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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 02:58
Mon cher Victor,
Premier fou rire, ce matin, à l'IME, au moment de l'accueil. Il est 9 h. Ca cause rasoir, pour ces messieurs les adolescents à la barbichette naissante.

L'Educateur : "Tu as un rasoir, Camille ?"
Camille : "Oui."
L'Educateur : "Et toi, Eddie, est-ce que tu te rases ?"
Eddie : "Oui."
L'Educateur : "Qui donc se rase d'autre dans le groupe ? Pablo ? Ah non, Pablo je ne vois pas le moindre petit duvet, il va sur ses treize ans, c'est sans doute encore un peu tôt. "
Anthony observe ses camarades, un à un, très attentivement. Tout à coup, il interroge Samantha, le plus sérieusement du monde : "Et toi, Samantha, tu te rases ?"
Ladite Samantha reste bouche bée. Elle n'a visiblement pas compris. L'Educatrice, quant à elle, en reste interloquée, fronçant les sourcils : "Eh bien Anthony, pourquoi dis-tu ça ? Elle n'a pas besoin de rasoir, Samantha, elle n'a pas de barbe !"
Anthony, triomphant : "Non mais elle a de la moustache !!!"


Argl. Quelle horreur ! Non mais quelle horreur ! J'ai envie de rire. Surtout, ne pas rire, ne pas rire. Christian, l'Educateur, et Ghislaine, l'Educatrice, me regardent avec un sourire en coin. Mon dieu. Je sens qu'on va exploser de rire, là, tous les trois. Et Samantha qui nous regarde, encore bouche-bée, qui n'a rien compris. Il faut savoir que son handicap est tel qu'elle a souvent du mal à percuter. Heureusement pour elle ! C'est vrai qu'elle est très... Velue, notre Samantha. Et je me dis qu'il ne faudrait pas rire, là, maintenant. Parce que ce serait atroce de rire de ça. Elle n'y est pour rien, Samantha, si elle a une pilosité plutôt développée. Mais le décalage est tellement drôle : tous les jeunes nous examinent avec des sourires curieux, apparemment frustrés de ne pas saisir la blague ! Ca y est, on rigole, tous les trois. Et ça n'en finit pas. Je n'en peux plus. Quand Christian me regarde, c'est encore pire. Mon Dieu. Et puis soudain, tous les jeunes se mettent à rire. Ils n'ont rien compris mais ils s'en donnent à coeur joie. Ils rient de nous voir rire. On est là, tous les douze, à rire, dès 9 h du matin. Un joli moment.
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 01:19
Mon cher Victor,
 J'ai passé mon week-end à m'étourdir. De travail ? Non, à m'étourdir de musique, de rires, d'hommes et de danse. C'est plutôt bien, ça ! As-tu fait de nouvelles rencontres ? C'est bien de cela qu'il s'agit. Aaaaaaaaaah ! Raconte moi tout ! Tu vas vite déchanter, crois-moi...

J'ai dansé jusqu'au bout de la nuit, accompagnée d'un ami qui a joué les gardes du corps le temps de la soirée. Pourquoi ? Une horde d'hommes s'est ruée sur toi ? Une horde, n'exagérons rien, quelques uns suffisent. Je les ai tous repoussés. Pas méchamment, rassure-toi. Juste repoussés. En rentrant chez moi (vers les 5 h du matin quand même !), j'ai longuement réfléchi. La journée du lendemain aussi. J'en suis parvenue à une conclusion : je plais, c'est indéniable. Tiens... Tu es loin de me chanter ce refrain d'habitude ! C'est vrai. Alors écoute bien, tu vas en rester scotché sur ton siège !

Je plais. J'avais toujours été persuadée du contraire. Je le suis encore, intérieurement, mais comme dirait mon garde du corps d'hier soir, il faut s'en tenir aux faits. Paraît-il qu'il a été obligé d'"en calmer quelques uns" (ce sont ses mots !) alors que je virevoltais sur la piste de danse. Bon... Ne soyons pas hypocrites : cela me flatte d'attiser les convoitises. Encore heureux ! Il ne manquerait plus que tu t'en plaignes ! Cependant... Cependant ? Cependant, ce n'est pas pour autant que je me sens mieux. Ooooh, alleeeeez ! Même pas un tout petit peu ? Bon. En fait, si, tu as gagné. J'adore être courtisée. Bravo, bravo ! Que vont penser nos lecteurs ? Peut être qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien ? Hummm.... Sans doute vont-ils relever une certaine redite ? Pfff... Alors dis leur que j'ai le droit de radoter si je veux !!! Je leur dirai, je leur dirai... Et puis s'ils ne sont toujours pas contents, dis leur aussi que, en tant que victime d'un spécimen assez magnifique de goujat-macho-c*****d (pas la peine de rayer la mention inutile, c'est un 3en1 !), j'ai bien droit à quelques compensations ! Non, mais c'est vrai, quoi, sans blague !

