Hier après-midi, j'ai assisté à mon premier conseil des maîtres, après une matinée agitée, forte en
émotions et en rebondissements. Tu comptes nous la raconter ? Oui. Mais en plusieurs temps. Très bien. Du moment que tu nous racontes tout ça et que c'est drôle. Qui t'a dit que ce serait drôle ? Je le sens ! Sache juste que cela ne l'a pas été pour moi...
Hier matin, j'ai été contrainte, à cause d'un évènement indépendant de ma volonté... Lequel ? Je te raconterai ça dans un autre
article, Victor. Je disais donc que j'ai été contrainte d'arriver en retard à l'école dans laquelle j'effectuerai mon stage en responsabilité filée.
Ton stage en responsabilité filée ? Je m'attendais bien à une question de ce genre. Le stage en responsabilité filée est une
nouveauté de cette année : les PE2 assurent les "décharges" un lundi par semaine dans une école, tout au long de l'année. Ah... Ce qui
signifie ? Ce qui signifie qu'ils prennent la classe toute la journée du lundi. D'accord. Tu vas donc prendre la classe dès lundi
prochain ? Mon cas est un peu spécial. Etant donné que je quitte bientôt le pays pour les contrées britanniques, je ne commencerai réellement ce stage qu'à
ma rentrée de janvier, même si l'instit' que j'ai rencontrée hier (j'ai omis de préciser, Victor, que j'ai une classe de CE2 !) m'a proposé de prendre en charge des séances dès le lundi
suivant la rentrée. Enfin, ne déflorons pas ce qui fera l'humour de cette journée.
Hier matin, donc, j'arrive à l'école vers 10 h 45. J'avais, avec la conscience professionnelle qui me caractérise, prevenu l'école par l'intermédiaire de la concierge que j'arriverai avec du
retard. Qu'est-ce qui t'a mis en retard ? Tu le sauras dans un autre article. Je lui explique donc
que je suis "affectée" dans une classe de CE2, elle acquiesce, prend mon nom, et court prévenir le directeur de mon retard. Je me rends à mon rendez-vous de 9 h la conscience tranquille et
me présente, la bouche en coeur à l'école J.M. vers 10 h 45. La charmante concierge m'indique le chemin vers la classe de CE2, spécifiant qu'elle va prévenir l'enseignant concerné de mon arrivée,
et j'apprends, avec une joie non dissimulée, que le conseil des maîtres se tiendra l'après-midi : je n'ai donc rien raté, et je suis dans les meilleures
dispositions qui soient pour rencontrer l'IMF qui m'accueille dans sa classe. IMF ? Instituteur Maître Formateur. Je monte donc les
escaliers d'un pas alerte, examine ces couloirs encore vides, qui, bientôt, entendront résonner les pas de classes entières, cris, rires... Je cherche une porte notée "CE2", quand soudain :
- Mirabelle, c'est par ici ! Mirabelle !
Un enseignant m'ouvre grand la porte de sa classe. Se présente. Il s'appelle M.C, c'est lui qui m'accueille. Il prend des nouvelles de
mon rendez-vous de ce matin et affiche un sourire désolé devant ma réponse.
Qu'est-ce que c'était que ce rendez-vous, Mirabelle ? Tu
le sauras plus tard, Victor ! Il me fait entrer, me présente J.P, sa "décharge", c'est à dire l'enseignant avec qui il partage sa classe deux journées par semaine. Ils préparent leur
programmation et discutent des livres choisis pour l'année. On m'invite à m'asseoir et à observer. Et là... Là, ce que je vois me met dans tous mes états.
Sur
tous les livres (mathématiques, français...), sur la tranche, je lis "CM1-CM2". Argl...
Tu t'étais trompée de classe ? Oui.
Cependant, ce n'était pas de ma faute, comme je vais te l'expliquer.
Pendant les dix minutes qui suivent, je réfléchis à un moyen adroit d'amener la méprise. De m'excuser. Et de regagner ma classe, mon CE2. Enfin, quand J.P quitte la classe pour aller fouiller
dans la bibliothèque d'une collègue, je me lance, bredouillante :
- Euh... Excusez-moi... Vous allez trouver ça bizarre mais... Euh... Je crois qu'il y a une erreur... Euh... On m'avait dit que j'avais un CE2... Et euh... J'ai bien peur de m'être trompée.
Après que M.C m'ait rassurée ("mais non, voyons, ne sois pas gênée, ça n'est pas grave !"), il m'interroge sur le nom de mon IMF. Nouveaux bafouillis de ma part, moi qui n'ai pas assisté à
l'intégralité de
la réunion de jeudi, prise par un rendez-vous à 17h.
Encore un rendez-vous ? Oui... Je n'avais donc pas, malgré toute ma bonne volonté, pu assister au volet important de cette journée de rentrée,
volet attribuant une classe de responsabilité filée aux étudiants partant à l'étranger. Jeudi soir, donc, alors que j'écrivais
cet
article sur la réunion,
Sophie m'appelle et m'informe qu'elle m'a inscrite à l'école J.M, dans ma petite ville, et que nous avons obligation d'être sur place
pour le conseil des maîtres.
Quelle histoire... Me voilà donc expliquant tout ça à cet enseignant qui n'est pas mon IMF. Il
me propose de rester dans sa classe malgré tout, je n'ose dire non (je n'ai jamais fait de CE2 et je crains les classes à double-niveau) et me voilà faisant les présentations de ces cahiers du
jour.
Tu restes donc avec cet homme ? Mais cela ne va pas poser problème par rapport à l'IUFM si tu fais un CM1-CM2 au lieu
d'un CE2 ?
J'ai soulevé ce problème auprès de M.C, qui finit par se lever pour aller interroger la fameuse collègue de CE2 : doit-elle, ou non, accueillir un PE2 ? Quand il revient, j'ai terminé les cahiers
du jour (il est enchanté, cela lui fait cela de moins à faire...), et
il m'annonce qu'effectivement, je suis bien avec Mme B., qui part dans une
demie-heure mais que je verrais cet après-midi avant le conseil des maîtres.
Apparemment, la concierge a mal renseigné son monde, et avait compris que j'étais
affectée en CM1-CM2.
Me voilà soulagée : je fais un CE2 ! Ouf ! Je peux donc, à midi,
rejoindre Sophie dans sa magnifique C3, C3 qui nous emmènera déjeuner chez elle (Sophie habite le quartier), dans la quiétude rassurante du foyer.
Bavardages