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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 15:19
C'est de mettre les Beach Boys à fond les ballons et de danser dans mon salon comme une gamine de quinze ans, en riant comme une folle, le tout sous les yeux interloqués de mon chat. C'est quand même beau, la vie, quand on prend la peine d'en profiter.
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 01:48

Mon cher Victor,

IMG_1399-copie-1.jpg
Ben dis donc, tu n'as pas pris beaucoup de couleurs !
Merci pour ton accueil, Victor, cela fait toujours plaisir ! Ne te vexe pas, Mirabelle, mais après une semaine à la montagne, je pensais te retrouver avec une peau mate et lisse, resplendissante de soleil ! Je parlais de très loin, je te signale, j'ai le teint très pâle habituellement. Humm... Bref. C'était bien, cette petite semaine de vacances ? Impeccable ! Pour preuve, j'ai quasiment oublié que j'étais instit' ! Et tu n'en as pas parlé avec les autres ? Non ! Et pourtant, nous étions cinq enseignants ! Effectivement.... Quel exploit !

Bref. En plus de ça, j'ai fait des progrès monstrueux en ski : les pistes rouges n'ont plus de secrets pour moi et je sais skier en parrallèle, alors que, la dernière fois que j'ai fait ce sport de glisse, je peinais à tourner en chasse-neige. Fulgurant, fulgurant ! Enfin bon. J'ai vécu des moments merveilleux, teintés de tartiflettes et de raclettes (forcément, hein...), de parties de cartes, de nuits blanches, de batailles de neige, de courses de luge ratées et de fous rires à la pelle ! De vraies vacances ! Oui, comme je n'en avais pas eu depuis longtemps. Des vacances à me vider la tête, et à rentrer le samedi 23 en se disant : "Ah oui, c'est vrai, j'ai 25 élèves, je suis maîtresse, et il va sérieusement falloir s'y remettre la semaine prochaine si je ne veux pas être trop à la ramasse". Ah oui, c'est à ce point là ! Si je te le dis !

Je reviendrai régulièrement te raconter mes aventures, mon Totor. Ce séjour à douze personnes (oui, tu as bien entendu) m'a fait comprendre plein de choses, plus que je ne pensais, et m'a amenée à réfléchir sur la notion de groupe, d'identité... Ouh la la la... Je m'attends au pire ! Je me disais aussi que tu n'étais pas capable de prendre des vacances seulement pour te détendre ! Il faut le dire, surtout, si mes songes ne t'intéressent pas ! Si si, bien sûr. Mais enfin pour une fois, j'aurais bien voulu que tu prennes simplement plaisir à vivre autre chose, voilà tout... Enfin, ce que j'en dis... On ne te changera pas, de toute façon...

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 02:36

Mon cher Victor,undefinedIl paraît que lors d'une rupture il y a plusieurs étapes. L'étape des larmes, dans laquelle je suis enlisée depuis un certain temps (mais il me semble que ces sables émouvants m'ont libérée hier... On dit "mouvants", Mirabelle ! Je sais, enfin, pour qui me prends-tu ? C'était pour faire un mot d'esprit ! Ah... C'est raté ! Tu veux qu'on la refasse ?), puis l'étape du "je suis libre", qui consiste, en résumé, à se retrouver soi-même, à plonger au coeur de sa vérité personnelle. J'espère être parvenue à cette étape. Et qu'est ce qui te permet d'entretenir un si bel espoir ? J'ai récemment repris contact avec une bonne copine d'école primaire, que j'ai suivie au collège et dont j'étais assez proche. Il se trouve que cette bonne copine, que je nommerai Fannette (quel joli prénom, hein, Jacques ? Moi, c'est Victor ! Tu n'as encore rien compris !), revoit notre professeur de français de 4ème. Et c'est là que je reprends confiance... Raconte, raconte !