Ah euh... Au fait, pourquoi les as-tu repoussés, tous ces hommes ? Aucun n'était à ton goût ? Si. Pourtant, si. Pfff... Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd ! Tu es restée passive, tu n'as rien tenté malgré la mante religieuse qui sommeille en toi ? Eh non ! Je suis consciente que je tiens quelque chose de joli, là, au creux de ma main, mais je ne suis pas encore prête à m'en emparer. Alors je le laisse fuir. En attendant qu'il revienne, pour le savourer à pleine bouche, sans avoir un arrière goût de goujat-macho-c*****d pour me gâcher ce délice. En gros, tu veux finir de mépriser ce qu'il y a à mépriser avant de pouvoir aimer ce qu'il y a à aimer ? C'est tout à fait ça. Enfin, restons sur une impression positive, si tu veux bien... Sinon je pourrais te dire que je vais bientôt faire mon test HIV et que ça m'angoisse à mort, mais bon, puisque je veux rester d'humeur festive... Finissons sur une petite note de musique ! Chante avec moi : You are the Dancing Queeeeen, young and sweeeeet, only seventeeeeen ! Dancing Queen, feel the beaaaat from the tambourine ! Ohhhh Yeeeeeeeeeeeah !! You can dance, you can jive, having the time of your liiiiiife ! See that girl, watch that scene, dig in the Dancing Queen !
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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 01:40
Mon cher Victor,


Comme tu le sais, je travaille avec des adolescents handicapés. Oui, je sais... Ca va toujours ? De mieux en mieux. Une vraie relation s'établit entre nous, et j'en suis ravie. Je m'adapte plutôt bien (sans vouloir me lancer de fleurs), et mes rapports avec les éducateurs sont plutôt bons. Halleluia !!! Je savais qu'il t'en restait sous le pied ! Pas d'affolement, pas d'affolement ! Ce n'est pas évident tous les jours, d'autant moins qu'il existe un profond décalage entre le niveau scolaire de ces jeunes et leurs préoccupations quotidiennes. C'est à dire ? Eh bien... C'est à dire qu'ils restent des adolescents, et que je dois y faire attention. Là, tu en as trop dit ou pas assez ! Bon. Je vais t'expliquer.

C'était il y a deux ou trois jours, alors que j'étais tranquillement en train de travailler dans ma classe, portes fermées. L'IME ne dispose pas de cour de récréation (si, si, je t'assure, c'est une aberration mais c'est la réalité !) et pendant la pause du midi, tandis que les éducateurs terminent de boire leurs cafés, les ados déambulent librement dans les couloirs. C'est ainsi que, tous les midis, j'entends leurs petites conversations, entre autres leurs histoires de qui-sort-avec-qui. J'ai plusieurs fois entendu l'expression "la maîtresse" puis des messes basses. Sans doute souhaitaient-il rester discrets, te sachant dans la pièce à côté. ? Sans doute. Enfin, je me suis demandée s'ils m'intégraient dans leurs potins amoureux, ce qui m'a donné quelques craintes. Humm... Craintes confirmées un après-midi, alors que Camille me regardait par en-dessous en rougissant comme une tomate.

- Que se passe-t-il, Camille ? Tu as quelque chose à me dire ?
- Non non, Maîtresse.
- Si, je vois bien, il y a quelque chose !
- Non, c'est juste que...
- Que ?
- Non, c'est juste que j'aime bien te regarder.


Oooooh ! Mais c'est presque une déclaration d'amour ! Arrête, Victor, ce n'est pas drôle. J'en étais toute estomaquée, j'ai rapidement clos le chapitre pour en revenir à l'exercice de numération, ce qui l'intéressait beaucoup moins visiblement. Bien sûr, ce petit épisode m'a un peu dérangée. Ca peut se comprendre... Si tu avais eu face à toi un enfant de huit ans tu aurais sans doute trouvé ça adorable, mais venant d'un grand gaillard d'une quinzaine d'années, la perspective n'est forcément pas la même ! Oui, c'est tout à fait ça. Je dois y prendre garde. Et en tenir compte dans ma façon d'être avec eux.

