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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 01:16
Mon cher Victor,

Je v
ais en Angleterre cet été. C'est décidé. Elle coule dans mes veines et me manque, encore, toujours. Malgré la vie qui passe, malgré la vie qui change, une petite partie de moi est toujours là-bas. Quand on aime... Quand on aime... C'est comme ça ! Merci, mon Victor, pour cette réflexion hautement philosophique. Tout à l'heure, j'ai regardé les prix pour le ferry avec voiture. J'aurais pu m'étouffer avec une pastille Valda, si seulement j'en avais eu une dans la bouche... Ta spiritualité grandit de jour en jour ! Bref. Tout ça pour dire que les prix sont exhorbitants, mais je ne compte pas m'arrêter à ça. Inutile de préciser que je mise sur mes vacances (de rêêêve) pour trouver L'ANGLAIS qui saura me faire oublier mon Français, me faire oublier qu'il y a de cela un peu plus d'un an, il prenait une carte d'Angleterre, sa moto et le ferry pour venir me rejoindre en pleine nuit dans ma chambre d'étudiante exilée. La vie prend parfois une tournure si inattendue... On croit voir en certains évènements des preuves d'un amour indéfectible et éternel que déjà tout s'est évanoui... Allons, allons, ma Mirabelle, ne nous laissons pas aller à la nostalgie ! Oui, tu as raison.

Je reviendrai à Northampton. Retrouverai Claire, son rire cristallin, et son électricité. Elle me manque. L'insouciance de cette époque me manque. Je sais, de toute façon, que cette "beautiful life" ne sera, une fois de plus, qu'une parenthèse, mais je veux la vivre pleinement, sans culpabilité. Me dire que je suis encore jeune, et potablement séduisante. Qu'il existe forcément mieux que lui sur Terre, en France qui plus est, par chez moi encore mieux. L'Angleterre, c'est la provocation. C'est la fête tous les soirs.
C'est la superficialité des English Girls, à qui, Dieu sait pourquoi, je voue une tendresse particulière. L'Angleterre, ce sont toutes les filles que j'aurais aimé être, celles qui ne craignent pas de dévoiler leurs formes et qui se soucient bien peu du regard des autres. L'Angleterre, ce sont celles qui s'assument, alors que je ne m'assume pas. Oui, plus j'y pense, et plus je me dis que je reviendrai à Northampton. Car désormais, je n'ai plus de (faux) projets à deux. Adieu les vacances à Nantes et les journées à Ikéa, pourtant une des plus belles journées de ma courte vie (jusqu'à aujourd'hui, bien sûr). Je dois penser à moi. A moi et rien qu'à moi. Northampton's calling me.
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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 11:17
Mon cher Victor,

