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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 08:33

Mon cher Victor, oeuf

Oh la la, Mirabelle, ma pauvre petite chérie, je te trouve en sanglots, que se passe-t-il ? Tout allait trop bien, Victor. Tout était trop beau. Calme-toi, calme-toi... J'étais enceinte, Victor, j'étais enceinte et bientôt, je ne le serai plus. Est-ce que c'est ce que je crois ? Oui, c'est ce que tu crois, malheureusement. J'aimerais me réveiller de ce cauchemar mais c'est la réalité, la dure réalité. Que s'est-il passé ? Je ne compte pas te raconter tous les détails, mais dans les grandes lignes sache que j'ai atterri aux urgences gynécologiques hier soir. J'ai attendu plus de de deux heures, la peur au ventre, et après examen et échographie, l'interne m'a dit "qu'elle n'avait pas une bonne nouvelle". Je m'y attendais, je le craignais, je l'ai craint toute la journée, et j'avais raison. "Il y a bien eu grossesse, mais vous avez fait ce qu'on appelle "un oeuf clair", un terme que je déteste. Je préfère appeler ça une "grossesse arrêtée". D'ici une dizaine de jours, vous devriez expulser tout cela, si ce n'est pas le cas revenez nous voir et nous ferons le nécessaire. De toute façon, vous devrez bien patienter trois mois avant de recommencer les essais". Trois mois. C'est long, trois mois. Merci Madame. Bon courage, me dit-elle. Je vais en avoir besoin, au revoir Madame.

Ah ça oui, je vais en avoir besoin.

A la maison, j'ai rangé les petits chaussons dans une grande boîte, dans un placard.

J'ai caché également les livres "Devenir un super papa" et "Parents pour la toute première fois" achetés avec Chéri le week-end dernier, alors que nous étions encore persuadés que je portais notre futur enfant. Mais non. Dans la réalité, je n'avais dans le ventre qu'un pauvre sac vide, vide de tout embryon.

Il me reste à faire le deuil de cet bébé qui ne naîtra jamais. Je me suis endormie comme une masse hier, épuisée d'avoir tant pleuré, j'ai espéré un sommeil de plomb, c'était sans compter sur la tristesse qui m'a réveillée trois ou quatre fois dans la nuit, des heures entières à réfléchir : pourquoi moi ? Pourquoi nous ? J'ai pensé à ces deux amies enceintes et à leurs grossesses rêvées, à cette soirée demain soir où cela discutera encore petits pots, pantalons de grossesse, accouchement. Non je n'irai pas, non, je ne vais pas y aller, je ne peux pas y aller.

Me réveiller ce matin, fatiguée encore, embrasser mon chat, aller m'asseoir sur mon canapé au milieu de tout ce silence et me remettre à pleurer. Il est 8 h 47 et j'ai déjà les yeux rouges et bouffis. Depuis plus de deux aujourd'hui, je me demande tous les jours, si heureuse dans mon petit nid d'amour avec Chéri, quel est le prochain coup dur que la vie me réserve. Parce qu'il ne faut pas rigoler, il y a toujours un moment où la roue tourne, plus de deux années que je suis sur mon nuage, il faut bien en redescendre. Eh bien je crois que je l'ai, la réponse à mon perpétuel questionnement, je crois que je l'ai, et le temps sera bien long avant que je ne puisse remonter la petite échelle qui mène droit vers le ciel bleu.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 17:58

Mon cher Victor,

clearblue

 