J'essaie de trouver le bon rapport. Ni trop proche, ni trop distant. Ce n'est pas si facile. Parce que ce dont ces jeunes ont le plus besoin (et c'est là que je m'aperçois que je ne fais plus tout à fait le même métier), c'est d'affection. La plupart ont des histoires personnelles absolument atroces (tu n'as même pas idée !) : leur épanouissement est l'objectif n°1 de l'IME. Mon boulot consiste justement à les mettre en confiance, à entretenir avec eux une relation particulière afin de leur permettre d'accéder aux savoirs scolaires, à les rendre disponible aux apprentissages. Et ça, crois-moi... Ce n'est pas une mince affaire ! Avec les ados, je dois trouver un autre mode de fonctionnement qu'avec des gamins d'élémentaire. Garder mon rôle d'instit' et l'autorité que cela suppose, tout en n'oubliant pas que l'autorité classique ne marchera pas avec eux de toute façon.

Si bien que je suis devenue un véritable funambule. Je marche sur un fil, en essayant de ne pas me casser la figure. Toujours maintenir son équilibre, s'affirmer tout en n'incarnant pas l'image de l'instit' autoritaire que ces jeunes ont en tête : l'école, pour eux, c'était une souffrance. A moi de leur offrir une image inconnue de l'Institution, à moi de leur montrer que l'on peut éprouver du plaisir à venir en classe, que l'on peut entretenir des rapports autres que conflictuels avec son professeur. Est-ce que j'y arriverai, je n'en sais rien, mais en tous cas, j'essaie.
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 02:48
Mon cher Victor,
 

L'Amour, c'est compliqué. Rude entrée en matière... J'espère que la suite est à la hauteur ! Comme tu le sais, il y a un peu plus de quatre mois, je me suis séparée d'un homme que j'ai aimé pendant quatre ans. Je sais, je sais... Tu dois t'en douter mais je songe de plus en plus à le remplacer. Le remplacer... Tu as raison, c'est un terme qui ne convient pas. Je ne le remplacerai pas. Personne ne le remplacera. Parce qu'il est parti avec sa place et qu'un autre viendra avec un siège différent. Non, disons plutôt que j'ai envie de rencontrer quelqu'un.

Jusqu'à hier midi, quand je me suis vue, toute seule, au milieu de mon foutoir, dans cette classe minuscule, à bouffer ma paella en me demandant comment il avait pu, comme ça, facilement, sans un mot., me balayer de sa vie d'un revers de main. A cet instant, je me suis aperçue qu'au delà de l'amour qu'il m'avait retiré, il m'avait aussi privée de toute confiance en moi, de toute certitude quant à ma valeur. Il m'a laissée me débrouiller avec le silence, les doutes, les hypothèses, l'incompréhension, tout ce qu'il n'a pas voulu expliquer, toutes ces excuses qu'il ne m'a pas présentées.

Il est parti une semaine après avoir fait des pieds et des mains pour me reconquérir, une semaine après avoir passé la nuit avec moi en jurant qu'il n'attendait qu'un signe de ma part. Et puis ce coup de fil, sa voix dont j'entends encore toutes les intonations ("Tu voulais que je passe à autre chose, c'est ce que je fais."), sa froideur, son indifférence, son irritation, même. Déjà si loin. C'est la dernière conversation que j'ai eue avec lui. Il ne s'est jamais excusé. Je n'attendais pas d'explications alambiquées, vraiment, ni qu'il implore mon pardon pour son comportement plus qu'ignoble, non... J'attendais juste un peu de respect, un tout petit peu de respect, au nom de ces quatre années vécues ensemble. Au lieu de cela, rien. Démerde-toi avec ça, Mirabelle. Une fin lamentable, que je garderai en mémoire et qui assombrira le souvenir de ma première histoire sérieuse. Goût amer.

C'est une chose d'accepter la fin d'un amour. Je crois avoir accepté la fin du nôtre. C'est une autre affaire, bien plus minutieuse, qui demande bien plus de patience, que de se reconstruire, que de retrouver la foi en soi après une séparation silencieuse. Cette rupture sans cri, sans mot, sans explication, m'a juste laissé le droit de la fermer, larguée dans tous les sens du terme. Nous avons cessé d'exister l'un pour l'autre, brutalement. J'ai tout jeté, supprimé adresse et numéro de téléphone, effacé toutes les photographies, déchiré toutes les lettres, donné les vieilles peluches. J'ai tout fait pour oublier. Je ne sais pas ce qu'il fait, je ne sais pas où il est... Je sais juste que si je le croisais dans la rue, je l'ignorerais.