Il s'appelait Monsieur C.
Il s'appelle toujours, d'ailleurs, le pauvre ! Paraît-il qu'il exerce encore dans le collège de notre adolescence, avec la même passion, même si, d'après lui, "tout a changé". C'est l'un des meilleurs professeurs qu'il m'ait été donné de rencontrer. Passionné... Et donc passionnant ! Un amour débordant pour la littérature. Il m'a fait aimer Andromaque et Molière, Erich Maria Remarque et Sweig, Stendhal et... Toi, mon bon Victor ! Aaaah ! Tout de même ! Je me demandais quand tu daignerais enfin me citer ! Prétentieux ! Bref. Il aimait l'écriture, les vrais textes, saupoudraient ses cours d'un brin de magie. Et puis surtout, il m'aimait, moi. Il m'appelait sa "littéraire" et appréciait mon style, qu'il approuvait la plupart du temps par une note au-dessus de 17/20. Je l'adorais, Monsieur C. J'ai encore en tête certaines de ses phrases, son sourire de cheval (les incisives passant par dessus la lèvre inférieure et... Tu as déjà vu un cheval sourire ? Non mais...) et le ton de sa voix lors des dictées. Oui, vraiment, je l'adorais, Monsieur C., et il faut bien dire qu'il me le rendait bien.

Si bien que j'ai appris il y a quelques jours, par cette Fannette (qu'il voit régulièrement), qu'il serait ravi de me revoir. On m'a remis son numéro de téléphone pour que je passe, un de ces jours, boire une tasse de thé chez lui. J'en suis ravie, bien sûr, mais j'ai un peu peur. Du jugement. Je ne suis pas devenue prof de lettres, contrairement à ce qu'il voulait, à ce que mon entourage voulait pour moi. Et alors ? Tu es instit' ! C'est ce que tu souhaitais, non ? Et puis ce ne sont certainement pas eux qui doivent décider de ta vie ! Certes. Mais que répondre quand il me demandera où en sont mes rêves d'écriture ? Eh bien dis-lui la vérité... Quelle vérité ? Lui dire que je ne fais que converser avec un vieux bonhomme grincheux ? Que mes rares tentatives d'écriture ne me satisfont pas ? Que je n'ai pas le temps, trop prise par la classe ? Oui. Dis le lui. Sans doute te donnera-t-il quelques conseils !

Tu sais, Victor, cette soudain réapparition de ce cher Monsieur C. m'amène à plusieurs réflexions... Où sont mes ambitions ? Qu'ai-je fait de mon rêve ? Pendant quatre ans, j'ai manqué d'exigence avec moi-même. Je me suis perdue, égarée, pour lui plaire. Au bout du compte, c'est raté. Alors autant me retrouver... Non ? Bien sûr que oui ! Alors je vais me remettre à écrire. Sérieusement. Avec mon stylo-plume fétiche et mon cahier à grands carreaux. Faire resurgir cette rigueur et cette fièvre, bâtir un projet qui me tiendra. Peut être qu'après tout... C'est bête hein... Mais ce professeur, qui croyait tant en moi (d'après Fannette, il est "encore tout admiratif" de mes rédactions), refait surface dans ma vie alors même que, justement, je suis en pleine période de doute sur ma valeur et mes capacités. N'est-ce pas là un coup de pouce du destin qui me souffle : "Allez, Mirabelle ! Arrête tes jérémiades et va donc écrire... Et que ça saute !" ?

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 10:10
Mon cher Victor,

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Bonne année,  Mirabelle ! Bonne année, Victor, bonne année... Tu pourrais  y mettre du tien ! Je t'accueille les bras ouverts et toi tu... Excuse-moi, Victor, c'est juste  que je n'aime pas particulièrement le 31 Décembre, ni le 1er  : nous ne l'avons jamais fêté à la maison.  Ah... Eh oui, ça arrive ! Tu pourrais tout de même faire preuve de bon coeur envers ceux qui t'aiment et qui t'entourent ! Mais j'y mets du coeur ! On ne dirait pas ! Evidemment, si tu  attends que je sorte d'un gâteau géant avec des cotillons et que je déclanche un feu d'artifice et que... Pfff... Allez, allez ! Tout de suite ! L'exagération ! Bon. Que me vaut l'honneur de ta présence ? Rien. Je passais juste comme ça pour dire que je suis bien contente qu'une nouvelle année commence. Je croyais que la nouvelle année n'avait aucune importance pour toi ? Eh bien...