J'attends un bébé. Aaaah !!! Félicitations ma petite chérie !!! Dis donc, cela n'aura pas traîné !!! Te le dire, prononcer ces mots "J'attends un bébé", c'est déjà l'éblouissement, c'est réaliser que cela devient vrai, sous la forme d'un test de grossesse qui affiche "Enceinte 2-3 semaines". C'est la rentrée des classes que j'ai presque oubliée ce matin quand le résultat s'est affiché, c'est mes larmes discrètes dans la voiture tandis que je roulais vers l'école, c'est Chéri qui affiche un "sourire stupide" toute la journée au travail, c'est ma mère qui pleure, me serre dans ses bras, demande si elle peut tricoter pour le bébé, c'est ma soeur aux anges au téléphone. C'est une explosion. Une explosion. Il me semble avoir changé, déjà, comme si ma vie prenait une autre tournure. Je ne peux pas y croire, Victor, je vais avoir un enfant avec l'homme que j'aime, que j'ai choisi, qui est le bon, j'en suis persuadée, je nous vois tous les quatre (ben oui, il faut compter le chat !) continuer de couler des jours merveilleux dans notre bel appartement. En trois ans, la vie peut changer du tout au tout, on peut se penser incapable d'aimer un jour, dégoûtée par l'amertume des histoires qui se terminent, pour finalement bouillonner de bonheur, en s'étonnant chaque jour que cela soit possible après tant d'écoeurement.

Je vais avoir un bébé, Victor, je vais être mère.

Chéri et moi allons être parents.

C'est la plus grande aventure de la vie, il paraît.
Je suis heureuse, Victor, si heureuse que ça n'a pas de mot.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 18:25

Mon cher Victor,


conception

Ca y est, c'est parti pour la grande aventure ! La grande aventure ? La grande aventure de la conception ! Vraiment ?! Oui, j'ai arrêté la pilule il y a trois semaines... Et ça fait tout drôle ! C'est une étape, c'est certain... Le tout est de franchir le pas avec sérénité ! Moui, enfin, tu me connais, mon Victor... Oui, et malheureusement, la sérénité n'est pas ta qualité première ! J'imagine que tu as déjà commencé à te monter le bourrichon ? Eh bien, j'essaie de ne pas m'emballer mais... Tu n'y parviens pas ? Ou qu'à moitié.

Essayer, tous les deux, avec Chéri, de faire un enfant, c'est émouvant, impressionnant. Cela devient réel. Oui. J'ai attendu cela tellement longtemps, tellement longtemps, maintenant que cela arrive, j'en suis toute surprise, comme si ce tournant décisif de l'existence arrivait à une autre que moi. Je me retrouve à calculer mon ovulation, compter les jours et surtout... Surtout ? Je crois n'avoir jamais autant écouté mon corps qu'en ce moment ! Attention à ne pas trop l'écouter ! Oui, je sais bien.

J'en suis à un point où je crois ressentir tout un tas de symptômes, des ballonnements aux maux de ventre, en passant par d'autres signes nettement-plus-crados-et-c'est-pour-ça-que-je-ne-les-écrirai-pas. Tout ça, c'est dans ta tête, ma pauvre Mirabelle, à tous les coups ! Je sais, Victor, je sais. Heureusement, Chéri est là pour tenter de me garder les pieds sur terre, mais la tâche est difficile, le pauvre, et régulièrement, je m'envole, je m'envole, sur mon petit nuage de maternité, en m'imaginant faire mon test d'ici quelques jours (ah, depuis combien de temps  je les reluque à la pharmacie ?!), pleurer toutes les larmes de mon corps, sauter dans les bras de Chéri en découvrant un immense +... Tu as déjà tout imaginé, à ce que je vois ! Méfie-toi, les choses ne se passent jamais comme prévu !

Il ne faut effectivement pas mettre la charrue avant les boeufs, cependant, mon désir est si fort que j'en arrive à évoquer des amies enceintes en utilisant les termes "elle attend elle aussi un bébé". Hihihi... Arrête, Victor, ce n'est pas drôle, pour l'instant je n'attends rien du tout, à part le jour de mes règles ! Et que c'est long, d'ailleurs, que c'est long de les attendre...  Et j'ai beau savoir, j'ai beau savoir que cela peut  prendre du temps, que mon corps,  après neuf ans sous contraception, doit apprendre à fonctionner naturellement, je ne peux m'empêcher de prier pour que ce bébé arrive le plus vite possible, j'ai tellement hâte, tellement hâte... Et le pire dans tout ça, tu sais ce que c'est ? Non, mais tu vas me le dire ! C'est que je meurs d'envie d'avoir des nausées matinales !

