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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 08:28
Mon cher Victor,

cin--paradiso.jpg

Hier, pour essayer d'oublier mon échec cuisant, je suis allée au cinéma. Quel film ? "Ratatouille". Un film sur la cuisine ? Un film d'animation. Un rat qui veut devenir cuisinier et finit par le devenir dans plus grand restaurant de la capitale française, après maintes et maintes mésaventures. Ce n'est pas pour les enfants, ça, les films d'animation ? Mais non ! C'est pour toutes les générations, pourvu que celles-ci en soient conscientes ! Si tu le dis... C'était bien ? Oui, très bien. Et... ? A vrai dire, je ne voulais pas te parler de ce film, Victor. Ah. Et de quoi donc ?

Du cinéma. Tu sais à quoi ressemble un cinéma d'aujourd'hui, Victor ? Euh... C'est une sorte de supermarché. Enfin, c'est un grand mot mais m'est avis que cela ressemblera de plus en plus aux cinémas britanniques, qui m'avaient bien désarçonnée. Nous n'en sommes pas encore au point de payer nos places en même temps que de commander un burger et un coca, mais un jour... Bref. Le cinéma d'aujourd'hui, dans notre bonne vieille France, c'est beaucoup de publicités et de moins en moins de bandes annonces, comme je le déplorais ici. Et puis surtout, ça devient si cher, si cher, que ça finit par me faire rire jaune. Hein ?! Ben oui. C'est bien la peine, après, que les politiques nous servent leurs grands discours égalitaires sur la nécessité de faire de la culture une richesse accessible à tous. Bref... Oui : bref ! Laissons de côté tes opinions politiques, Mirabelle...

A chaque fois que je foule le sol d'une salle de cinéma, j'ai une pensée pour la petite fille que j'étais. Allez, embarque-nous dans tes souvenirs... Les souvenirs ont cela de charmant qu'ils peuvent être, parfois, embellis par le flou. Ou par l'idéalisation... Oui. Toujours est-il que j'ai besoin, pour apprécier totalement une séance, de retrouver mes sensations d'autrefois, celle de la petite fille que sa maman emmenait voir le dernier Walt Disney. Celle qui trouvait tout tellement grand et tellement mystérieux, celle qui attendait avec impatience de voir l'ouvreuse passer dans les rangs du cinéma, avec son panier rempli de glaces et autres délices sucrés et chocolatés. Ta maman t'en offrait ? Non. Ou alors très rarement. Je crois d'ailleurs que cette frustration, ce désir, sont pour beaucoup dans mon émerveillement de l'époque. Oui, comme les interdits qui nous font briller les yeux... Voilà, oui. Je regardais les enfants léchant leurs glaces avec une pointe de jalousie, tandis que j'entendais le doux tintement des pièces de monnaie tendues à l'ouvreuse. Il y avait les lumières feutrées qui descendaient sur son uniforme, et le claquement de ses talons sur les marches.

Les murmures dans la salle. Tous ces gamins trépignant d'impatience, comme moi. J'avais sous mes fesses mon manteau roulé en boule, réhausseur forcé pour parvenir à voir l'écran. Je scrutais les lumières : quand allaient-elles s'éteindre ? Une habitude que je n'ai pas perdue... Et puis soudain, un chuchotement dans la salle. Ca y est... Elles s'éteignent ! C'est les cartoons. Les cartoons ? Oui. C'était bien un truc de mon enfance, ça... Avant les films d'animation, passaient des dessins animés très courts, du genre de ceux que je regardais à la télévision, de bon matin, le mercredi ou le week-end. Ah, les cartoons... J'en ai un souvenir impérissable... J'entends encore la musique dans mon esprit...

Après les cartoons venait le film. J'ai un souvenir particulier de "Rox et Roucky", ainsi que d'"Oliver et Compagnie". C'est sans compter "Fievel au Far-West", qui m'a carrément foutu les boules (normal, Fievel  était tout de même en fort mauvaise posture, sur un pont en flammes, au dessus d'un immense bûcher !) et du coup, ma maman et moi avions été obligées de quitter la salle. Nous avons ensuite été prendre une crêpe, dans un établissement de ma petite ville. Toujours le même. Nous prenions la même petite table, dans un coin, à l'étage. Toujours le même rituel, après chaque séance de cinéma. Je prenais une crêpe au chocolat, ma maman une crêpe au miel. Quand ma petite soeur fut en âge d'apprécier les histoires sur grand écran, elle nous accompagna. Et puis nous avons grandi... Et perdu ce rituel.

