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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 02:21

Mon cher Victor,

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Allez, revenons à l'essence de ce blog : l'Ecoooole !  Aaaah ! A force d'écouter, au choix, tes jérémiades  de petite amie bafouée et ou tes  futilités de célibataire toute neuve, j'en avais oublié que tu étais  institutrice ! Toi qui disais que j'étais trop centrée là-dessus... Tu ne manques pas de toupet !!! Hihihi ! Tu grimpes à l'échelle tout de suite !  Tu sais comment je suis...

Un sujet qui me trotte dans la tête en ce moment de par quelques petites ennuis que j'ai connus à l'école à cause de cela : les notes ! Les notes ? Oui. Ou plutôt : comment évaluer ? Pour le premier trimestre, j'avais prévenu les parents à la réunion : je ne mettrai pas de notes, du moins pas de notes chiffrées. Et pourquoi donc un tel choix ? Je déteste la compétition et le classement qu'on opère, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement, entre les enfants... Tu oublies que les enfants, eux-mêmes, entretiennent ce classement ! Oui, c'est vrai. Bon. C'est qu'ils sont féroces, à cet âge là...

J'avais donc dit que je noterai sous forme de lettres pour instaurer un climat de travail agréable en cette première partie de l'année. Bon. Volonté quelque peu idéaliste, j'ai eu tôt fait de m'en rendre compte, puisque les enfants trouvent toujours le moyen de comparer leurs notes, surtout si, comme moi, on fait la bêtise d'affubler les lettres de + ou de - pour signifier que telle ou telle notion est plus ou moins bien acquise. En résumé, cela n'évite pas du tout le phénomène si bien connu des instits' et si bien connu de chacun d'entre nous, qui avons tous été un élève, j'entends le phénomène du : "T'aaaaaaaaaaas coooooombiiiiiiiiiiiien ???????". Ce beau principe est donc difficilement tenable. Pourtant, je l'ai défendu au mieux tout au long de ce premier trimestre.

Jusqu'à ce fameux jour où un père est venu se plaindre à moi de mon système de notation. Bon. Son gamin "a besoin de notes, ça le booste", "dans le bulletin, il n'y a que des appréciations" et "Toutes les maîtresses donnent des notes". Bon. Avec toute la diplômatie dont je suis capable, j'ai tenté d'expliquer à ce monsieur que les notes n'étaient pas obligatoires et que contrairement à ce qu'il affirmait, toutes les maîtresses ne mettaient pas de notes, pour la simple raison que notre liberté pédagogique nous donne le droit de choisir le système qui nous convient le mieux.  J'ai également précisé que les lettres étaient en soi une notation et que tout était expliqué dans le bulletin. Bon. A vrai dire, il ne me semble pas qu'il m'ait vraiment écoutée, d'autant plus qu'il a été faire un scandale à la directrice par la suite, allant jusqu'à proférer des menaces : "Cela va monter très haut !". Oh mazette... Voici ta carrière en péril !

A la pause de midi, j'en parle aux collègues. L'instit' de CM2 a l'air bien embêté pour moi : "Au début, je faisais comme toi. J'appliquais ce qu'on nous avait appris, je ne mettais pas de notes. Sauf que c'est bien joli, tout ça, mais les parents, ils en veulent des notes. C'est difficile à comprendre pour un Inspecteur... En théorie, nous sommes dans notre droit, bien sûr, car la hiérarchie nous déconseille de mettre des notes chiffrées, donc à la limite, tu vois, l'Inspection va totalement approuver ton choix. Mais enfin... Quand tu te retrouves avec un tout un tas de parents sur le dos, qui ne jurent que par la note, la note, la note... Il y a un moment où tu penses aussi à faire ton boulot dans les meilleures conditions possibles... Et là, tu mets des notes chiffrées, quitte à déplaire à l'Inspecteur !".

Mon dieu, mon dieu... Et ce père a appelé l'Inspection ? Je n'en sais fichtrement rien et à vrai dire, je ne me fais pas du tout de souci. Je n'ai rien à me reprocher. Je fais mon boulot du mieux que je peux. Non, à vrai dire, ce n'était pas vraiment sur les menaces que je souhaitais attirer ton attention, Victor, mais sur ce satané problème de notes.