2007 fut une année mitigée en ce qui me concerne. J'ai, d'un côté, acquis mon indépendance et atteint certains de mes rêves, parmi les plus accessibles : avoir un bel appartement et un chatounet rien qu'à moi. 2007 fut également l'année du grand saut puisque ça y est, je suis enfin maîtresse, même si j'avoue que cela ne correspond pas tous les jours à mon idéal du métier, ne serait-ce qu'au regard de la place démente qu'il occupe dans ma vie. Et puis maintenant, on nous demande de décrocher la lune... En résumé, du point de vue professionnel, cette année 2007 se révélera comme celle du désanchement mais... Pas du découragement ! Ahhh ! C'est drôle, il me semble avoir lu cela quelque part... J'avoue, j'avoue, la formule n'est pas de moi mais de la revue Le monde de l'Education, qui a publié un numéro spécial (très très intéressant) sur les jeunes instits'.
2007 fut aussi, bien sûr, et puisque toi et nos lecteurs avez suivi mes articles saupoudrés de larmes et orchestrés aux violons, l'année de ma séparation d'avec Johan. Séparation que je n'accepte pas encore, mais bon. Tant pis. Il y a bien un moment, paraît il, où il faut baisser les bras, même si ça ne me dit rien du tout pour l'instant. C'est donc en célibataire toute fraîche que je commencerai cette année 2008. Et toutes les aventures seront bonnes à prendre pour passer à autre chose !!! Roooooo, Mirabelle ! La luxure, désormais ! Mais je plaisante, enfin ! Allez, tu me connais, Victor : tu sais bien que je ne pourrais sauter dans le lit d'un homme sans être amoureuse... Quoi que...

Pour 2008, puisque l'heure des résolutions est venue... Bon, bien sûr, on sait très bien que les bonnes résolutions ne sont pas faites pour être tenues, mais enfin, jouons le jeu tout de même.

1) Obtenir mon permis de conduire (mon dieu, je vais finir dans le livre des Records...)
2) Trouver l'Amour (et cette fois, le Bon, avec qui j'aurai ma maison, mes bébés et tout le fatras)
3) Devenir la maîtresse que j'ai toujours rêvé d'être, ou du moins, commencer à le devenir, car je sais que cela ne se fera pas par un claquement de doigts.
4) Montrer aux gens que j'aime que je les aime, combien je tiens à eux (comme dirait David : "On devrait toujours dire avant l'importance que les gens prennent, tant qu'il est encore temps").
5) Faire du sport.
6) Prendre soin de mon corps une fois par mois : j'entends par là aller faire une visite à ma copine esthéticienne, dont, je l'avoue avec honte, je n'ai toujours pas profité des brillants services alors qu'elle exerce tout près de chez moi.
7) Revoir ma garde-robe et m'assumer en tant que femme (ah ah, je me fais rire moi-même !)
8) Trouver l'Amour (ah non, ça je l'ai déjà dit)
9) Arrêter de me ronger les ongles (j'ai déjà essayé, maintes et maintes fois, avec plus ou moins d'efficacité...).
10) Obtenir mon permis de conduire (je l'ai déjà dit aussi, je crois, mais enfin, il faut bien arriver au numéro 10).

Vaaalà pour mes bonnes résolutions ! En ce 1er janvier, je tenais à dire, puisque cela ne durera pas bien longtemps, que je suis pleine d'espoir quant à l'avenir, un sourire aux lèvres et le coeur débordant d'énergie ! Sur ce, bonne année à tous et à toutes !
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 14:06
Mon cher Victor,

emmenager.jpg

Tu as déjà une connexion internet chez toi ? Hu là, hu là... Pas de panique  !  Cette conversation n'est possible que parce que je suis  "en visite" chez mes parents :  n'ayant pas encore de ligne téléphonique dans mon appartement, je n'ai donc aucun accès à la blogosphère et suis complètement coupée de ta  présence magique, mon pauvre Totor... Même si tu trônes sur mon mur ! Je trône sur ton mur ? Oui. J'ai affiché un magnifique portrait de toi... Tu sais, celui où tu sembles si pensif ? Ah... Celui où je prends mon regard d'artiste ? C'est ça ! Très bon choix, Mirabelle, très bon choix !

