XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Ne t'avais-je pas parlé, il y a déjà quelques temps, de mon amie Camille ? Il me semble que si... C'est bien ce que je pensais. Eh bien, il se trouve (et j'ai, je dois l'avouer, un grand plaisir à te l'annoncer) que nous sommes de la même famille, ou quasiment.

Explique-moi tout ça !

Avant toute chose, petite parenthèse, indispensable à la compréhension de mon histoire : mon oncle, Marc, est instituteur décharge. C'est à dire ? C'est à dire qu'il est amené à effectuer des remplacements, mais sur une plus longue période que les remplaçants traditionnels. La tante de mon amie Camille, elle, est institutrice. Ils se sont donc connus aau travail ? Il a fait un remplacement dans son école, et hop !, ça a été le coup de foudre, c'est ça ? Hep, hep, hep... Pas si vite, Victor !

Marc est séparé. Isabelle est divorcée. Nous savons, Camille et moi, qu'ils se connaissent, j'en ai même parlé avec Isabelle, brièvement, pendant des vacances en Italie. Rien de sensationnel au premier abord : ils se connaissent. C'est tout. Ce n'était pas le coup de foudre alors ? Je n'en sais rien. Le mystère demeure encore sur certains points...

Et puis un jour, quelques jours avant le départ de Camille pour Barcelone... Je croyais qu'elle était au Mexique ?!? Oui, elle est au Mexique, mais avant, elle était à Barcelone... Et puis peu importe ! Ca n'a strictement aucun rapport avec mon propos, donc s'il te plaît, reste tranquille... Un jour, donc, peu avant son départ pour Barcelone, Camille est à la maison.

- Il paraît que Papa a vu mon oncle avec une femme en ville. Ils se tenaient la main ! Tu te rends compte ?!

- Ah, tiens ! C'est marrant que tu me dises ça ! Nous aussi on soupçonne quelque chose du côté de ma tante : elle fait pas mal de mystères et elle sort tout le temps !

Tout est parti de ça. Gesticulant sur mon lit, nous avons alors élaboré tout un scénario : Marc et Isabelle travaillent dans la même école, peut-être sont-il ensemble ? Papa m'a dit que c'était une femme brune plutôt petite. Elle avait un manteau de quelle couleur ? Je crois qu'il m'a dit quec 'était un manteau rouge. Alors ce n'est pas elle, Isabelle n'a pas de manteau rouge. A moins qu'elle ne se le soit offert récemment et que tu ne l'aies pas encore vu. Ahhh ! SI ça se trouve, ils sont ensemble ! Tu imagines ! Et puis, et puis... S'ils se marient, on sera peut-être demoiselles d'honneur, je vois d'ici ma robe... Oh, ce serait trop bien ! On serait comme de la même famille, tu te rends compte ?!!?

Deux puces qui poussaient des cris suraigus. Voilà ce que nous étions ce soir-là. J'en souris encore... Dans la frénésie de notre enquête, je mets tout mon bureau sans dessus-dessous à la recherche d'une photographie d'Isabelle que je compte montrer à mon père, au cas où il la reconnaîtrait...

-Ah non ! Ca ne me dit rien... Ca ne doit pas être elle.

-Tu es sûr ? Regarde bien !

-Non non, vraiment... Ceci dit, je ne l'ai pas bien vue, j'étais assez loin. Mais elle n'est pas comme ça, j'en suis presque sûr...

Déception, déception... Tant pis ! Pendant le dîner, telles deux hystériques, nous insistons  : on ne sait jamais, tu étais quand même loin, tu peux te tromper... Ce serait fantastique ! Ce serait comme dans les films ! Je vais essayer d'en savoir plus, dommage que je parte à Barcelone car ce sera moins facile de se renseigner... Je n'en reviens pas ! Tu te rends compte ?!? Marc avec Isabelle ! 

Riant aux éclats, ma mère et ma soeur prennent part à notre enthousiasme débordant, tandis que mon père, sceptique, roule des yeux consternés : "quel cinéma...".  

