Samedi 29 avril 2006
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Mon cher Victor,
Que dirais-tu d'un petit voyage ? Où ça ? Aux Etats-Unis ! Pourquoi pas. Ca me changera de mon rocher !
New-York... Mon rêve. A force d'écoute L. Minelli chanter cette ville, j'ai l'impression d'y être. Je me vois, toute petite, au milieu de ces immenses buildings, ne sachant plus où regarder tellement il y a de merveilles. Le roulement des pneus sur la chaussée. Le cri des klaxons. Un homme qui passe, à côté de moi, qui téléphone. Costume-cravate. L'air pressé. Il me sourit, doit se dire : "tiens, une petite jeune qui visite !". Les gens se croisent, se bousculent, s'ignorent. Leurs jobs, toujours leurs jobs. Les talons des femmes qui claquent sur les trottoirs. La jeune fille qui court vers Central Park, pour son footing journalier, son walkman sur les oreilles...
Je me ballade dans Manhattan. Je vais faire un tour du côté du Dakota, en souvenir de mon Beatle disparu. J'admire. J'écoute la langue anglaise avec délice, langue embellie par cet accent rond, chaud, qu'est l'accent américain. L'odeur des hot-dogs, pas forcément appétissante, mais si typiquement américaine... J'en achète un, pour goûter, avec mes premiers dollars. Je flâne. Et puis, entrer dans un immeuble, n'importe lequel, juste pour le plaisir de prendre l'ascenseur et de voir défiler les étages, comme un vertige. Avoir l'impression d'atteindre le ciel... Attendre le soir, pour voir les lumières s'allumer, comme sur la photographie. La Statue de la Liberté, que j'admire pour le symbole, mais qui me fait nettement moins frissonner que l'atmosphère fièvreuse, empressée, que j'imagine de New-York.
Un jour viendra où je foulerai le sol américain. Parce que tu n'as jamais été aux Etats-Unis ? Jamais. Pourtant, quand tu en parles, tu as l'air si... Passionnée ! Passionnée je le suis, mais je ne connais de New-York que les rêves que j'en ai, sans doute un peu surfaits, stéréotypés... Empreinte des livres, des films, de la culture américaine. Mon idée de cette ville est si grande que je crains bien d'être déçue si, un beau matin, ce désir de la découvrir devient réalité.
Mais enfin... Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit ! Et puis ce serait si triste de rester à rêvasser sur mon canapé au lieu de poursuivre mon rêve américain !
Bavardages