Bref. Pour ce soir, je suis invitée à manger chez mes parents. Et bien que je ne sois officiellement chez moi que depuis trois jours (aaah, parle moi du bonheur des cartons dans lesquels on bute ! Parle moi du ménage à faire, des meubles à monter, de l'ascenseur trop petit !), revenir en ces lieux, en ce foyer qui me manquait tant lors de mon exil chez les British, me fait une drôle d'impression. Comme un retour en arrière. Comme si je n'étais pas tout à fait à ma place. Aaaah ! C'est bon signe, ça ! Ca veut dire que tu te sens à ta place dans ton appartement ! Eh bien, c'est un entre-deux. Chez moi, je fais la conversation à mon chat (oui, Nougatine va bien, merci)  et j'ai, par instants, un sentiment de solitude si fort que j'en ai envie de courir retrouver parents et... Chambre vide. C'est gai ! Mais rassure-toi. Les trois quarts du temps, quand je suis sur mon balcon, la nuit tombée, quand j'admire l'église illuminée sur laquelle j'ai vue, quand je domine la ville du haut du sixième étage, je suis parcourue d'une onde de paix, de sérénité, d'aboutissement que je n'avais jamais connue auparavant. Je suis contente d'être chez moi. Enfin. Depuis le temps que tu l'attendais !

Ce soir, alors que je profite de l'ordinateur familial et du siège en cuir pour venir bavarder avec toi, j'entends les couverts qui tintent : mes parents s'affairent dans la cuisine. Au menu : foie gras, salade. Il y a en fond le tic tac de l'horloge, ce tic tac que je connais par coeur. Il suffit que je me concentre sur ce que je dis, Victor, pour que j'oublie que je n'habite plus ici. Comme dirait Ours, la maison de mes parents, c'est ma maison.  Ce qui ne veut pas dire que je ne rentrerai pas chez moi avec plaisir ! Parce que j'ai tout de même eu, tout à l'heure, en passant le seuil, cette sensation de flottement, ce flou, comme si j'étais projetée dans un monde qui n'a pas réellement existé. Ou alors, il y a longtemps, il y a très longtemps... En trois jours, après avoir monté des marches, vidé des cartons, fait les poussières, pensé ma déco et l'agencement de mes meubles, j'ai fait plus de chemin qu'en trois mois. J'ai été plus loin dans mon évolution qu'en vivant de l'autre côté de la Manche, pour une expérience hors du commun. C'est la vie qui veut ça !

Et si ma mère a pleuré, tout à l'heure, à l'idée que je devrais repartir après le repas, si mon père a concédé que "l'étape serait difficile pour tout le monde", si j'ai gorge et coeur serré en m'asseyant au milieu de ma chambre vide, en contemplant ces étagères vides, ces meubles vides, ce sommier inutile, ce placard vide, je me dis qu'il faut en passer par là. Parce que c'est l'histoire de la vie.
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 09:20

Mon cher Victor, cartons.jpg

Ma chambre est vide. Mes murs sont vides. Mes étagères sont vides. Il n'y a plus rien.
Juste le papier peint, celui que j'avais choisi à quatorze ans, quand nous avions fait refaire ma chambre, et mon bureau, cadeau de Noël de l'année 1996. Quand ma mère est rentrée du travail, hier soir ,  elle a observé les murs : "Alors c'est déjà fini...". A elle aussi, cela lui fait tout drôle...

