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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Comme je sais renvoyer un ascenseur virtuel, voici un petit article dont Matthieu m'a donné l'idée, suite à ses réflexions sur le sujet de la communication à l'intérieur du cercle blogosphérique et à ces commentaires, chez nous cette fois-ci. La communication virtuelle... Vaste problème ! "Problème" ? Pourquoi "problème" ? Tu vas comprendre ! Sev et Matthieu se connaissent dans la vraie vie. Mais en plus... Ils sont profondément amis ! Jusque là pas de problème ! Non, aucun. Là où cela devient interessant, c'est quand l'un d'eux cherche à avoir le dernier mot : c'est tout à fait réjouissant ! 1° : cela fait monter le nombre de mes commentaires (eh oui !) 2° j'adore ces petites parties de ping-pong auxquelles ils s'adonnent tous les deux ! Ca ne me dit pas où se situe ce fameux problème ! J'allais y venir !

De par ce que j'ai pu observer, il existe une sorte de "conflit" (le mot est bien fort, d'où les guillemets...) entre virtuel et réel. On n'est pas, dans le virtuel, comme on est dans le réel. Ca, j'en suis intimement persuadée. Comme je l'avais déjà expliqué dans cet article, la blogosphère est, à mes yeux, un lieu où s'exprime, le plus librement du monde, et en toute impunité, le narcissisme du blogueur. Là où ça coince (et je viens tout juste de m'en apercevoir), c'est quand il y a, dans le lectorat de ce même blogueur, un proche, un parent, un ami. Bref : quelqu'un auquel le blogueur tient profondément et qui le connaît in "real life". Et au niveau de la communication, ce détail, qui peut paraître anodin, et que tout blogueur affirme surmonter sans aucune difficulté, se révèle être ce qu'on appelle un "problème". Ah... C'est un problème vicieux, cependant, Victor. TRES vicieux. On ne l'identifie pas immédiatement. Et quand on l'identifie... Il est trop tard.

Je ne suis pas Mirabelle. Tout comme Ma2thieu est différent de M******* et Sev de S*******. Toute la subtilité d'une amitié qui subsiste, en réalité et sur la blogosphère, est justement d'établir cette distinction primordiale entre "la vraie vie" et le "virtuel". Ne jamais oublier que Ma2thieu est d'abord Matthieu, et que Sev (ou Kiasev) est d'abord S*******. Ne jamais oublier que Mirabelle est d'abord M***** et qu'Océane est d'abord F*******, jamais. Ce que tu es en train de me dire, c'est qu'il faut tenter, au mieux, de séparer la réalité et la blogosphère ? Oui, en quelque sorte.

Pour le lectorat exclusivement blogosphérique, l'identité du blogueur est floue. On le devine. On l'imagine. Et comme je l'ai lu quelque part, "chacun se fait des films et c'est très bien comme ça". Après tout, la blogosphère reste la blogosphère. Elle ne nous atteint pas dans la vraie vie, sauf dans les cas que j'ai mentionnés précédemment, c'est à dire quand le lecteur fait partie de la réalité quotidienne du blogueur. Là où ça se complique, c'est quand on connaît VRAIMENT la personne. Voilà ! Je comprends mieux ce que tu veux dire... Par exemple, tu entends par là qu'en cas de conflit, comme Sev et Matthieu (quoi qu'il s'agissait plus d'un exercice de répartie que d'un conflit !), c'est la réalité qui se confronte au virtuel ? Oui.

Il peut même arriver, parfois, de se sentir blessé : "Pourquoi écrit-il une chose pareille, à la vue de tout le monde ? Il n'est pas ainsi d'habitude !", surtout quand, à l'origine, pour l'auteur, il s'agissait, avec plaisir, d'évoquer le lecteur en tant que personne, à laquelle il tient particulièrement. Tu veux dire que l'identité de "personne réelle" de "blogueur" sont parfois susceptibles de s'entremêler jusqu'à la confusion ? Explicite un peu plus, Mirabelle : j'ai du mal à saisir ! Disons qu'on peut très bien écrire un article avec les meilleures intentions du monde, un article dépeignant une situation concrète et réelle, dans lequel un des lecteurs (celui qui connaît personnellement le blogueur) est impliqué. Et il se peut également que ce lecteur ne se reconnaisse absolument pas dans ce portrait qui est fait de lui : la blessure est évidente, et c'est au lecteur, alors, que de faire la part des choses, en redéfinissant ses priorités, ce qui lui permettra de passer par-dessus cette blessure, différenciant du même coup "personnage blogosphérique" et "personne réelle".

Donc, quand réalité et virtuel doivent cohabiter, les difficultés d'interprétation sont particulièrement prégnantes. Chacun comprend ce qu'il veut bien comprendre. Les disputes éclatent : connaître l'autre en réalité peut permettre un échange plus direct, plus franc. C'est une bonne chose, tu crois ? De quoi ? Que ce genre d'échanges se fasse justement sur la blogosphère et pas ailleurs ? Non. Parce que le fait que tout soit étalé sur "la place publique" (si on peut dire) engendre nécessairement une blessure narcissique telle que le lecteur n'est plus capable de ramener la situation en ses juste proportions, et de se rappeler qu'avant d'écrire cet article, le blogueur EST (et restera) un ami, un réel ami, quelles que soient ses maladresses. Tu veux dire que les conséquences peuvent être graves ? Oui. Je le pense profondément. Humm... Et tu crois que tout se remet aussi facilement ? Bien sûr que non.

La blogosphère peut être un piège, Victor. Et si j'avais un conseil à donner à mes lecteurs, ceux qui n'ont pas encore franchi le pas, ceux qui rêvent de tenir un blog sans oser, je leur donnerais le suivant : ne donnez JAMAIS l'adresse de votre blog à vos proches, famille, amis, amoureux... Jamais.

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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, je vais ENCORE te parler d'Aurélie ! Tu publies la suite de tes écrits ? Non, du tout. Ah... Je voudrais revenir sur sa grossesse, et ce qu'elle a suscité en moi... Très bien, je t'écoute ! Samedi soir, j'ai passé la soirée avec son ami (le futur papa !) et elle-même, dans leur petite maison douillette, dans laquelle ils viennent de s'installer. C'était la première fois que je voyais Aurélie enceinte, et je dois avouer que j'attendais la vue de son ventre rond avec une certaine impatience.