Que faire ? On nous a dit, à l'IUFM, que mettre des notes chiffrées, "c'est mal". Sauf qu'on a omis de nous préciser, comme dans la formation en général, que les parents font de plus en plus partie de l'école, et que bien faire son métier, aujourd'hui, c'est aussi bien tenir compte d'eux. Ah, ça, ce n'est pas une nouveauté... Combien de fois t'ai-je entendu dire ici, Mirabelle, que la relation aux parents étaient totalement éclipsée lors de votre formation ? Oh, je ne les compte plus ! Toujours est-il que cette histoire de notes, ça me turlupine beaucoup. Cela me fascine presque de constater combien certains parents sont obnubilés par la note. Pourtant, par la note, on tend à montrer si une compétence est acquise ou non. C'est aussi le but des A, des B, C et D que j'ai choisis d'adopter. N'est-ce pas là l'important ?

Bref. Je pensais de toute façon changer mon système pour le deuxième trimestre. Les gamins vont être ravis ("Maîîîîîtresse, pourquoi vous mettez pas de notes ? Avec notre maîtresse de l'année dernière, on avait des notes !!!") et les parents aussi, même si je ne le change pas pour faire plaisir aux parents. J'ai bien envie de mettre des points rouges et des points verts, qu'est-ce que tu en dis ? Eh bien, Mirabelle, si tu veux vraiment savoir ce que j'en pense... Ehm... Tu penses vraiment que c'est la meilleure solution ? Je te charrie, Victor !!! Alors tu vas mettre des notes chiffrées ? Oui. Je me dois de regarder la vérité en face : mon histoire de lettres, c'est la compétition aussi. Adapte, Mirabelle, adapte ! Ce n'est rien d'autre que ton métier !!

Enfin bon, moi, ce que j'en dis surtout, c'est que l'époque où les enfants ne travaillaient que pour avoir des bonnes notes, et non pour acquérir des connaissances n'est pas terminée, malheureusement... C'est tout un rapport au travail, à la récompense, que l'on devine en dessous de tout cela. C'est la façon dont on envisage le rôle de l'Ecole qui est en jeu. Transmettre des connaissances (rrra, j'ai dit "transmettre", qui renvoie à "transmissif", mot à bannir !!!), faire en sorte que les enfants aient acquis des compétences, c'est mon boulot. Les parents ne devraient voir que le résultat : que leur gamin sache ou non lire un texte et le comprendre, qu'il sache ou non faire une multiplication à deux chiffres etc. Peu importe la manière dont on exprime ce résultat, pourvu qu'il traduise une compétence.

Ce qui me gêne, moi, dans tout ça, c'est qu'on est en train de cantonner les gamins dans une sorte de culture de la note. Ils vont bosser pour la note, sans voir ce qu'il y a derrière. Sans voir ce qu'est sensée révéler la note. Ils vont pleurer parce qu'ils ont un B (c'est en partie pour cela que j'estime que mon grand principe est intenable) et parce qu'un B c'est moins bien qu'un A. Or, d'habitude, ils ont des A, d'où les larmes. Et on aura beau leur expliquer que B, cela veut dire que "c'est bien", qu'il ne faut pas dramatiser les notes, beaucoup d'élèves resteront bloqués là-dessus.Et cela commence de plus en plus tôt ! Et toi, tu es en train de baisser les bras... Non. Je reconnais juste qu'il est difficile de changer les mentalités quand, depuis longtemps, les élèves sont conditionnés par la note. Parfait. Alors tu sais ce qu'il te reste à faire ? Non. Tu n'as plus qu'à aller exercer en Angleterre. Là, au moins, avec tes histoires de lettres, tu seras dans la norme !

