Mardi 19 septembre 2006
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Mon cher Victor,
Te voilà enfin ! J'attendais de pied ferme le compte-rendu de ta deuxième séance de français à l'école J.M ! Me voici, me voici... Alors ? Les nouvelles sont-elles meilleures que la semaine dernière ? Bien meilleures ! Aahhh !
Suite à mes bonnes résolutions, et ayant tiré quelques leçons de mon ratage de lundi dernier, j'arrive à l'école J.M avec la ferme intention de faire mieux. De m'améliorer. De prouver à cette Mme B. que, crénom de nom, je n'ai pas eu le concours pour rien ! Ma fiche de préparation est claire, bien rédigée, et je la laisse traîner en évidence sur ma table, histoire de lui faire voir que je ne prends pas les responsabilités qui m'incombent par-dessus la jambe. Après la récréation et une première partie de matinée dédiée aux évaluations de CE2 (d'ailleurs, entre parenthèses, je suis enchantée d'y avoir assisté !) me voilà face à la classe, devant le grand tableau noir, armée de ma craie, de mon sourire, et de toute ma bonne volonté !
Ayant écouté les précieux conseils de mon IMF, j'ai, pour cette séance, prêté une attention particulière à l'alternance entre oral et écrit, facilitant la tenue de classe et une implication active des élèves. Mon premier exercice tient lieu d'évaluation diagnostique, et j'enchaîne les activités ludiques : carton rouge ou vert à lever selon qu'il s'agit d'un nom commun ou d'un nom propre, séries de noms avec un intrus à imaginer par équipe, recours aux ardoises dont les élèves raffolent. Cette fois-ci, je sens, émerveillée, que les élèves sont DEDANS. Ils lèvent la main. S'enthousiasment. Répondent précisément aux questions que je leur pose. S'insurgent quand j'annonce la fin d'un jeu. Je termine la séance par un exercice écrit, sensé constituer un retour au calme. Et au bout de ces quarante-cinq minutes, la cloche sonne. Les élèves vont à la cantine. C'est le moment tant attendu... Les observations et critiques de ton IMF !
Bien sûr, il y a des critiques. Bien sûr, cette séance était loin d'être parfaite. Mais j'ai droit à un "très bien" en ce qui concerne l'alternance oral-écrit, à un autre "très bien" pour l'aide individuelle et surtout à un "beaucoup mieux par rapport à la séance précédente". Alors oui, je n'ai pas assez mis l'accent sur le rôle des déterminants, je n'ai pas forcément fait de rappel quand il en fallait mais je retiens que contrairement à la semaine précédente, mon IMF m'a fait des compliments, que je me sentais bien plus à l'aise face à la classe et que les élèves avaient de l'intérêt pour la notion travaillée ensemble.
Sur ce, après avoir tenté, pendant une demie-heure, de recopier un texte au tableau (la correction de l'exercice écrit) sans écrire de travers, d'une graphie lisible et "maîtresse", je me rends à la boulangerie la plus proche de l'école pour ensuite faire une halte dans un petit parc, à une centaine de mètres de mon établissement d'accueil. Il faisait beau. J'étais seule. Le soleil venait me caresser les joues, et une délicieuse petite brise me murmurait à l'oreille que tout n'allait pas si mal, finalement. Alors, assise là, sur ce banc, à déguster un sandwich saucisson à l'ail-beurre (c'est fou ce que ça peut être bon, un malheureux sandwich, quand on est dans un certain état d'esprit !), sereine comme je ne l'ai été que rarement dans ma vie, je me suis dit que si ça, ce n'était pas le bonheur, ça y ressemblait fortement...
Bavardages