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 17:31

Mon cher Victor, mariage sissi

 

Je ne puis plus longtemps te cacher la vérité... Quoi ?! Que se passe-t-il ?! Tu es enceinte ?! Non. Encore mieux. Ou pire. Ou entre les deux : Cela dépend de quel point de vue on se place. Tu as démissionné de l'Education Nationale ? Et je vivrais de quoi, tu peux me le dire ? D'amour et d'eau fraîche ? Tu as publié ton premier roman ? J'ai dit "Pire", Victor, tu n'écoutes rien encore une fois ! Si j'avais été publiée, j'aurais poussé des cris d'hystérie et sauté au plafond comme un joli petit cabri. Alors non, je ne vois pas, vraiment ! Eh bien, je suis devenue Miss Nunuche. Miss Nunuche ? Oui oui, Miss Nunuche. Tu vas comprendre...

Il y a quelques jours, Miss Nunuche a demandé son Prince Charmant (parce que maintenant, c'est comme ça que je vais l'appeler, quitte à être nunuche, autant l'être franchement !) en mariage. Ooooooh ! Attends, attends...  Je n'ai jamais voulu me marier, et jusqu'ici, je tirais une certaine fierté de cette pointe d'anticonformisme. Les robes de mariée, les froufrous, les voeux, la belle déco, la musique, les flûtes de champagne, le riz et autres pétales de rose me laissaient relativement froide. Moi, Mirabelle, je clamais à tous ceux qui voulait bien l'entendre : "A quoi bon se marier quand on peut vivre heureux sans papier ?!". J'avais toujours été comme ça.  Vraiment. J'étais LA femme pas-comme-les-autres. Mais il ne faut jamais dire "Fontaine..." ! Comme tu dis. Et j'en suis toute retournée.

J'ai pris conscience de ma métamorphose il y a déjà quelques semaines. Deux ans que Miss Nunuche fréquente son Prince Charmant, leur beau petit appartement refait à neuf, l'étiquette avec les deux noms sur la boîte aux lettres, les vêtements pendus sur les mêmes porte-manteaux, sans oublier bien sûr (le meilleur pour la fin !), la plus grande aventure de toute notre vie à tous les deux : le bébé ! Bon, certes, il n'est pas né, pas même conçu, mais c'est un détail... Car on s'y met en juillet, et en juillet, c'est comme si j'y étais ! Bref : tout va bien.

Et puis il y a eu cette histoire de surprise. Foutue surprise. Sans vouloir entrer dans les détails, le Prince Charmant préparait une surprise à Miss Nunuche et Miss Nunuche s'est imaginée des tas de choses, ressemblant de près ou de loin (plutôt de près) à une forme d'engagement, alors qu'en vérité, il s'agissait de tout autre chose. Miss Nunuche a fondu en larmes sous le coup de la déception. C'est alors que lui est apparue l'abominable vérité, aussi surprenante qu'innattendue : mais oui, elle voulait passer le reste de sa vie avec cet homme et l'officialiser au grand jour ! Ooooh, comme c'est mignon... Tu parles !

Bien sûr, Miss Nunuche a fini par cracher le morceau, devant une crêpe et un cocktail, un certain mercredi midi. Et le Prince Charmant a rougi. Il a dit oui, il a dit oui ? Non. Quel dommage... Mais il n'a pas dit non non plus, Victor ! Miss Nunuche et son Prince Charmant ont discuté de tout cela, très calmement, et ont convenu que, peut être, un jour, ils se marieraient. Eh bien alors c'est un "oui" ! Mais non, Victor ! Pfff... Bref. Tusais ce qu'il a dit, le Prince Charmant ? Non, dis-moi ? Que pour l'instant, il était plus pressé d'être papa ! Oooooh, c'est mignon ! Arrête avec tes "C'est mignon", Victor, tu es en boucle, là. Bref. Dans le fond, tu as raison, c'est très très mignon et le coeur de Miss Nunuche a fondu.

