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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:00

Mon cher Victor,

Longtemps que je ne suis pas venue ici. Et j'avais beau dire, beau faire, pas le temps. Pas l'envie, non plus. J'avais abandonné ce blog il y a longtemps, si longtemps que je me dis parfois que je m'en suis trop éloignée pour pouvoir revenir, malgré toutes mes belles promesses envers toi, Victor. La vérité, c'est que j'ai changé. On ne peut pas prétendre être restée la même pendant deux ans, du moins je n'y crois pas. Je ne suis plus la même. Je ne suis plus cette jeune stagiaire idéaliste, qui suait sang et eau sur ses préparations, oubliant son sommeil, son équilibre. Je ne suis plus cette Titulaire Première Année donnant tout ce qu'elle avait pour être à la hauteur de ses bouts de chou de CE2-CM1, faisant ce qu'elle pouvait pour les aider au mieux dans leur apprentissage. Cette jeune instit', qui se demandait, épuisée, si le rôle n'était pas trop lourd pour ses frêles épaules sans confiance. Non, je ne suis plus tout ça. Et je ne vois pas l'intérêt de te raconter des histoires, Victor..

La Titulaire deuxième année que j'étais a migré dans une ville étiquetée "vieillotte" après sa rupture avec son Mystérieux Inconnu, à environ cinquante kilomètres de chez elle, éprouvant le besoin d'un ailleurs. Là-bas, elle était seule. Ne connaissait personne. Elle a pleuré, beaucoup, pourtant persuadée que cette coupure, ce déchirement, était nécessaire. Ne connaître et n'être connue de personne, c'est là ce qui l'intéressait. Elle a passé un an à travailler, travailler, travailler, pour ses élèves, pour elle, comme une vengeance sur Lui, pour se persuader que si elle avait échoué avec Lui, elle n'échouerait pas dans son métier. C'est ainsi qu'elle l'a vécu.

Au début du mois de juin 2009, elle a été inspectée. Angoissée, à bout de forces, n'ayant qu'une seule envie : que cela se termine. Et cela s'est terminé, en effet. Il lui semble aujourd'hui qu'elle n'a pas su s'expliquer auprès de la Grande Méchante Inspectrice, pas su réagir. Une stagiaire, toujours : c'est ainsi qu'elle s'est perçue. Une phrase acerbe, blessante, l'a marquée, et a suffi à la déstabiliser. Elle y pense encore, à cette phrase. Elle la hante, cette phrase. Au mois d'août, elle a reçu sa note : 11,5. 1 point de moins que toutes ses amies, 1 point de moins que la plupart de ses collègues T2. En dessous de la moyenne, elle qui n'avait jamais été habituée à cela dans sa scolarité. Elle l'a gardée longtemps pour elle, cette note, comme une honte. Pourtant, la Grande Méchante Inspectrice n'était, paraît-il, pas si méchante que ça...

Un an plus tard, elle avoue n'avoir toujours pas digéré cette première inspection. Elle avait choisi de remplacer sur la Formation Continue, en septembre, pour s'en remettre, de cette note, se disant qu'au moins, à raison d'une journée ci, une journée là, elle risquait peu de porter préjudice aux élèves. Dégoûtée. Elle était dégoûtée, songeant aux nuits entières passées sur ses préparations... Sans doute avait-elle travaillé dans le mauvais sens ? Toujours est-il qu'elle ne s'était pas sentie capable d'avoir des élèves à elle, même sur des remplacements longs. Etre partout et nulle part à la fois, tel était devenu son métier, avec tout le manque de motivation que cela incluait.

Elle avait passé une année en demi-teinte, ne s'attachant à aucun enfant, n'étant jamais nulle part. La fin d'année n'était pour elle qu'une journée qui se termine, dans une école presque anonyme. Pas d'émotion, pas de cafard. Rien. Et ce simple constat la rendait triste, elle qui entretenait un souvenir émerveillé de son année de T1.

Nous sommes aujourd'hui le 25 août, la rentrée approche à grands pas, elle a le sentiment de n'être plus vraiment une institutrice. Elle sera toujours remplaçante l'année prochaine, n'étant pas parvenue à obtenir un autre poste.   Et depuis une semaine, une question la taraude, invariablement, sans répit : que choisir, la formation continue comme l'année précédente ou des remplacements longs comme il y a deux ans ? Se sent-elle prête à redevenir la maîtresse d'une classe, à prendre ce risque, sachant le peu de confiance qu'elle entretient en ses capacités ? Doit-elle poursuivre ses remplacements une journée ici une journée là, ne pas s'attacher, ne pas s'investir, se contenter de panser ses blessures, attendant d'être d'attaque pour reprendre une classe, reprendre confiance ?