Quand je suis entrée, sa grossesse m'a sauté aux yeux. Mais attention, Victor, je ne te parle pas seulement de l'aspect physique de sa transformation : j'entends aussi tout un épanouissement, toute une métamorphose, un rayonnement que je ne lui connaissais pas. Aurélie était belle. Vraiment belle. On aurait dit une fleur. Elle incarnait la vie, purement et simplement. Pourtant, son ventre est encore petit : six mois de grossesse n'équivalent pas à neuf mois ! Je m'en doute... Aurélie m'a fait visiter la maison. M'a montré la future chambre de Clara. Landeau, berceau, parc étaient déjà entreposés dans la pièce... Elle m'a également mis sous les yeux la brochure de "Bébé9", et en particulier le mobilier choisi pour la chambre de la petite, armoire et table à langer.

Nous avons longuement discuté de désir d'enfant, de continuité, de logique. Silencieusement, je revoyais la Aurélie de mon enfance, si différente de cette adulte, de cette future maman qu'au fond, je ne connais pas bien. J'ai regardé longuement son ventre, ce soir-là. Fixement. Et j'ai ressenti, soudain, un PROFOND DESIR DE BEBE, réel, envahissant, qui prend aux tripes. Tu m'avais déjà parlé de ce désir... Il n'était en rien comparable, Victor. Ce n'était pas du tout la même intensité. Là, assise sur le canapé, à observer le ventre d'Aurélie avec des yeux ronds comme des billes, tout mon corps me criait que je voulais être mère, moi aussi, savoir ce petit corps pas encore autonome à l'intérieur de moi, lui parler, sourire sous ses coups de pieds... Tu connaîtras tout ça un jour, j'en suis persuadé ! Bien sûr. Je n'ai aucun doute là-dessus.

"Je suis enceinte."... Ce soir-là, je me suis imaginée prononçant ces mots. A l'homme que j'aime, d'abord... Qui est-il, ce fameux inconnu ? Tu remarqueras que tes lecteurs comme moi-même sommes très curieux sur ce point ! J'ai déjà dit que je me tairai sur ce sujet, Victor ! Tu es têtu comme une mule ! Et puis, cela ne veut pas dire que j'ai trouvé le père de mes enfants... D'accord, d'accord, j'abandonne... "Je suis enceinte". Je me suis vue devant ma mère, en pleurs : "Ma chérie ! C'est merveilleux !", puis ma soeur, au bord de l'hystérie à l'idée d'être bientôt tata... Mon corps qui se transforme, peu à peu. Ma famille aux petits soins... Je vois que ton imagination galope ! Comment faire autrement, Victor, hein, dis-moi ?

Cette maison, ce couple, respirait le bonheur. L'attente sereine et épanouie de ce petit être, de cette petite Clara, connue et inconnue à la fois. Tous deux respiraient "l'évolution de l'amour". Qu'entends-tu par là ? Aurélie m'a expliqué que concevoir cet enfant s'était imposé naturellement à leurs esprits. Naturellement. N'est-ce pas là la plus belle chose qui soit ? C'est ce qui me fascine le plus, Victor... D'où le titre de ton article, je suppose ? Tout à fait !

La vie est un cycle, Victor. Un éternel recommencement. La vie s'impose. C'est rééllement ainsi que je le perçois. C'est cette logique, ce naturel, que je voudrais toucher, ne serait-ce qu'une fois, du bout des doigts. Car le naturel est le signe, selon moi, d'un épanouissement profond, la certitude que le bien existe et que ce bien passe par la lente métamorphose d'un bébé en enfant, d'un enfant en adulte, d'un adulte en parent, d'un parent en grand-parent... Les différents stades dont tu parles, chacun y parvient forcément à un moment donné. Bien sûr... Mais chacun y parvient-il avec le même degré d'épanouissement ? Sereinement ? En se laissant porter, glisser ? Je ne crois pas. Je présume que cette quête est plus difficile... Car ce qui est en jeu, dans tout ça, c'est le bonheur, on en revient toujours au même ! C'est vrai. Et la maternité en fait partie... Patience, Mirabelle, patience, tu y viendras, toi aussi ! Humm... Tu sais ce qui me chiffonne, Victor ? Clara naîtra fin octobre. Et alors ? Et alors ? Et alors je serai en Angleterre à ce moment-là ! Ah, zut... Dommage pour toi !

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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Hier matin, 9 h 15, petite visite à un medecin agrée. Tu es malade, ma petite Mirabelle ? Pas le moins du monde ! J'avais seulement un certificat médical à faire remplir, attestant que je ne présentais aucune indication à MON métier, celui de professeur des écoles ! Mon dieu, je suis encore toute émue d'écrire une telle phrase ! Je ne m'en remets pas, de ce concours ! Bref... Il t'a fait un certificat médical, d'accord... Et ensuite ? Attends, Victor... Tu as l'air de penser que tout s'est déroulé pour le mieux ! J'ose l'espérer, en effet ! C'est sérieux, un rendez-vous chez le médecin ! Dans ce cas, détrompe-toi : comme tu peux le constater, je publie cet article dans la rubrique "Les coups de gueule de Mirabelle" ! Ah oui, c'est vrai... De quoi me faire changer d'opinion !

Je ne t'avais pas fait part, Victor, de mon premier rendez-vous chez un médecin agrée, censé, lui aussi, me fournir un certificat médical, mais cette fois pour mon 1500 m ! Non, tu ne m'en avais pas parlé. Ce rendez-vous avait été assez... Surprenant ! Un retard d'une heure, d'abord, et sans un mot d'excuse (heureusement que je n'avais rien prévu d'autre dans ma matinée !), une doctoresse qui critique les enseignants (et les JEUNES enseignants, en particulier, c'est un comble !) et ne me fait pas faire de test d'effort : tout juste a-t-elle écouté mon coeur et mes poumons ! C'est léger, en effet ! En arrivant ce matin chez ce nouveau médecin (une femme encore une fois, par commodité personnelle), que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, je m'attendais à un examen plus méticuleux. Ce certificat devait être renvoyé à l'Education Nationale, alors pas de blague !

Je suis en avance de cinq minutes. J'attends. A 9 h 15 tapantes, la patiente qui me précédait quitte le cabinet. Je me trémousse sur ma chaise, impatiente de quitter cette salle d'attente où je crève de chaud. Cependant... Toujours pas de docteur ! Sans doute se lavait-elle les mains entre deux patientes ! Tu vas voir... J'attends toujours, donc. Cinq minutes, puis dix... La salle d'attente jouxte le secrétariat et les murs se révèlent être en papier cigarette. J'entends deux voix féminines, qui papotent à propos de leurs vies de famille. Des rires étouffés... Je comprends bien vite que cette charmante doctoresse me fait poireauter depuis dix minutes au profit de sa mignonne petite secrétaire, aussi bavarde qu'elle ! Quel culot ! Je suis bien d'accord, mon pauvre Victor ! Enfin, des pas se rapprochent. Une femme me regarde, les bras croisés sur la poitrine : "on y va !". Bras croisés : attitude défensive ! Ca promet ! Humm...