Alors j'ai toujours une pensée pour cette petite fille quand je foule le sol d'une salle de cinéma. J'attends toujours que l'ouvreuse apparaisse avec ses merveilles sucrées par la porte battante. J'attends le dessin animé. Un dessin animé qui ne vient jamais, évidemment... Heureusement,
même si je désespère qu'il y ait autant de publicités et si peu de bandes-annonces, même si je trouve que la place de cinéma est de plus en plus chère, j'ai toujours un soupir de contentement quand les lumières s'éteignent. Là, la magie peut commencer. Et ça, ça n'a pas prix.
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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 01:00
Mon cher Victor, Dieu.gif


Avons-nous déjà évoqué la religion ensemble ? Ohhh... Sujet périlleux, Mademoiselle ! J'avais déjà dû en parler plus ou moins, dans cet article notamment. C'était plus moins que plus... Certes. Je n'ai jamais vraiment parlé avec toi de mon idée de Dieu.

Nous avons tous besoin de quelque chose auquel nous accrocher.
L'idée du vide, des hommes face à eux-mêmes, livrés à eux-mêmes, peut être angoissante. On s'interroge sur l'existence du monde, sur le pourquoi du comment on a atterri là, nous, en tant que personne. Pourquoi tel spermatozoide a fécondé tel ovule, pourquoi nous sommes tels que nous sommes. L'idée du hasard peut effrayer. Elle t'effraie ? Elle me titille un peu, disons. S'il ne me fait pas peur, ce cheminement existentiel vient souvent frapper à ma porte dans les instants difficiles, quand vient le moment de faire un choix, par exemple. Et parfois, je me dis que s'il existe, là-haut, le vieil homme doit bien rire... Alors tu crois en Dieu ?! Non. Ton raisonnement est légèrement contradictoire, Mirabelle...

On a besoin d'être rassuré. De se dire que nous ne sommes pas seuls. Que quelqu'un est responsable, responsable de ce que nous sommes. Après tout... C'est le vieil homme qui a puni Adam et Eve pour avoir croqué dans la pomme, nous sommes donc des victimes indirectes. Oui, mais en prenant les choses par l'autre bout, on peut aussi dire que c'est Dieu qui nous a permis d'être sur terre ! C'est là qu'on s'aperçoit que notre rapport à la divinité est très ambivalent. D'un côté, quand on a ne serait-ce qu'un MINUSCULE aperçu de ce qu'est notre "lot", la terre avec ses guerres, ses inégalités, la famine, l'injustice, on se dit que Dieu doit être bien mauvais pour avoir laissé faire ça ! Et de l'autre... De l'autre, les croyants (car ce n'est pas ainsi que moi, je fonctionne, et je ne pense pas être la seule...) remercient Dieu pour leurs réussites ou les tâches à accomplir : ainsi, un coureur de fond que je ne citerai pas (c'est un Français très très connu !), vainqueur des Championnats d'Europe, remerciera Dieu au micro de France 2, car ce serait Dieu, d'après lui (et permets moi d'en douter !) qui l'aurait fait gagner ! Et ça, bon dieu... Mirabelle ! Et ça, bon sang, je n'en reviens pas !

C'est là que je me dis qu'au fond, la foi, c'est de la sélection.
Dieu est toujours celui qui vient en aide, jamais celui qui punit. Si on perd un enfant en bas âge, on dira que Dieu l'a rappelé en lui, on ne lui en voudra pas. La pauvre maman se contentera d'implorer l'aide de Dieu pour surmonter cette épreuve, elle ne lèvera pas les yeux au ciel pour incriminer Dieu et l'accuser de cette injustice. En fait, je me dis que la foi aide à tenir le coup, à accepter notre condition. Je me dis que la vérité importe peu. On ne saura jamais si Dieu existe. Cependant, ceux qui ont décidé de le croire ont choisi de se rendre la vie un peu plus douce, en cherchant un soutien. C'est louable. Et je le comprends. Après tout, que Dieu soit responsable de nos malheurs ou non, ce dont on peut être certain, c'est qu'il ne descendra jamais sur le plancher des vaches pour nous faire un petit coucou, et ce qui compte, pour nous autres mortels, c'est d'être heureux et de rendre notre court passage sur terre le plus agréable possible. Mais ce n'est pas ainsi que je fonctionne !