A l'écoute de cette chanson, des images. Mirabelle sur la piste de danse, riant aux éclats. Fabrice imitant Travolta. Sophie qui rit. Les Anglais qui déambulent dans le "Student Bar". Démarche de cow-boys. Filles en collants résille et mini-short à paillettes. Décolletés plongeants. Moi en jean et Converse. Sophie avec son tee-shirt Decathlon. Toute simples. Si simples. Si françaises.
Des rires. L'insouciance. Je danse et il me semble que le monde m'appartient. Je me fiche des regards braqués sur moi. Je me fiche des Anglais qui jugent les "poor french girls". Je suis bien. A côté de moi, une anglaise se déhanche. Langoureusement. Elle se prend au sérieux, celle-là... Ca me fait rire. Je ne me sens pas complexée ce soir. Pas laide. Pas gênée. Non. Juste profondément française. Et heureuse de l'être, parmi tous ces Anglais que j'aime, malgré leur séduction à outrance, leur ivresse perpétuelle, leur condescendance. Oui. Je les aime, mes Anglais. J'ai pour eux une tendresse particulière, teintée d'amusement et d'incompréhension. D'indulgence aussi...
Cette chanson me manque. Elle est pourtant formatée, industrielle. Pas mon genre. Et pourtant... Elle me manque. Elle représente tout ce que j'ai laissé là-bas. La vie qui s'est arrêtée dans le flat 6, room 7. Qui viendra après nous ? Peut-on avoir été plus heureux que nous ne l'avons été à cette époque ?
Sensations indicibles. Sentiment indescriptible d'avoir vécu quelque chose d'à part et d'inoubliable. D'incompréhensible pour les autres. Incompréhensible pour ma famille, incompréhensible pour mon Mystérieux Inconnu. Je suis un peu anglaise, aujourd'hui. L'Angleterre, je la garde en moi.
Alors quand fiches de prep', programmation, mémoire, validations, IUFM, Mystérieux Inconnu, Papa, Maman, Petite Soeur, Permis de Conduire, habitudes me pèsent, quand ils me deviennent insupportables, me vient l'envie de murmurer, tout doucement, tout doucement, à mon oreille de presque-adulte : "Souviens-toi..."
Alors j'écoute cette chanson. Je les revois tous. Charmaine, Daniel, Claire, Emma, Kerry, Carly, Lucy, Peter, Fabrice, James... Je revois le bus jaune, le son des ses freins ; j'entends encore le cliquetis de ma clé dans la serrure. Flat 6 room 7. J'entends Evanescence dans l'appartement du dessous. J'entends l'alarme à incendie. Le rire du Claire, son "Oooooh, Mirabelle, you're cheeky !". J'entends le claquement des Crakers au Christmas Dinner. J'entends mon rire, je vois mon sourire, celui de Sophie, celui de Fabrice.
Alors, quand le courage m'abandonné, me vient l'envie de prendre vêtements, cartes d'identité, carte de résident et de filer pour le premier avion. Atterrir à Londres. N'entendre plus que de l'Anglais. Prendre une grande bouffée d'air. Respirer. Vivre. Retrouver ce que je ne retrouverai plus. Penser à moi. Oublier tout, tout le monde. Ne penser qu'à moi. Pas de regrets, pas de remords. Vivre l'instant présent.
Puis, repenser à ce rêve, réalité de trois mois. Me dire que tout cela a existé. Ecouter Justin Timberlake, Nelly Furtado et leur chanson insipide. Sourire. Tout cela m'appartient à jamais.
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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 01:30

Mon cher Victor,



Il y a fort longtemps, je t'avais promis un article sur Harrods, ce magasin de luxe situé à Londres. Nous voilà repartis chez les British ?! Temporairement, rassure-toi. C'est juste que je suis un peu mélancolique de l'Angleterre, ce matin, et je me suis dit qu'il était temps d'écrire un article sur ce magasin. Tes souvenirs se sont sans doute un peu émoussés... C'était il y a si longtemps ! C'est vrai. Pourtant, je crois que je saurai en parler, car certaines choses, comme tu le sais, mon Victor, restent gravés.

Quand nous sommes arrivées devant la vitrine, au sortir du métro, Sophie et moi, nous n'avons eu sous les yeux, tout d'abord, qu'une horde manifestants anti-fourrure, appelant les consommateurs à boycotter les produits de Harrods. C'était très impressionnant, cette manifestation, et assez drôle, dans le fond, car quelques clientes arborant des manteaux de fourrure se sont faites huer par la foule et se se sont contentées de lancer un regard méprisant à la populace. Bref. Rappelons le contexte : c'est la période de Noël. Les vitrines sont superbes, avec guirlandes lumineuses, lustres, automates et raffinées à un point que tu n'imagines pas. Je pressens, rien qu'en regardant les prix dans les vitrines, que la moindre babiole va coûter les yeux de la tête.

Nous entrons. Et là, je ne sais plus où regarder. Tout est doré. Les sols sont brillants. Tout est brillant. Les clientes, toutes très bien habillées, ne sont pas, visiblement, issues du prolétariat, et je me fais l'effet d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, avec mon sac de lycéenne bourré jusqu'à en faire péter la fermeture éclair, ma parka un peu sale, mon jean biiien élimé et mes Converses pas tout à fait propres. De plus, j'ai les cheveux gras, pas de maquillage et les traits tirés. Bref. Je suis interloquée par toutes ces dorures, sans pour autant les aimer. Car ma première impression est celle du "Too much". Une impression qui ne me quittera pas mais qui m'amusera de plus en plus, en découvrant chacun des étages du magasin.