Une fois la porte close, j'explique mon cas. Concours de professeur des écoles obtenu... Papiers à renvoyer... Nécessité d'un certificat médical... Elle prend ma tension, m'interroge sur mon cursus scolaire. J'évoque ma licence d'anglais. Et là, la langue de cette brave dame se délie, ses traits se détendent : celle que j'avais jugée selon ses bras croisés se métamorphose en un véritable moulin à paroles ! De quoi t'a-t-elle parlé ? De sa famille ! De son petit-fils, à moitié-américain, de sa petite-fille en classe de CE1 (fascinée par les tétards !), de sa fille et d'André (son mari) ! Mais elle ne te connaissait pas ? Pas du tout ! C'était la première fois qu'elle posait les yeux sur moi ! Mon dieu... Et pendant ce temps-là que faisait-elle ? Qu'a-t-elle examiné après avoir pris ta tension ? Rien ! Rien de rien ! Quoi ?! Tu as bien entendu, Victor : rien de rien !

Elle a rempli mon certificat, a terminé de me raconter sa vie et zou, en dix minutes maximum, j'étais sortie ! Et en y réfléchissant bien... L'examen en lui-même a été nettement moins long que son incroyable monologue ! Je n'en crois pas mes oreilles ! J'étais loin d'envisager qu'il existait de tels médecins ! Et moi qui m'étais mise en tête que ce certificat médical serait établi avec plus de sérieux que le précédent... J'ai été bien naïve ! Te rends-tu compte, Victor, qu'elle ne m'a écouté ni le coeur ni les poumons ?! Et si tu avais eu quelque chose ? Une maladie, même sans gravité ? Il est vrai que cela peut toujours arriver, on est jamais trop prudent ! D'ailleurs, j'avais apporté mon carnet de santé, au cas où... Cette femme aurait dû m'ausculter sérieusement, pour s'assurer que tout allait REELLEMENT bien chez moi, d'autant plus que, je te le répète, ce n'était pas mon médecin traitant ! Un tel comportement m'aurait moins choquée venant d'un médecin de famille... Mais là c'est innacceptable ! Comme tu dis ! Et tu as payé une consultation pour ça ? Pour l'entendre parler de sa petite famille ? Fort heureusement, non... Ouf... C'est déjà ça de gagné !

 

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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Ca y est, je l'ai lu ! Tu as lu quoi ? Ce fameux best-seller : le "Da Vinci Code". Connais pas... Pourtant, lui te connaît, Victor : ton nom est mentionné plusieurs fois dans le roman ! Il n'y a pas de quoi s'étonner, je suis un écrivain connu et reconnu ! Certes, mais ce n'est pas à ce titre que ce roman s'intéresse à ta personne. Ah bon ? Et pourquoi alors, si ce n'est pour mon talent et mes chefs-d'oeuvre ? Tu as été Grand Maître du Prieuré de Sion, n'est-ce pas ? Mais, mais... Victor, pourquoi pâlis-tu ? C'est de notoriété publique, désormais ! Ah bon... Mon identité en tant que Grand Maître devait pourtant rester secrète ! Elle ne l'est plus, désormais ! Ah... Et tu souhaitais m'interroger sur mes responsabilités en tant que Grand Maître ? En fait, pas du tout... Je voulais juste parler du livre ! Ah bon... Tu es déçu, Victor ? Sans mauvais jeu de mot, j'aurais aimé me tirer la couverture, mais enfin tant pis... Tu te la tires déjà assez comme ça !

Quand le "Da Vinci Code" est paru, il y a trois ans... En 2003, donc ? Quel sens brillant de la déduction, Victor ! Ne te fiche pas de moi, tu veux ? Je tente de me repérer dans votre siècle, voilà tout ! Mais oui, mais oui, je te taquine... Qu'est-ce que je te disais déjà ? Ah oui, voilà ! Je disais donc que quand ce roman est sorti, je n'avais AUCUNE envie de le lire. Et pourquoi ? Tout le monde ne parlait que de ça. Son auteur était sur-exposé. Ce roman était un "phénomène exceptionnel" selon certains. Je ne comprends pas : tu aurais dû avoir envie de le lire, au contraire ! Justement non. Ce roman a donné lieu à une certaine polémique, et j'ai toujours eu du mal à lire les livres qu'on porte au nu. Ancien Grand Maître du Prieuré de Sion, j'imagine aisément quels enjeux étaient derrière tout ça... Eh oui, Victor ! La religion ! Et le plus grand scandale religieux que le  Vatican ait jamais porté, caché derrière l'Histoire religieuse officielle : Jesus Christ aurait épousé Marie-Madelaine (qui, entre parenthèses, était, apparamment, de sang royal, et non une prostituée !) et donné naissance à un enfant, ou plutôt à UNE enfant, prénommée Sarah ! N'est-ce pas une des plus grandes révélations de tous les temps, Victor ? J'en sais quelque chose ! J'ai gardé ce secret du mieux que j'ai pu !

Ce roman m'a passionnée. Pourtant, les premiers chapitres m'ont laissée assez froides : je n'aime pas le style de Dan Brown, autant te le dire tout de suite, Victor. D'ailleurs, dans ce cas précis, affirmer que le style ne me convient pas ne me paraît pas très approrié : à mes yeux, il n'y a tout bonnement AUCUN style. Tu ne mâches pas tes mots ! Non. Je n'irai pas jusqu'à dire que le style fait tout dans un roman, mais il y contribue très fortement. Et là... J'ai été extrêmement déçue, bien qu'avertie par ma chère maman, qui avait lu le livre juste avant moi : "Je te préviens, le style est assez fade.". Cependant, elle avait ajouté... Qu'elle l'avait lu en deux jours, tenue en haleine par un suspense haletant ! Et effectivement... Elle avait encore raison ! Eh oui ! Il n'y a pas un seul temps mort dans ce roman ! Et je l'ai lu, moi aussi, en deux jours, profitant de mes vacances pour rattraper mon retard dans mes lectures ! Parce que j'adore lire, tu ne le savais pas, ça, Victor ? Si si, bien sûr que je le savais !