Alors, c'est tout, cette histoire de mariage ? C'est réglé ? Ben oui. C'était juste pour dire que maintenant, j'étais devenue une femme comme les autres. Que je rêve d'être à lui aux yeux de la loi, enfin toutes ces conneries quoi. Au fond, tu es une grande romantique... Je me trompe ? Non. Enfin bon, ça m'embête quand même un peu. Ne pas être comme les autres, j'aimais bien, moi. Mais au bout du compte, ça n'a rien changé, maintenant il est juste au courant que je le vois avec un beau costume, entouré de tous nos amis et nos familles, nous embrassant sous les applaudissements. Et alors, il me ferait tournoyer dans ses bras sous mes éclats de rire et... Bon, c'est bon, c'est bon, j'ai compris ! Miss Nunuche, je te l'avais bien dit !

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 14:28

Mon cher Victor, 

 

ricetbarrier

 

Ricet Barrier est mort samedi dernier. Qui est-ce ? Bien sûr, cela ne te dit rien. Et très franchement, tu n'es pas le seul. Ce n'était donc pas une célébrité ? Pas à ce point-là, non. Il a connu son heure de gloire dans les années 60. Bien avant ta naissance donc ! C'était un chanteur de music-hall à la française, que l'on n'entendait plus nulle part, même sur Radio Nostalgie. Et si ce n'était pas le Johnny du music-hall, si effectivement, son décès laissera indifférent bon nombre de gens (notamment de ma génération), je suis ce matin un peu triste.

Ricet Barrier, c'est la chanson "les Spermatozoïdes", que mon père, mon oncle et un grand ami de la famille reprenaient à la guitare. Un morceau d'enfance. Les grandes tablées. L'odeur de tabac dans l'air. Ma soeur et moi, petites, chantonnant, sans rien comprendre, dansant sur le rythme saccadé, tel une cavalcade, tournant comme des toupies dans le salon, avec nos deux cousines. C'est la famille. En grandissant, ce sont des rires, beaucoup de rires, les spermatozoïdes, l'ovule, les gros mots parfois ("Papaaaa ! Le chanteur il a dit "piétine la gueule" !"), les familiarités, c'est si drôle quand on a moins de dix ans. Encore ces grandes tablées et cette harmonie des guitares, des voix, le bonheur de partager la musique. Toujours la famille. Cette chanson nous a suivies, d'année en année. J'ai, pour ainsi dire, grandi avec.

Alors j'écoute, encore et encore, "Les Spermatozoïdes", et du haut de mes 27 ans, je me dis que Ricet avait tout compris :

"Tous les autres vainqueurs, ceux qui sont d'jà dehors/ Ils m'attendent pour se battre, pour voir qui s'ra l'plus fort./ Ouais, quand je sortirai, il n'y aura plus d'vacances/ Pendant soixante-dix ans, la bagarre recommence ! C'est la vie ... c'est la vie ... c'est la vie ...".

C'est la vie, c'est vrai, et j'essaie de retenir, vainement, les éclats de rire de mes huit ans, la "jupe qui tourne" de ma soeur, la voix haut  perchée de ma mère, les grandes tablées, l'odeur du tabac froid, l'harmonie des guitares. Toute une époque.

Sur Deezer, si l'on tape "Ricet Barrier "Les spermatozoïdes", on obtient "0 résultat".

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 10:49

Merci à toi que je n'ai pas revu depuis trois ans, qui est parti sans un mot, sans une explication, qui m'a laissée m'en sortir seule, me battre seule ; merci à toi, qui m'a fait voir, involontairement, ce dont j'étais capable, ce que je pouvais supporter, ce que je pouvais entreprendre pour valoir mieux. Merci à toi, merci de m'avoir forcée à puiser dans mes ressources, merci, surtout, de m'avoir fait prendre conscience que j'en avais. Merci de ne pas m'avoir donné d'autre choix que d'attendre mieux d'un homme, merci de m'avoir offert, dès ma première histoire sérieuse, ce qu'il peut y avoir de pire en l'amour : le mensonge, la trahison, l'irrespect. Merci de m'avoir montré que c'est ça, aussi, que cela fait mal, que plusieurs années de lien tacite peuvent s'évaporer en un quart de seconde et qu'il n'y a plus rien soudain, que ce vide, ce silence, et le sentiment amer que tout cela, au bout du compte, n'était rien.