Tous les jours, depuis ce fameux mercredi après-midi, je vis avec l'idée que je ne vaux même pas une explication. Que je ne vaux même pas une excuse. Tous les jours, je vis avec l'idée que quelqu'un, qui a partagé ma vie pendant quatre ans, m'a rayée de son existence comme si je n'avais été qu'une vague aventure, un coup d'un soir. Ooooh, Mirabelle ! Excuse la vulgarité, mais je ne vois que cela pour exprimer l'incompréhension qui m'habite. Il est dur, pour moi, d'accepter de ne pas comprendre, dur de vivre avec l'idée que je ne comprendrai sans doute jamais, dur d'accepter qu'il ait pu, d'un claquement de doigt, considérer que je ne méritais même pas l'égard d'une explication, même succinte.

Cette histoire n'existe plus que pour moi, de toute façon. Dans ma tête, et seulement dans ma tête. Lui-même n'existe plus que dans mon esprit. Il est toujours là, quelque part, mais je sais que je ne le reverrai jamais. Et quand bien même l'occasion se présenterait... Tu ferais tout pour l'éviter ? Exactement. Tu vois, hier midi, j'ai réalisé que j'étais incapable d'entamer une nouvelle relation pour l'instant. Pour plaire à quelqu'un, il faut d'abord se plaire à soi-même et je suis encore loin de ce stade. Avant de penser à me faire aimer, il faut que je m'aime, moi. Que je parvienne à me regarder dans le miroir sans éprouver de dégoût. Que je me fasse confiance. Que je sois convaincue que si d'autres ont droit à la famille, au mariage, aux gamins, à la vie à deux, j'y ai droit aussi. Que je ne suis pas moins bien qu'une autre. Et puis surtout, que j'arrête de me voiler la face : il me faudra encore beaucoup de temps pour me sentir prête.

Tant pis si tout ce que je viens de te dire est d'une banalité à pleurer, tant pis si je ne suis ni la première ni la dernière à m'être faite jeter avec inélégance. Je lis et entends, très souvent, des histoires semblables à la mienne, des histoires de femmes (et d'hommes, parce que bien sûr, il n'y a pas que les hommes pour être odieux !) qui se sont fait piétiner sans ménagement. Des histoires d'amour qui commencent avec du rêve, de la tendresse, et se terminent dans les larmes et l'incompréhension, l'irrespect le plus total. C'est malheureux mais c'est ainsi... Humm... C'est ça aussi, l'Amour, il paraît.
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Published by Mirabelle - dans L'Amour toujours
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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 01:23

Eux

Mon cher Victor,

Une semaine d'écoulée à l'IME. Ca va ? Tu t'y fais ? Oui. Je m'y fais. Tout doucement. Et ce sentiment de... D'irréalité ? Est-il toujours présent ? De moins en moins. Tant mieux ! Je m'adapte. Plutôt bien, je trouve. Et je suis plutot satisfaite, d'un certain point de vue. Parce que finalement, comme le disait
Titane dans l'un de ses commentaires, ces gamins-là, on n'en parle jamais, ou quasiment :  je vais pouvoir te raconter tout ça ! Et Dieu sait s'il y a de quoi dire...

A part
cette visite dans un IEM, je ne connaissais pas le monde du handicap. Je me souviens avoir été très secouée, à l'époque. Et très intéressée, aussi, parce que j'avais énormément reçu. Ce jeudi matin, donc, en débarquant dans cet IME (morte de peur, il faut le dire), j'avais l'impression d'être dans un monde parallèle, dont les codes différaient totalement des miens. On m'a présenté les adultes (psychomotricienne, orthophoniste, psychologue et bien d'autres), les jeunes, je n'ai que partiellement enregistré les prénoms, on m'a apporté une quantité d'informations incroyable quant au fonctionnement de l'Institut, qui se sont bien sûr, dans un premier temps, toutes mélangées.