Ce roman est tout bonnement fascinant. J'ai, par exemple, été éberluée d'apprendre que les Croisades avaient pour but premier de trouver le Graal (sur lequel nous entretenons, apparamment, de fausses représentations !). Cela va à l'opposé de mes cours d'histoire à l'IUFM ! C'est tout simplement fascinant ! Fas-ci-nant ! Que faisait Dan Brown, avant de publier ce roman ? Il était professeur d'anglais ! Attention, Mirabelle, à ne pas tout prendre au pied de la lettre ! Ce monsieur s'est sans doute très bien documenté avant d'entamer l'écriture de ce livre mais l'histoire religieuse, officielle ou officieuse, est encore bien complexe que ce que tu sembles penser ! Je sais, Victor, pour qui me prends-tu ? Je souhaite seulement te ramener à la raison ! Je suis au courant de tout ça : s'il y a eu tant de polémiques autour de ce livre, c'est bien parce qu'il avait engendré un conflit entre L'Eglise et la (prétendue ?) vérité annoncée dans le "Da Vinci Code" ! Certains historiens, spécialistes de l'Histoire religieuse, ont dénoncé des erreurs dans le roman, des anachronismes... Je suis bien consciente que tout n'est pas aussi simple ! Si tu le dis !

Je ne prétends pas avoir gobé tout ce que j'ai pu lire. Je tenais juste à exprimer ma fascination face à une telle manipulation, qu'elle soit vraie ou fausse ! Je ne crois pas en Dieu, Victor, je te l'ai déjà dit. Mais l'histoire de Jésus, dans ses grandes lignes, fait partie de la culture commune de chacun d'entre nous, et je trouve extraordinaire de découvrir qu'on nous a (peut être) raconté des sornettes à son sujet ! Et que la foi repose sur des bases incertaines ! Elle repose FORCEMENT sur des bases incertaines, Mirabelle : c'est le principe même de la foi ! Oui, c'est vrai... La foi n'existerait pas sans cette part d'irrationnel, cette croyance que l'on ne pourra jamais prouver. C'est ce qui fait ce qu'elle est !

J'ai été également fascinée par la portée des symboles au coeur de ce roman. C'est incroyable. Cela ne m'étonne pas de toi, tu as toujours aimé les symboles ! Oui, mais là, c'est différent. Cela touche des tableaux, des peintures, des livres que nous connaissons tous. Leonard de Vinci par exemple. J'ai découvert, grâce au roman, le sens caché du tableau "La Cène". Et j'en ai eu des frissons ! A ce point ? Tout à fait ! Qu'il y ait eu tant de signes d'une possible vérité, là, sous nous yeux, m'émerveille ! Nous n'avons strictement rien vu ! Strictement rien ! Mirabelle, tu recommences à t'emballer ! Ne crois pas tout ce qui est dit dans ce roman, j'insiste ! Je le lirai bientôt, et j'en parlerai avec toi pour éclaircir certains points ! Si tu veux...

En tous cas, après avoir lu ce roman, j'ai été prise d'une envie folle : aller au Louvre pour revoir la Joconde ! Mon premier contact m'avais "bousculée" si je puis dire... En effet, un groupe de touristes japonais m'avait empêché de m'approcher de la toile, à grands renforts de coups de coude ! Enfin, quand je pus me frayer un passage, grâce à ma petite taille (celle-là même qui m'handicapait, même sur la pointe des pieds !), mon excitation retomba comme un soufflet : alors ce n'est que ça, la Joconde ? Mais aujourd'hui... La situation est tout autre : tu as lu le livre et tu envisages ce tableau autrement ! Exactement !

 

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Après notre petite conversation d'hier, j'ai réfléchi. Il me semble, en tentant d'adopter un point de vue objectif, que depuis quelques semaines déjà, j'ai perdu le ton pessimiste et désabusé qui caractérisait nos débuts. Serait-ce l'effet de ta réussite au concours ? J'imagine que ce succès y est pour beaucoup, en effet... Tu sembles le regretter ? C'est à dire qu'en balayant tous les sujets que j'ai pu échanger avec toi jusqu'ici, ceux qui demeurent les plus chers à mon coeur sont souvent les plus douloureux. Comme par exemple tous les articles que j'ai pu écrire dans la catégorie "Mirabelle et Johan, les amants terribles". Catégorie à laquelle tu as mis un terme, si mes souvenirs sont exacts. Ils sont exacts, Victor. Est-ce à dire que tu préférerais écrire des articles douloureux ? Comme tu y vas ! Non. Seulement...

Depuis quelques temps, je ne me perçois plus de la même façon en tant que blogueuse. Là encore, éclaire ma lanterne ! Le 28 Janvier 2006, c'est à dire le jour où nous nous sommes rencontrés pour la première fois, notre conversation a été engagée sur le ton de la confidence métaphysique, proche du : où suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'erre ? En effet... N'as-tu pas perçu quelques changements sur ce plan, Victor ? Si, bien sûr. Tu sembles aborder la vie plus légèrement et par conséquent, le ton de nos conversations est plus léger, plus badin... C'est exactement là où je souhaitais en venir ! Quels sont tes articles préférés, Victor ? Humm... Question difficile... Il faudrait que je les relise tous, mais j'aime particulièrement les articles où tu te montres un peu mélancolique... Tu as dans ces moments une tournure d'esprit qui me touche tout particulièrement ! Et tu dis que nos conversations d'aujourd'hui sont plus légères ? C'est mon avis... Tu as l'air embêtée ?

Comme tu le sais, j'aime écrire. Et ? Et ma "tournure d'esprit", comme tu le dis si bien, m'amène à entretenir, en général, un goût certain pour le mélodrame, la tristesse et autres mélancolies. Et ? Et depuis quelques temps, je peine à écrire des articles intéressants, dont je sois satisfaite. Et ? Arrête avec tes "et", Victor, c'est fatiguant... Et je n'aime pas ça. Tu n'aimes pas mes "et" ou tu n'aimes pas tes articles tels que tu les écris aujourd'hui ? Je n'aime pas mes articles tels que je les écris aujourd'hui. Et à quoi est dûe cette insatisfaction ? Au fait... Accroche-toi bien, Victor, car ce que je vais dire est bougrement tordu... Au fait qu'en ce moment, il n'y a plus grand chose qui cloche dans ma petite vie. Magnifique ! Bientôt, tu vas regretter d'être heureuse ! Je ne suis pas heureuse. Cependant. Cependant ? Je ne suis pas malheureuse non plus ! Il y a une différence, c'est exact ! Et cette "différence" se ressent, à mon avis, dans mes articles, jusque dans mon style !