Merci à toi. Merci, car quand tu es parti, j'ai mis le doigt sur le meilleur de moi-même, compris qu'"exigence" n'était pas synonyme d'"intransigeance", que désirer quelque chose de bien, de vraiment bien, était à ma portée. Merci à toi d'avoir dévoilé la face la plus basse, la plus honteuse de ta personnalité, merci de l'avoir fait : je ne voulais pas de quelqu'un comme toi pour m'accompagner tout au long de ma vie.

Trois ans que je suis sans nouvelles, trois ans que je ne t'ai pas revu. Que tu ailles bien, que tu ailles mal, que tu sois heureux ou non, je m'en fiche. Je souhaitais juste te remercier, car tu m'as rendu un fier service, tu m'as aidée, en me quittant de la manière la plus ignoble qui soit, à réveiller celle que je voulais être, qui n'attendait que l'humiliation pour se regonfler d'orgueil et décréter qu'elle valait mieux que tout cela.

Merci à toi. Parce que je me suis prise en main, que j'ai grandi, et que je l'ai rencontré. Parce que je suis bien avec lui comme jamais je ne l'ai été avec toi. Ce n'est pas par éclair, pas par bribe, c'est tout le temps, tous les jours, et moi qui n'avais connu que l'étrange malaise de n'être pas à ma place, je me dis aujourd'hui que j'ai trouvé. Que je suis avec la bonne personne. Au bon moment.

Autrefois, tu venais commenter ici, de temps en temps. Peut être liras-tu ces lignes un jour, alors j'espère avoir été bien claire : tu es celui qui m'a fait le plus de mal, et encore aujourd'hui, je persiste à penser que tu t'es débarrassé de moi comme d'un objet trop encombrant, à qui on n'ccorde plus aucune valeur sentimentale. Mais tu es aussi celui qui m'a obligée à me transcender, à me battre, à m'en remettre, et surtout à viser mieux.

Alors merci, parce qu'aujourd'hui, je l'ai, mon grand amour, je l'ai et je ne compte pas le lâcher. Je suis sûre avec lui de tout ce dont je n'avais jamais été certaine avec toi. Je n'ai pas de doute. Nous allons nous promener, lire ensemble sur les pelouses du château, nous allons à la mer, nous rions, beaucoup, nous sommes proches, complices, de véritables confidents l'un pour l'autre, nous partons en vacances l'été prochain et projetons de mettre un bébé en route dans les mois qui viennent. Alors merci. Parce que vraiment, je n'avais jamais été aussi heureuse.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:44

Mon cher Victor,

J'avais décidé, dans un accès de dynamisme, de bonne volonté et d'inspiration, de venir te parler plus régulièrement que je ne l'avais fait auparavant... Oui, c'est vrai ! D'ailleurs... D'ailleurs, je devance tes propos, je ne suis pas capable de tenir mes promesses : ai-je trop changé pour venir encore converser avec toi ? Peut être... Peut être, Mirabelle... Mais s'il reste encore une once d'envie en toi, le sentiment que quelque part, évoluer, se transformer, vaut mieux que de tout briser, que de renier ce qu'on a été, alors reste, reste avec moi, reste avec moi et écris ! Oh, Victor... Je ne t'avais jamais connu si lyrique ! Peut être parce que moi non plus, je ne t'avais jamais connue aussi distante, aussi... Oserais-je le dire ? Aussi inexistante ? J'avais fondé de nombreux espoirs en toi, Mirabelle, tu avais dit que tu reviendrais et aujourd'hui... Aujourd'hui quoi ? Que te dire, mon pauvre ami ? Ecrire m'échappe ! Je voudrais, je voudrais tant, être capable encore, d'écrire tous les jours, parler, te parler, raconter, me raconter, mais... Mais ? Ecrire demande une telle énergie, une telle force, une telle disponibilité ! Et tu le sais, toi qui demeures un grand écrivain, le plus grand qui soit !

