et que ça ne les empêche absolument pas de penser à eux. Et jouer les "maman de substitution". Trouver des moyens de leur faire comprendre pourquoi une bêtise en est une, faire des comparaisons avec des choses qu'ils connaissent. Les punir, aussi, quand il le faut... Ca va me manquer tout ça... Merci Mirabelle, maintenant j'ai besoin d'un mouchoir.

Mirabelle 05/07/2007 11:14

Il est beau, ton commentaire, Rosa Negra. Je suis désolée que ton contrat n'ait pas été renouvelé. Je comprends ce que tu ressens et c'est vraiment magnifique, tout ce que tu écris là. J'espère que la directrice trouvera de bonne raison pour justifier la non prolongation de ton contrat. Dis toi que des enfants, tu en verras plein d'autres et tu t'attacheras tout autant. Gros bisous Rosa Negra

Plum' 03/07/2007 12:31

Moi, je me souviens de mes maîtresses de maternelle, de leur nom (on ne les appelait pas par leur prénom) et de leur aide-maternelle (elles, on les appelait par leur prénom). Je me rappelle l'odeur particulière de la classe, les sets en plastique que l'on sortait pour faire de la pâte à modeler, les formes géométriques en plastiques et très colorées pour nous apprendre leur nom et les couleurs. Je me souviens de la cour de récréation et du prénom du pincher nain de la maîtresse des tout-petits, la seule qui habitait dans l'école. Le chien s'appelait Virgule...Et j'ai quarante balais...

Mirabelle 03/07/2007 17:56

C'est bien que tu t'en souviennes... A vrai dire, je n'ai que très peu d'images de mon institutrice de Petite Section et je me demande si les souvenirs que j'en garde ne sont pas des souvenirs "inventés", des bribes que j'aurais remis à ma sauce avec le temps...

LILI 03/07/2007 07:48

bonnes vacances !

Mirabelle 03/07/2007 17:54

Merciiii ! :D