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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Il y a des jours ou tout va mal. Comment ca ?

1) Je passe ma journee dans la classe d'un enseignant qui NE FAIT RIEN. Ou plutot si... Il fait quelque chose : il mange des sucettes devant ses eleves et pique leurs chips ! Voila qui est une drole de pedagogie !

2) J'apprends que, contrairement a ce que l'IUFM m'avait communique (c'est d'ailleurs un sujet que j'aborderai prochainement...) je n'aurai pas, pour mon stage file, une classe de Toute Petite Section (TPS, plus petits tu meurs...) mais une classe a double niveau : une Toute Petite Section ET une Petite Section. Ce n'est pas la meme chose en effet ! Oui. C'est deux fois plus de boulot. J'ai d'ailleurs resiste a l'envie d'envoyer un email incendiaire a l'IUFM ! Et comment sais-tu que tu auras un double niveau ? J'ai recu un message de la directrice de l'ecole maternelle ou je vais travailler tous les lundis... C'est une source fiable, donc ! On ne peut plus fiable... Enfin, n'agresse pas l'IUFM, Mirabelle ! Je comprends ta colere mais pense a la validation !

3) Je n'ai rien trouve de mieux que de me disputer avec mon Mysterieux Inconnu sur MSN.  A propos de quoi ? Une broutille... Il etait malade depuis deux ou trois jours, se soignait mais... Mais ? Mais il a quand meme voulu aller jouer au foot dimanche dernier ! Et cela ne t'a pas plu ! Non. Il est grand, Mirabelle, il sait ce qu'il fait ! Je ne sais pas quel age a ton Mysterieux Inconnu mais enfin... J'imagine que tu ne prends pas tes amoureux au berceau ! Bien sur que non. Bref.

4) L'IUFM a sucre l'adresse email de mon amie Sophie, sans meme prendre la peine de la prevenir. Alors elle a perdu toutes ses adresses, tous ses contacts ! Je ne comprends pas... De quelle adresse email s'agit-il ? Une adresse speciale IUFM. Une adresse professionnelle en quelque sorte. Et toi, alors ? Sophie avait conserve l'adresse obtenue il y a deux ans (elle a fait deux PE1) et le serveur a ete supprime. Quant a moi, ayant privilegie l'adresse email du nouveau serveur, je n'ai pas eu ce probleme. Je ne saisis strictement rien a tout ton jargon... Mais enfin, tant mieux si tu n'as pas eu le meme souci que ton amie !

5) J'ai fait bruler la pizza et declanche l'alarme a incendie. Encore ?! J'imagine que c'est la fumee qui sortait du four... Cette fois ci, heureusement, cela n'a dure qu'une dizaine de secondes ! Du coup, personne n'a pris la peine de sortir !

Alors il y a des jours comme ca... Ou a juste envie de se coucher et de faire un joli reve...

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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Alors que je redoutais tout ce que symbolisait ce billet d'avion, je crains, aujourd'hui, tout ce que symbolise mon billet de retour.

Dans un tout petit peu plus de dix jours, je quitterai l'Angleterre. Je rentrerai chez moi. Dans un tout petit peu plus de dix jours, retour a la vie normale. Re-francisation, dixit Alfie.

Ici, j'ai change. C'est un fait. J'ai fraude dans le bus, premiere fois de ma vie. Nooooon ?! Si, je sais, ce n'est pas bien. Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Ce que je veux dire c'est... C'est bien vrai, tu n'avais jamais fraude dans le bus ?? Comment cela est-il possible ? Mais tu n'as pas eu de jeunesse ou quoi, Mirabelle ?! Pfff... Tais-toi, Victor. Ici, j'ai fait des choregraphies d'enfer dans les boites de nuit, moi qui ne suis, normalement (je dis bien "normalement") pas fan des boites de nuit, moi qui ai la grace d'un elephant. J'ai change. J'ai vu d'autres horizons, comme je le souhaitais. Bref : un joli reve ! Oui. Et maintenant tu crains de te reveiller ? C'est un peu ca...

Et si, a mon retour, tout me paraissait triste et terne, passee la joie des retrouvailles et des embrassades ? Et si la serenite que j'ai trouvee ici me quittait tout a fait ? Si je redevenais la Mirabelle chiante et torturee, la mechante petite amie pas-capable-de-reagir-comme-il-faut-quand-il-faut, la jeune PE2 touchee par le syndrome je-n'arriverai-a-rien-je-suis-nulle ? De toute facon, tu ne sauras ca qu'a ton retour... Ce qui est certain, c'est que tu seras differente. Ce ne sera peut etre qu'une question de degre mais ce que tu as vecu fait que tu es telle que tu es aujourd'hui, tu me suis ? Bien sur que je te suis. Tu sais bien que j'ai l'esprit tordu.