Peu importe... Nous, nous y croyons, et dur comme fer !

 

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Vendredi 17 février 2006

Mon cher Victor,

Aujourd'hui j'ai vingt-deux ans. J'ai vingt-deux ans. Et c'est le premier de mes anniversaires, depuis deux ans, que je fête sans lui. Drôle de sensation... Manque, tristesse, résignation... Aura-t-il seulement une petite pensée pour moi ?

Allons, Mirabelle, allons...

Sois sans crainte, mon Victor : même si, comme le dit si bien Michel Berger, il manque quelqu'un près de moi, je ne me laisserai pas abattre ! Je ne suis pas seule. J'ai une famille extraordinaire, une meilleure amie qui pense à moi, même à l'autre bout du monde... Ma mère a été acheter des fleurs hier, pour faire une jolie table. J'ai choisi la nappe que je préfère, ainsi que le menu du midi. Sitôt levé ce matin, mon père m'a souhaité un bon anniversaire, lui à qui il faut d'habitude un bon quart d'heure pour se réveiller complètement. Le petit ami de Lisa fera partie de la fête, et c'est tant mieux :  je l'estime beaucoup et ils sont beaux, tous les deux. J'ouvrirai mes cadeaux à l'apéritif, souriante comme une petite fille de cinq ans qui a attendu cet instant toute l'année. Il y aura des baisers, des souvenirs mille fois évoqués mais qu'on a toujours autant de plaisir à entendre : "quand je pense qu'il y a vingt-deux ans je te donnais le biberon... J'ai du mal à y croire !", "Et la nuit ! Qu'est ce que tu étais chiante ! On avait de ces envies de te passer par les fenêtres !". Je boirai une ou deux coupes de champagne, profiterai du repas mitonné spécialement pour moi ( à moi le foie gras !)... Nous rirons tous les cinq et je serai heureuse, je le sais, je n'ai aucun doute.

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Vendredi 3 mars 2006

Mon cher Victor,

Tu sais que J. faisait partie de la famille. Oui, après deux ans de couple, c'est normal qu'il en soit ainsi. C'est ce que je me disais également, mais je commence à me demander, maintenant, s'il ne faisait pas TROP partie de la famille. Explique-toi !

Vois-tu, mon Victor, j'ai une petite soeur. Il se trouve que cette petite soeur, âgée de dix-huit ans, a-do-rait Johan. Et ce n'est pas un vain mot. Toujours à se chamailler ces deux-là. Ils faisaient la paire, vraiment. Et moi, j'aimais bien. Je me disais : "quelle chance qu'ils s'entendent aussi bien, j'ai tiré le bon numéro vraiment !". J'étais heureuse. Et j'adorais les entendre se disputer : "Mirabêêêlle !!! J. m'embêêête !!!!". J'adorais.

Mais maintenant... Maintenant il n'est plus là, et, en quelque sorte, j'ai privé ma petite soeur d'un de ses compagnons de jeux favoris. Et je sens bien que... ça coince. C'est juste qu'elle l'aimait bien, c'est tout... Pour bien l'aimer, elle l'aimait bien, ça, aucun doute. A un tel point qu'elle a souvent pris sa défense, alors qu'on ne peut pas dire qu'il ait été très... délicat, avec moi, ces dernières semaines. Tout ne peut pas être ni tout blanc ni tout noir. Quand un couple se sépare, les responsabilités sont partagées, et c'est sans doute ce qu'elle essaie de te montrer en prenant sa défense.

Cela va encore plus loin que ça, mon pauvre Victor... J. est passé à l'improviste à la maison, avant-hier soir. C'est ma soeur qui lui a ouvert. J'ai bien vu qu'elle était heureuse de le voir. J'ai également remarqué le sourire en coin de ma mère, ravie, elle aussi, de retrouver son petit protégé, qu'elle affectionne beaucoup. Et moi... Il me faut l'admettre, j'étais contente aussi. Je retrouvais ma petite bulle... Ma tendre petite bulle... Là, je ne te comprends plus ! J'étais contente parce qu'elles souriaient toutes les deux, que lui aussi leur souriait... L'espace d'un instant, je me suis dit qu'il ne tenait qu'à moi pour que tout le monde dans cette pièce soit heureux. Ce n'est pas ainsi que tu dois raisonner, et tu le sais très bien ! Oui je le sais. C'est pourquoi je n'ai cédé aux avances de J. ce soir-là. Et tu as très bien fait, surtout si tu estimes que cela doit rééllement se terminer entre vous !!!