Je t'aime, Victor, et je ne te laisserai pas... Mais accepteras-tu seulement que je ne sois pas à la hauteur ? Que je me montre incapable de tenir mes engagements, incapable de déverser, comme avant, mes doutes et mes joies, mes bonheurs et mes peines ?

...

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 14:17

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Mon cher Victor,

L'attente est longue. Trop longue. Insupportable. Un accident il y a quelques jours et c'est la panique à bord. La panique ? La panique de quoi ? Et qu'est-ce que c'est que cet engin, ces inscriptions "enceinte", "pas enceinte" ?! Ne roule pas ainsi des yeux, tu m'angoisses encore plus... Mais, mais... Oui, oui, c'est bien ce que tu crois... Pardon, pardon ?

L'oubli d'une pilule contraceptive, deux jours et quelques galipettes plus tard, je me suis retrouvée à la pharmacie à acheter la PDL. La première de ma vie. La PDL ? La Pilule Du Lendemain. Mes mains tremblaient, je tremblais toute entière. Mon amoureux était là, avec moi, pétri de peur lui aussi, et la dame en blanc me faisait les gros yeux. Il me semblait être une gamine de seize ans, imprudente, inexpérimentée, qui découvre les joies de l'amour et ses risques. Sauf que tu n'es plus une adolescente et qu'il suffit d'une seule fois pour que survienne le pire !

Le pire... Ce ne serait pas le pire. Ce n'est pas ainsi que je le considère. Je veux un enfant. Mais... Mirabelle, ma petite chérie, autant que je le sache, ton Amoureux et toi-même vous fréquentez depuis peu de temps ! Six mois à vue de nez, non ? Non ! Un an et demi, Victor ! Quand bien même, quand bien même ! Oui, je sais ce que tu penses : ça va trop vite, ce n'est pas une décision que l'on prend à la légère. Mais tout a été vite entre nous : le coup de foudre que nous avons eu l'un pour l'autre, d'abord, les sentiments, l'emménagement ensemble, la grande aventure de l'appartement à retaper, la vie à deux, ses tracas comme ses instants de bonheur. Mais tout de même, de là à procréer ! Nous en parlons. Il n'est pas prêt, toutefois. Veut attendre. Encore. Un peu.

Et moi... Moi, je rêve que je suis enceinte. La nuit, je sens un bébé fictif bouger dans mon ventre. Je le caresse, et le réveil est toujours un moment douloureux. La vérité, Victor, c'est que cette envie de grossesse prend de plus en plus de place, me dévore toute entière, et attendre, attendre qu'il me dise oui, c'est long, c'est difficile, même si je sais qu'il le faut. 

Mercredi, j'ai passé la matinée avec une amie enceinte. Le jeudi je crois (mais avec tous ces questionnements qui me rongent, je n'en suis plus certaine !), j'ai oublié ma pilule et ne m'en suis aperçu que le vendredi soir.  Douche froide en découvrant le comprimé de retard. Lui l'a mal vécu. Quant à moi, j'ai oscillé entre la satisfaction de toucher mon rêve du doigt et la déception devant la terreur de mon Amoureux, terreur dont je n'étais pourtant pas surprise. Tristesse Immense devant la réalité des faits, la spontanéité des réactions. Dès le samedi, donc, j'ai avalé la pilule miracle. Avec l'envie de pleurer.

Depuis, j'attends. Plus ou moins seule. Parce que je ne peux pas en parler avec lui. Il crève de peur. Tandis que je vascille d'espoir et de crainte. Je ne devrais pas être enceinte. J'aurais dû en être certaine aujourd'hui, aucune preuve n'est venue. J'attends toujours. Le retard est normal, paraît-il, après la prise de la PDL. Et je sais que je ne serai pas l'exception à cette règle scientifique, statistique : la PLD est fiable à 95%. Bientôt, j'aurai mes règles et toutes ces questions, ces "et si ?", tout ce qui aurait pu être, ces espoirs interdits, que je réfrène sitôt qu'ils m'assaillent, seront terminés, n'auront plus lieu d'être. Je sais que c'est mieux ainsi. Que le moment n'est pas encore venu.