Alors je me prepare tout doucement. A etre decue. A avoir, une fois de plus enjolive la realite. A etre debordee de travail. A m'engueuler avec mes parents. A m'engueuler avec mon Mysterieux Inconnu, comme nous savons si bien le faire. C'est la vie, ca, Mirabelle... La vie n'est pas un long fleuve tranquille... Oui, je sais bien. C'est pourquoi je tends ma joue, prete a recevoir ma grande claque du retour. Mais tu es tout de meme contente de rentrer ? De retrouver ta famille, tes amis, ton cheri...? Oui, bien sur. Bon, eh bien voila ! Terminons sur une note positive !

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

C'est fou comme la distance peut nous amener a envisager les choses differemment. Comme le changement d'air, d'atmosphere, peut nous faire realiser que tiens, finalement, on va plutot bien, la vie n'est pas si mal, au fond... Je suis bien heureux de te l'entendre dire !

Je voulais que le temps glisse sur moi, tout doucement, sans que je m'en apercoive. Je crois qu'il fait son oeuvre, tranquillement. Ca glisse, ca glisse...

C'est tout ? Oui, c'est tout. C'etait juste comme ca. Pour dire que je vais bien. Je sais, c'est une drole de conversation. Mais parfois, un petit article tout simple, sans fioriture, vaut mieux que mes questionnements existentiels et mes jeremiades de post-gamine. Si tu le dis... Oui, vraiment. C'etait juste comme ca. Pour dire que le temps glisse...

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 00:00

Ma chere Mirabelle,

Voici une petite chose que j'ai ecrite hier soir, en pensant a toi... Tu veux bien nous le lire a voix haute ? Allons-y...

 

Quand Mirabelle reviendra, elle ne sera plus la meme. La vie aura change, la vie l'aura changee. Elle posera ses valises, sorte de malaise heureux. Partir. Revenir. Chez elle, les choses seront telles qu'elles les avait laissees. Le meme canape. Les memes escaliers. Cette meme chambre d'adolescente. Ce meme lit. Se prelasser pendant des heures a s'imaginer une vie... Quand Mirabelle reviendra, tout sera si petit. Si fige. Si fidele a ses souvenirs.

Quand Mirabelle reviendra, elle aura grandi. Quand Mirabelle reviendra, elle n'aura plus peur. Ni de l'engagement, ni du desengagement. Quand Mirabelle reviendra, elle aura fait un pas de plus vers l'age adulte. Quand Mirabelle reviendra, elle aura vecu une parcelle de cette vie dont elle revait, autrefois, sur son lit d'adolescente. Et elle saura, tout simplement, sans avoir a le dire, sans avoir meme a le penser, comme ca, naturellement, qu'il lui suffit de poursuivre, de poursuivre son chemin, a son rythme.

Quand Mirabelle reviendra, elle dira enfin aux gens qu'elle aime qu'elles les aiment. Aux gens qu'elle aimait qu'elle les a aimes. Ira de l'avant. Quand Mirabelle reviendra, elle assumera ce qu'elle est devenue. Aimera la France, ce sentiment d'appartenance, fort, si fort. Elle y est nee et y vivra. Quand Mirabelle reviendra, elle sera fiere. Fiere d'avoir ose. D'avoir ose le faire. Et quand elle reviendra, Mirabelle le saura. Elle l'aura fait.

Quand Mirabelle reviendra, elle saura qu'elle peut etre heureuse. Tout simplement.

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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Le blog a ceci d'avantageux qu'il permet de se poser des questions sur soi-meme. M'est avis que tu n'as pas besoin de cela pour t'en poser ! C'est vrai. Ceci dit, je n'ai jamais ete aussi insouciante que depuis que je suis en Angleterre. J'aurais du t'enregistrer... Il est si rare de t'entendre dire une chose pareille ! Je disais donc que le blog me fait reflechir sur moi-meme, sur mes choix, ma vie... Un commentaire de Sev m'a interpelee.

