XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 2 septembre 2006
Mon cher Victor,

Avant toute chose, je tenais à te recommander, ainsi qu'à nos lecteurs, ce superbe article d'Eddie, qui a effectué sa première rentrée en tant que maîtresse, jonglant entre son statut d'enseignante et celui de directrice. J'irai lire cet article sitôt que nous aurons terminé cette conversation !

Nous poursuivrons aujourd'hui la discussion entamée samedi, où je t'ai raconté, Victor, ce drôle de malentendu entre un enseignant de l'école J.M et moi-même. Les retardataires n'auront qu'à s'y reporter ! L'article présent sera focalisé sur ma représentation du conseil des maîtres, abattue en plein vol par la réalité du terrain. Cette représentation, Victor, est tout à fait apparentée à l'image jointe à cet article : des enseignants et un directeur autour d'une table. Une réunion synthétique. Efficace. Allant droit au but. J'en déduis que ce n'est pas ainsi que s'est déroulé ton conseil des maîtres ! Tu déduis bien, Victor. J'ai été tout bonnement SOUFFLEE ! Raconte-moi tout ça !

L'équipe pédagogique de l'école J.M, d'après ce que m'a dit Sophie (sa maman y a travaillé), est soudée, complice, et l'atmosphère de travail est agréable, voire tout à fait détendue. J'ai pu en saisir toute l'ampleur en ce vendredi après-midi : lorsque j'ai franchi le seuil de la "salle des maîtres", j'ai pu constater qu'il y régnait un joyeux brouhaha. Brouhaha et désordre : rires, papiers, tasses de café, s'entremêlaient artistiquement, sous mes yeux ébahis. Des piplettes. Et c'était à celui qui parlera le plus fort. J'étais scotchée. Tout simplement scotchée. Fascinée par cette réalité aux antipodes de ce que j'avais imaginé.

Des tables mises bout à bout, en forme de U. Peu à peu, chacun s'assit, sans pour autant se taire. Des moulins à paroles, ces enseignants ! Tu peux le dire : l'entrée du directeur, même, ne suffit pas à calmer les bavards ! Celui-ci prit même une part très active au bordel (excuse-moi le terme, Victor, mais je n'en trouve pas d'autres !) en riant à toutes les plaisanteries. Ce n'est pas ainsi que j'imaginais un directeur... Et encore moins ce qui allait suivre ! Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? Vous vous êtes mis au travail ? Eh bien... Pas vraiment !

Il a fallu cinq bonnes minutes pour que cessent les conversations personnelles, et le directeur a démarré sur un sujet plus qu'enthousiasmant : l'Inspecteur de la circonscription ! Et qu'en a-t-il dit ? Pas que du bien, crois-moi ! Le directeur de l'école J.M est un personnage fascinant. Haut en couleurs. Pétri de revendication. Un ton taquin, ironique, piquant juste comme j'aime. Quelqu'un d'intelligent, avec des idées, des principes. Et un solide sens de l'humour. Tu imaginais tous les directeurs sérieux et coincés ? J'avoue que c'est l'image que je m'en faisais, même si je savais bien que cette représentation était erronée !

Revenons à cet inspecteur de la circonscription ! Vue la description que tu m'as faite de ce directeur, j'imagine qu'il n'a pas fait le portrait de cet inspecteur en termes très élogieux ! Non. Il a même ponctué la réunion de diverses allusions à l'incompétence de cet homme que nous rencontrerons lundi, jour de rentrée des petiots. Il a été jusqu'à nous faire passer la circulaire de rentrée, "qui ne veut rien dire" a-t-il dit, ajoutant qu'il "fallait que nous voyions cela pour débuter notre carrière". Cette insolence des enseignants vis à vis de leur supérieur hiérarchique n'est pas pour me déplaire. Vraiment. Cela montre que les enseignants sont des personnes engagées, des personnes qui croient dur comme fer en leur métier et qui en ont une haute opinion !