Parce que je sais que ce sera lui le père et pas un autre. Parce que je n'ai jamais été aussi sûre de moi, aussi à ma place avec qui que ce soit. Parce que je veux qu'il soit heureux le jour du grand évènement. Parce que nous sommes deux, tout simplement.

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 22:36

Mon cher Victor,

J'ai finalement fait le choix du remplacement long, sans trop savoir si cela me conviendrait. Ayant le souvenir d'une inspection désastre, j'ai pourtant opté pour le bonheur d'élèves à découvrir, opté pour le plaisir d'une classe...

Tu sais, l'année dernière, je n'ai pas connu cette opportunité.  J'ai changé. Changé tous les jours. De niveau. De lieu. D'école. Beaucoup de liberté pour si peu d'attachement... Tu n'es pas faite pour les remplacements courts, voilà tout ! J'étais pourtant persuadée que ce genre d'enseignement, sans conséquence réelle, était fait pour moi : ne pas s'impliquer, ne pas se morfondre pour son manque d'efficacité, ne pas sans arrêt se comparer aux collègues...

Depuis la rentrée, j'enseigne dans une classe de CM1-CM2, jusqu'à la Toussaint environ. Ils sont gentils, attachants, au point que j'en oublie parfois que ce n'est pas ma classe. Certes, leur niveau scolaire n'est, dans l'ensemble, pas formidable, mais ils sont respectueux, sympatiques, doux, des qualificatifs que je n'aurais jamais utilisés l'année dernière, lorsque j'étais partout et nulle part à la fois, lorsque j'étais dans telle école un jour et dans telle autre le lendemain.

Depuis la rentrée, j'ai 24 élèves à moi, même si ce ne sont pas vraiment les miens, je les aime et les protège, les dispute et les félicite... Ce sont mes élèves, et je sais déjà qu'il sera difficile de les quitter, que je retrouverai mon chez-moi la tête pleine de mots d'enfants et de souvenirs, pleine de souvenirs et d'attachement. De larmes aussi, parce que je ne peux pas m'en empêcher...

Je veux être une maîtresse à plein temps. Je veux les retrouver tous les jours. Je veux être leur référente à part entière, et personne d'autre. Certes, mon inspection de l'année dernière s'est mal passée. Mais je pense avoir mûri. Pris certaines distances par rapport à l'enseignante "très scolaire" que j'étais. Je ne sais pas si j'ai raison, je ne sais pas si je progresse. Je tente juste d'être bien, et de suivre l'idée que je me fais de l'Epanouissement, du mien avec un grand E et un grand M.

Faire bien ou mal, c'est un autre débat. J'en suis seulement à reconstruire mon identité professionnelle. Chaque  chose en son temps...

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:00

Mon cher Victor,

Longtemps que je ne suis pas venue ici. Et j'avais beau dire, beau faire, pas le temps. Pas l'envie, non plus. J'avais abandonné ce blog il y a longtemps, si longtemps que je me dis parfois que je m'en suis trop éloignée pour pouvoir revenir, malgré toutes mes belles promesses envers toi, Victor. La vérité, c'est que j'ai changé. On ne peut pas prétendre être restée la même pendant deux ans, du moins je n'y crois pas. Je ne suis plus la même. Je ne suis plus cette jeune stagiaire idéaliste, qui suait sang et eau sur ses préparations, oubliant son sommeil, son équilibre. Je ne suis plus cette Titulaire Première Année donnant tout ce qu'elle avait pour être à la hauteur de ses bouts de chou de CE2-CM1, faisant ce qu'elle pouvait pour les aider au mieux dans leur apprentissage. Cette jeune instit', qui se demandait, épuisée, si le rôle n'était pas trop lourd pour ses frêles épaules sans confiance. Non, je ne suis plus tout ça. Et je ne vois pas l'intérêt de te raconter des histoires, Victor..