J'ai fait mes cartons tout l'après-midi. Trié ce qui devait l'être. Me suis séparé de babioles que je conservais religieusement depuis l'âge de sept ou huit ans. Sans regret. Comme si je savais que c'était vraiment le moment. Comme si cela allait de paire avec le vide de ma chambre.  Ce matin, je me suis réveillée dans cette chambre, vide. Et ce matin, j'aurai les clés de mon appartement. Ce matin, ma mère m'a glissé à l'oreille, comme ça : "j'espère que tu viendras nous voir régulièrement...". Ce matin, ma soeur m'a dit : "j'espère que tu m'inviteras à prendre le thé de temps en temps...". 

Ce matin, je me suis dit que le vrai départ, c'était maintenant. Pour moi mais pas seulement. Pour mes parents, qui vont devoir se faire à cette chambre vide. Qui vont devoir se faire à ne plus m'entendre me plaindre, qui vont devoir se faire à ne plus supporter mes chants incessants. M'est avis que ça va leur manquer... Que même mes défauts, mes conneries, mes râleries, mes coups de gueule vont leur manquer. A ma soeur, qui va devoir accepter la solitude, l'absence. Elle est la seule fille de la maison, maintenant. Et moi... Moi, fidèle à mon habitude, je suis un peu nostalgique. Je me revois noircir les pages de mes journaux intimes dans mon adolescence torturée, je me revois pleurer toutes les larmes de mon corps sur mon lit, je me revois installer ma première chaîne hi-fi, rester des heures à admirer les posters de ma chambre, à rêver de Jacques Brel, à danser au son du "Twist and shout" des Beatles. Et oui, ça me fait tout drôle, à moi aussi. Parce que parfois, on a une conscience aigue de la vie qui passe. Des époques qui se terminent. Et de celles qui commencent.

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 01:35
Mon cher Victor, maison.jpg
Le mercredi 26 septembre, j'ai trouvé un chez moi ! Et c'est maintenant seulement que tu me l'annonces ?! Excuse-moi. Tu sais bien qu'avec la classe, je... Bref, bref ! Passons le sujet où j'en ai encore pour des heures à t'entendre te plaindre... Alors tu emménages ? Tu as besoin de bras pour transporter les meubles ? Et où as-tu trouvé ? C'est bien situé ? Est-ce que tout sera prêt pour ton petit chat ? Ne me bombarde pas ainsi de questions ! Pardonne mon enthousiasme débordant ! Mais je suis si impatient d'imaginer ton nid douillet !

Alors, alors... Etant donné que j'ai une montagne de boulot qui m'attend , j'irai à l'essentiel : c'est un appartement en centre-ville, absolument merveilleux. En vrac : F2, 47 m2, cuisine équipée intégrée au salon (avec lave-vaisselle, s'il vous plaît !), séjour très spatieux et très lumineux, mis en valeur par une baie vitrée somptueuse et par un balcon tout à fait charmant. Pas moins de cinq placards dans la maison, un débarras et alors une salle de bain... Mais alors une salle de bain... Une salle de bain... Ouiiii, une salle de bain ! Mais encore ? Une salle de bain ma-gni-fique, avec des meubles de rangements ma-gni-fiques, une belle baignoire, un grand miroir... Ca m'a tout l'air d'un coup de foudre ! Oh oui ! En plus, pour une fois, j'ai eu un bol fou !

Comme tu le sais, j'ai galéré pendant des jours et des jours avant de trouver cet appartement. Visites annulées, deux-pièces déjà loués, personnes intéressées qui me coiffent sur le fil... Ce sont les aléas de la location ! Bref. En fait, parce que nous savons tous que l'immobilier, c'est la loi du "premier arrivé", ma maman avait visité cet appartement un matin, pendant que j'étais à l'école. Elle m'avait appelée le midi, desespérée, alors que nous en avions raté un sympa la veille, et d'un cheveu : "On vient de louper un appart' de rêve, Mirabelle ! De rêve ! Encore mieux que celui d'hier ! La nana qui visitait juste avant moi l'a pris ! On n'a vraiment pas de chance... Tu aurais vu l'appartement... Une vue, une vue ! Et puis lumineux ! Tu l'aurais vu, tu l'aurais vu... Ah la la ! Je ne te dis que ça !". En fait, elle ne m'a pas dit que ça et a passé dix minutes à me vanter les mérites de ce bijou, entrecoupant régulièrement notre conversation de "ah, c'est pas possible, je l'ai raté à rien !". Puis elle a raccroché. Encore écoeurée par l'échec de la veille, j'oublie vite ce F2, d'autant plus facilement que je ne l'ai pas visité, ce qui m'évite de m'imaginer dedans.