 

C'est la première fois. La première fois qu'elle est incapable de choisir, la première fois qu'elle ne sait pas, qu'elle ignore ce qui est le mieux, pour elle comme pour ses élèves potentiels. Et elle a quarante-huit heures pour se décider.
Ce soir, la presque-T4 se sent mal, Victor, et elle se demande si elle a bien fait d'opter pour cette profession.

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commentaires

M. 13/09/2010 12:23



Courage, chaque année est différente. J'ai un collègue qui avait voulu démissionner. L'inspecteur l'en a empeché. Après avoir fait des remplacements, il a repris gout à ce travail et est
maintenant directeur d'école !


Donne-toi du temps !


Comment se passe cette année ?



Je Rêve 31/08/2010 19:24



Courage Mirabelle, ne baisse pas les bras, haut les coeurs !
Il faut que tu reprennes confiance dans ta capacité à faire progresser une classe, à apporter quelque chose à tes élèves
(c'est pour ça que perso, j'opterais plutôt pour des remplacements longs...)
Ma toute première inspection avait été terrifiante. Parce que "lui" était terrifiant, et qu'il en jouait au maximum, surtout avec les petites jeunes facilement impressionnables. pourtant
tout s'était bien passé, il m'a m'avait même félicité. Mais "Il" m'avait mis 10,5
, alors que des copines démarraient à 13,5
avec un autre inspecteur, arrrgh. J'ai ravalé ma fierté, évité d'en parler, et fait ce que je pensais juste, point. L'inspection suivante, autre inspecteur, a été
catastrophique : élèves odieux, foirage total de la séance. Et pourtant l'entretien qui a suivi a été si riche, si remotivant, j'ai réussi à montrer que je savais
me remettre en question, analyser ce qui s'était passé, et que j'avais repéré les causes de ce foirage et comment éviter ces écueils, etc. Il m'a remonté ma note de 2 points, d'un
coup d'un seul. T'as beau avoir "merdé", les encouragements ça fait du bien.
3ème inspection
(et oui j'en suis là... :-), encore un nouvel inspecteur, séance qui s'est parfaitement déroulée, entretien très encourageant, et nouvelle grosse remontée de la note. Et reprise de
confiance, forcément... La 4ème inspection s'annonce pour cette année sans doute, je stresserai c'est sûr, mais maintenant je sais vers quoi je vais, donc ça va.
Tout ça, chère Mirabelle, non pas pour raconter ma life, mais pour te dire qu'il faut t'accrocher. Une première mauvaise note n'est gage de rien du tout, et tout ça s'équilibre au fur et à
mesure. L'important c'est que tu croies en ce tu fais, et que tu continues de t'investir pour le bien de tes élèves. Enfin, si c'est ce que tu veux !
(Mais j'en ai bien l'impression, tout de même, depuis le temps que je te lis... :-) 


Courage Mirabelle, ça va aller. J'en suis sûre.



lau 29/08/2010 22:40



Bonjour Mirabelle


Quel plaisir de pouvoir te relire!


Je suis également instit (T5) et ton blog a fait parti de mes favoris depuis tes débuts dans le métier: l'originalité de ton blog, et surtout tes questionnements, pareils aux miens sur le métier,
m'ont donnés un grand plaisir à te lire!


Je n'ai jamais écrit sur aucun blog mais ton message m'a touché. Il faut que tu continues. Si tu te poses autant de questions c'est que tu es faite pour ce métier. C'est effectivement un métier
où la remise en cause est permanente!! Mais ça fait tellement avancer!


En ce qui me concerne, je n'ai eu que des postes difficiles ces 4 premières années: remplacement en banlieues difficiles, poste fractionné avec 4 classes, poste spécialisé  en ITEP... que
des occasions d'abandonner et de se décourager!


Aujourd'hui, tout ça m'a appris bcp de choses sur moi- même... et je me suis tjs dit que mon tour viendra où j'aurai un poste plus tranquille et là, ça me paraîtra bcp plus facile!


Continue car le fait que tu te poses toutes ces questions prouvent que tu es capable de te remettre en question (qualité essentielle dans ce métier).


Je n'ai pas eu une 1ère inspection formidable mais on apprend à prendre du recul: la meilleure récompense que tu auras ne viendra pas de l'inspection mais de tes élèves!


J'espère ne pas t'avoir embêté avec ce long discours.


Amitiés