La Titulaire deuxième année que j'étais a migré dans une ville étiquetée "vieillotte" après sa rupture avec son Mystérieux Inconnu, à environ cinquante kilomètres de chez elle, éprouvant le besoin d'un ailleurs. Là-bas, elle était seule. Ne connaissait personne. Elle a pleuré, beaucoup, pourtant persuadée que cette coupure, ce déchirement, était nécessaire. Ne connaître et n'être connue de personne, c'est là ce qui l'intéressait. Elle a passé un an à travailler, travailler, travailler, pour ses élèves, pour elle, comme une vengeance sur Lui, pour se persuader que si elle avait échoué avec Lui, elle n'échouerait pas dans son métier. C'est ainsi qu'elle l'a vécu.

Au début du mois de juin 2009, elle a été inspectée. Angoissée, à bout de forces, n'ayant qu'une seule envie : que cela se termine. Et cela s'est terminé, en effet. Il lui semble aujourd'hui qu'elle n'a pas su s'expliquer auprès de la Grande Méchante Inspectrice, pas su réagir. Une stagiaire, toujours : c'est ainsi qu'elle s'est perçue. Une phrase acerbe, blessante, l'a marquée, et a suffi à la déstabiliser. Elle y pense encore, à cette phrase. Elle la hante, cette phrase. Au mois d'août, elle a reçu sa note : 11,5. 1 point de moins que toutes ses amies, 1 point de moins que la plupart de ses collègues T2. En dessous de la moyenne, elle qui n'avait jamais été habituée à cela dans sa scolarité. Elle l'a gardée longtemps pour elle, cette note, comme une honte. Pourtant, la Grande Méchante Inspectrice n'était, paraît-il, pas si méchante que ça...

Un an plus tard, elle avoue n'avoir toujours pas digéré cette première inspection. Elle avait choisi de remplacer sur la Formation Continue, en septembre, pour s'en remettre, de cette note, se disant qu'au moins, à raison d'une journée ci, une journée là, elle risquait peu de porter préjudice aux élèves. Dégoûtée. Elle était dégoûtée, songeant aux nuits entières passées sur ses préparations... Sans doute avait-elle travaillé dans le mauvais sens ? Toujours est-il qu'elle ne s'était pas sentie capable d'avoir des élèves à elle, même sur des remplacements longs. Etre partout et nulle part à la fois, tel était devenu son métier, avec tout le manque de motivation que cela incluait.

Elle avait passé une année en demi-teinte, ne s'attachant à aucun enfant, n'étant jamais nulle part. La fin d'année n'était pour elle qu'une journée qui se termine, dans une école presque anonyme. Pas d'émotion, pas de cafard. Rien. Et ce simple constat la rendait triste, elle qui entretenait un souvenir émerveillé de son année de T1.

Nous sommes aujourd'hui le 25 août, la rentrée approche à grands pas, elle a le sentiment de n'être plus vraiment une institutrice. Elle sera toujours remplaçante l'année prochaine, n'étant pas parvenue à obtenir un autre poste.   Et depuis une semaine, une question la taraude, invariablement, sans répit : que choisir, la formation continue comme l'année précédente ou des remplacements longs comme il y a deux ans ? Se sent-elle prête à redevenir la maîtresse d'une classe, à prendre ce risque, sachant le peu de confiance qu'elle entretient en ses capacités ? Doit-elle poursuivre ses remplacements une journée ici une journée là, ne pas s'attacher, ne pas s'investir, se contenter de panser ses blessures, attendant d'être d'attaque pour reprendre une classe, reprendre confiance ?

 

C'est la première fois. La première fois qu'elle est incapable de choisir, la première fois qu'elle ne sait pas, qu'elle ignore ce qui est le mieux, pour elle comme pour ses élèves potentiels. Et elle a quarante-huit heures pour se décider.
Ce soir, la presque-T4 se sent mal, Victor, et elle se demande si elle a bien fait d'opter pour cette profession.

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