La réunion s'est déroulée dans une ambiance très détendue. Plaisanteries et taquineries étaient de la fête, donnant parfois un air de soirée entre amis à ce conseil des maîtres. Nous avons observé la scène avec attention (nous sommes quatre PE2 à être affectés dans cette école) et souri des prises de position des uns ou des autres. Oui, vraiment, j'étais ravie d'avoir à travailler tous les lundis dans cette atmosphère de franche camaraderie. Tant mieux... Tu vas pouvoir aborder ce stage sans trop d'angoisse ! Cependant, cette bonne ambiance ne vous a-t-elle pas empêché de travailler ! Non. Les différents points à étudier ont été traités. Dans la joie et la bonne humeur, c'est vrai, mais ils ont été traités. C'est là l'essentiel ! Et au directeur, au milieu du bavardage de ses collègues, de nous adresser, à nous, débutants, un clin d'oeil des plus sympathiques : "Bien... Vous avez assisté au conseil des maîtres : sachez que la rentrée avec les élèves, ce n'est pas pire niveau bruit !". Hihihi...

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Samedi 2 septembre 2006
Mon cher Victor,conseil.jpg

Hier après-midi, j'ai assisté à mon premier conseil des maîtres, après une matinée agitée, forte en émotions et en rebondissements. Tu comptes nous la raconter ? Oui. Mais en plusieurs temps. Très bien. Du moment que tu nous racontes tout ça et que c'est drôle. Qui t'a dit que ce serait drôle ? Je le sens ! Sache juste que cela ne l'a pas été pour moi...

Hier matin, j'ai été contrainte, à cause d'un évènement indépendant de ma volonté... Lequel ? Je te raconterai ça dans un autre article, Victor. Je disais donc que j'ai été contrainte d'arriver en retard à l'école dans laquelle j'effectuerai mon stage en responsabilité filée. Ton stage en responsabilité filée ? Je m'attendais bien à une question de ce genre. Le stage en responsabilité filée est une nouveauté de cette année : les PE2 assurent les "décharges" un lundi par semaine dans une école, tout au long de l'année. Ah... Ce qui signifie ? Ce qui signifie qu'ils prennent la classe toute la journée du lundi. D'accord. Tu vas donc prendre la classe dès lundi prochain ? Mon cas est un peu spécial. Etant donné que je quitte bientôt le pays pour les contrées britanniques, je ne commencerai réellement ce stage qu'à ma rentrée de janvier, même si l'instit' que j'ai rencontrée hier (j'ai omis de préciser, Victor, que j'ai une classe de CE2 !) m'a proposé de prendre en charge des séances dès le lundi suivant la rentrée. Enfin, ne déflorons pas ce qui fera l'humour de cette journée.

Hier matin, donc, j'arrive à l'école vers 10 h 45. J'avais, avec la conscience professionnelle qui me caractérise, prevenu l'école par l'intermédiaire de la concierge que j'arriverai avec du retard. Qu'est-ce qui t'a mis en retard ? Tu le sauras dans un autre article. Je lui explique donc que je suis "affectée" dans une classe de CE2, elle acquiesce, prend mon nom, et court prévenir le directeur de mon retard. Je me rends à mon rendez-vous de 9 h la conscience tranquille et me présente, la bouche en coeur à l'école J.M. vers 10 h 45. La charmante concierge m'indique le chemin vers la classe de CE2, spécifiant qu'elle va prévenir l'enseignant concerné de mon arrivée, et j'apprends, avec une joie non dissimulée, que le conseil des maîtres se tiendra l'après-midi : je n'ai donc rien raté, et je suis dans les meilleures dispositions qui soient pour rencontrer l'IMF qui m'accueille dans sa classe. IMF ? Instituteur Maître Formateur. Je monte donc les escaliers d'un pas alerte, examine ces couloirs encore vides, qui, bientôt, entendront résonner les pas de classes entières, cris, rires... Je cherche une porte notée "CE2", quand soudain :

- Mirabelle, c'est par ici ! Mirabelle !