Moi, je crois en l'homme. C'est d'une banalité à pleurer de dire ça, mais c'est vrai. Quand on m'accuse d'être trop optimiste, d'espérer qu'un jour, le monde changera, et ce grâce à la volonté de tous, grâce à nos forces toutes entières réunies, à nos rêves, à notre dépassement, je l'assume. Quand j'espère qu'un jour, les hommes seront égaux de fait et non plus de droit, je l'assume. Personne ne sait si mon voeu s'exaucera. Mais le fait même d'y avoir songé m'aura rendu la vie plus douce. Car je n'ai pas envie de m'en remettre à l'existence d'un hypothétique seigneur pour vivre ce que j'ai à vivre parmi les miens.  S'il y a des guerres, des injustices, c'est de notre faute, à nous les hommes. Si nous sommes capables de combattre les maladies, si la chapelle Sixteen existe, c'est à cause de nous, les hommes. L'homme est capable du pire comme du meilleur et je n'ai pas envie de mêler quelqu'un d'autre à tout ça.

En fait, ce qui me gêne le plus, dans la religion, c'est son déterminisme. Il peut être terrible. Oui, comme tous ces hommes de votre époque, qui se font sauter au nom de Dieu, tout ces hommes prêts à commettre les pires atrocités au nom de Dieu, par fanatisme... Ca, évidemment, c'est un cas extrême ! Mais il se répand, malheureusement.
Ce qui me dérange, dans le type de comportement énoncé plus haut, c'est que l'homme n'est vu que comme un simple instrument, un jouet banal que notre soit-disant créateur manipulerait à sa guise. Le coureur dont je parlais précedemment a pourtant dû s'entraîner très dur pour en arriver là où il est et j'aurais tendance à penser que sa victoire n'est que le fruit de ses efforts, et qu'il l'a bien méritée. A vrai dire, je ne vois pas trop ce que Dieu vient faire là-dedans. Et s'il avait perdu, aurait-il affirmé que c'était Dieu le responsable ? Lui en aurait-il voulu ? C'est peu probable ! C'est évidemment bien plus inquiétant lorsqu'il s'agit de crimes, comme tu le disais, Victor. Dans ce cas, il semblerait que l'homme n'a plus le choix, ni du bien ni du mal. Il n'y a plus que Dieu, Dieu, Dieu, c'est comme si l'individu avait perdu l'entendement. Comme si lui-même et les autres lui devenaient insensibles, et qu'il n'était plus que mis au service d'une cause, d'une mission, celle de satisfaire Dieu. Comme un robot qui exécuterait des ordres. Et ça, tu vois, c'est un aspect de la religion qui me fait peur. Heureusement, tous les croyants ne sont pas ainsi ! Ouf...

Tout ce qu'il faut espérer, c'est qu'un jour, croyants et non croyants seront capables de cohabiter, en se respectant, en se tolérant mutuellement. Ca, c'est loin d'être gagné... C'est l'histoire de notre monde, tu le sais !

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 19:32
Mon cher Victor,

25.jpeg

Il y a longtemps que je n'étais pas venue bavarder avec toi. C'est à cause de moi ? Tu n'aimes plus ma compagnie ? Si, bien sûr que si. C'est simplement que je suis en vacances et du coup, la catégorie "Mirabelle, maîtresse stagiaire", qui nous occupait beaucoup, s'étoffe moins. Eh bien tu n'as qu'à faire un sort aux autres ! J'y songe mais rien ne vient. Je suis dans une drôle de période, Victor. Ah... J'ai l'impression de tout laisser glisser, de faire du sur place... Tu n'es quand même pas gênée de dire ça ! Ta situation professionnelle prend une très bonne tournure ! Oui, mais quitte à passer pour une geignarde, je ne sais pas dans quelle école je serai et je ne peux pas faire de projet, quel qu'il soit. Rien ne m'intéresse. La vérité, c'est que si je viens moins te voir, Victor, c'est parce que je ne me sens pas très bien en ce moment. Certaines choses que j'espérais ces dernières semaines, et que je ne souhaite pas évoquer, ne se réaliseront pas. Et ça me rend triste.

Tout devrait bien aller pour toi, pourtant !
En apparence, oui. Mais je suis la Bree Van de Camp française. Faire comme si tout allait bien. Sourire. De façade. A l'intérieur, se dire que tout ça est une belle comédie. A ce point ? Je ne sais pas. Il m'est difficile d'être objectif. Tout ce que je sais, c'est que le bonheur me paraît inatteignable. Ah, le bonheur... Vaste sujet... Est-ce de ma faute ? Sans doute que je ne mérite pas d'être heureuse... Tu veux bien arrêter tes bêtises ? Le bonheur est un droit, Mirabelle, et chacun a le droit de le poursuivre ! Bientôt, tu vas me réciter la Constitution des Etats Unis... Ne change pas de sujet, tu veux ?! Tout ce que j'essaie de te dire, c'est que plus tu chercheras le bonheur, moins tu le trouveras ! Ce n'est pas en les guettant que tu savoureras des instants précieux ni en dévalorisant les minutes de rare sérénité qui te traversent que tu te sentiras mieux. Tu commences à bien me connaître... Il serait temps !