C'est la premiere fois que j'occupe un logement etudiant. Comme l'a souligne tres justement Sev, je n'avais jamais quitte le domicile de mes parents. Mes deux premieres annees post-bac n'ont pas ete extraordinairement festives puisque j'ai fait Prepa (souviens-toi, Victor, j'en avais parle ici), classe reputee pour assommer les eleves a coups de bouquins. Et ma foi, la rumeur s'est revelee assez vraie... Toujours est-il que je ne suis JAMAIS allee a aucune soiree etudiante. Je ne sais pas ce que c'est qu'un etudiant qui fait la fete. Du coup, tu decouvres, ici, en Angleterre ! Oui. Et ce n'est pas desagreable, il faut en convenir... Il me semble rattraper le temps perdu, celui de mon adolescence torturee, cet age dit ingrat ou je me lamentais sur mon sort parce que le beau brun que j'aimais secretement ne daignait pas jeter un regard a la collegienne ordinaire que j'etais.

Tout ca m'amene a reflechir a mon adolescence. Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais fait ma "crise d'adolescence". Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais fait une fugue ou fume une cigarette. Ou demande un scooter. Pique ma crise pour un rien. Je n'ai pas le souvenir d'avoir traite mes parents de cons, de ringards, de gros nazes. Non. Je les ai toujours trouves particulierement a la hauteur et considere qu'il existait sans doute bien pire famille que la mienne. Alors non, je crois, a bien y reflechir, que je n'ai jamais fait de crise d'adolescence. J'etais ce qu'on appelle une "jeune fille sage", raisonnable, timide, mal dans sa peau. Qui souffrait en silence. Parce que j'etais solitaire. Je pleurais beaucoup, me confiais peu. Et je preferais rever en ecoutant "La quete" de Jacques Brel a fond les manettes dans ma chambre, plutot que de gueuler a la cantonade que j'allais me-casser-de-cette-baraque-de-merde-vite-fait-vous-allez-voir.

Est-il vraiment necessaire de faire sa crise d'adolescence pour devenir adulte ? Qu'en penses-tu, Victor ? Je ne sais pas. Ce concept d'"adolescence" m'echappe un peu, je dois dire, c'est quelque chose d'assez recent, il me semble, mais enfin je saisis quand meme la signification de ton propos. Qu'en penses-tu, toi ? J'en pense qu'il n'est pas necessaire de tout laisser derriere soi pour se prouver qu'on avance. J'en pense qu'on peut grandir tout en gardant ses racines. J'en pense qu'on n'est pas force de renier pour exister, pour trouver son identite. Alors j'en deduis que tu l'as trouvee, ton identite ? En tous cas, j'en prends le chemin. Je sais, je sens que je prends confiance en moi. Mon metier m'interesse. Je gagne desormais ma vie. J'ai envie de m'engager, de trouver un appartement, de prendre un chat, d'avoir des enfants. Ma famille est toujours la, derriere moi, a me soutenir. J'essaie de rester fidele a mes valeurs. De garder les gens qui comptent, tout comme ceux qui ont compte, bien au chaud, dans un coin de mon coeur. Je fais ma route, tout doucement. En n'oubliant pas celle que j'etais. Celle qui m'a permis de devenir telle que je suis.

Et tu n'as peur de la faire un de ces jours, cette fameuse crise d'adolescence ? Parfois, j'y pense. Je me dis : "Tiens, peut etre qu'un jour, j'aurais envie de tout bazarder. Dire merde a mes parents. Couper les ponts avec tous mes amis. Changer de ville, la ou personne ne me connaitra. Une autre vie !". Mais je ne sais pas... Il me semble que la "crise d'adolescence" nait d'un mal-etre, que l'on ne peut plus surmonter et qu'on est force d'exterioriser. Une envie de changement si intense qu'on est pret a gacher meme les plus belles choses, pourvu qu'on puisse prendre une autre voie. Comment sais-tu tout ca, toi, si tu n'as jamais fait cette crise ? Ayant une petite soeur a la maison, j'ai de quoi observer ! Et puis on en parle tellement, de cette adolescence a la noix, qu'il est difficile de passer a cote !

Je ne pretends pas etre la personne la plus experimentee au monde. Je n'ai pas beaucoup voyage. Je n'ai eu que tres peu de petits amis. Certains diront, et c'est normal (car il faut bien avouer qu'il y a du vrai la-dedans), que la maturite vient avec l'experience. Je ne connais du monde qui m'entoure que ce que j'entends, ce qu'on m'en dit. Mais j'ai souvent ete decue. J'ai appris que dans la vie, il ne faut se reposer sur rien, ni sur personne, car tout est susceptible de se briser en mille morceaux. Je crois que tirer une telle conclusion est deja une forme d'experience. Celle de la deception. Celle des erreurs, des choix qu'on regrette. Si j'avais su, j'aurais fait ca autrement, je n'aurais pas dit ca, pas fait ca...  C'est peut etre ca, aussi, devenir adulte... Etre decu...  Et se dire que la deception fait partie de la vie...