Les éducateurs, les jeunes et moi-même nous sommes réunis autour d'une table. Ils se sont présentés, ou plutôt les adultes m'ont présenté mes futurs élèves, car ces derniers étaient aussi impressionnés que moi. A ce moment, ils n'étaient encore que des ados qui me faisaient un peu peur, au travers desquels je ne voyais que les mâchoires déformées, la bave au coin de la bouche, les cris stridents. C'est comme si le mot "handicapé" clignotait follement dans mon esprit, m'empêchant d'aller voir au-delà. J'étais paniquée, effrayée. Envie de fuir mais tout au fond, bien cachée, l'envie de me battre et de rester.

Aujourd'hui, je les connais. Et comme je compte bien t'en parler régulièrement, autant de te les présenter : il y a un grand dadais du nom d'Eddy, avec de grosses difficultés à s'exprimer et une peur paralysante devant les apprentissages. Samantha minuscule, déjà formée, à qui j'attribuais, bêtement, l'âge de trois ans alors que l'on m'avait clairement spécifié, dès le jeudi matin, que l'unité se concentrait sur des jeunes âgés de 13 à 16 ans. Carla, très grande (quel plaisir elle eut, d'ailleurs, à se mesurer à moi !), perdant souvent l'équilibre, mais désireuse d'apprendre d'après les éducateurs, avec elle aussi, des troubles du langage assez importants. On m'avait parlé de sa motivation dès le premier jour, car justement, c'est la seule à avoir envie... Il y a Anthony, très curieux, toujours à se mêler des affaires des autres. Annabelle, très très coquette. Pablo, qui hurle des "Où eeeeeeeeeeeeees-tu ?", avec un sourire béat. Camille, un grand gaillard immense, un peu bourru mais tellement attendrissant. Il y a aussi Dylan, le plus avancé de tous, qui fait des gestes bizarres mais maîtrise la lecture, ainsi que la technique de la multiplication, l'addition et la soustraction. Il a tenté l'expérience UPI mais, traité comme un bouc émissaire par le reste de la classe, a finalement intégré l'IME. Et puis il y a Laure, forte tête, meneuse, qui fait ses premiers pas en lecture. Voilà. C'est ma classe. Ce sont mes élèves.

Une semaine que je les connais. Et déjà, je m'aperçois que je ne les perçois plus comme des handicapés. Ce sont des individus, des gamins qui ont (beaucoup) plus de mal que les autres, des gamins avec des histoires et des mondes bien à eux. Ils me font rire, je leur parle comme je le ferai avec n'importe qui (enfin, un peu plus lentement, peut être, et puis pas avec les mêmes mots), j'utilise le même humour que d'habitude, ils me respectent, je crois. Ils m'admirent un peu aussi, j'en ai bien peur. Parce que bien qu'ils n'aient pas d'affinité particulière avec le monde de l'école (c'est plutôt le contraire), même s'ils m'affirment, avec un brin de provocation, que la classe "ça les saoûle" ("mais c'est pas contre toi, hein, Maîtresse, t'inquiète pas !"), même s'ils traînent des pieds pour atteindre leur matériel, même s'il faut que je les gronde pour qu'ils comprennent enfin qu'on ne se passe pas du cartable et de ses affaires pour travailler, eh bien, je sais aussi que je représente le savoir, qu'ils me respectent pour ça. Et je leur en suis reconnaissante, parce que je sais que ce n'est pas le cas dans tous les établissements. Quand je leur demande de se concentrer, ils le font, ou du moins ils essaient. Bien sûr, leurs pathologies (très diverses) font que ce n'est pas toujours possible, mais ils essaient, vraiment. Et ça, ça compte beaucoup à mes yeux.

Hier matin, nous nous baladions en forêt, le professeur de sport, les jeunes et moi.
"Est-ce que vous regardez les Jeux Paralympiques ?" leur demande le professeur de sport.
Anthony se tourne vers moi : "C'est quoi, Mirabelle, les Jeux Paralympiques ?"
Et là, je ne sais pas ce qui s'est passé. J'ai retenu ma langue juste à temps mais enfin, quand même, j'ai failli lui répondre : "Tu sais, ce sont les Jeux Olympiques pour handicapés, tu sais ce que ça veut dire, être handicapé ?". J'ai eu envie de rire, soudain, parce que cette phrase malheureuse, que je n'ai finalement pas prononcée, me laisse deviner que le mot "handicapé" ne clignote plus dans ma tête : c'est le signe que je parviens à voir au-delà. A les voir eux, tout simplement.
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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 01:13

Mon cher Victor,
   

  

Alors, ce CE1 ? Tu as mis des projets en place ? Organisé ton année ? Hem... Eh ben quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Je n'ai plus mon CE1, Victor. Quoi ? C'est fini. Mais... Comment cela se fait ? La classe a fermé. Oh mon dieu ! Que c'est injuste ! Que c'est mal fait ! Que c'est triste ! Je ne te le fais pas dire. Décidemment, ma pauvre Mirabelle, tu n'as pas de chance en ce moment ! Il faut relativiser : j'ai encore deux jambes, deux bras, un corps normalement constitué et un cerveau qui fonctionne plutôt bien... C'est ce qui compte ! Tu te retrouves où, du coup ?