Nous parcourons plusieurs rayons tandis qu'une vendeuse nous dévisage. Elle me rappelle quelqu'un, cette vendeuse. J'en fais part à Sophie, qui écarquille les yeux, quand soudain, la révélation : mais oui ! Cette vendeuse me rappelle celle de "Pretty Woman", qui refuse de servir Julia Roberts sur Rodeo Drive ! Eh ben voilà ! Sophie rigole. "Pretty Woman" est une de ses films préférés. Nous décidons que nous irons au rayon chaussures pour faire nos Julia Roberts. Pfff... Quelle gaminerie... Je sais. Mais que veux-tu, ça me fait rire !

Inutile de te dire, Victor, que le magasin est bondé. Les décors entourant les escalators, qui nous emmènent au dernier étage (nous avons décidé de commencer par le dernier et de redescendre les étages un à un, au fur et à mesure), sont pour le moins somptueusement "too much". Du doré, du doré, encore du doré... En musique de fond, un opéra. Fort joli, d'ailleurs, et qui sonne vrai. Soit le CD est d'excellente qualité (mais il ne faut pas exagérer !) soit une femme chante réellement de l'opéra quelque part. Sophie écarte cette hypothèse d'un : "Pfff... N'importe quoi... C'est un CD, Mirabelle !". Mais non, ce n'est pas un CD, j'en suis presque sure. La voix est chaude, je remarque les respirations de la chanteuse, c'est de l'opéra live, ça ! Le dernier étage est celui des joujous de Noël. Sophie, à la recherche d'une babiole pour son petit neveu, en ressort aussi vite qu'elle est entrée, rouge comme une tomate et pantelante : "C'est fou le monde qu'il y a ici... On change d'étage ?". Je n'attendais bien évidemment que cette proposition, moi qui ai passé ces dix minutes d'immersion à insulter intérieurement tous les clients (oui, je sais, Victor, ce n'est pas bien), à slalomer entre les jouets et les gamins, et à essayer de respirer correctement. A ce point là ? Mais Victor, nous sommes très exactement à deux semaines de Noël ! C'est de la fo-lie ! On dirait bien, oui...

Re-escalators. Et re-opéra ! Je regarde partout. Au fur et à mesure que nous montons, la voix se rapproche. Elle est là, tout près. Tout à coup, je pousse un cri strident : "Sophiiiie ! Regarde ! Qu'est-ce que je te disais !". Sur l'un des balcons... L'un des balcons ?! Ah oui. Encore une kitscherie que je n'ai pas expliquée. A chaque étage, des balcons, que l'on peut admirer des escalators. Sur ces balcons, des automates, des objets de grande valeur ou... Une chanteuse d'opéra ! Dans une robe de velours noire absolument divine, droite comme un i sur son balcon, une chanteuse d'opéra. "Ah ben oui, t'avais raison..." me fait Sophie. Quelques grammes de finesse dans un monde de brut. La musique suspend le cours du temps mais l'escalator arrive à son terme et nous replongeons dans la jungle d'Harrods.

Et là, sur le palier... "Ah oui, j'en avais entendu parler." me dit Sophie. Un mémorial. Là, sous nous nos yeux, deux figures dorées entrelacés. Tout autour, très nombreuses, des bougies. Des bouquets de fleurs aussi. Des petits mots, témoignages d'affection : "We will never forget you", "I love you forever" etc... Les photographies de la princesse Diana et de Dodi Al Fayed. Qui sont ces gens là ? La princesse de Galles, Diana, avait épousé le prince Charles, fils de la reine d'Angleterre, Elizabeth II. Après avoir divorcé de Charles, elle entretenait une liaison avec Dodi Al Fayed, fils d'un grand milliardaire et propriétaire d'"Harrods", Mohamed Al Fayed. Dodi et Diana sont morts dans un accident de voiture, à Paris, en essayant de semer des paparazzi. Ah... Sombre histoire... Bref. Si je te raconte ça, Victor, c'est parce que ce dame s'est produit en 1997, soit quasiment dix ans avant mon escapade chez Harrods. Et face à ces témoignages, ces fleurs, je peux te dire que la douleur m'a semblée encore toute fraîche pour les Anglais. A côté de moi, des gens se recueillaient. Se mettaient à genoux pour prier. D'autres sanglotaient carrément. Et cela au coeur d'un grand magasin où les gens dépensent, dépensent, dépensent... C'est assez... Etrange. Presque... Indécent.