Oui. Au fond, je sais que j'ai eu raison. Mais dans les instants de déprime absolue, où il me manque viscéralement (ça m'arrive assez régulièrement, il me faut l'avouer...) je serais prête à tout (ou presque) pour qu'il soit là, pour entendre sa voix dans la cuisine, le voir discuter avec ma mère, avec ma soeur... C'est de la nostalgie, voilà tout. Oui. De la nostalgie pure et dure. Cela devient récurrent !

Il va falloir du temps, beaucoup de temps, plus que je ne peux encore l'imaginer. J. faisait partie de cette maison, et de notre vie, à tous les quatre. Il connaissait mon oncle, mes cousines. Il était dans nos vies à tous. Plus dans la tienne que dans celle des autres tout de même ! N'exagérons rien ! En plus, il y était entré d'une manière si fidèle à ce qu'il est... Par surprise, avant même que je ne décide de me lancer dans la grande aventure. Après le foot... J'étais déjà en pyjama, il avait fallu que je me rhabille rapidement, avant qu'il débarque à la maison... Quand j'y pense... J'en souris bêtement ! On n'est jamais bête quand on aime, et ce quel que soit l'âge... Me bousculer a été plutôt profitable au bout du compte : je n'ai pas eu le temps de paniquer, pas eu le temps de me poser les questions existentielles que je m'étais toujours posées jusque là... Il a été un véritable tourbillon ! Et je crois que je le remercierai toute ma vie pour ça... Tu veux me tirer des larmes ou quoi ?

 Non. Il n'empêche qu'il manque dans la famille. Il n'y a plus rien à y faire, je sais. Mais il manque... C'est un fait.

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Samedi 11 mars 2006

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, tu sauras toute la vérité sur le couple Marc-Isabelle. Il serait temps ! Parce que cela traîne en longueur, permets-moi de te le dire ! Où en étions-nous restés la dernière fois ? Tu disais que tu me parlerais de ce repas chez Camille. Exact.

Repas chez Camille donc, où j'ai été gentiment conviée par Liliane, la mère de Camille. Où Isabelle et Marc sont invités, après bien des tergiversations : est-ce que Marc viendra ? Ou alors : est ce qu'Isabelle viendra ? Ou encore : Espérons que les deux viennent ! Après qu'Isabelle eût fait signé à toute la famille leur engagement à faire de ce repas "un repas exemplaire", voici donc venir la fameuse soirée, et tout le monde est aux fourneaux. La tension monte, monte, du moins me semble-t-il.

Camille et moi sommes chargées de dresser la table (surtout Camille, puisque moi, évidemment, je ne sais pas où sont les choses...). Nous sortons la nappe, la déplions, et...

- Zut... Elle a des taches.

Misère. Malgré la couleur bleu nuit du tissu, ces fichues taches ne passent pas inaperçu. Cependant, avec l'ingéniosité qui me caractérise, je trouve bien vite une solution, LA solution : j'attrape deux ou trois serviettes en papier et les dispose très élégamment sur les taches en question. Et voilà, c'est résolu ! Cette trouvaille suffit à nous faire rire Camille et moi et... Il vous en faut peu, visiblement ! C'est vrai.

L'heure fatidique approche. Nous attendons, et je passe quelques fois devant la porte d'entrée pour vérifier qu'ils n'arrivent pas. Et puis, soudain, dans la cuisine, une voix que je connais bien. Ton oncle ? Oui. Et Isabelle. Qui sont arrivés comme deux petits filous par la porte de la cuisine.

- Salut Tonton !