Un enseignant m'ouvre grand la porte de sa classe. Se présente. Il s'appelle M.C, c'est lui qui m'accueille. Il prend des nouvelles de mon rendez-vous de ce matin et affiche un sourire désolé devant ma réponse. Qu'est-ce que c'était que ce rendez-vous, Mirabelle ? Tu le sauras plus tard, Victor ! Il me fait entrer, me présente J.P, sa "décharge", c'est à dire l'enseignant avec qui il partage sa classe deux journées par semaine. Ils préparent leur programmation et discutent des livres choisis pour l'année. On m'invite à m'asseoir et à observer. Et là... Là, ce que je vois me met dans tous mes états. Sur tous les livres (mathématiques, français...), sur la tranche, je lis "CM1-CM2". Argl... Tu t'étais trompée de classe ? Oui. Cependant, ce n'était pas de ma faute, comme je vais te l'expliquer.

Pendant les dix minutes qui suivent, je réfléchis à un moyen adroit d'amener la méprise. De m'excuser. Et de regagner ma classe, mon CE2. Enfin, quand J.P quitte la classe pour aller fouiller dans la bibliothèque d'une collègue, je me lance, bredouillante :

- Euh... Excusez-moi... Vous allez trouver ça bizarre mais... Euh... Je crois qu'il y a une erreur... Euh... On m'avait dit que j'avais un CE2... Et euh... J'ai bien peur de m'être trompée.

Après que M.C m'ait rassurée ("mais non, voyons, ne sois pas gênée, ça n'est pas grave !"), il m'interroge sur le nom de mon IMF. Nouveaux bafouillis de ma part, moi qui n'ai pas assisté à l'intégralité de la réunion de jeudi, prise par un rendez-vous à 17h. Encore un rendez-vous ? Oui... Je n'avais donc pas, malgré toute ma bonne volonté, pu assister au volet important de cette journée de rentrée, volet attribuant une classe de responsabilité filée aux étudiants partant à l'étranger. Jeudi soir, donc, alors que j'écrivais cet article sur la réunion, Sophie m'appelle et m'informe qu'elle m'a inscrite à l'école J.M, dans ma petite ville, et que nous avons obligation d'être sur place pour le conseil des maîtres. Quelle histoire... Me voilà donc expliquant tout ça à cet enseignant qui n'est pas mon IMF. Il me propose de rester dans sa classe malgré tout, je n'ose dire non (je n'ai jamais fait de CE2 et je crains les classes à double-niveau) et me voilà faisant les présentations de ces cahiers du jour. Tu restes donc avec cet homme ? Mais cela ne va pas poser problème par rapport à l'IUFM si tu fais un CM1-CM2 au lieu d'un CE2 ?

J'ai soulevé ce problème auprès de M.C, qui finit par se lever pour aller interroger la fameuse collègue de CE2 : doit-elle, ou non, accueillir un PE2 ? Quand il revient, j'ai terminé les cahiers du jour (il est enchanté, cela lui fait cela de moins à faire...), et il m'annonce qu'effectivement, je suis bien avec Mme B., qui part dans une demie-heure mais que je verrais cet après-midi avant le conseil des maîtres. Apparemment, la concierge a mal renseigné son monde, et avait compris que j'étais affectée en CM1-CM2. Me voilà soulagée : je fais un CE2 ! Ouf ! Je peux donc, à midi, rejoindre Sophie dans sa magnifique C3, C3 qui nous emmènera déjeuner chez elle (Sophie habite le quartier), dans la quiétude rassurante du foyer.

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,

Suite à cet article sur la rentrée des classes, je souhaitais parler avec toi d'un point particulier, qui me taquine sérieusement les méninges. C'est joliment dit ! Tu trouves ?
Oui. Merci ! De quoi voulais-tu me parler ? De l'égalité des chances. Ah. Pourquoi souris-tu ? Parce que c'est un de tes sujets favoris, c'est manifeste ! Certes. Cependant... Cependant ?