Je suis affectée depuis jeudi matin dans un IME, et ce jusqu'à décembre au moins. Un IME ? Institut Médico-Educatif. C'est pour travailler avec des enfants... ? Tu peux dire le mot, Victor, il n'est pas tabou : c'est pour travailler avec des enfants handicapés. Aie... Et... Ca va, toi ? Si on veut. Je ne sais pas. Je ne sais plus grand chose en ce moment. Je suis comme branchée sur "pilote automatique". Comment sont tes élèves ? Ils sont neuf, entre treize et seize ans. Ils sont adorables, mais... Mais ?

Mais je ne vais pas te jouer la comédie : c'est dur. Samantha a quinze ans et en paraît trois. Elle ne communique que par mots clés, ne sait pas dessiner un bonhomme et ne compte pas au-delà de quatre. Pablo est autiste et pousse des cris stridents pendant la classe. Je ne comprends pas Carla quand elle me parle. Camille fait trois tête de plus que moi et me regarde avec le regard doux d'un enfant de MS. C'est sans parler des autres. Je les aime déjà, tous. Mais c'est éprouvant, émotionnellement parlant, de les aimer. Je ne fais plus le même métier. Je ne travaille pas dans une école. C'est un IME. Je suis épaulée et soutenue par les éducateurs, tout est ouvert, tout le temps. C'est un lieu de vie. C'est presque un monde à part. C'est un monde à part.


C'est la chose la plus difficile qu'il m'ait été donné de faire. Sans conteste
. Je ne sais pas si je tiendrai, mais pour l'instant, je n'ai pas craqué. A peine fléchi. Quand je quitte l'Institut, que je retrouve ma petite Twingo, mon appartement douillet et mon chat hurlant de faim, je suis encore dans l'autre monde, je me dis que tout ça, ma vie confortable, ce n'est pas réel. Je suis dans une quatrième dimension. J'y suis toujours. Tout le temps. Ma réalité d'aujourd'hui n'est plus celle d'il y a une semaine. Je vis, je parle, je ris, mais je me sens si différente. Ces gamins sont là, dans ma tête. Je pense à eux en me levant, je pense à eux en m'endormant, je pense à eux sans cesse. Je ne vais ni bien ni mal. Je vais. C'est tout.

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 18:48
Mon cher Victor,


La voilààààà ! Alors ? On était parti en vacances sans me prévenir ?! C'est bien mon droit quand même ! Excuse-moi... Je pensais que tu tenais suffisamment à moi pour me mettre au courant ! Arrête, Victor : on dirait un vieil amant jaloux ! Pfff... C'est très drôle, ça, vraiment... Alors que je pourrais être ton arrière-arrière-arrière-arrière-arrière... Stop ! J'ai compris l'idée principale, merci beaucoup !


Ne tournons pas autour du pot : mardi, c'est la rentrée des classes. Tu vas pouvoir te rendre utile, c'est bien ! Comme tu le sais, j'étais (jusqu'à très récemment) dans l'incertitude quant à mon sort de T2. Oui... Tu es patrouille, non ? Non, pas patrouille : brigade ! Ca veut dire quoi, brigade ? Ca veut dire que je suis remplaçante, sur des périodes plus longues que... Que quoi ? Cela ne sert à rien que je continue ma phrase : tu ne vas pas comprendre et après, on ne va pas plus s'en sortir ! Dis quand même ! Tu l'auras voulu... Etre brigade, c'est donc faire des remplacements plus longs (en théorie) que les ZIL. Ah... Tu vois, tu n'es pas plus avancé ! Et puis si je m'embarque là dedans, on en a pour la nuit...

