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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 00:00
Mon cher Victor,

Alors, cette première journée ? Alors ? Alors ? Alors ? Alors ? Alors ? J'ai pensé à toi très fort, tu sais ! Oh... Mais tu as le sourire jusqu'aux oreilles ! Grand dieu ! Mais c'est si rare ! Tu as l'air si heureuse, Mirabelle ! Je le suis, Victor, je le suis. J'ai passé une journée merveilleuse ! Parsemée d'angoisse ici et là mais une bouffée de bonheur à n'en pas douter !

Après une nuit absolument atroce (réveillée à 4 h du matin en sursaut, persuadée d'être en retard...) et un réveil oppressant, je débarque à l'école où je croise des tas de visages nouveaux (enseignantes des autres sections de Maternelle) dont je ne retiens pas les prénoms tellement je suis stressée. Je fais la connaissance de Jocelyne, l'ATSEM de la classe,  une femme adorable et bientôt... Bientôt ? Bientôt, je rencontre LE PRINCIPAL : les enfants !

Ce n'est pas mon premier stage en maternelle, et j'ai travaillé avec des tout-petits en centre aéré, mais je suis toujours épatée de constater combien les enfants de 2-3 ans sont des bébés. Démarche parfois pas encore assurée, doudou qui traîne sur le sol, zozotement, boucles blondes, mains potelées, regard affolé et plein de larmes quand Maman laisse son bouchon seul... L'inquiétude, l'angoisse et la terreur, qui me faisaient suffoquer quelques minutes plus tôt, se sont évaporées à la vue de ces bouts de chou. Ca s'appelle le plaisir, ça, Mirabelle...

Je me suis dit que j'allais peut être galérer pour arriver à faire ce métier correctement. Pour arrêter de me comparer à de la m.... quand... Oh, Mirabelle ! Pas de gros mots ici ! Je ne peux pas le formuler autrement, navrée. Je disais donc qu'il me faudrait du temps pour cesser de me sous-estimer, pour empêcher que mon monde ne s'effondre au moindre commentaire désobligeant. Je me suis dit que je n'avais peut être pas la pédagogie dans la peau, que je n'avais peut être pas le gêne de l'enseignement... Mais ton père est instituteur à ce que je sache ! Eh ben qui sait ? Je n'ai peut être pas hérité de lui, tout simplement !

Bref. Je me suis dit que malgré les difficultés, malgré les coups de déprime, malgré les instants de découragement, c'est ce métier que je voulais faire, et pas un autre. Parce que ces petits loups me sont apparus comme un rayon de soleil et que j'étais ravie de leur apprendre à découper, et que j'étais ravie d'aller essuyer les pleurs (non pas que j'aime les voir pleurer, note bien... De toute façon, bien souvent, ce sont des larmes de crocodile !), ravie de les entendre parler de leurs papis et mamies, des cadeaux de Noël... Ravie de les voir compter sur leurs doigts avec application, de les entendre chanter "Pomme de reinette et pomme d'api", ravie de les emmener à la sieste, ravie qu'ils viennent me chercher à la récréation pour régler leurs conflits (je sais, ce ne sera pas le cas  toute ma carrière)... Je  me suis dit : "Bon sang, Mirabelle, tu veux vraiment faire ça ! Tu te rends compte, le bol que tu as ?".

Bien sûr, aujourd'hui, je n'ai pas pris la classe en charge. Bien sûr, je me suis contentée d'aider les petits, de répondre aux questions. D'être là, présence discrète. Mais quel bonheur, quel sentiment de responsabilité quand Martine, l'instit' et directrice, a annoncé qu'"il y a une dame qui viendra faire la maîtresse tous les lundis jusqu'à la fin de l'année". Quel bonheur de sentir tous ces regards enfantins braqués sur moi, dans un mélange de curiosité et de méfiance. Oui, c'est vraiment ça que je veux faire. La vérité, c'est que je n'ai jamais voulu quitter l'école, j'ai toujours aimé les études, et le seul moyen que j'ai trouvé pour satisfaire cette soif, c'est de bosser dans ce secteur !

Bien sûr, cette journée n'a pas fait de moi "une super teacher". Bien sûr, je ne sais toujours pas bâtir une séquence, bien sûr que je crève de peur en imaginant le lundi 22 Janvier, quand je prendrais la classe VRAIMENT A MOI. Bien sûr je ne sais toujours pas quoi faire avec mes élèves dans quinze jours. Bien sûr, je crains toujours de me planter. Bien sûr, tout ça m'angoisse. Bien sûr, je me suis sentie jeune et incompétente quand Martine m'a appelée dans son bureau, avec les autres enseignantes du Cycle, en début d'après-midi, pour choisir une date aux différentes réunions, auxquelles je participerais en tant que "membre de l'équipe pédagogique". Bien sûr, en résumé, je ne connais encore (quasiment) rien à rien à l'enseignement. Mais ce que j'en vois, ce que j'en apprends, progressivement, ce que j'en devine, ce que j'en imagine, me fait dire, me fait sentir et RESSENTIR que je VEUX être instit'.

Ce soir, pendant la vingtaine de minutes qui me séparaient du rond-point où Martine m'avait déposée et chez moi (je vous raconterai le pourquoi du comment j'en suis arrivée à me faire ramener par la directrice...), j'ai parlé, parlé, parlé avec mon Mystérieux Inconnu. J'ai fini par raccrocher mais j'avais tant de choses à dire ! Tant de sentiments, d'émerveillement à faire partager ! J'aime la voie que je me suis choisie. Et ce soir, à 18 h 41, en ce lundi 8 Janvier, alors que je suis at home depuis environ une heure, que mon cerveau grouille d'idées et d'émotions, que les mots s'enchaînent, les uns après les autres, sous le coup de l'excitation, j'ai envie de terminer sur cette phrase : je fais vraiment le plus beau métier du monde...

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commentaires

Sev 09/01/2007 20:14

Ton bonheur fait plaisir à lire... tu es  la seule blogueuse que je connaisse qui soit aussi douée pour faire transparaitre tes joies... En tout cas je te souhaite de ne jamais perdre ton gout pour ce métier  :-D

Cristophe 09/01/2007 18:03

Ouah !!!  Je souris à ton récit.Victor :  les enfants d'instituteurs peuvent n'avoir aucun goût pour l'éducation.

Kampinette 09/01/2007 09:55

Que c'est mignon tout plein... ;-)

Plum' 09/01/2007 09:12

Je l'ai attendu ce post et je suis très heureuse (pour toi) de pouvoir enfin le lire !Bravo et, surtout, P.R.O.F.I.T.E.S-E.N !!!!!!!!!!!!Bisou et bonne journée.