Et puis trois jours plus tard, l'agence a rappelé. La nana s'était désistée. J'ai visité l'appartement le mercredi 26 septembre à 10 h et à 11 h j'ai signé la réservation. Je suis sur un nuage. J'emménage le 1er novembre. Youpi ! Comme dirait Johnny : "Pour moi, la vie va commencer". Tu as de ces références...
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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 01:14
Mon cher Victor,

la-vie-est-belle.jpg

Bon. Depuis quelques semaines, je suis très très négative. Nos conversations sont noires, plaintives. Certes, certes... Mais enfin avec tes conditions de nomination, ce permis que tu ne parviens pas à décrocher, Lilibelle qu'il te faut apprivoiser, il est normal que tu ne sois pas d'humeur à te concentrer sur  les petits oiseaux qui chantent et le ciel bleu... A propos d'oiseaux qui chantent et de ciel bleu, justement, il m'est arrivé quelque chose de tout à fait étonnant mercredi après-midi. Raconte, raconte !

J'étais partie chercher mes lunettes (des lunettes que je n'ai pas, finalement, à cause d'une bourde mon ophtalmo'). Tu n'étais pas à l'école avec les GS ?! Il n'y a pas d'école le mercredi dans la plupart des écoles, Victor. Du coup, dès mardi soir, je suis rentrée chez mes parents. Tiens, tu ne dis plus "chez toi" ? Si. Cependant, je sens que, dans mon esprit, je passe à autre chose. L'idée de m'envoler bientôt fait que, désormais, je ne me sens plus tout à fait "chez moi" chez mes parents. Tu comprends ? Oui, je vois ce que tu veux dire... Eh bien qu'as-tu à me regarder comme ça ? Rien... J'ai juste l'impression d'assister à ta naissance... Pfff... N'importe quoi ! A ta métamorphose, si tu préfères ! Ne joue pas sur les mots ! Bref. Là n'est pas le propos.

Mercredi après-midi, donc, c'était direction l'opticien pour me chercher une nouvelle paire de lunettes. J'étais ravie : les lunettes, c'est super important pour une maîtresse ! Et ça a un sacré pouvoir de séduction ! Hein ?! Mais ouiiiiii ! Souviens-toi donc de ce charmant compliment ! Hihihi... Comment ai-je pu oublier une perle pareille ? Bref. J'étais dans la grande rue. Il y avait le bruit des voitures, les passants, le vent. J'avais sur les oreilles la bande originale de "Cinéma Paradiso", composée par Ennio Morricone. Je me suis prise à sourire. J'étais bien. Je me voyais dans mes cartons, dans quelques semaines. Crevée. Epuisée. Mais en train de réaliser ce dont j'ai toujours rêvé. En remontant cette grande rue, je n'ai plus eu peur de rien, tout à coup. J'ai su que j'allais franchir tous les obstacles, les uns après les autres. J'ai su que Lilibelle et moi allions devenir de très grandes amies. Qu'un jour, j'aurai entre les mains le précieux petit papier rose. Que Nougatine serait mon grand amour félin. Que j'allais devenir ce qu'on appelle "adulte"... Faire ma vie, tout simplement.