Bref. Nous atterrissons ensuite au rayon chaussures. Je me suis mise en tête d'essayer une paire de bottes léopard. Le genre que je déteste mais qui me fait beaucoup rire. Sophie essaie des talons aiguilles et tente de marcher avec. Je lui fais une démonstration, sous les yeux éberlués de quelques clients. Fou rire évidemment. Privilège de l'étranger... J'imagine. Je ne me serais jamais comportée d'une telle façon dans mon pays natal. Pour donner un rythme à ma démarche podiumesque, Sophie entonne l'air de "Pretty Woman". Puis c'est son tour. Nous finissons écroulées sur les bancs à rire comme deux gamines. Et les vigiles ne vous ont pas mises à la porte ? Bizarrement, à part quelques clients, le rayon était désert. Dieu soit loué pour vous !

Nous trouvons ensuite le moyen de nous perdre dans le magasin. Tu avais gardé ces chaussures léopard ?! Mais non enfin, j'avais remis mes Converses ! Bref. Nous tournons en rond dans le rayon mobilier, découvrons le rayon CD/DVD, sans pour autant parvenir à retrouver ces maudits escalators. Il nous faut environ vingt minutes pour explorer tout l'étage et retrouver les escalators. J'ai acheté, entre temps, une boule à thé tout à fait charmante en forme de théière, que je compte bien offrir à ma maman à mon retour. Puis nous sommes enfin DEHORS. Nous n'avons pas pu faire tous les étages de fond en comble. Nous avons d'autres choses à voir à Londres et nous savions que notre visite d'Harrods serait un vrai marathon.

A moi de résumer ce que nous venons de vivre, au milieu des manifestants anti-fourrure : "Bon ben, je n'ai pas aimé, mais il fallait le voir. Au moins, on aura pu se mettre dans la peau de Viviane quand elle regarde les vitrines de Rodéo Drive.". Direction le métro. En crânant avec mon sac "Harrods".
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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:00
Mon cher Victor,

Il est 22 h 42. J'ai le blues. Le blues du cheddar, du smoked bacon, des chips de toutes les couleurs, du bus jaune. De la voix suraigue de Claire, de sa gentillesse. Du silence discret d'Emma, de la vulgarité d'Alex. De mes parties de rigolade avec Sophie, en pyjama, dans l'appart. Du système de ventilation. Du cliquetis des clés dans la serrure. Même du boucan de mes voisins à quatre heures du matin, et de l'alarme à incendie. J'ai le blues du ciel gris et des "Mind the gap". De la langue anglaise. De la communauté Erasmus. J'ai le blues d'Asda et des taxis. L'Angleterre me manque ce soir. Radiohead sur la chaîne hifi. Dossier photos. Voyages. Angleterre. Et les trois mois défilent. Tout me revient.

Cafard.

Est-ce que tout cela a vraiment existé ?
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Comme il est bon de se sentir aime... Moi-meme avec ma Juliette... Laisse Juliette ou elle est, tu veux ? Aujourd'hui, je ne veux parler que de moi ! De moi, de moi, de moi ! Tres bien. Cela change de d'habitude.

Samedi, je rentre chez moi. On m'attend. Comme c'est bon d'etre attendu... De lire sur MSN que L. "attend sa soeur" et que le Noel de mon Mysterieux Inconnu n'est pas le 25 decembre contrairement a l'idee recue mais le 16 decembre, jour de mon arrivee. De recevoir des sms enflammes du style je-n'en-peux-plus-vite-vite-vite-viteQuel bonheur d'etre attendu...