Cependant, aujourd'hui, je ne te servirai pas de grands discours enflammés et idéalistes, ni de phrases compliquées et enthousiastes quant à l'avenir de l'Education. Ah... En PE1, nos formateurs nous ont beaucoup parlé de situations-problèmes. Situations-problèmes ? Il s'agit de mettre l'élève face à un obstacle, c'est à dire le faire réfléchir sur des éléments apparamment contradictoires, auxquels il devra chercher une solution. Et ? Et, lors de ma deuxième journée à l'école J.M, il m'a semblé que l'ensemble des enseignants et moi-même, étions face à une situation-problème. Prenons un cas concret.


Une petite fille. Que j'appelerais Anaïs. Anaïs, en CE2 dans la classe de Madame B., suce son pouce en classe. Anaïs manque de concentration. Ne paraît pas faire preuve de beaucoup d'intérêt pour l'école. Anaïs n'a pas une écriture lisible, et éprouve beaucoup de difficultés à copier quelques lignes sans fautes, et sans raturer. Anaïs ne maîtrise pas les principaux constituants de la phrase, n'accorde pas noms et adjectifs, conjugue laborieusement des verbes courants dans les temps simples. Anaïs n'est pas soigneuse et ne sait pas couper les mots. Anaïs ne met ni majuscule ni point à ses phrases, ce qui fait que finalement, on peine, justement, à distinguer ces fameuses phrases. Anaïs recherche ma présence et mes câlins et copie sans arrêt sur sa voisine. Anaïs est adorable, mais pas du tout autonome.

Un petit garçon. Que j'appelerais Pierre. Pierre, en CE2, dans la classe de Madame B. Pierre écrit bien, rapidement, et sait orthographier, seul, des mots difficiles. Par exemple, lors d'un exercice de production écrite, Pierre m'appelle : "Comment on écrit "tee-shirt" ?" me demande-t-il. J'examine son cahier. Il a fait quelques fautes mais je sens chez lui de réelles facilités. Alors je lui conseille de l'écrire "comme il pense que ça s'écrit". Après un instant de réflexion (joliment accompagné d'une moue dubitative), son stylo trace le mot suivant : "tee-short". Je ne suis guère étonnée par ce "o" (combien de personnes disent "tee-short" au lieu de "tee-shirt" ?) mais demeure béate face à ce "tee", orthographié correctement alors qu'il s'agit d'un mot anglais.


Qu'est-ce que tu cherches à me dire, Mirabelle ? Je suis sûre que tu peux trouver tout seul, Victor. A mon avis, tu t'interroges sur l'hétérogénéité des classes. Tout à fait. Cette classe de CE2 à J.M est donc très hétérogène ? Non. En fait, c'est même le contraire. Le niveau est plutôt bon. J'ai pu consulter les livrets d'évaluation CE1, ainsi que les suivis de cycle. Certains sont excellents et la plupart sont de bons élèves. Vraiment. Ca m'a d'ailleurs épatée. Eh bien alors ? Alors, en pensant au fossé qui sépare Pierre et Anaïs, je me dis qu'il doit être difficile de jongler avec les niveaux des uns et des autres, surtout quand les élèves en difficulté sont plus nombreux que dans cette classe de CE2. Comment remédier à de telles disparités ? C'est ça, la situation-problèmes des enseignants. J'ose à peine m'imaginer : moi, Mirabelle, jeune enseignante T1, désamparée... On nous bourre le crâne, à l'IUFM, avec la "différenciation", mais est-elle réellement réalisable ? Ce qu'on nous enseigne est-il compatible avec la réalité du terrain ? Combien de jeunes professeurs des écoles, fraîchement sortis de l'IUFM, dénoncent ce manque de connexion entre théorie et pratique ? L'Egalité des Chances, c'est bien, c'est une bien belle idée, mais une idée encore très utopique.