C'est quand même fou que cet élan d'optimiste t'ait submergée comme ça, d'un coup... Finalement, ce n'était peut être pas sorti de nulle part. A vrai dire, une heure avant, je chevauchais Lilibelle. Mais ça c'est une autre histoire, dont je te ferai part lors d'une autre discussion ! Et puis le midi, j'ai mangé dehors avec ma famille, sous le pommier et le soleil. Et puis j'ai eu une amie au téléphone. Et puis j'ai hâte d'être à demain pour retourner à l'école. Ah oui, effectivement... Ce n'est sans doute pas si subi... En tous cas, tu as bien fait de venir me raconter tout ça ! D'abord parce que j'aime te voir heureuse, Mirabelle, et puis aussi parce que tu me communiques ta joie de vivre ! Et surtout... Surtout, il faut aussi dire quand ça va bien ! Quand la vie est belle, il faut savoir le dire, tout simplement ! Alors je te le dis, Victor : mercredi, j'ai trouvé que la vie était belle, mais alors vraiment très très belle...
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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 01:45
Mon cher Victor, painauchoc.jpg
Tout à l'heure, en allant à la pharmacie, je suis passée devant l'école de mon enfance. Il m'arrive souvent de me promener dans ce coin. Ta nature nostalgique t'y conduit régulièrement... Oui. Enfin là, c'était plutôt le besoin pressant de traitement médicamenteux. Bref.

En regardant la grille, la cour de récréation minuscule qui me semblait autrefois immense, en examinant tour à tour l'école maternelle et l'école élémentaire, je me suis dit que j'en avais fait un bout de chemin, un bout de vie, dans cette école. Je me suis dit que tous les enfants, devenus grands, prennent conscience un jour ou l'autre du rôle de l'école sur leur existence. C'est à l'école que j'ai appris à écrire. A l'école que j'ai entraîné mon imagination. A l'école que j'ai souffert sur les groupements en dizaines et unités, à l'école que j'ai éprouvé mon premier sentiment de honte après ne pas avoir su rattraper un ballon en cours de sport. Je revois précisément la scène... C'est à l'école que les premiers frissons d'amitié sont apparus, à l'école que j'ai admiré mes maîtresses, souhaitant de tout mon coeur être à leur place un jour. A l'école que j'ai eu mes premiers petits amoureux.

J'ai toujours aimé l'école. Malgré les mathématiques, la géométrie et l'éducation physique ? Oui, malgré tout ça. Parce qu'il y avait aussi les rédactions, celles que la maîtresse lisait devant la classe en me félicitant pour mon style, parce qu'il y avait la grammaire, que j'adorais (mais oui, c'est vrai...), parce qu'il y avait les récréations, les "tb" sur les cahiers. Ton appréciation est bien personnelle, Mirabelle... Bien d'autres enfants n'ont pas dû aimer l'école, éprouvant plus de difficultés en classe... Certainement. J'ai d'ailleurs énormément d'adultes autour de moi qui affirment avoir été dégoûtés par l'école. J'ai eu de la chance.

En passant devant mon école, soudain, je me suis revue. Comme si j'y étais. C'était un jeudi soir. Ma maman était venue me chercher, comme tous les jeudis, mon père ayant une réunion, comme tous les jeudis. J'avais mon cartable sur le dos et je me réjouissais de quitter l'école. Après le traditionnel bisou et le "tu as passé une bonne journée ? Qu'as-tu fait de beau, aujourd'hui, chérie ?", je lui racontais mes aventures de la journée (la dispute avec Clémence, le 0 faute en dictée, le problème de mathématique, les bêtises d'Aurélie...) alors que nous poussions la porte de l'école maternelle pour aller chercher ma petite soeur. Une fois la cadette récupérée, ma maman sortait alors un petit sac en papier de son cabas. Tous les jeudis, ma maman nous offrait un pain au chocolat. Ils sentaient bon, ces petits pains au chocolat, ils étaient chaud. Nous les mangions sur le chemin du retour, tandis que ma soeur narrait ses exploits de Grande Section et que j'énumérais les devoirs à faire pour le lendemain.

Ca n'a l'air de rien un souvenir comme ça, je le sais bien. Beaucoup d'enfants en ont, du même style. Mais c'est un souvenir que je lie à l'école. J'aimais les jeudis. J'aimais retrouver mon petit pain au chocolat à la sortie et embrasser Aurélie, la bouche pleine de miettes, les lèvres toutes chocolatées, près de la grille. Lui hurler : "A demain Auréééé !", en traînant mon cartable par terre, ce qui me valait toujours une remarque maternelle.