Quand on est attendu, ca veut dire qu'on nous aime...

Et c'est tellement grisant de me dire qu'on m'aime.

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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

En faisant mes valises tout a l'heure, j'ai soudain realise que je ne reviendrai pas. Je ne reviendrai pas. Ca m'a fait tout drole... Une page se tourne, comme on dit. J'ai passe presque trois mois de ma vie dans une petite chambre avec une collegue d'IUFM. Ca cree des liens, je peux te le dire. Trois mois, c'est quoi ? Rien en theorie. Mais tant de choses ont change !

J'ai ouvert grand mes yeux, j'ai ri a gorge deployee, pleure a chaudes larmes parfois, reve a des retrouvailles qui se rapprochent, bu des bieres, danse sur de la techno (je deteste la techno), chante de l'opera a pleins poumons dans mon flat, declanche l'alarme a incendie. J'ai tire des traits, entame de nouveaux chapitres, ai trouve des reponses a certaines questions. J'ai pris un bus jaune, parle de Perrault a une classe de trente personnes (en anglais s'il vous plait !), me suis gavee de bacon et de cheddar. J'ai fete Noel avec une Galloise, fait de grands projets avec une Allemande. J'ai laisse mes cheveux pousser. J'ai dormi avec un pyjama troue, visite la maison de Shakespeare, epuise une carte telephonique en trois quarts d'heure. J'ai reve de rentrer, puis de partir, puis les deux a la fois. J'ai hume l'air pollue de Londres et j'ai aime ca. J'ai reve les yeux grands ouverts.

J'ai fait mes valises, tout a l'heure. L'appartement est presque vide desormais. Un appartement ou nous avons ri, ronfle, erre en pyjama, mis Jean-Jacques Goldman a fond les manettes. Un appartement ou nous avons fait seche petites culottes et soutien-gorges quand le seche linge ne sechait pas le linge (oui, Victor, ca arrive...), un appartement ou nous avons echange idees, projets, reflexions, coups de gueule, coups de tete, coups de joie. Je m'etais habituee au grincement du sommier, habituee a me cogner le coude systematiquement sur le placard en me tournant et me retournant dans le lit. Je m'etais habituee a la ventilation et a la lumiere rouge du dispositif de l'alarme a incendie. Je m'etais PRESQUE habitue aux cris et rires de mes voisins bourres dans le couloir. J'avais pris mes reperes. C'etait devenu un peu... Mon chez moi.

J'ai fait mes valises, tout a l'heure.

J'ai realise que je ne reviendrai pas.

Life is life.

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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, je dedie notre conversation a Sad Song, qui me reclamait un article sur Londres ! Parce que je ne peux pas decrire l'etat d'emerveillement dans lequel je me trouvais, j'ai prefere selectionner mes cliches preferes. Mieux qu'un long discours ! Mouii mais enfin... Tu ne te foules pas, Mirabelle ! Je vais quand meme en dire deux trois mots, Victor, ne t'inquiete pas !

Kensington Gardens. C'etait tellement beau que j'en aurais pleure. Moi au milieu des oies et autres cygnes, je n'aurais pas cru pouvoir ressentir un jour cette serenite, cet emerveillement, devant ce coin de nature au milieu de l'effervescence etouffante citadine. Je tenais a visiter Kensington pour Mrs Dalloway. Pour Virginia. Pour ce roman qui m'a fascinee. Pour l'atmosphere. Pour LE quartier chic de la capitale.  J'avais envie de rester assise sur un banc, sans rien dire. Juste a regarder. A me laisser porter. Emporter. Kensington Gardens...

Camden Town, ci dessus et ci dessous. Autre lieu. Autre genre. Je dirais meme un autre monde. Quartier gothique. Mirabelle chez les gothiques. Eberluement. Amusement. Grands eclats de rire. J'ai fait des boutiques dans lesquelles je n'aurais jamais pense entrer auparavant. Le genre mastoque, sombre, avec poings americains et tee-shirt "Fuck everything". Tout ca pour un tee-shirt Coldplay ou Radiohead que je n'ai, finalement, pas trouve.