Tu l'appelles Tonton ? Comme c'est mignon ! Oui. Je l'ai toujours appelé Tonton, et je ne vois pas pourquoi, d'un coup, j'aurais cessé de l'appeler ainsi. Ce n'est pas une critique ! Non, ùmais tu n'es pas le seul que cela amuse visiblement. Car j'avais à peine prononcé ces mots que déjà Isabelle rigolait ! Quant à Marc... Il avait ce sourire tendu que connais bien, ce genre de sourire qu'on arbore les jours d'examen, de concours ou... Quand on rencontre officiellement la famille de sa chère et tendre ! Mais ce n'était pas seulement ça, je dus le constater avec un peu de peine. Il avait l'air gêné. Gêné ? Gêné de quoi ? Gêné que je l'appelle Tonton... Tu te fais des idées ! Non, je ne pense pas. Je le connais bien, et dans certains cas, il peut être un peu distant. Du reste, la suite de la soirée le confirmera, tu verras... Après tout, c'est ton oncle, pas le mien ! C'est toi qui le connais...

Je me dis donc : "Ca commence bien, parti comme c'est, je sens qu'il ne va pas me décrocher un mot de la soirée !" Et cela a été le cas ? Oui. A peu de choses près. Parce qu'il m'a tout de même adressé la parole de temps en temps, pour la forme je pense... Je reconnais bien là ton optimisme ! 

Mais je ne l'ai pas reconnu. Tu sais, il fallait s'y attendre. Souvent, quand on rencontre la famille de sa fiancée pour la première fois, on a envie de faire bonne impression, et parfois, on en fait un peu trop. Humm... Sans doute. Cela peut se comprendre, c'est vrai. Je voyais bien qu'il essayait d'épater la galerie, subtilement évidemment. Quitte à ignorer complètement sa pauvre nièce. Tant pis. Ce n'est pas l'important. L'important, surtout, c'est que... C'est que quoi ?

Il avait l'air éperdument amoureux d'Isabelle. Et profondément heureux. Eh bien tant mieux !! Evidemment tant mieux ! C'est juste que... Pendant ce repas, où j'ai été muette comme une carpe (Liliane a dit à Camille qu'elle m'avait trouvée "bien silencieuse" !), je le revoyais, après sa rupture avec son ex-compagne, la mère de mes deux cousines. Il était complètement anéanti. Intérieurement, hein, parce que mon oncle, ce n'est pas un expansif ! Il n'empêche que cela nous avait fichu un sacré coup de bambou sur la tête de le voir comme ça ! Il venait à la maison presque tous les soirs boire son petit whisky. Et puis les années ont passé...

Et maintenant il est heureux et amoureux. Il a fait la connaissance de toute la famille de Camille et tout le monde, à ce que j'ai entendu dire, l'adore. C'est parfait alors ! Pas complètement... Allons bon ! Qu'est-ce qui ne va pas encore ?!

C'est que... Isabelle n'a pas encore été présentée officiellement à mes parents. Et je sais pertinemment que ni mon père ni ma mère n'iront harceler Marc pour qu'il nous présente Isabelle. Ce genre de choses, chez nous, "on veut que cela vienne naturellement", mais à force d'attendre, moi, j'ai bien peur que cela ne vienne pas du tout... Et je ne trouve pas cela juste qu'il y ait un pan de la famille qui soit privilégié par rapport à l'autre ! Surtout que tel que je connais mon oncle, je sais très bien qu'il peut ne jamais nous la présenter...

Il va encore falloir que tu agisses, si j'ai bien compris... Je ne sais pas. Non. Je crois que je vais baisser les bras. Pourquoi ? Tu te décourages ? Un peu, oui, j'en ai bien peur. Et je me dis que s'il ne nous la présente pas, c'est qu'il n'en a pas envie. Nous n'allons pas non plus lui mettre le couteau sous la gorge... Alors je vais laisser faire... Et on verra bien... Quel dommage ! Il n'y aura donc pas de "Mon oncle... et sa tante ! (4)" ? Je crains bien que non...