Bref. Ce qu'il faut retenir, c'est que je craignais d'être envoyée à l'autre bout du département, ce qui aurait pu se produire. A voir ta mine réjouie, tu as dû échapper à l'éloignement une fois de plus ! Figure-toi qu'hier matin, j'ai reçu un coup de fil de la maison-mère, l'Inspection Académique. Et ? Et... Et ? Et... Arrête ton petit jeu ! Tu n'es pas rigolo, aujourd'hui... Et j'effectuerai un remplacement jusqu'au mois d'avril (de quoi me sentir vraiment maîtresse), dans une classe de CE1 (donc, simple niveau !) comptant 21 élèves au bataillon. Ooooh ! Mais dis-moi, il semblerait que tu entres dans une période tout à fait plaisante ! Ne rosis pas ainsi, Mirabelle ! Au fait... Où ça ? A dix minutes à pied de chez moi ! C'est le rêve, alors ! Si ça n'est pas un rêve, on n'en est pas loin tout de même !

Hier après-midi, je me suis rendue dans cette école le coeur battant, prête pour de nouvelles aventures. C'est une vieille école, comme je les aime. Un ancien pensionnat de filles. Ma classe est minuscule mais charmante, avec des rangements. J'ai essayé la craie sur le tableau, en souriant. Ca m'avait manqué. J'ai vu ces tables vides, sans le crépitement des trousses, sans le chuchotis des voix d'enfants. J'ai trié mes fournitures, disposé mon matériel, ces petits bonheurs interdits l'année dernière quand j'avais débarqué, paniquée, une semaine après la rentrée à l'école de C. J'ai eu le temps de m'interroger sur les casiers, de bouger les meubles, de découvrir les trésors de la BCD... J'ai pris le temps de caresser le bois des grands escaliers d'un autre temps, du bout des doigts, de m'en imprégner, d'admirer la cloche dodue (et un peu rouillée !) de la cour de récréation...

Et les collègues ?
Je n'en ai pour l'instant vu que trois, mais le contact est très bien passé. J'étais comme un poisson dans l'eau, ravie, affairée, motivée. J'ai couru aux quatre coins de l'école, griffoné des tas de choses, transporté des cartons, feuilleté des livres, mémorisé des clés et des portes. Et puis... J'ai papoté longtemps avec les collègues !  Oh, je veux bien te croire... Quand tu es lancée, tu es intarrissable ! En résumé, j'étais à fond dedans. C'est le métier qui rentre, il paraît. Et puis, sans doute, aussi, le plaisir d'être de retour, la bouffée d'air frais que j'attendais, celle qui me détournera de mon petit nombril. L'école, ça m'a manqué. Etre maîtresse, ça m'a manqué. J'ai ça dans la peau, il faut se rendre à l'évidence.
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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 01:49
Mon cher Victor,
Tout à l'heure, alors que j'étais tranquillement à lire le journal, je me touchais machinalement l'annulaire. C'est là que je l'ai regardé. Et... ? Et je me suis rendu compte que je n'avais plus la marque de ma bague. Plus rien. Quelle bague ? La bague qu'il m'avait offerte pour nos un an d'amour. Un diamant somptueux. Ah... Tu l'avais retirée ? Evidemment ! Tu ne croyais tout de même pas que j'allais la garder ?! On ne sait jamais ce que font les gens de leurs souvenirs... Non, je ne l'ai pas conservée. Je la lui ai restituée. Dieu seul sait ce qu'il en a fait. De toute façon, cela ne me concerne plus et j'ai tout détruit de ce qui pouvait me le rappeler. Bref. J'ai regardé mon annulaire. Plus rien. Plus aucune trace. J'avais pourtant longtemps gardé cette marque. Peu de temps après notre rupture officielle, tandis je le regrettais encore, j'aimais la contempler, j'en souriais presque, en me disant qu'il était encore avec moi. Un petit peu... Un petit peu seulement... Et puis bien sûr, avec le temps, j'avais arrêté d'y penser, à cette marque. Jusqu'à tout à l'heure. Il n'y a plus rien.

Je la portais nuit et jour. Depuis cet après-midi où il me l'avait offerte. Nous l'avions choisie ensemble. J'étais surexcitée. J'étais rentrée chez moi sur un petit nuage, en claironnant que c'était le plus beau cadeau qu'on m'ait jamais offert. J'y tenais tellement, à cette bague. Enfin, pas à la bague en tant que telle, évidemment (car comme tu le vois, je n'ai pas eu de mal à m'en débarrasser), mais à ce qu'elle représentait : notre amour. En trois ans, je ne l'avais jamais retirée. Elle ne me quittait pas. Dès que je la regardais, c'était comme si je le voyais lui, et cela me remplissait d'un bonheur dont tu n'as même pas idée. Quand il m'a trahie, je la lui ai rendue. Sans regret. Parce que justement, cette bague, c'était notre amour, notre amour à nous deux, celui que nous avions l'un pour l'autre. Humiliée, blessée, je m'en suis séparée, parce que cette histoire, finalement, c'était du pipeau, et avoir ce diamant sous les yeux, c'était comme examiner notre échec, ma déception, chérir quelque chose qui n'était plus de ce monde. C'était surtout remuer le couteau dans la plaie...

