XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Chez les British

Vendredi 15 septembre 2006
Mon cher Victor,

J'ai mon billet d'avion.
Le pass vers mon baptême de l'air. Mon billet pour Northampton. Ou plutôt mon billet "Paris-Luton", d'où je prendrai un taxi qui m'emmènera à l'université de Northampton. Ca se concrétise ! Comme tu dis. Hier soir, en cliquant sur "valider" pour confirmer la réservation de mon vol, j'ai eu une drôle d'impression. Comme si j'étais à un tournant de ma vie. Comme si je signais au bas d'une page avec la mention "virage à cent quatre-vingt degrés". Comme si la vie me murmurait à l'oreille : "Rien ne sera jamais plus comme avant"...

J'ai pensé à lui, à nous. Comme je le fais depuis quelques jours, avec toujours un peu plus de tristesse. Dimanche dernier, mon mystérieur inconnu est reparti pour Rouen. Après des vacances de quinze jours. Quinze jours ensemble. On s'y fait vite. On prend rapidement goût à se réveiller ensemble tous les matins, à s'endormir ensemble tous les soirs. En voyant la 406 verte disparaître au coin de ma rue, j'étais d'humeur plutôt mélancolique. Quelques miettes de week-ends encore, et je serais partie. Pour trois mois. Dimanche matin, je n'ai pas voulu me lever tout de suite. Je suis restée couchée dans ce lit que nous partageons. Sans un mot.

J'ai mon billet d'avion. Et ce voyage est une réalité, désormais. Une réalité que j'assume (c'est l'envie qui m'anime) mais qui s'obscurcit au fil des jours, à la perspective de le quitter. Je sais, Victor, que cet article relatait sensiblement le même état d'esprit, mais je ne peux résister à l'envie, au besoin de parler de lui, de nous, de cet inconnu qui m'attend, cet inconnu quotidien, à vivre sans lui. Je redoute le moment où je devrais le serrer dans mes bras, avant cette longue séparation. Car aucune étreinte ne saurait m'imprégner complètement de son odeur, de son toucher, de sa personne toute entière.

Je pars le 23 Septembre. De Paris Charles De Gaulle, en destination de Londres Luton, vol 2554. Décollage à 13 h 40. C'est réel. J'ai mon billet d'avion.

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- Par Mirabelle
Samedi 16 septembre 2006
Mon cher Victor,

C'est avec excitation que je t'annonce la création d'un nouveau blog, tout entier dédié à mes trois mois en Angleterre ! Magnifique ! J'espère que tu le tiendras régulièrement, mais surtout que tu n'en délaisseras pas pour autant nos conversations ! Rassure-toi : je vais essayer de concilier les deux ! Je ne peux pas te promettre, cependant, de venir aussi régulièrement qu'auparavant discuter avec toi, mais je donnerai de mes nouvelles autant que possible ! Je n'en attendais pas moins ! Alors, quelle est l'adresse de ce nouveau blog ?

Avant toute chose, j'ai quelques petits détails à mettre au point avec toi. Tout d'abord, je te prie, s'il te plaît, d'écouter bien attentivement ce que je vais te dire, et de le transmettre à tous nos amis blogueurs susceptibles de venir faire un tour sur ce nouveau blog. Ce site tout juste créé n'a pas la même vocation que celui-ci : il s'adresse en priorité à mes collègues PE2 désireux de suivre mon évolution au sein de la société anglaise, ainsi qu'aux membres de ma famille, à mes proches, soucieux d'obtenir un aperçu de mes journées à Northampton. C'est à dire, Victor, et c'est là le plus douloureux pour moi, que tu n'auras pas le droit de laisser des commentaires : je  ne veux aucune allusion à nos conversations, que ce soit de ta part ou de celle nos lecteurs ! Pas d'extrapolation, donc ? Tu attends de tes lecteurs qu'ils ne fassent des commentaires que sur le contenu de tes articles, et pas sur autre chose, c'est ça ? C'est ça.

C'est très important, Victor, car mon nouveau blog va constituer un lien étroit entre mon IUFM et moi. J'ai bien compris, Mirabelle, point n'est besoin d'insister aussi lourdement ! Si, au contraire, c'est nécessaire ! J'espère que tu as bien compris, Victor.  Toutes les précisions que je donne ici justifieront, à tes yeux aussi bien qu'à ceux de nos lecteurs, sur ce nouveau blog, l'absence totale d'allusion à nos conversations. Personne ne doit savoir, sur ce site que j'ai nommé "Mirabelle file à l'anglaise",  qu'il y a, dans mon coeur et dans ma vie, un célèbre écrivain du nom de Victor Hugo, avec qui je discute très régulièrement à la terrasse d'un café ! Je crois que nous avons saisi le message, Mirabelle... Et maintenant, je peux avoir l'adresse de ce nouveau blog ?