Différencier prend du temps. Et derrière, il y a les Programmes, la pression des parents, celle de la société, les jugements, les attentes. Il faudrait pouvoir travailler sans prendre le train. Reprendre à la base. Ne pas hésiter à faire un point sur des notions de Cycle 2 si celles-ci ne sont pas assimilées, même si on a un CM1-CM2. Quand je lis un post comme celui d'Eddie, j'en suis découragée d'avance et je me dis qu'on ne peut pas faire de miracle sans qu'on nous donne un petit coup de pouce. Sans considération. Sans respect. Sans moyens. Parce que l'Education n'a pas de sens sans la société. Et que cette "Egalité des Chances", justement, il faudrait aussi l'appliquer à nous, les enseignants, qui ne sommes pas tous logés à la même enseigne...

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,

Je souhaitais t'adresser ici, ainsi qu'à nos lecteurs, et de manière très officielle, "toutes mes confuses". Toutes tes confuses ?! Ce n'est pas français, ça ! C'est un clin d'oeil au "Père Noël est une ordure", Victor, tu ne peux pas comprendre. Passons, passons... Alors, pouquoi ces confuses ?

Dans cet article comme dans celui-ci ou celui-là, j'évoquais l'école J.M, où je pensais effectuer mon stage filé. Mea culpa. Je me suis trompée, Victor. L'école J.M ne sera pour moi qu'une école de "transit", jusqu'à mon départ pour Northampton.
Quel dommage ! Tout se passait pour le mieux ! Eh oui... Mais comment se fait-il que tu te sois trompée ? Comme je l'ai assez répété, je n'ai pas pu assister à l'intégralité de la réunion de rentrée à l'IUFM : c'est pourquoi certaines informations précieuses m'ont échappé. Enfin, ce n'est pas une excuse ! Tu nous avais expliqué que ton rôle était de décharger un directeur ! Vous ne pouviez donc pas être plusieurs dans la même école, sois logique, Mirabelle ! Effectivement, j'ai manqué de discernement. Mais il faut me comprendre, Victor... J'étais tout près de chez moi (seulement deux bus à prendre) et j'avais envie d'y croire. C'était idéal. N'importe qui aurait réagi comme tu l'as fait, c'est vrai... Merci de ta compréhension, Victor : j'espère que nos lecteurs seront aussi mignons que toi ! Oh, de toute façon, tes lecteurs, tu ne leur laisses pas le choix !

Enfin, tous ces tours et ces détours ne nous disent pas où tu vas effectuer ce fameux stage en responsabilité filée ! Je ne peux pas te le dire pour l'instant, navrée. Tout se décidera à la rentrée de janvier. Tu n'as donc été à l'école J.M que pour combler les lundis ? C'est tout à fait cela... J'en suis désolé pour toi : j'ai senti que tu t'étais attachée dès la rentrée ! C'est ainsi. Mais alors, tu ne retournes plus du tout à l'école J.M ? Comme je te l'ai dit, j'y reste jusqu'à mon départ. C'est à dire que j'ai encore deux lundis devant moi, ce qui me permettra d'assurer deux séances d'ORL sur la distinction entre noms propres et noms communs... Ca, ça va, c'est facile ! Pour nous, adultes, ça l'est, mais pas pour des enfants ! Humm... Je tiendrai également une séance d'anglais le dernier lundi. Parfait ! Il faudra que tu me racontes tout ça ! Ce sera bien sûr dans la liste de mes priorités blogosphériques !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,

Tout d'abord, je tiens à préciser pour mes lecteurs-"presque" collègues (je pense à Eddie ou à Bellzouzou, si elle passe par là...), que oui, je sais qu'il n'y a (là aussi, "presque") plus d'estrades dans les classes, mais que je cherchais un mot d'esprit relatif au monde enseignant à peu près équivalent à l'expression "de l'autre côté du miroir". Si tu le précises, c'est que ton mot soit-disant d'esprit n'est pas efficace ! C'est fort probable.