J'aime le malheur, Victor. Cela peut paraître curieux, mais c'est ainsi. Les plus belles chansons sont les plus désespérées. Mes romans de prédilections sont des tragédies (ahhh ! "Anna Karénine" ! Ahh ! Madame Bovary !). Les films qui me touchent le plus se terminent mal (non, ils ne se marièrent pas et n'eurent, par conséquent, pas d'enfants !). C'est ainsi. Curieux, effectivement... Et quand j'écris...

Quand j'écris, si ma "tournure d'esprit" est portée vers la tristesse, la mélancolie, il me semble que mes idées s'enchaînent, fluides, que les mots se bousculent, harmonieusement, que les phrases ont une tonalité particulière, une tonalité que je ne parviens pas à restituer en étant "sereine". Vois-tu ce que je veux dire, Victor ? Humm... En résumé, il me semble que je créé plus facilement si je suis malheureuse. C'est le cas de nombreux artistes, c'est vrai. Et c'est spécialement le cas dans l'écriture ! Le malheur inspire plus que le bonheur, pour la simple raison que le bonheur est, par définition (en supposant qu'un jour on puisse l'atteindre !), l'absence de frustration, un état de plénitude qui entraîne moins de questionnement. Ce qui explique que les plus belles oeuvres aient été écrites lorsque leurs auteurs étaient plongés dans une sorte de mal-être existentiel !

Alors, puisque tout va bien dans ma vie (ou presque : qui peut se vanter d'avoir une existence ronronnante de bien-être ?), j'ai plus de mal à écrire. C'est normal... Et j'en arrive à souhaiter, ou quasiment, de créer mon propre malheur pour écrire de manière plus satisfaisante ! Mirabelle... Oui, Victor ? Je me demande parfois si tu es saine d'esprit ! Enfin, Victor, tu sais bien que c'est une façon de parler... Je ne veux pas vraiment être malheureuse ! Je m'attends à tout, avec toi !

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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tu le sais sans doute déjà, mais l'équipe de France a perdu la Coupe du Monde de Football. Il me semblait bien avoir déjà entendu parler de quelque chose dans ce genre, oui... Alors tu sais aussi que Zidane a pris un carton rouge pour avoir donné un coup de tête à un joueur italien ? Je n'ai pas vu l'image mais ce geste a suscité bien des commentaires ! Eh bien, si tu veux la voir, cette fameuse image, la voici :

 

 

Il n'y a pas été de mains mortes ! Mon dieu ! Et pourquoi une telle violence ? C'est LA grande question que tout le monde s'est posé, Victor. Pourquoi ce ton sarcastique ? Parce que je m'en fiche, moi ! Ce qui me rend folle, surtout, ce que je ne supporte pas, c'est tout le tapage que l'on fait autour de cet incident ! Par exemple, voici ce que j'ai pu trouver sur un blog de Libération traitant du Mondial et donc, plus précisément de ce fichu coup de tête à la noix :

"Le coup de boule de Zidane permet de tirer cette leçon de vie : ne faites jamais confiance à un mec qui prétend savoir lire sur les lèvres. Avant hier, Globo (chaîne brésilienne) avait fait donner un expert en lecture labiale. Verdict: Materazzi aurait dit à Zidane "ta soeur est une pute". Le même jour, le Guardian affirmait avoir enregistré, avec ses propres moyens techniques tout autre chose (il est question de terroriste et de sale musulman). Et voilà que le Sun, the Times, the Daily Mirror et le Daily Mail s'y mettent aussi (toujours en ayant recours à des spécialistes de la lecture sur les lèvres utilisés lors d'enquêtes judiciaires) pour arriver tous à un résultat qui apparaît comme un mixe entre les deux versions : "on sait tous que tu es le fils d'une pute terroriste"."

 

Depuis, Zidane s'est excusé, il a avoué qu'il ne regrettait rien, expliquant que Materazzi l'avait insulté plusieurs fois au cours du match, et en visant tout particulièrement sa mère et sa soeur. Je comprends qu'il se soit senti blessé mais de là à faire ce qu'il a fait... Je n'excuse pas son comportement ! Aussi légendaire Zidane soit-il ! Comment sais-tu qu'il est légendaire ? Enfin, Mirabelle, tu as la mémoire courte ou quoi ? Souviens-toi que tu avais publié cet article sur Zidane, voilà un certain temps ! Ah oui...

Beaucoup de Français excusent ce geste, Victor. 50% environ, ce qui est selon moi, énorme. Les journalistes le posent en victime ou en héros qui défend ses droits. Parfois les deux à la fois ! Sur France Inter, au Journal de 13h, j'ai même entendu, éberluée, une analyse sociologico-psychologique de mes deux de la part de... Mirabelle ! Qu'est-ce que c'est que ce langage ? Excuse-moi, Victor... Il faudrait que je retrouve l'intervention de cette bonne femme, tu comprendrais pourquoi j'utilise de tels termes ! Une essayiste spécialiste du sport ou un truc dans le genre, censée analyser ce fameux incident. Laisse-moi rire... La voilà qui non seulement explique le geste de Zidane mais l'excuse, dans un jargon pseudo-intellectuel, en comparant Zidane à certaines figures mythologiques ! Et elle va même jusqu'à l'approuver ! C'est le monde à l'envers ! Je trouve aussi... J'ai entendu beaucoup de reportages sur le sujet. Tous avaient le même ton "zidanesque" : défendons nos héros !

Peu de journalistes ont osé rappeler que Zidane, au cours de sa carrière, avait été expulsé une douzaine de fois. C'est pourtant un élément très interéssant, qui permet de cerner un peu mieux le personnage et surtout, de couper court à toute démagogie, à toute remarque laissant entendre que Zidane est l'incarnation même de Dieu... Il y a quelques jours, j'ai tout de même lu un Editorial fort bien pensé, dans Ouest-France, qui remettait les pendules à l'heure : ce qu'a fait Zidane est inexcusable. Il n'avait pas à le faire. Il était le capitaine de l'Equipe de France. Un modèle pour les jeunes, les enfants. C'était une finale de Coupe du Monde. Et le dernier match de sa carrière. Il se devait de demeurer exemplaire. Et il ne l'a pas fait ! Non. Alors arrêtons de lui trouver toutes les excuses du monde, et mettons les choses à plat, tout simplement : Materazzi est un provocateur, c'est vrai, et il a su toucher Zidane là où ça fait mal. Zidane lui a donné un coup de tête. C'est un geste qui n'a pas lieu d'être sur un terrain de football, un geste grave, et sanctionnable d'un carton rouge. Zidane a mérité ce carton rouge. Il est normal qu'il ait été expulsé. Fin de l'histoire.