Parfois, je me demande si le bonheur, ce n'est pas se contenter de peu. Ne rien attendre des autres. Ne pas être exigent. Et se raccrocher à ce qui nous semble stable dans la vie en se disant que si on veut, on peut. Sauf que parfois, on ne peut pas toujours... Je sais bien. Cependant, j'aime croire qu'on peut tant qu'on n'a pas la certitude qu'on ne peut pas. Tu vois ce que je veux dire ? Oui, je vois. Bref. Je me demande si le bonheur est une question de volonté ou de nature. De caractère ou de maturité. C'est sans doute faire preuve de sagesse que de relativiser ce qui nous entoure et de parvenir à ne pas regarder en arrière. Sauf que je ne suis pas comme ça du tout. Je voudrais en être capable. Ne pas me soucier des autres, ne pas observer ma vie de loin et me dire que je suis une fille totalement inintéressante. Oublier ce qui me déçoit. Tirer un trait sur toutes les erreurs de ma vie, sur tous ses défauts, sur tout ce qui me la gâche, sur tout ce qui m'empêche d'avancer. Je ne peux pas.

Je débute cette semaine d'un bien mauvais pied, c'est vrai. J'ai hâte qu'elle se termine. Je sais qu'elle sera ratée et que le dimanche soir, je serai amère et déçue, en me disant que j'ai fait semblant une fois de plus et que rien ne s'est produit. Les journées se ressemblent. Imperturbables. Grises comme le ciel de ma région natale, tristes comme la pluie qui cogne contre le carreau depuis environ une demie-heure. Tout à l'heure, j'ai failli acheter un billet pour Portsmouth. Un voyage en bateau, un sac de voyage, et j'aurais foulé le sol de mon Angleterre. J'ai failli dire à Claire que j'arrivais, qu'elle pouvait préparer la chambre d'ami. J'aurais pris ma semaine, pour avoir de vraies vacances, puisque les vacances sont faites pour se détendre et voir la vie du bon côté. Une parenthèse, encore... N'oublie pas que les parenthèses sont faites pour être refermées, Mirabelle... Je sais. De toute façon, je n'ai pas le grain de folie qui me permettrait de partir à l'improviste. Mais l'idée même d'y penser, d'y rêver, d'imaginer tout ce que je pourrais faire là-bas... Prendre le premier bus National Express, retirer des livres au distributeur, demander mon chemin en anglais... Oui, tout ça m'a fait du bien, l'espace de cinq minutes. Cinq minutes seulement...
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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 02:09
Mon cher Victor, bac.JPG


Lundi, je suis passée près d'un lycée de ma petite ville. C'était l'effervescence totale. Des cris. Des rires. Des larmes. De l'hystérie, de la tristesse, du bonheur... Et pourquoi cette effervescence ? C'était les résultats du baccalauréat, pardi ! Ah, c'est donc ça...

Tout ça m'a ramenée cinq ans en arrière. Déjà cinq ans... Ca fiche un coup, quand on le réalise.
Pourtant, cela me paraît loin. Et un peu... Neutre. Neutre ? Oui. Je ne me souviens pas de cette explosion de joie qu'on nous décrit tous les ans dans les médias. Je n'ai pas sauté de joie. Ah oui ? J'avais été voir les résultats avec ma mère et une amie à moi, qui allait au rattrapage. Elle était en larmes. J'ai préféré de ne pas triompher. C'était délicat de ta part... 

Je me souviens juste avoir dû me faufiler entre les lycéens pour parvenir jusqu'à la liste. J'ai cherché mon jury. Fini par trouver mon nom. Mention Bien. Je ne m'y attendais pas. Et pourtant, je n'ai pas été folle de joie, même intérieurement. Tu aurais pu, pourtant ! Je savais que j'aurais le bac. Cela fait sans doute très prétentieux de dire ça mais c'est la vérité. J'avais bien senti les épreuves, celle de philosophie et toutes celles de langues, qui sont et restent ma spécialité. J'avais eu de bonnes notes aux épreuves de français en Première, et une note correcte en mathématiques, ce qui n'est pas rien pour moi ! Oui, j'avais cru comprendre que tu n'as pas la bosse des maths ! C'est le moins qu'on puisse dire...