 Ci dessus, et sur les deux photographies suivantes, l'incontournable Westminster. Big Ben. Le tout de nuit. Il faisait froid. J'etais fatiguee. Et j'avais l'impression que le monde m'appartenait.

 Ca se passe de commentaires, non ? Oui mais enfin... Nos lecteurs sont tout de meme autorises a en faire !

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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Malgre toute ma bonne volonte, je crois que j'ai... Oh, je n'ose meme pas le dire... Je crois que j'ai... Tu crois que tu as quoi ?! Crache le morceau, Mirabelle !

Avec Sophie, nous avions pourtant fait tres attention. Achete des legumes et des fruits. Fait de grandes salades. Mange de la viande blanche. Ou veux-tu en venir ?

J'ai grossi. J'en suis sure. Ah ? Cela n'a pas l'air de te toucher plus que cela, merci bien ! Ce n'est pas ca mais enfin, je te connais... Tu fais surement une montagne de pas grand chose ! Moi, Mirabelle, je n'ai, normalement, pas de hanches. Mais j'ai desormais deux petites bouees de chaque cote ! C'est pas une preuve ca ? Humm... Et tu es sure que tu as mange equilibre pour en arriver a une telle constation ?

Bon, d'accord.

J'ai du manger un peu de cheddar.

Et puis un peu de pates.

Et un peu de riz.

Et un peu de bacon.

J'ai du boire quelques bieres.

Bon, d'accord...

Ne dis rien, Victor, s'il te plait. Et epargne moi ce petit sourire moqueur, tu veux ?

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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Comme promis a Lucquiaud en commentaire a cet article, en exclusivite mondiale, mon point de vue sur le rapport complexe qu'entretiennent les Anglais avec le the. Mirabelle, arrete de te monter le bourrichon, tu veux ? Le monde n'a rien a voir la dedans ! Quel rabats-joie tu fais... Bref.

Il etait inconcevable de clore la rubrique Mirabelle chez les Anglish sans evoquer le the. Autant vous le dire tout de suite : ici, en Angleterre, je passe pour une HEROINE ! Eh bah tiens ! J'aimerais bien voir ca ! Si si, Victor, je t'assure ! Et puis arrete de me contredire sur tout, c'est agacant... Je suis une heroine, une vraie de vraie ! "You are very brave", m'a-t-on dit ! Tiens donc ?

J'adore le the. J'en bois des tasses et des tasses. J'avais d'ailleurs plus ou moins aborde le sujet dans cet article. Bref. Tu recycles, Mirabelle, tu recycles. Oui... Et alors ? Et alors rien. Bon bah alors ecoute-moi ! Je disais donc que j'adore le the. Du the bien fort. Sans sucre. Sans lait. Sans rien. C'est comme ca que je l'aime. Or, ici... Pour boire un the tel que MOI je l'aime c'est... Tout un probleme.

Comme tu le sais deja, puisque tu suis de pres ce blog... D'ailleurs, il est un peu laisse a l'abandon en ce moment ! Pardonne moi, Victor, mais je suis surbookee ! On dit ca, on dit ca... Donc, comme tu le sais deja, j'ai effectue des stages en ecole, ici en Angleterre. Enfin... Le mot stage est un peu pretentieux, il s'agissait plutot de "visites". Bref. Pendant les recreations, Sophie et moi allions dans la "staff room". On nous propose du the. Betement, je dis oui et je ne fais plus attention.

Et je me retrouve avec une tasse remplie d'un liquide beige : du the avec du lait. Bien. Or, il se trouve que... Je DETESTE le lait. Par politesse (car je suis quelqu'un de poli) je trempe mes levres, pour voir. Et la, franchement, il faut chercher le gout du the. Ce que je bois est douceatre... Et indefinissable. Et tu l'as bu tout entier ? La premiere fois, oui. En revanche, les jours suivants, je ne me suis pas faite avoir, j'ai precise "without milk".