Lundi matin, mon réveil sonne. Je l'explose tel un Didier Bourdon dans "Le pari" et je... C'est quoi "Le Pari" ? Je t'expliquerai plus tard, Victor ! Pour l'instant, j'ai d'autres chats à fouetter ! Je me réveille donc nerveuse (mais, paradoxalement, curieuse et ravie) car... Car ? Car ça y est, c'est la rentrée des classes ! Mais cette fois, rien à voir avec ma rentrée à l'IUFM : il s'agit de la rentrée pour des milliers d'élèves, élèves dont je vais découvrir les visages enfantins à 8 h 45, en compagnie de mon IMF ! IMF ? Victor, tu ne te souviens pas ? J'ai déjà exposé la signification de ce sigle ici ! Ah oui, c'est vrai !

J'arrive très en avance à l'école J.M, contrairement à mon IMF, qui arrive au dernier moment. Je suis, comme tu peux t'en douter, très tendue, et il me semble l'être bien plus que les enseignants. Je sais pourtant que cette première journée sera une "prise de contact", une phase d'observation, d'où un rôle mineur de ma part. Cependant, l'anxiété ne se commande pas... Non. Et puis, on ne va pas te refaire ! C'est juste !

Quand la cloche sonne, je file dans la cour, me frayant un passage entre les parents (certains sont là depuis l'aube, j'en ai vus, en arrivant, qui attendaient dans leurs voitures !), qui discutent entre eux ou disputent leurs garnements (les deux à la fois, bien souvent !), lancés, eux, dans des courses poursuites des plus périlleuses. Ca, évidemment, ce sont les grands... Et comment sont les petits ? En pleurs. Beaucoup s'accrochent à leurs mamans comme s'ils allaient à l'abattoir. D'autres restent pétrifiés. Surtout, on comprend mieux, face à ces bouilles pleines de sanglots, combien l'école peut être troublante pour de petits CP, et encore plus pour des Maternelles. L'inconnu. L'obligation de quitter Papa et Maman. Un cadre avec lequel il va falloir se familiariser. Le premier jour d'école est déterminant pour la perception que l'enfant aura de cette dernière. Ils sont touchants, ces petiots...Il a quand même une année entière pour se faire une idée ! Bien sûr.

Je repense à mes rentrées de Primaire. Je ne me souviens pas avoir pleuré mais... Tu dis ça mais ce serait bien ton genre ! La mémoire me fait défaut. En tous cas, moi, Mirabelle, examinant cette rentrée des classes du haut de mes vingt-deux ans, je revois mon instit' de CP, celle de CE1, celle de CE2, celui de CM1, celle de CM2... Ils m'ont marquée. Il y avait beaucoup d'institutrices, à cette époque ! Ca n'a pas changé, Victor. La profession est toujours essentiellement féminine.

Quand on change de statut, le point de vue change avec, forcément. Je suis, par exemple, en ce lundi matin, curieuse de la manière dont le directeur s'adresse aux géniteurs des élèves. A la façon dont les enseignants font rentrer les apprenants en classe. Les apprenants ? Quel jargon ! Je sais. Je trouve ça ridicule également, mais cela me fait rire ! J'observe les parents. Leurs regards sur les instituteurs. Et je souris... Parce que je compare la Mirabelle, son petit cartable sur le dos, toute fière d'apprendre à lire,
et la Mirabelle professeur des écoles stagiaire, qui a mûri, grandi, qui trouve sa voie, peu à peu. La vie nous façonne. Et ça me fascine...

Madame B. appelle ses CE2. Je me tiens prête. Mes yeux croisent ceux de ces jeunes écoliers, effarouchés ou craintifs, hilares ou confiants. Lunettes, cartables Barbie, casquette "Bob le Mécano", sourires à fossettes. Je suis déjà sous le charme. Je ferme la marche, suivant de près le joyeux troupeau de bambins en route vers la connaissance. Madame B. ouvre la porte de la classe. Bientôt, c'est le fracas des chaises contre le carrelage. Le zip des sacs que l'on ouvre. L'odeur des fournitures toutes neuves. C'est la rentrée pour des milliers d'enfants.

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

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La requête de Victor :

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Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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