Mon cher Victor,
Nous reprendrons aujourd'hui, si tu le veux bien, le conte merveilleux entamé hier, à savoir la fabuleuse histoire de Mirabelle, ou l'apprentissage de l'amour par une indécrottable romantique... Victor, je te prie, si tu es perdu, de te reporter à l'article précédent, soit la première partie de "Mirabelle au pays des merveilles".
Et pourtant, donc, Mirabelle allait vivre avec lui sa première véritable histoire d'amour.
En effet, Monsieur le Destin, joueur, s'était amusé à les faire se croiser, se revoir, les avait manipulés comme de simples marionnettes : leurs mains allaient se frôler, leurs yeux se trouver et Monsieur le Destin en riait, en riait ! Il n'avait pas sollicité les services de Cupidon : les coups de foudre, pensait-il, c'est démodé. L'amour né de rien n'a aucun charme, alors que la découverte, la curiosité, la surprise, le chemin fait par deux personnes que tout oppose, ça, ça c'est interéssant.
Il avait donc choisi Mirabelle et Johan, incarnations même de l'antithèse, pour répondre à la question qu'il se posait depuis toujours : les contraires s'attirent, certes, mais finalement, ne s'annulent-ils pas ?
Il allait bien voir... En choisissant Mirabelle et Johan, il était certain de faire des étincelles : les préjugés de Mirabelle, son mauvais caractère, les gaffes et les gros sabots de Johan seraient sans doute un mélange des plus explosifs, il s'en frottait les mains d'avance !
Alors, Monsieur le Destin les fit s'aimer. Ce ne fut pas chose aisée cependant, car la résistance de Mirabelle à la réalité de l'amour dépassait tout ce qu'il avait envisagé : tantôt hésitante, tantôt tentée, elle soufflait le chaud et le froid d'une manière tout à fait déstabilisante, rejetait tout compliment, écartait toute tentative de séduction par une réplique cinglante et un regard noir. Heureusement, le sujet de sexe masculin avait une propention extraordinaire à l'entêtement, et s'acharnait, s'acharnait, attendait, attendait patiemment que le vent tourne en sa faveur. Le bonheur vient à qui sait attendre, paraît-il... Et dans le cas de Johan, cette attente dura trois mois. Trois mois ?! Oui, trois très très longs mois...
Et tu sais quoi Victor ? Heureusement pour Mirabelle qu'il a attendu !
Et Monsieur Destin, il l'a trouvée, la réponse à sa question ?
Ca, mon cher Victor, ce n'est plus son histoire... C'est celle de Johan et moi.

Mon cher Victor,
Mon cher Victor, 

Bavardages