Quand nous sommes rentrées chez moi, ma mère courait dans notre rue en hurlant que j'avais eu une mention. Elle était plus heureuse que toi, en somme ! J'en ai bien l'impression. Ca m'a d'ailleurs fait rire, lundi midi, quand à la radio, j'ai entendu un journaliste dire que lors des résultats "les parents étaient souvent bien plus émus que leurs enfants". Cependant, quand j'ai franchi le seuil de la maison et que j'ai dit à mon père "Bon, ben voilà, j'ai le bac", celui-ci a eu simplement un petit sourire et m'a gratifiée d'un "c'est bien". Ce fut tout.

Quand ma petite soeur passa le bac à son tour, il pleura carrément et manqua de faire une crise cardiaque sous le coup de l'émotion. Ah ? C'est curieux, tout de même, ce revirement... J'avoue en ressentir une petite pointe de jalousie, comme si on m'avait enlevé quelque chose (et tant pis pour ceux qui me traitent de "fille à papa"). Ma mère justifia ainsi cette métamorphose : "Tu sais bien que cela a toujours été plus difficile pour ta soeur que pour toi. Elle a été au rattrapage et ton père avait très peur qu'elle le rate. Alors que toi... Toi... Pfff... Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Mirabelle ? Pour toi, avoir le bac, c'était normal... Une simple formalité.". C'est peut être pour ça, aussi, que tu n'as pas été folle de joie pour toi-même... Tu étais sûre de toi, n'est-ce pas ? Assez oui. Bon. Eh bien alors, c'est normal. Tu étais confiante. Et tu n'as pas été surprise.

Plus j'y réfléchis, et plus je me dis que ce vertige, la sensation d'être au bord d'un précipe que beaucoup de lycéens ressentent devant les résultats du bac, je l'ai ressenti pour le concours. Vraiment. Cela fait un an que je l'ai obtenu comme tu le sais. Et pourtant, à chaque fois que je pense à l'instant où j'ai vu mon nom sur internet, je suis profondément émue. Comme si j'y étais encore. Je me revois haletante. Je ne pouvais plus respirer. Je tremblais de tous mes membres. Je hurlais et je sautais partout dans la baraque. Et ma mère qui me disait de me calmer. Qui, entre deux sanglots, assurait qu'elle allait me claquer si je ne me reprenais pas... Hihihi ! Quoi qu'on en dise, les résultats d'un concours sont incertains. On ne peut jamais être totalement confiant. Parce qu'on a un autre adversaire que soi-même et qu'il s'agit d'être meilleur que les autres. Je me revois en train de pleurer aux entraînements aux 1500 m, en disant à mon père que je n'y arriverais jamais. Je me revois complètement découragée devant mes concours blancs de mathématiques. Et je suis vraiment fière de moi-même. De l'avoir obtenu. En ayant travaillé dur, en ne m'étant pas démotivée.

Alors si je me dis souvent que j'ai "raté" quelque chose le jour des résultats du bac (entre guillemets, évidemment, car je suis tout à fait satisfaite de ma performance lors de l'examen), même si je suis un peu déçue de ne pas avoir explosé de joie, je me dis que je me suis rattapée, quelques années plus tard, avec le concours...
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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 08:52
Mon cher Victor, unan.jpg

Il y a un an, j'étais en pleine opération gambergeage "vais-je réussir ?". Aujourd'hui, je suis en pleine opération gambergeage "vais-je avoir un poste correct ?".
Il y a un an, je n'avais qu'un mot à la bouche : "concours". Aujourd'hui, c'est "poste".
Il y a un an, je voyais encore les PE2 comme les dieux de l'IUFM, superpuissants et infaillibles. Aujourd'hui, je sais qu'il n'y a d'infaillible que le courage qu'on se donne à être enseignant, à faire du mieux que l'on peut.
Il y a un an, la vie s'ouvrait tout autour de moi, pour moi. Je rêvais de l'Angleterre. Aujourd'hui, je suis encore un peu une  English girl, un tout petit peu. Cette magnifique parenthèse me manque encore, parfois. Comme quelque chose qui ne reviendra pas.
Il y a un an la perspective des stages en responsabilité m'angoissait au plus haut point. Aujourd'hui, c'est d'avoir une classe toute l'année qui m'angoisse... Mais m'enthousiasme !
Il y a un an, je faisais ce que je pouvais pour avoir le permis avant ma PE2... Aujourd'hui, je fais ce que je peux pour l'obtenir avant ma prise de poste !
Il y a un an, j'attendais les résultats du concours. Aujourd'hui, j'attends la liste des postes. Aujourd'hui, je vais formuler mes voeux. D'après la rumeur (et les syndicats !) il ne reste que des CLIS, des SEGPA et  des Directions. 
Ca passe vite, une année, Victor. Tant de choses évoluent. Dans un an, je ne serai plus la même. Ca donne le vertige.
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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 01:49
Mon cher Victor,