Tu m'as l'air bien remontée contre Zidane ! Pas du tout. Comme je le disais dans cet article, je n'ai strictement rien contre la personne de Zidane. Ce qui me gêne, ce qui m'a toujours gênée, c'est qu'on l'a érigé en dieu du football, puis en dieu tout court. Et cette affaire de coup de tête prouve combien ce phénomène est empreint dans les consciences : en toute honnêteté, aurait-on pardonné un autre joueur d'un tel geste ? Ne lui aurait-on pas lancé la pierre ? Je suis persuadée que si. Si on excuse ce coup de tête, si l'opinion publique a fait preuve de tant de compréhension, c'est parce que c'est Zidane qui l'a donné. Et qu'autour de Zidane, il n'y a plus grand monde qui soit capable d'objectivité. Alors on fait de lui la victime, et en même temps le défenseur de valeurs familiales. Et cela me fait doucement rire, Victor... En dehors du cadre sportif, toute personne donnant un coup de tête à quelqu'un d'autre, pour la simple raison que cet autre l'a provoqué plusieurs fois en traitant sa mère et sa soeur, se verra reprocher ce geste. On lui dira : "La violence ne résout rien ! Ce n'est pas bien !".  

Conclusion : exit la morale commune quand il s'agit d'un génie footballistique. Alors que, malgré ses magnifiques petits ponts et autres roulettes, "l'artiste" était avant tout un membre de la communauté humaine, qui tapait mieux dans le ballon que la plupart d'entre nous. Juste un putain de joueur de football. C'est tout. Rien qu'un putain de joueur de football.

PS : Veuillez excuser la grossiéreté de Mirabelle, particulièrement pregnante dans cet article, mais elle a été profondément agacée par ce phénomène de starisation dont Zinedine Zidane a été le centre, et n'accepte pas qu'on ait ainsi excusé ce coup de tête infâme, considérant que le peu de critiques qui a été fait de ce geste va à l'encontre même des valeurs sportives, et des valeurs civiques tout court.

re-PS : Cependant, Mirabelle me charge de vous dire, selon ses termes (car de tels propos ne me viendraient pas à l'esprit, je vous en assure !) que Materazzi est quand même un p****n d'e****é de sa r**e !

Eh, Victor ! Pour terminer sur une note un peu plus humouristique, n'oublie pas de conseiller à nos lecteurs le dessin de Deligne sur le sujet !
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16 juillet 2006 7 16 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Je n'ai rien à te dire aujourd'hui... Quoi ? Je n'ai rien à te dire. Ce n'est pas possible ! Tu trouves toujours quelque chose à dire, même sur les détails les plus insignifiants ! Non.

Je suis en vacances. Désoeuvrée. Tout va bien (ou presque...). Eh bien, parle-moi du "presque" ! Non, je ne veux pas parler du "presque". Très bien, très bien... Pas la peine de faire cette mine ! Bon... Tu n'as pas une de tes considérations sur la vie en réserve ? J'en ai quelques unes. Mais pas envie de les exposer... Je ne comprends pas, Mirabelle : tu affirmes que tout va bien ou presque, tu refuses d'évoquer ce "presque" et pour la première fois depuis le début de ces conversations, tu ne te lances pas dans des pensées existentielles ! Que se passe-t-il ? Serais-tu triste ? Presque... Oh, écoute, arrête avec tes "presque", Mirabelle ! Dis-moi quelque chose, n'importe quoi !

Que veux-tu que je te dise, Victor ? Voilà six mois que nous bloguons. Et je crains bien d'avoir épuisé mon stock de sujets. Si ce n'est que ça ! Quoi ? Mais c'est déjà beaucoup ! Oh, eh bien... Je redoutais que quelque chose n'aille pas... Je veux dire... Dans ta petite tête d'entêtée orgueilleuse et timide...  Toi, par contre, tu as l'air d'avoir beaucoup de choses à me dire, Victor ! Que sous-entends-tu ? Oh... Rien... Ou presque ! Pas de "presque", Victor, s'il te plaît ! Mais je ne fais que jouer ton petit jeu ! Il n'y a aucun petit jeu là-dedans...  Je n'ai aucune inspiration aujourd'hui et puis c'est tout ! Alors pourquoi m'avoir donné rendez-vous pour ces conversations quotidiennes ? Parce qu'elles sont quotidiennes, justement ! C'est tout ? Eh bien... Bien sûr que ce n'est pas tout, je m'en doutais ! Je renouvelle ma question, Mirabelle : ne serais-tu pas un petit peu triste, par hasard ? Non. Enfin... Presque !

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15 juillet 2006 6 15 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Voici la suite du texte que j'avais commencé à écrire sur mon amitié avec Aurélie. Un peu plus long et surtout, un peu plus descriptif, avec de nombreux détails inutiles, mais qui, à l'époque, me semblaient nécessaires à l'installation de l'atmosphère, celle d'une classe de Maternelle. Sois donc indulgent...

Ce jour-là, Mirabelle était contente. A la récré, avec Amandine, Clémentine et Aurélie, elles allaient jouer à Cats’ eyes. Mirabelle aimait bien Cats’ eyes. Elle regardait le dessin animé souvent. Amandine, Clémentine et Aurélie aimaient bien aussi. Et à l’école, c’était bien, parce qu’elles pouvaient sauter du toit comme les Cats’eyes, de très haut et sans se faire de bobo, sauf Aurélie qui avait peur de sauter parce qu’une fois, elle s’était quand même fait un bobo. Mais elles sautaient pour de mine parce qu’en fait ce n’était pas un toit mais c’était le petit muret où la poubelle était accrochée, mais c’était mieux de se cacher derrière la poubelle pour faire comme si un méchant arrivait. La maîtresse n’était pas trop d’accord parce qu’elle disait que c’était sale, mais Mirabelle, Amandine et Clémentine le faisaient quand même. Et puis Aurélie, qui ne voulait jamais sauter parce qu’elle avait peur, attendait les autres en bas en surveillant si la police n’arrivait pas pour les arrêter. Des fois, Mélanie jouait avec elles, mais ce n’était pas souvent, parce que Mélanie préférait faire de la trottinette avec les garçons, mêmes si elle n’avait que les vieilles trottinettes bleues rouillées et que les garçons se disputaient les trottinettes jaunes, qui brillent parce qu’elles sont neuves.