D'accord, je te la donne ! Mais je compte sur toi, Victor, pour être le plus discret possible, n'est-ce pas ? Et pour appliquer, à la lettre, toutes ces recommandations ! Mais oui, mais oui, et tu peux également faire confiance à tes lecteurs, ils seront muets comme des tombes ! Alors si vous voulez suivre mes aventures chez les English, et même si, pour l'instant, la page d'accueil est plutôt vide, c'est désormais ici que ça se joue ! Mais tu reviendras me voir, hein, Mirabelle ? Bien sûr : je te l'ai promis !
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- Par Mirabelle
Lundi 25 septembre 2006
Mon cher Victor,

Mirabelle ! Mirabelle ! Enfin te voila ! Je t'attendais hier ! Excuse-moi Victor, mais le week-end dernier a ete veritablement epuisant et... Eh bien, Mirabelle, que se passe-t-il ? Tu ne mets plus d'accents ? Fais donc attention ! Je craignais une reaction de ce genre... Victor, souviens-toi que je suis en Angleterre et qu'en Angleterre il n'y a pas d'accents sur les claviers, puisque, tout simplement, il n'y a pas d'accents en anglais ! Ah oui... Mille excuses, demoiselle ! Cela va me gener quelque peu mais enfin, nous ferons avec les moyens du bord ! Alors, raconte-moi ton voyage ! Et ta premiere fois en avion ? Et l'accueil ? Et le logement ? Doucement, doucement, Victor, nous allons y aller par etapes ! Et je te previens tout de suite : je me suis levee tres tot pour venir discuter avec toi, je n'ai pas encore pris de petit dejeuner, et quand mon ventre criera famine je te planterai ici ! Toujours aussi aimable... Bien, bien... Commencons par le commencement : ca n'a pas ete trop difficile de quitter tes proches ?

De ce point de vue, contrairement a ce que je craignais, je n'ai pas pleure !  Enfin, j'ai quand meme ete au bord des larmes en serrant ma petite soeur dans mes bras, petite soeur qui etait, elle, franchement en sanglots ! J'avais une boule au ventre en quittant mon pere et j'avais dit au revoir a ma mere il y a deux jours, occupee par un congres de psychiatrie dans une certaine ville. Et ton mysterieux inconnu ? Il m'avait accompagnee a la voiture et nous nous sommes dits aurevoir le plus sobrement du monde ! Il avait bien les yeux un peu brillants, et ma voix deraillait legerement pour trouver des mots de reconfort mais cela aurait pu etre pire !

Comment vous etes-vous rendus a l'aeroport ? C'est le pere de Sophie, ma collegue d'IUFM qui vit cette aventure avec moi, qui nous a emmenees. Peut etre as-tu retenu ton emotion a cause de cela. Peut etre... Toujours est-il que mon mysterieux inconnu m'a passe un dernier coup de fil a l'aeroport, avant l'enregistrement de mes bagages. Enregistrement ou j'ai eu, d'ailleurs, et si je puis dire, "chaud aux fesses" puisque j'ai frole le supplement : avec un poids total autorise de 20 kg en soute pour une valise, la mienne affichait 19,5 kg a la balance ! En effet ! J'imagine qu'au retour, avec les cadeaux que je rammenerai pour ma famille, je n'echapperai pas a ce fameux supplement !

Ah, Victor... Quoi ? Quoi ? Je commence a avoir faim, je vais bientot te quitter ! Oh non, pas deja ! Eh si ! Tu ne m'as meme pas donne tes impressions sur l'aeroport, moi qui revais de decouvrir cette curieuse petite bete ! Et puis je voulais aussi evoquer tes sensations pendant le vol ! Ce sera pour la prochaine fois, d'accord ? De toute facon, tu ne me laisses pas le choix ! Quoi qu'il en soit, c'est gentil de ta part de t'etre levee tot pour venir discuter avec moi, j'apprecie, vraiment ! Je continuerai a lire ton nouveau blog en parrallele, le ton est legerement different d'ici, un peu plus "conventionnel" mais enfin, je vais faire avec ! Tiens ! Ca tombe tres bien que tu en parles, Victor ! Je voulais en profiter pour te remercier, ainsi que nos lecteurs, d'etre venus y faire un tour ! J'apprecie votre discretion a tous ! Ben... C'est normal ! On ne voudrait tout de meme pas que tu te fasses renvoyer de l'Education Nationale a peine entree !
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- Par Mirabelle
Mardi 26 septembre 2006
Mon cher Victor,

Cette fois-ci, je ne t'attendais pas de sitot ! On pourrait croire que tu n'as rien a faire en Angleterre ! C'est juste que mes cours commencent la semaine prochaine et que je profite de mes moments de libre pour te faire une petite visite. Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre !

Comme je l'avais precise dans l'article precedent, et pour reprendre une expression d'Oceane, je vais narrer les petits details de mon sejour au compte-gouttes : aujourd'hui, nous evoquerons une drole de discussion que j'ai eue a l'aeroport. Autant te le dire tout de suite : une partie de franche rigolade nous attend !

Le pere de Sophie nous laisse donc a l'aeroport. Le plus drole est a venir apres l'enregistrement, lorsque mon bagage a main, rempli du fatras que j'ai transvase depuis ma valise, passe le rempart de la zone des douanes...

- Mademoiselle, s'il vous plait ! On va vous fouiller !

