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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

Sur la suggestion d'un lecteur fidèle, me voici donc avec ce tableau de Magritte, intitulé "Mémoire". Je l'ai regardé longuement avant de me lancer dans un article. Cette peinture a quelque chose de dérangeant, et en même temps de profondément familier. Cette blessure, là, sur l'arcade sourcillière. Ces paupières fermées. Ce rideau. Cette feuille tombée d'on ne sait où. Et surtout, ce ciel bleu, lointain, en arrière-plan. Oui, vraiment, c'est un beau tableau. Qui me laisse songeuse...

La mémoire. Ma Mémoire. Souvenirs. Regrets. Ce qu'on aurait dû dire. Ce qu'on n'a pas dit. Ce qu'on a dit et qu'on n'aurait pas dû dire... Au fond, je suis prisonnière de ce qu'elle me rappelle, prisonnière des images, parfois floues, qu'elle fait resurgir.

Oublier. C'est un mot que je  ne connais pas. Ou plutôt que je ne connais pas dans son sens amoureux : "Cela prend du temps, oui, mais tu verras, tu finiras par l'oublier...". Non. Je ne l'oublie pas. Parce que ma mémoire est toujours là. Et qu'elle me joue des tours. Et plus je m'evertue à tout banaliser, à tout canaliser, plus la mémoire revient, parsème du trouble, ces petites choses de la vie, ces petits riens que je ne parviens pas à surmonter. Des détails, ces détails dont je parlais dans cet article-ci. Mais Mirabelle, ces détails, tu les connaîtras avec quelqu'un d'autre : tu sais bien qu'aimer est un perpétuel recommencement ! Tu n'es pas la première personne à m'objecter un tel argument, Victor. Et j'y ai réfléchi. Et je ne peux nier que c'est vrai : je pourrais, si je le voulais, aimer quelqu'un d'autre, un jour, peut être... C'est une idée que je caressais pendant un temps, non pas par conviction personnelle, mais comme tentative maladroite d'auto-persuasion que le plus beau était devant. J'y ai réfléchi. Et il se trouve que je ne veux pas partager ces détails avec quelqu'un d'autre. Je veux les partager avec lui. Encore. Toujours.

Je ne peux pas ignorer ce que me dit ma mémoire. Je ne peux pas me résigner à l'échec. Nous avons été heureux. Malheureux, aussi, souviens-toi ! Oui, c'est vrai. Et je ne prétends pas enfouir le constat que J. et moi formons un drôle de couple. Mais c'est le mien. C'est le nôtre. C'est ainsi...

La mémoire est une contradiction, Victor. Elle nous manipule, dans un premier temps : sélection des souvenirs, images baillonnées, voix qui s'estompent peu à peu... On l'écoute, aveuglés par ce que l'on croit être bon pour nous-même. On se persuade. On se dit qu'on a bien fait. Qu'il n'y avait pas d'autre solution. On se sent fort, prêt à tout affronter. Et puis, pas à pas, le champ de vision de la mémoire s'élargit. Face à nous, le constat de l'échec. Mais derrière, que l'on entrevoit tout de même, cet après-midi à la mer, ce premier baiser, cette "première fois", ce sourire, ces sommeils enlacés...

La mémoire nous fait douter : "Es-tu bien sûre de toi, malgré ce que tu prétends ? Ton choix est-il réellement le bon ?". La mémoire fait naître le manque. Et nous ne sommes plus que des choses tristes, nostalgiques, mélancoliques, incapables de regarder vers l'avenir, toujours tournées vers le passé. Le passé, le passé... C'est bien gentil, mais il me semble que tu l'idéalises, ce passé ! Tout comme j'ai tourné à l'extrême les mauvais souvenirs, les défauts de J., nos disputes. L'idéalisation passe par le même processus d'exagération. C'est inévitable.

Ma mémoire a pris un ascendant sur moi, c'est un fait, mais je vais la combattre quand elle sera là, à tourner autour de moi, à me lancer à la face les instants désagréables de notre vie, quand elle s'appliquera à semer le doute en moi. Car il y en aura sans doute encore, des moments où je voudrais baisser les bras, où je regretterais mon choix, mais tant qu'il existera, aussi, des minutes de quiétude, de sincérité, de confiance, alors je prendrais ma mémoire à son propre piège, en les lui jetant à la figure, en lui criant : "tu vois, c'est encore possible ! Je fais bien de m'entêter !".

Ce sera donc à mon tour, maintenant, de manipuler ma mémoire. De la tourner à mon avantage. De m'en servir, de puiser mon courage dans mes souvenirs les plus précieux, dans cette conscience que le lien est toujours là, bien présent, malgré la feuille morte de ce tableau, malgré cette blessure au front. Car derrière, il y a toujours ce ciel bleu. Et le rideau, lui, est encore ouvert...