La maîtresse a demandé à faire le silence pour aller dans la cour, et elle voulait un rang bien droit avec tous les enfants rangés deux par deux, en se donnant la main. D’abord, personne n’a voulu se ranger, et puis le rang n’était pas très droit, parce qu’Antoine n’arrêtait pas de courir devant en embêtant Maxime. Aurélie a donné la main à Mirabelle. Aurélie donnait toujours la main à Mirabelle. Et puis quand la maîtresse a arrêté de crier, elle a bien voulu que toute la classe aille dehors et là tout le monde s’est mis à crier et il n’y avait plus de rang. Mirabelle, Amandine, Clémentine et Aurélie ont couru dehors, mais Mirabelle n’était pas contente : elle avait froid, ses cheveux étaient encore un petit peu mouillés parce qu’ils avaient tous été à la piscine ce matin. Le bonnet de Mirabelle n’arrêtait pas de s’enlever alors ses cheveux trempaient dans l’eau. C’était bien, la piscine. Il y avait un petit toboggan jaune, et des gros bâtons flottants qui ressemblaient à des frites. Mirabelle avait surtout joué avec Aurélie, même si elle voulait jouer aussi avec Clémentine et Amandine. Mirabelle et Aurélie avaient joué à se chatouiller, mais à un moment, Aurélie avait pleuré parce qu’elle avait bu la tasse. Et puis finalement, même si au début elle disait qu’elle voulait sortir de l’eau et voir sa maman, elle a quand même joué au requin avec Mirabelle. C’était Mirabelle qui faisait le requin, parce qu’Aurélie ne voulait pas mettre la tête sous l’eau pour le faire. Mais après, elles allaient changer les rôles et ce serait Mirabelle qui ferait la dame qui fait la planche et qui ne voit pas que le requin va la manger. Parfois, c’était difficile, parce que Mirabelle ne savait pas bien faire la planche. Mirabelle ne savait pas nager du tout, et quand elle faisait la planche avec son Papa le dimanche matin, c’était toujours lui qui lui tenait le dos. Mais la piscine, c’était quand même bien, tout le monde s’était bien amusé.

Maintenant, Mirabelle allait jouer à Cats’eyes avec Clémentine, Aurélie et Amandine. Stéphanie a dit qu’elle voulait jouer alors elles ont dit oui, et on a dit que ce serait Stéphanie qui ferait le policier qui essaie d’attraper les Cats’eyes quand elles sautent du toit. Alors, Clémentine, Marion et Amandine ont sauté du toit, mais pas Aurélie, qui a quand même couru avec elles pour échapper au policier.

« Les filles ! Attention ! N’allez pas trop près de la poubelle, c’est sale ! Stéphanie, fais attention, ton lacet est défait, tu vas tomber ! Viens ici pour que je te le refasse ! » a dit la maîtresse.

Mais Stéphanie n’a pas entendu parce qu’elle courait. Elle est tombée. Elle s’est mise à pleurer, et Mirabelle a vu la maîtresse soupirer et venir vite l’aider. Mirabelle, Clémentine, Amandine et Aurélie se sont toutes approchées avec des grands yeux et elles ont regardé Stéphanie pleurer par terre et la maîtresse la disputer un tout petit peu. Les autres aussi se sont approchés mais la maîtresse leur a dit d’aller jouer, que ce n’était pas un spectacle.

Et puis après, c’est Maxime qui est tombé en courant après Antoine pour qu’il lui donne la trottinette jaune qui brille, et c’est Maxime qui s’est mis à pleurer. Là, la maîtresse était très énervée et elle a décidé que tout le monde allait rentrer puisque c’était comme ça. Elle a dit qu’elle voulait un beau rang pas comme tout à l’heure. Clémentine a donné la main à Amandine. Mirabelle a donné la main à Aurélie. Mirabelle donnait toujours la main à Aurélie.

 

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13 juillet 2006 4 13 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tiens, voici le papier que j'ai reçu ce matin-même : ce sont mes notes au concours !

A l'écrit :

18/20 en français

10,5/20 en mathématiques

14,5/20 en histoire géographie et sciences et technologies

A l'oral :

16/20 en entretien pré-professionnel

15/20 en musique

20/20 en anglais

15/20 en espagnol

14/20 en entretien EPS

Eh bien, eh bien... Pour quelqu'un qui avait raté la musique, tu t'en sors plutôt bien ! J'imagine que de nombreux étudiants voudraient rater comme toi ! Tu sais, Victor, quand je te racontais, dans cet article que je pensais avoir raté cette épreuve, c'était sincère ! J'étais dans un tel état en sortant ! J'imaginais réellement avoir gâché toutes mes chances de succès ! Tu vois bien : cela ne valait pas la peine de fondre en larmes comme tu l'as fait ! Et ta note de mathématiques, qu'en penses-tu ?  Tu es soulagée, je suppose ? Je suis en effet extrêmement rassurée. J'ai la moyenne. Et c'est une prouesse pour la littéraire que je suis ! Alors que je visais 8/20 maximum ! M'est avis que tu as légèrement tendance à te sous-estimer... Peut être... En tous cas, tu as atteint la perfection en anglais ! Toutes mes félicitations ! Ma pratique de la langue n'est pourtant pas sans reproche, loin de là. Mais j'imagine que j'avais un niveau supérieur à d'autres candidats et que le jury a cherché à marquer une nette différence. Tu n'as pas l'air euphorique face à la note parfaite ! Je m'attendais à ce que tu fasses des bonds tout autour de la table ! Ce n'est pas celle-ci que je retiens le plus. Je suis, par exemple, bien plus fière du 18/20 en français. J'espérais un 14 ou 15, un 16 dans mes périodes les plus rêveuses, mais la perspective d'un 18/20 ne m'avait même pas frôlé l'esprit !

La leçon à tirer de tout ça est la suivante : il ne sert à rien de faire des pronostics, on n'est jamais à l'abri d'une très bonne surprise !

 

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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Je viens de lire un article de Papierchiffon. Je me demande pourquoi tu continues à l'appeler Papierchiffon, tout le monde sait parfaitement qu'elle s'appelle Camille ! C'est purement symbolique, tu penses bien... Sais-tu sur quoi portait cet article ? Sur toi. Je viens de le lire. Zut ! J'ai raté mon petit effet ! Alors, qu'en penses-tu de ce post ? Eh bien... En même temps beaucoup et rien... Je te reconnais bien là !

D'abord, j'ai été flattée par l'honneur que m'a fait Papierchiffon de publier un post sur ma petite personne et en plus, avec mon prénom dans le titre. Cependant... Je la connais bien. Je me suis dit : "si elle écrit un article sur toi, c'est qu'elle a quelque chose à dire". Et en général, chez Papierchiffon, les "quelque chose à dire" se révèlent être des petites piques... Cherche bien tes mots, on marche sur des oeufs en amitié ! Disons que je ne veux pas froisser Camille, mais enfin, tu comprends, Victor, il faut bien que je réagisse... Mais oui, mais oui...