Aie aie aie... Evidemment, Sophie passe cette etape sans difficulte, tandis qu'un jeune maghrebin taille comme une armoire a glace deballe mon intimite, pas si intime puisqu'il s'agit surtout de mes affaires de cours : feuilles de classeur, trousse, pochette... Soudain, je suis prise d'un doute : aurai-je oublie de retirer ma paire de ciseaux ? Ce cher monsieur fouille deja dans ma trousse, tout en me gratifiant d'un sourire taquin. Et je m'apercois, rouge comme une pivoine, qu'il a en main mon taille-crayon Bourriquet !

- On aime Bourriquet, a ce que je vois ?
- Heu oui... Pas vous ?
- Non, de tous les personnages c'est le plus teube !
- Pourtant, il est gentil Bourriquet !
- Non, il est bete ! Et puis il est trop lent !

Sans que je m'en apercoive, trop occupee que j'etais a trouver des arguments pour la defense de mon ane favori, mon interlocuteur avait deja range l'integralite de mon bagage a main ! Quand j'eus rejoint Sophie, celle-ci me fit remarquer que j'etais "toute rouge". Je lui racontais alors la conversation pour le moins inhabituelle que j'avais eu avec l'homme de la douane. Nous avons bien ri. Et je ne verrai sans doute plus jamais les douanes de la meme facon...
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- Par Mirabelle
Mardi 3 octobre 2006

Mon cher Victor,

Contrairement a ce que j'avais annonce dans un article precedent (because I changed my mind !) je ne narrerai pas mes aventures dans l'ordre chronologique, mais par petites touches british pas forcement coherentes. Aujourd'hui, je voudrais te faire partager mon point de vue de jeune francaise mal fagotee (quoi que bon, c'est vrai, cela depend des fois, meme si je ne mets pas de mini-jupe en classe...) sur les "English Girls" que je trouve mal fagotees aussi, mais dans un tout autre style ! Causons mode, alors !

Lundi dernier, petite sortie en ville avec les "English Girls" de l'appartement d'a cote. Claire est particulierement sympathique et semble soucieuse de nous integrer dans sa bande de copines. Qu'a cela ne tienne, nous voila embarquees pour une "party" de danse endiablee, alors que moi, Mirabelle, ne suis habituellement pas tres a l'aise sur la piste, au milieu de tous ces corps dehanches, comme en temoigne ce vieil article. Tu n'affectionnes pas vraiment les thes dansants, c'est vrai... Euh... Victor, ce ne sont pas des thes dansants !

20 h. Nous frappons a la porte du flat de Claire, Lindsay et les autres. Et la, sous nos yeux ebahis, alors que nous avons sur le dos pull chaud et gros manteau pas sexy pour deux sous, elles apparaissent en tenue de lumiere, tout de court vetues : le decollete plongeant de Claire attire l'oeil et elle semble se deplacer tant bien que mal avec ses sandales ouvertes a semelles compensees. Quant a Lindsay, grimpee sur des talons aiguilles vertigineux, elle est carrement en guepiere noire, sobrement assortie a un jean des plus classiques. Une guepiere ?! Elle se croit au Moulin Rouge ? Point commun a ces deux jeunes filles : pas de manteau ! J'ouvre des yeux ronds et demande, en anglais, si elles ne vont pas avoir froid. Surtout qu'en Grande-Bretagne, le climat est plutot semblable a celui de ta Normandie ! J'en ai quelques souvenirs ! Lindsay se met a glousser et me repond, les yeux brillants de coquinerie, que non, au contraire, elle va avoir tres chaud ! Ah. Sophie et moi nous jetons un coup d'oeil incredule. Et remarquons avec amusement que Fabrice, le Francais que nous venons de rencontrer, partage notre etonnement. Ce n'est pas la meme culture ! J'ai le sourire rien que de t'imaginer emmitoufflee dans ton manteau d'hiver, atterree par les tenues legeres de ces demoiselles ! Te voila bien depaysee !

22 h 30. Nous sommes sur la piste de danse. Les hommes de la boite nous devisagent et nous comprenons immediatement que n'est pas anglaise qui veut. Non. Pour se fondre dans le paysage, il aurait fallu, en plus d'etre maquillee comme une voiture volee, porter une mini-jupe et un debardeur tres court, se tremousser devant des hommes plus excites les uns que les hommes et surtout arborer ce petit air provocateur que je percois chez la plupart des individus de sexe feminin. Je suis tout bonnement sideree. Il me semble assister a l'avenement du disco, toute etourdie par les paillettes et autres strass. Ce que je considere comme le comble de la vulgarite est ici percu comme une forme d'"elegance". Perturbant, non ? A qui le dis-tu ! Les Francais ont a l'etranger la reputation d'etre coinces et... On comprend pourquoi ! J'allais le dire !

Nous poursuivrons prochainement cette caracterisation fort interessante des jeunes Anglaises en nous focalisant sur "leurs conversations". La aussi, yeux ronds et regards atterres sont au programme ! Chouette ! Je n'aime rien de plus que la confrontation des cultures !

 

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- Par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 7 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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