IMG-0141.jpg Lundi, mon Mystérieux Inconnu et moi-même nous sommes rendus chez des amis, pour une barbecue party, sous un soleil RES-PLEN-DIS-SANT. Les amis en question ne sont autres que les parents de cette petite puce, aujourd'hui âgée de six mois et qui, en ce mois d'avril, a grandi sous les traits de cette petite princesse, sur la photo que j'ai attachée à droite de ce paragraphe. Elle est choupinette, cette crevette... Très choupinette. J'aurais d'ailleurs pu insérer une vidéo (en imaginant que je sache le faire...) assez coquinette, où on se demande du bébé ou de l'adulte qui babille le plus. Et évidemment, l'adulte c'est toi ? Ce n'est pas si simple ! Sur la vidéo, on m'entend moi mais on entend aussi la maman ! Ah. Bon. De toute façon, le problème ne se pose pas, je ne sais pas insérer de vidéo. Elle est belle Clara, hein, Victor ? Oui, mais je te l'ai déjà dit. Bref. Je dois dire que lundi, j'étais ravie de retrouver le bébé. Elle était dans son petit siège, sur la table, on aurait dit une petite reine. Et je suppose que tu l'as bisoutée et complimentée... Bien sûr. Je n'allais pas bouder mon plaisir. Parfois, ça frôlait l'indécence tellement je m'extasiais. Humm... Ca ne m'étonne guère ! Et tout ça pour dire quoi, Mirabelle ?

A ce barbecue étaient aussi invités Gaetan et Ingrid, parents d'un petit Nolan, de trois semaines plus âgé que Clara. Un blondinet adorable, avec un sourire à tomber. Tu étais donc encerclée par les bébés ! On peut le dire, oui. Et je parie que ça ne te gênait pas le moins du monde ! Non, pas du tout. Bref. Ingrid et Aurélie, vers midi, se sont atelées à la looongue tâche de donner à manger aux petits. Les garçons, dehors avec les chiens (oui, c'était vraiment une journée Famille Chicorée, une journée comme je les aime...), préparaient le barbecue. Moi, en future maman (ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas enceinte mais je serai forcément maman un jour, hein ?), j'observais avec attention ces deux mères à l'oeuvre. Nolan dans la chaise haute, Clara dans son siège, et les mamans qui goûtaient les boullies en fronçant les sourcils (est-ce assez chaud ?) et comparant les saveurs des petits pots de leurs chérubins ("Aujourd'hui, Nolan mange "veau et haricots" !", "Et Clara c'est "dinde et petits pois" !"). J'oberve les cuillères entrer dans les bouches, écoute les babillements gloutons des bébés, aide à essuyer les lèvres minuscules et les mentons potelés avec les bavoirs, caresse des petits bouts de jambe au passage. Tu buvais donc du petit lait ! Eh bien... J'étais partagée entre le ravissement et la frustration. Ah... Toujours cette envie de bébé ? Eh oui. Elle ne me quitte pas. Pire : elle grandit de plus en plus.

Après le repas, c'est sieste pour les angelots. Pendant ce temps, les adultes dégustent le barbecue et surveillent les chiens (au nombre de trois, je te laisse imaginer le ramdam...). Nous profitons. Et j'ai hâte que les petits se réveillent de la sieste. C'est de l'obsession à ce stade ! J'en ai bien peur. Après le repas, les hommes nous quittent pour aller "faire un foot" (nous frôlons, à ce propos, le remake d'un épisode d'"Hélène et les garçons", chaque homme allant faire un "petit bisou" à sa femme) et nous nous retrouvons entre femmes à manger du chocolat au soleil (il faut faire fissa, le chocolat fond !) en attendant le réveil des chérubins. A trois heures et quart, Ingrid va chercher Nolan qui braille dans son lit, et Aurélie récupère Clara qui gazouillait tranquillement dans le sien en attendant qu'on la prenne dans les bras. Je retrouve mon statut de pas-encore-maman avec toujours la frustration au ventre et regarde les déjà-mamans préparer les poussettes.