Cet article me laisse une drôle d'impression. D'un côté, je suis rassurée : entre les lignes, l'amitié transpire. Effectivement ! Et avec des adjectifs tels qu'"adorable", "mignonne" et autres de ce genre, il n'aurait pu en être autrement ! Mais d'un autre côté... Parce qu'évidemment il y a un "mais" ?! D'un autre côté, l'image qu'elle offre de moi, Mirabelle, ne me plaît guère... On n'est jamais satisfait de ce que l'on renvoie aux autres ! Je ne dirais pas cela en ces termes. Bien... Etant donné que j'éprouve quelques difficultés à formuler mon malaise, prenons les choses dans l'ordre, par un exercice ô combien utilisé sur la blogosphère : le commentaire de texte.

"Ses illusions naïves comme des évidences malgré le monde dans lequel on vit. Elle est trop mignonne." :

 

C'est encore cette phrase qui m'a le plus déplu. Je connais bien Papierchiffon, comme je le l'ai déjà dit. Et elle aussi me connaît bien. Mais dans cette phrase... Je décèle (elle va m'accuser de paranoïa, j'entends ça d'ici !) une pointe de condescendance. Ohh, la petite Mirabelle, comme elle est mignonne avec ses illusions naïves ! Mes illusions naïves... Quelles sont-elles, ces illusions, au juste ? Est-ce si naïf que cela que d'espérer faire un métier que j'aime ? Je ne crois pas. Naïveté... Je n'ai jamais prétendu que mon métier serait conforme à mes attentes. Je sais parfaitement qu'entre ce que j'imagine (et imaginais, car j'ai pu constater, dès cette année à l'IUFM, comme on dit dans le monde de l'Education, qu'il me faudrait "faire évoluer mes représentations") et mon premier poste, mes premiers élèves, mes premières séquences d'enseignement, mes premières rencontres avec les parents d'élève, il y aura un fossé, un fossé énorme. Combien de témoignages de jeunes instits, écartalés entre leur idéal et la réalité ? Alors non, naïve, sur ce point, je ne le suis pas. Je m'attends à tout. Le chemin est encore long avant que je ne devienne une professeur des écoles bien installée, et cela n'ira pas sans quelques déceptions, j'en suis consciente. Quand au "malgré le monde dans lequel on vit", je ne dirai qu'une chose : c'est justement parce que j'ai conscience de ce qu'est le monde que je tenais tant à ce concours.

 

"Qu'elle garde ses idéaux et ses illusions le plus longtemps possible. Elle vit dans son conte de fée."

 

Mon conte de fée ? Où ça, un conte de fée ? Qui voit un conte de fée quelque part ? Est-ce que je suis une princesse ? Est-ce qu'un Prince, respectueux, pas vulgaire, m'a emmenée sur son cheval blanc, bien rasé et me contant fleurette ? Ma vie n'est pas un conte de fée, loin de là. J'ai le concours. Et c'est merveilleux, c'est vrai. Mais même si j'ai encore du mal à réaliser, il me faut bien admettre (et sur ce point, Papierchiffon, tu as entièrement raison) que je ne le dois qu'à moi-même. J'ai travaillé. J'ai ingurgité les programmes, compétences transversales, compétences spécifiques. J'ai dû revenir au théorème de Thalès, équations à deux inconnues et autre identités remarquables... En quoi est-ce un conte de fée ?

 

"Paradoxe amusant, elle ne s'interroge absolument pas sur sa capacité à être une bonne enseignante..."

 

Bien sûr que si, qu'est-ce que tu crois, enfin, Papierchiffon ? Ces interrogations m'ont animée toute mon année de PE1 : vais-je être à la hauteur ? Vais-je faire preuve d'assez d'autorité pour me faire respecter et instaurer une ambiance propice au travail dans la classe ? Vais-je assez maîtriser les contenus disciplinaires et surtout, serai-je assez habile pour les transmettre correctement ? Toutes ces questions, je me les pose tous les jours. Mais pour l'instant, contrairement à mon habitude, j'ai décidé de me concentrer sur ma réussite : j'ai le concours. C'est ce qui importe. Je m'inquiète bien de mes capacités en tant qu'enseignante mais j'ai une année, encore, pour apprendre mon métier "officiellement". Puisqu'officieusement, je l'apprendrai toute ma carrière durant... Chaque chose en son temps... J'ai décidé de me faire confiance... Ou du moins d'essayer !

Ce matin, sur MSN, Papierchiffon m'a avertie que l'article était publié sur son blog (nous en avions discuté lors de ce fameux tête-à-tête, obtenu grâce, comme elle le dit si bien, à "un abominable chantage affectif") et que "cela n'allait pas me plaire". Je m'y attendais de toute façon...

Cet article m'a montré une Papierchiffon je-connais-tout-de-la-vie, une Papierchiffon je-me-marre-doucement-devant-les-illusions-de-la-naïve-Mirabelle : une facette que je ne connaissais pas. Une Papierchiffon qui, en forçant un peu le trait, me fait passer pour une Forrest Gump de pacotille, une douce illuminée, bercée par ses illusions, sur sa planète ennuagée, douce comme du coton. Oh ! Là, tu exagères ! Tu sais qui est Forrest Gump, Victor ? Bien sûr que non mais je réagis à l'expression "douce illuminée" ! Elle n'a pas dit ça ! Evidemment, tu adores Papierchiffon : je ne pouvais pas m'attendre à un jugement objectif du grand écrivain que tu es... Tout ce que tu dis là va encore créer des étincelles, je le sens ! Sans doute. Avec Papierchiffon, les mots font mouche et je dois dire que j'en tire un plaisir malicieux. Mais jamais au point de se brouiller. J'espère bien ! Il ne manquerait plus que ça ! De toute façon, Papierchiffon ne sera pas surprise de ma réaction. Et si elle a publié cet article, c'est qu'elle ne craint pas mes foudres ! Cependant... Cependant ? Victor, pourrais-tu lui faire passer un message, s'il te plaît ? Bien sûr ! Pourrais-tu lui dire que si elle m'accuse de paranoïa, je monte la rue comme une folledingue et je viens l'étriper ? Euh... Je peux le lui dire à ma façon ? Si tu veux. Tiens, dis-lui aussi qu'elle n'oublie jamais que la "Mignonne petite Mirabelle", avec ses "illusions naïves", est encore son aînée de onze jours et le restera ! Et pour finir... Il va falloir que je note tout ça si ça continue ! Tu pourras aussi lui dire que malgré tout, elle reste ma meilleure amie !

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