Cette histoire de the au lait m'interpelle. Pourquoi donc ? Parce que le the British est connu de par le monde. Les Anglais en sont fiers. Moi meme j'ai parcouru toute la capitale, a la recherche du meilleur the qui soit. Le the, c'est la culture d'ici, cela fait partie de l'identite britannique. Earl Grey, Breakfast Tea etc. Et pourtant... Pourtant, en considerant les nombreuses fois ou j'ai ete amenee, pendant ces trois mois, a boire un the avec des Anglais pur jus, j'ai pu constater que rares etaient ceux qui prenaient un the nature. Non.

Ils sortent automatiquement la bouteille de lait et ce sont ceux qui n'en veulent pas qui passent pour les exceptions. Tu y comprends quelque chose ? Eh bien... Parce que le the, avec du lait, n'a plus aucun gout ! Tu l'as dit trente six mille fois, Mirabelle... Alors je te le demande, Victor : quel est l'interet de se vanter du the British si au quotidien, la plupart des Anglais n'en distinguent pas la saveur, en noyant sa specificite, son gout si particulier dans une odieuse dose de lait? Hein, dis moi ? That is the question...

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10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Comme tu le sais, Noel approche. Oh oui ! Jingle Bells, Jingle Bells, Jingle all the way ! Ooooh what fun it is to ride a one-horse open sleigh ! Ohhh ! Et donc ? Et donc je suis allee a Londres faire mon Christmas Shopping ! Et ? Et alors j'en suis revenue sur les genoux !

Ci-dessus, une photographie de Regent Street, la grande artere commerciale de Londres. Une rue fermee a la circulation jusqu'a une certaine heure, pour permettre aux passants de se "promener" plus librement. Au programme de mon apres-midi : Harrods et Hamleys, le plus grand magasin de jouets au monde ! Ooooh ! Je comptais, par la meme occasion, m'en mettre plein les mirettes niveau decoration de Noel. J'ai ete bien decue ! Ah bon ? Londres est pourtant la capitale ! Je pensais que les decorations seraient somptueuses ! En tous cas, celles de Regent Street en etaient loin. Des guirlandes lumineuses bleues, comme tu peux le constater sur la photo, mon Victor. D'autres representaient les personnages du dernier Walt Disney, ou autre film d'animation a sortir. Ah oui... Ce n'est pas ce qu'il y a de plus poetique, effectivement !

Si encore on avait pu "se promener"... Mais non. Tout le monde se marche dessus. Mais enfin, Mirabelle, tu t'attendais a quoi ? Vous etiez a deux semaines de Noel ! Et dans la capitale ! C'etait fort previsible ! Oui bon, d'accord... Je m'attendais bien a "une circulation chargee" mais enfin pas au point d'etre bloquee pendant cinq minutes sur un trottoir et de grapiller centimetre par centimetre ! Hummm... Parce que c'etait tout bonnement atroce, Victor ! Je crois que tu ne te rends pas compte ! C'est un truc a te rendre dingue, vraiment ! Et c'etait encore pire chez Hamleys ! Je n'ai jamais vu une telle queue ! Impossible d'acceder tranquillement aux rayons !  Des meres qui gueulent sur leurs momes ou qui les cherchent. Des peres qui rongent leurs freins et agressent leurs epouses...

Des vigiles qui te hurlent dessus : "Avaaaaaaaaaaancez ! Vous croyez que je crie pour mon bon plaisir ? Ciiiiiiiiiculez ! Degagez les escalators !!!!!".

Oh mon dieu... Effectivement. Et aucun soulagement en sortant du magasin ! Car on retrouve la foule, grouillante, cette foule immense, chargee, qui vrille les nerfs et donne envie de courir le plus vite possible, a la recherche un coin desert, n'importe ou, mais desert. Pas de bruit. Pas de shopping. Rien. Ou alors de les tuer les passants les uns apres les autres. C'est au choix. Le principal etant d'avoir la paix.

Et Harrods ? C'etait le meme cirque ? Ca, ca vaut un article entier ! Alors tu vas attendre un peu, Victor !

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