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Lundi 17 avril 2006

Mon cher Victor,

Nous reprendrons aujourd'hui la suite de l'article "Mon oncle... et sa tante ! (1)" Ahh ! Tant mieux ! Tu nous avais laissé à un moment décisif ! Alors ? Est-ce que Marc et Isabelle sont vraiment ensemble ? Quelle impatience ! Laisse-moi au moins reprendre le fil de mon histoire ! Où en étions-nous déjà ? Tu avais terminé sur vos conjectures pendant le dîner... Ah, voilà, c'est ça !

Dur de percer un tel mystère. Mon oncle est le comble de la discrétion, et pas du genre expansif. Quant à Camille, son efficacité n'est pas garantie, puisqu'elle décollera d'ici peu pour l'Espagne. Ceci dit, tant de difficultés ne nous empêchent pas de mener notre enquête, et encore moins d'en parler entre nous sur MSN, toujours avec la même excitation, même à des kilomètres l'une de l'autre.

Le temps passe... Et, il nous faut, à Camille et moi, admettre que nous en sommes toujours au même point : pas d'indices fiables, juste nos élucubrations de gamines. Nous ne sommes donc pas plus avancées, et le découragement nous assaille peu à peu.

Un jour, cependant, le vent semble tourner en notre faveur... Mon père a "revu Marc, de loin, avec la même femme que la dernière fois" (lui semble-t-il...), ma mère aurait "entrevu une jeune femme sortant du café avec lui", mais moi, Mirabelle, qui habite pourtant à moins de cinq cent mètres de chez mon oncle, je ne suis pas fichue de le surprendre avec cette mystérieuse inconnue ! Tout aurait pourtant été si simple : ayant passé une semaine avec Isabelle en Italie pour l'anniversaire de Camille, ayant résolu avec elle des grilles de mots croisés, je la reconnaîtrais au premier regard, même furtif !

Et puis, un soir, sur MSN avec Camille... Changement de tactique : nous décidons d'appeler Marc, pour en avoir le coeur net. Ou plutôt : Camille me persuade d'appeler Marc, parce qu'évidemment, clouée sur Barcelone, sa marge de manoeuvre est assez restreinte. Je m'y colle donc, le coeur qui bat et les mains moites, avec une Camille qui m'encourage via le net. Une sonnerie. Puis deux... Je prépare mes phrases les plus diplomates... Et enfin, après le traditionnel "Tonton, c'est Mirabelle, ça va ?", je me lance :

"En fait... Je t'appelle parce que... Je voudrais savoir... Ne le prends pas mal, surtout, je respecte ta vie privée mais... Je voudrais quand même savoir si... Si Isabelle et toi vous êtes ensemble."

Ca y est. J'ai craché le morceau ! Vas savoir pourquoi, mon Victor, je me sens tout de suite mieux ! Et je devine, au silence qui suit ces mots, là-bas, à l'autre bout du fil, que c'est lui, maintenant, qui est mal à l'aise...

- Eh bien... Pourquoi tu me demandes ça ? C'est assez délicat. En fait... Je ne sais pas trop.

- Vous êtes ensemble ou pas ?

- Je te le répète : je ne sais pas. C'est... Non, je sais pas.

Blanc. Bredouillement. Hésitations. Je me prends les pieds dans un fil transparent. Pas très claire, ton image... Alors disons que je ne préfère pas enfoncer le couteau dans la plaie, et que mes sabots sont assez gros comme ça ! C'est déjà mieux... Je raccroche donc après les politesses d'usage, avec la déséagrable sensation d'avoir dépassé les bornes.

Et ensuite ? Ensuite, je raconte tout à Camille sur MSN. Je ne sais plus trop quoi penser. Et je culpabilise de me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je veux dire : alors ? Comment saurez-vous s'ils sont vraiment ensemble ou pas ? Quelle est la vérité ?

La vérité apparaîtra dans un prochain article, sous la forme d'un dîner chez Camille... Et nous nous arrêterons là pour aujourd'hui ! C'était gros comme une maison...

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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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