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commentaires

Mementora 03/01/2008 12:38

Hello Mirabelle,tout d'abord bonne année 2008! Me trouvant dans la même situation que toi, j'ai opté pour un compromis qui donne satisfaction aux enfants et aux parents.Tu remplaces: Acquis par 4/4A Renforcer par 3/4En Cours d'Aquisition par 2/4Non Acquis par 1/4De ce fait en mulipliant par 5 tu as une note sur 20, à toi après de jongler pour donner 5 excercices, 5 compétences, etc...Avec ce système les enfants ont des notes (et jamais de 0 car le minimum est 5/20) et les parents sont contents, et toi tu peux évaluer en fonction du niveau d'acquisition ;)

Jean Marc 02/01/2008 23:45

Hello,Vive la note, vive la note, vive la note scolaire...Difficile de prendre une telle décision seule dans un groupe, peut-être un accord d'équipe, explications aux parents.... mais rien n'est certain. Bonne fin de vacances...Bye.

LUCQUIAUD 02/01/2008 19:26

Meilleurs Voeux et plein de chaleureuses bises de la part des farfadets pour 2008 Bonne Année !

titane 02/01/2008 17:33

Oh, ben Mirabelle, si tu commences à changer ton système suite aux menaces des parents, je ne donne pas cher de ta peau d'ici quelques années!La question du "comment évaluer" et surtout du "comment exprimer l'état des acquisitions des élèves" est une grosse question.Il est plus que temps de changer les mentalités et de refuser la culture de la compétition, la plupart des instits en sont convaincus (ce n'est pas le cas de tout ce qui est dit en IUFM!). Alors si tu te dis "on n'y arrivera jamais, accédons aux demandes des parents" dès ta première année, c'est un peu décourageant pour ceux et celles qui s'accrochent et luttent férocement pour un système où on exprime juste une chose : "est-ce que la compétence est bien acquise?"Moi je persiste à croire que le livret d'éval idéal serait celui d'une série de cases à cocher, les compétences à acquérir, et au fur et à mesure des années on les coche, à moitié ou complètement (un trait oblique ou une croix complète).Dans les faits c'est nous les instits, qui (même avec un système de lettres) voulons préciser avec des plus ou des moins si l'exercice est plus ou moins réussi, qui tendons à compliquer les choses par souci d'équité ("oui mais le petit Machin a mieux réussi que le petit Truc donc mettons-lui B+") et donc à comparer les enfants entre eux.A mon sens les appréciations sur cahier doivent être plus complètes que "b" ou "tb", car on peut conseiller, expliquer, préciser ce qui manque pour que le travail soit réussi, mais pour les évaluations sommatives, donc sur un livret d'évaluation, c'est ou acquis ou pas encore, et c'est tout.Tant pis si je passe pour une fanatique sectaire après ce commentaire, c'est trop important...

Marguerite 02/01/2008 17:25

Oui, pas facile cette histoire de notes. Et malheureusement, ça ne s'arrange pas en grandissant...Le 1er réflexe de mes élèves de 1ère (ça correspond à votre 6ème) en recevant leur bulletin est de... calculer leur moyenne générale, pour pouvoir se comparer aux amis. Pas moyen de leur faire comprendre que cette moyenne n'a pas le moindre sens. Pas moyen de leur faire comprendre non plus que le plus important, dans chaque matière, n'est pas la note chiffrée, moyenne des 2 premières périodes, mais l'ensemble des appréciations sous forme de lettres, afin de bien voir l'évolution dans l'acquisition et la maîtrise des compétences. (oui, le bulletin scolaire dans mon école est particulièrement compliqué ;-)  )J'ai travaillé dans une école qui utilisait les couleurs vert/orange/rouge (attribuées d'ailleurs en fonction des... notes chiffrées) sur le principe du "vert = ok; orange = fais attention; rouge = échec". Et on se retrouvait en fin d'année en contradiction avec le reste de l'année : quel est le sens de mettre de l'orange en juin, alors qu'on doit décider si l'élève a réussi ou pas?Bref, personnellement, j'ai expérimenté plusieurs systèmes (pas par choix personnel, mais en fonction des écoles dans lesquelles j'ai exercé) et je n'ai pas encore rencontré la notation idéale.