 

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Published by Mirabelle - dans L'Amour toujours
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commentaires

Kimberley II 09/04/2006 01:21

La mémoire est un devoir qui consiste à idéaliser le passé dans une sorte d'exaltation romantique. Se souvenir, c'est aussi oublier la quintessence du moment afin de la sublimer et donc de provoquer la métamorphose de certains remords en simples regrets. Se souvenir, c'est certainement souffrir mais c'est vivre avant tout. La mémoire, c'est la conscience, disait Bergson. Allons plus loin et affirmons que c'est aussi la conscience du passé, bref, la petite voix  qui nous dit : "pauvre con , voilà ce que tu fus, juste un pauvre con !" Pardon, pardon, pardon, dit-on, mais il est trop tard ! Que la mémoire soit donc bonne conseillère pour l'avenir. Ton texte est bien écrit. Il aborde un beau thème, illustré par une histoire !Voici une magnifique tirade de  Macbeth :
"Hélas, demain, demain, demain demain
Se faufile à pas de souris de jour en jourJusqu’aux derniers échos de la mémoireEt tous nos « hiers » n’ont fait qu’éclairer les fousSur le chemin de l’ultime poussière.Eteins-toi, brève lampe !La vie n’est qu’une ombre qui passe, un mauvais acteurQui s’agite et parade une heure sue la scène,Puis on ne l’entend plus. C’est un récitPlein de bruit, de fureur qu’un idiot raconteEt qui n’a pas de sens."

Mirabelle 09/04/2006 10:10

Qu'ajouter à Shakespeare ? :D

Sev 07/04/2006 16:06

C'est plutot bien que la mémoire ne selectionne que les bonnes choses (et embellisse les mauvaises) non ? ca évite de s'attrister sur son propre sort et se dire que finalement on est plutot heureux !
Je ne devrais pas faire de commentaires sur votre couple, je ne vous connais pas... mais si vous etes d'accord tous les deux pour vous redonner une nouvelle chance, qu'est ce qui vous en empeche ?Le futur et le passé ne sont pas censés se ressembler et les erreurs forcées de se reproduire...

Mirabelle 07/04/2006 16:09

Dans mon histoire passée, c'était plutôt noircir les petits points de désaccords pour en faire de grands obstacles infranchissables, transformer ma petite vie en drame perpétuel, et ensuite pouvoir me plaindre sur ma triste existence ! Alors je vais tenter d'inverser la tendance... ;-)
Effectivement ! Judicieuses remarques ! C'est pourquoi, au lieu de nous tourner autour comme nous l'avons fait pendant des semaines, nous avons enfin mis les choses au clair : nous nous donnons donc une dernière chance. Croisons les doigts ! :D

Papierchiffon 07/04/2006 15:58

Allez, je fais ma méchante, comme tjs, héhé (mais tu sais que tu ne dois pas le prendre au premier degré, bien entendu!) : c'est trés mignon de vouloir se donner une chance pour que, comme avant, tout se passe bien entre vous un jour sur cinq!
Allez je sors.
Bises. On se retrouve bientôt sur msn ;-)

Mirabelle 07/04/2006 16:07

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point... Et tant qu'il y a de l'amour, il y a de l'espoir ! ;-)

ma2thieu 07/04/2006 14:17

Eh bien, tu as raison bien sûr! Si tu y crois encore, il ne faut pas hésiter. D'après ce que j'ai pu comprendre, lui aussi y croit. Donc, j'espère juste pour vous deux que cela marchera (sans vous détruire!).De rien! :D

Mirabelle 07/04/2006 14:21

Nous ferons notre possible, lui comme moi, pour "prendre un nouveau départ", ce qui implique le fait d'être plus compréhensif et patient l'un envers l'autre. Quant  à savoir si ça marchera... Je l'espère, mais bien évidemment, on ne peut pas savoir de quoi demain sera fait ! ;-)

ma2thieu 07/04/2006 08:39

La mémoire ne s'efface pas. C'est le fait de penser à autre chose qui estompe les souvenirs. Il est normal après votre histoire que les souvenirs aient du mal à être cachés. Est-ce que tu arrives à faire quelque chose d'autres quand tu penses à lui?Je n'ai pas vraiment de solution à ton problème. Seul le présent et le futur peuvent t'aider...PS:J'aime vraiment beaucoup ton écriture...

Mirabelle 07/04/2006 13:25

Eh bien je m'aperçois que tout n'est pas qu'affaire de souvenirs. Je ne veux pas passer à autre chose, j'en suis certaine, dorénavant. Certains diront peut être que je suis inconsciente de croire encore en une histoire qui a eu tant de mal à trouver un équilibre, mais j'ai décidé de m'écouter avant d'écouter les autres : la vérité, c'est que je tiens encore à mon couple. Je nous donne donc une dernière chance...
Et sinon... Merci pour le compliment ! :D