Il est convenu que nous rejoignions les hommes sur le terrain de football, avec chiens et enfants. Cette opération, au premier abord enfantine, se révèle finalement cauchemardesque puisque les chiens tirent dans tous les sens, les laisses s'enroulent dans les poussettes, je manque de m'écraser dans le gravier en retenant le Golden qui s'est détaché et Aurélie s'écartèle en tentant de ramener les deux autres. Résultat, alors que nous avons mis cinq minutes pour faire vingt mètres environ, c'est retour à la case départ : nous allons enfermer les chiens dans la maison pour repartir tranquillement avec les bambins.

Me voilà à marcher entre deux poussettes.
Les mamans causent de leurs progénitures, évidemment. Et moi, je suis entre les deux. Un peu mal à l'aise mais surtout très très très frustrée. Coincée entre les deux. Et très très très très très très très frustrée. Parce que je n'ai pas de poussette et encore moins de bébé dedans. Parce que je n'ai pas de petits petons qui battent et des gazouillis face aux oiseaux qui chantonnent. Ca viendra... Oui, je sais, ça viendra. Sauf que je voudrais que ça arrive vite, vite, vite, vite. Je ne pense plus qu'à ça, j'en rêve la nuit. Je me vois à la première échographie, je me vois dans les magasins de fringues pour bébé, je me vois à la piscine avec un gros ventre, je me vois annonçant la nouvelle à mon entourage, je vois mon Mystérieux Inconnu papa, je vois ma maman grand-mère, mon papa grand-père, ma petite soeur tata et par dessus tout, plus fort que tout... Moi maman. Mais pour l'instant, je ne suis que frustrée entre deux poussettes...
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 00:00
Mon cher Victor,

Juste parce que c'est beau et que... J'en reste sans voix ! Une conversation silencieuse alors... Chutt... Regarde ! Tu vas faire peur aux flocons !




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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 00:00
Mon cher Victor,

Demain, nous serons en 2007, Mirabelle ! J'espère que tu vas nous concocter un magnifique petit article à propos de la nouvelle année ! Tu vois, par exemple, le temps qui passe, l'amour qui reste... Ce genre de discours un peu sucré dont tu as le secret ! Alors là, tu vas être bien déçu ! J'ai un problème avec le Nouvel An. Si si, vraiment. Je n'aime pas le Nouvel An. Ca me stresse. Ca te stresse ?!

Tout d'abord, l'idée de passer au chiffre des unités supérieur ne m'enchante pas particulièrement. Mais c'est une nouvelle année qui commence ! Une nouvelle année qui commence ? Sur les calendriers sans aucun doute, mais depuis toujours, j'ai la désagréable sensation que les années s'enchaînent dans la continuité (je ne parle évidemment, que de mon cas propre). En progressant ! Ecoute ! Ta situation en 2007 sera, si tout se passe bien, sensiblement différente de celle de 2006 ! Tu prendras ton indépendance, tu... De ce point de vue là, je ne peux pas te donner tort. Mais enfin, qu'est-ce que tu veux dire ? Pourquoi n'aimes-tu pas les fêtes de fin d'année ? Et puis je croyais que tu aimais Noël !

J'aime Noël, effectivement. Cependant, je ne supporte pas le Nouvel An. Trop de pression. Mais quelle pression ?! Quelle pression ?! Celle de l'année à venir, justement Le Nouvel an, c'est un bilan sur l'année passée et un espoir vers celle à venir. Avec ces foutues bonnes résolutions. Dont tout le monde sait pertinemment qu'elles ne seront pas tenues. Que tu es négative... Tu n'as pas de résolutions, toi ? Si, j'en ai, mais à quoi cela sert-il de les formuler si je sais que je ne pourrai pas les tenir ? Dis quand même ! Etre une petite amie moins chiante, par exemple. Et geindre moins. Parce que je geins trop, Victor. Ca, je ne peux pas te dire le contraire ! Et puis prendre confiance en moi... Tout ça, ça ne me dit pas pourquoi tu ne supportes pas le Nouvel An !

Parce qu'on est obligé d'être heureux et optimiste quant à l'avenir. Lever sa coupe de champagne, souhaiter le meilleur à tous (même à des gens que nous n'avons vu ni d'Eve ni d'Adam). Dire combien on est heureux qu'une année se termine et qu'une nouvelle naisse ! Je trouve tout ça assez... Forcé. Cela manque de spontanéité. Le 31 Décembre, il faut être heureux. Si on n'est pas heureux, on passe tout de suite pour le rabat-joie de service. C'est cette pression du tout-le-monde-doit-être-heureux qui m'agace. Parce que je ne sais pas faire semblant.