Oui, ça n'a l'air de rien, un souvenir tel que celui-ci. J'en ai vus bien d'autres, des gamins s'en aller la bouche bourrée de bonbons, de croissants ou d'autres sucreries patissières. J'en ai vus bien d'autres, à la sortie de l'école, le cartable traînant par terre, saluant de loin leurs meilleurs copains. J'en ai vus bien d'autres accrochés aux grilles à taner leurs mamans pour le précieux goûter. Oui, j'en ai vus bien d'autres. J'en verrai encore, encore et encore, et tu ne peux pas savoir combien ça me rend heureuse.
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 04:06
Mon cher Victor,

nuit.jpg
Il est 4 h du matin et j'ai décidé de venir bavarder avec toi. Attention ! Tu prends des risques ! Vilaine fille ! Victor... Je suis d'humeur très poétique ce soir. Laisse de côté tes sarcasmes... S'il te plaît.

Il est  4 heures du matin. Dehors, tout est calme. La ville dort. La rue entière dort. Et moi, moi j'écris. J'aime écrire la nuit. Je n'en ai pas souvent l'occasion. Mes parents sont en vacances, et ma petite soeur est partie en goguette. J'ai la maison pour moi toute seule. Un délicieux goût d'indépendance, d'autonomie.

J'ai passé une soirée délicieuse. Indescriptible. Mes amis de PE1. Les rires. La joie de se retrouver. Joie d'autant plus forte que... Nous savons tous, chacun d'entre nous, que nous serons bientôt disséminés aux quatres coins du département. C'est la vie qui veut ça. C'est la vie... J'ai ri, discuté, souri. Sans regarder l'heure. Sans penser à septembre. J'ai dansé, dansé, dansé. En oubliant tout. Je n'étais même plus instit', plus personne n'était instit'. Nous étions juste des presque-adultes, heureux de se retrouver. Des presque-adultes profitant de l'instant présent, dans un élan d'amitié fort, très fort.

Je suis rentrée chez moi à 3 h 30. Je n'ai pas eu envie de me coucher, désireuse de prolonger ce moment à ma manière, en écrivant. Portée par la liberté. La liberté d'écrire. Me pelotonner sur moi-même, dans ma mélancolie, dans ma nostalgie. Penser à cette année, qui a passé si vite. Penser à ce qui m'attend, à celle que je serai dans un an. Penser à ceux que nous serons tous dans un an. Ecrire et me sentir bien. Comme si tout avait un sens, soudain. Partir. Il est dorénavant 4 h 18 et je suis bel et bien éveillée. La fièvre de l'écriture a cela d'étonnant qu'elle est un puissant excitant.

Ce soir, je réfléchis à mes doutes. Mon instinct me dit que je continuerai. Parce que je dois écrire. Que j'en ai besoin. Que c'est vital. Ce soir, je suis bien, là, au milieu de la nuit. Je suis seule avec moi-même. Le monde est en suspens. Les volets sont fermés, partout. Il y a juste le ronronnement des voitures, qui passent au loin. Et moi, dont l'esprit vagabonde à la lueur de la lampe de chevet. Mon instinct me dit que je continuerai. Parce que j'aime ça. Que je ne peux pas m'en passer.

J'aimerais demeurer ainsi. Comme si j'observais le monde d'en haut, avec bienveillance. Avec patience. Avec confiance. J'aimerais demeurer ainsi, mes doigts sur le clavier, à me laisser voguer, au gré de la fièvre. J'aimerais demeurer ainsi, tranquille, décrire cette torpeur, modeste tentative, capter l'essence de l'écriture, cet état second dans lequel elle nous plonge. La quiétude qui m'envahit, à 4 h 25 du matin. Je ne dors pas. Je veux juste écrire. Ecrire. Et lâcher prise. Enfin.
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