Bref. Il n'y a plus aucune trace de cette bague. Mon doigt est vierge, sans histoire. Comme si ce symbole n'avait pas existé. Ca a donc fini par disparaître, ça aussi. Comme tout le reste.
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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 01:23
Comme je l'imagine il sourit d'un rien
Comme je l'imagine il pense bien
Comme je l'imagine il pourrait même
Etre celui qui sera l'homme que j'aime

Comme je l'imagine et comme toujours
Il va près des gens qui aiment l'amour
Comme je l'imagine il pourrait même
Etre celui qui sera l'homme que j'aime

Comme je l'imagine il aime l'aurore
Les matins d'hiver et la brume qui dort
Les nuages rouges quand l'aube se lève
Et vient le moment où finit mon rêve
Où est-il ?
Peut-être dans le Sud
Dans les villes où le soleil vous brûle
Et je regarde vers le Nord
Et je regarde vers le Sud
Et tout disparaît avec mes certitudes

Comme je l'imagine il sourit d'un rien
Comme je l'imagine il pense bien
Comme je l'imagine il pourrait même
Etre celui qui sera l'homme que j'aime

Comme je l'imagine il vient de loin
Comme je l'imagine c'est un musicien
Comme je l'imagine il pourrait même
Etre celui qui sera l'homme que j'aime

Comme je l'imagine s'il est malheureux
Il sait qu'il se sent devenir vieux
Mais je sens le vent qui se soulève
Souffle dans la nuit, emporte mon rêve
Où est-il ?
Peut-être dans le Sud
Ou dans les villes où le soleil vous brûle
Mais je regarde vers le Nord
Je regarde vers le Sud
Et tout disparaît avec mes certitudes

Comme je l'imagine il sourit d'un rien
Son destin va croiser mon chemin
Comme je l'imagine il pourrait même
Etre celui qui sera l'homme que j'aime

Comme je l'imagine il aime l'aurore
Les matins d'hiver et la brume qui dort
Mais je sens le vent qui se soulève
Emporte la nuit, emporte mes rêves

Véronique Sanson, Comme je l'imagine

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 01:43
Je veux rêver un impossible rêve, je suis prête à porter le chagrin des départs s'il le faut, mais je ne veux pas abandonner. Je veux brûler d'une possible fièvre, dévorante et passionnée, et surtout, surtout, je veux partir où personne ne part, quelque part où mes idéaux prendront corps et où il n'y aura que le monde et moi. Tant pis si je dois aimer jusqu'à la déchirure, tant pis si c'est trop ou si c'est mal, tant pis si c'est perdu d'avance, tant pis si c'est démesuré ou trop grand pour moi. Je n'ai ni force ni armure, rien pour me défendre, rien pour attaquer, mais il me faut tenter, au moins tenter, juste une fois, il me faut tenter d'atteindre l'inaccessible étoile, cette étoile que je regarde les pieds dans le caniveau et que je veux décrocher. Parce que je ne peux pas vivre autrement. Parce je n'accepte pas de vivre autrement.

Telle est ma quête : suivre l'étoile. Peu m'importe mes chances, peu m'importe le temps ou ma désespérance, peu m'importe la platitude de la vie. Je lutterai, encore et toujours, sans me poser de questions, sans même prendre de repos, parce que je veux pas fermer les yeux. Et je l'avoue, je pourrais me damner, me damner pour l'or d'un mot d'amour, on dira que c'est vraiment trop, on dira que c'est vraiment mal mais... C'est ma quête. Je brûle, encore, toujours, je cours après mes rêves pour que la réalité les rattrape, j'ai soif de beauté et de découverte. Et je brûle, je brûle encore, même si j'ai déjà tout brûlé. Oui, je brûle encore, même trop, même mal, je brûle encore. A m'en écarteler, à m'en écarteler pour atteindre l'inaccessible étoile.

Librement inspiré de la chanson de Jacques Brel, La quête.
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