Alors tu préfèrerais rester toute seule chez toi, terrée dans ta chambre, ou alors comme un légume devant ton poste de télévision plutôt que de passer un agréable moment avec des amis ? Je ne dis pas ça. D'ailleurs, fais-tu quelque chose de spécial cette année ? Une soirée avec mon Mystérieux Inconnu et ses amis. Et cela ne te fait pas plaisir ? Si je me répète que ce n'est qu'une soirée, si, bien sûr. Mais si je commence à me dire qu'il FAUT avoir l'air heureux, cela me donne envie de prendre la poudre d'escampette.

Tu es bien étrange... Tu es jeune et tu raisonnes comme un vieux croûton qui connaît tout de la vie ! Amuse-toi, Mirabelle, et tu verras que tu n'auras pas besoin de faire semblant pour avoir l'air heureuse ce soir du 31 Décembre ! Je vois que je t'ai plombé le moral... Je me disais juste que je pouvais être sincère avec toi et nos lecteurs. Enfin... Oui ? Bonne année quand même, Victor, ainsi qu'à nos lecteurs, bien sûr !
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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 00:00
Mon cher Victor,

Cela n'a rien d'original de dire cela mais... J'adore Noël ! Nous sommes le 24 Décembre donc, effectivement, cela n'a rien d'original. Joyeux Noël tout de même, Mirabelle... Joyeux Noël à toi aussi, mon Victor, ainsi qu'à tous nos lecteurs ! Noël, c'est magique. J'ai beau être presque maîtresse, donc presque adulte, j'entretiens une affection sans borne pour cette fête ! Quelques souvenirs à ce propos ? Tout un tas, tu t'en doutes bien ! Veux-tu nous les faire partager ? Avec plaisir !

Quand j'étais petite, je prenais mon magnétophone Fisherprice et je dansais autour du sapin, au rythme doucereux de chansons de Noël traditionnelles telles que "Douce Nuit" ou "Mon beau sapin". Je dansais seule et c'était merveilleux. Les guirlandes lumineuses ornant le sapin scintillaient dans l'obscurité et j'en garde un souvenir impérissable. Comme quoi, avec un magnétophone, un sapin et une guirlande lumineuse, on peut passer un moment magnifique...

Le 24 Décembre au soir, mes parents, ma soeur et moi-même restions en petit comité et JE choisissais le menu de Noël. Nous les élaborions avec ma mère, sur du papier Canson de couleur et j'écrivais les plats en tirant la langue, avec toute l'application d'une petite fille. Et quel menu choisissais-tu ? Tu vas rire ! Une année, c'était pâtes-jambon, une autre galettes et crêpes ! Hihihi... Effectivement, ce ne sont pas des menus typiques de Noël ! Non. Mais j'étais ravie. Pour moi, le repas idéal était jambon-pâtes et ma maman n'hésitait pas à m'accorder ce plaisir ! C'est tout à son honneur...

Ton père et ta mère devaient pourtant moins apprécier que toi ! J'imagine que oui. Mais enfin on dit que Noël est la fête des enfants ! Et ma mère voulait rendre cette fête inoubliable ! Elle a réussi apparemment... A un tel point que j'avais même demandé à ma famille, lors d'une discussion téléphonique en Angleterre, d'attendre mon retour pour décorer le sapin ! N'exagérons rien, Victor ! Je n'ai plus six ans quand même ! Alors aujourd'hui je suppose que tu es excitée comme une petite folle ?On dit ça, on dit ça... Je parie que tu vas quand même mettre tes petits souliers sous le sapin ce soir, non ? Ben euh... Oui, peut être...
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, dimanche 17 Decembre, je suis chez moi. L'atterrissage est difficile. Ohhh... Que se passe-t-il donc ? Tu n'es pas contente de retrouver tes proches ? Si si, bien sûr que si. Mais j'ai la sensation d'un entre-deux. D'une apesanteur. Comme si j'etais dans une salle d'attente. Tu es encore un peu la-bas... Oui, je crois. J'ai les pieds sur ma terre natale et la tete dans les nuages, pas si loin d'un certain campus. Laisser un peu de moi la bas et en retrouver un peu aussi ici, c'est quelque chose d'assez particulier. Je suis en decalage. Constamment. J'appelle des amis et compose le 0033, je dis "Heya" a ma soeur au petit dejeuner, je m'etonne... Les vehicules roulent a droite, pourquoi donc ? Rappelle toi, Mirabelle, tu es en France. Je suis en decalage. Constamment. J'ai la tête ailleurs. Je décore le sapin en pensant a Claire. Je ne suis pas complètement ici. Et Je ne suis plus là-bas.

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