 

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tandis que j'accompagnais ma petite maman au marché, nous avons croisé un groupe d'enfants, cinq ans maximum, suivis de près par leurs moniteurs. Collant leurs petits nez contre les étalages, ces charmants bambins s'extasiaient sur poulets et lapins (ou s'en effrayaient, traumatisés par la vue de ces pauvres animaux dénudés !), allant même parfois, jusqu'à les confondre ("mais non, enfin, Jordaan, c'est pas du poulet c'est du lapin !"). Certains, dans leur candeur attendrissante, réclamaient même l'achat de cette chair envahie par les mouches. Au moniteur, visiblement exaspéré, d'expliquer que "non, je ne peux pas t'en acheter, je n'ai pas d'argent", avant de hausser le ton : "Kevin, je te dis non ! Tu demanderas à Papa qu'il t'en achète un" ! A la marchande de pommes de froncer les sourcils, se retenant, visiblement, d'incendier ces gamins aux doigts crasseux (elle en avait vu un se mettre les doigts dans le nez !) tripotant ses produits malgré les mises en garde de leurs animatrices, deux pauvres jeunettes apparemment dépassées par les évènements. Dieu ait pitié d'elles... Je perdrais la tête, moi, avec tous ces enfants ! Rassure-toi, Victor, être animateur peut être extrêmement enrichissant ! Qu'en sais-tu, toi, d'abord ?

Il y a quelques années déjà, j'ai obtenu mon BAFA. BAFA ? Brevet d'Aptitude à la Fonction d'Animateur. Et pour mon stage pratique (je précise à ton intention, Victor, que ce "stage pratique" était ma première expérience d'animation, étape nécessaire à l'obtention de ce diplôme), je me battais contre une extinction de voix, raillée par des garnements de huit ou neuf ans, des petits durs provoquant la jeune stagiaire d'un mètre cinquante-huit que j'étais à l'époque. Tu as grandi depuis ? Malheureusement non, mais je dois dire que cela m'aurait arrangée : cela m'aurait sans doute évité des remarques du genre : "Ehh, Steven, regaarde ! Je suis plus grand que la mono !". Ma pauvre Mirabelle... Bref, passons. Mon stage pratique ne fut donc pas une partie de plaisir, et je t'épargne, Victor, ainsi qu'à mes lecteurs, les détails de ce mois d'animation, ponctués de larmes et de découragement.

Je n'ai pas travaillé cet été, Victor. Je n'ai pas fait partie d'une équipe d'animation. Habituée, depuis deux ans, au groupe des petits (les trois-quatre ans, dans une MJC de ma petite ville...), tu peux donc imaginer combien mon coeur s'est serré à la vue de cette joyeuse ribambelle de petiots. Je regardais les animateurs, tour à tour protecteurs ou menaçants, et je me disais, avec une pointe de regrets, que j'aurais pu être à leur place. Et j'ai réalisé que les enfants me manquaient. Je me revis, l'été dernier, tenant dans mes bras la petite Charline, traumatisée par la perte de sa suce, ou souriant aux compliments du petit Théo, qui me trouvait, disait-il, "trop bêêêêêlle". M'est avis, ceci dit, qu'il aurait eu besoin de lunettes... Je me disais aussi que tu ferais une remarque de ce type ! Mirabelle, tu es incorrigible ! Je les revis pendant le repas du midi, guettant ma reconnaissance : "Regarde Mirabelle, j'ai tout bien fini mon assiette !". A moi de sourire et de les féliciter, surtout quand, moi-même, je peinais à terminer ma ration de salsifis. Hihihi... Ne ris pas, Victor, je déteste ça !

Oui, les enfants me manquent, Victor. Je n'aurais plus, avec eux, dans le cadre de mon métier, le même rapport. Interdiction de faire tout un tas de câlins, à moins que je ne sois affectée dans une classe de maternelle. Interdiction de faire des blagues à la cantonnade, je suis maîtresse, maintenant, je représente le savoir, on ne plaisante pas avec ça ! Constater combien Martin a grandi, en l'espace d'un an, ou admirer Margot, sa soeur jumelle, qui ne zozote plus ! Pourtant, j'ai toujours su, quand je travaillais sur des centres, que j'étais plus faite pour l'enseignement que pour l'animation. Soucieuse de réflexions pédagogiques alors que ces chers bambins ne demandaient qu'à aller s'amuser, je saisissais n'importe quelle occasion pour faire d'une activité un objet d'apprentissage, alors que si on avance le terme "centre de loisirs", ce n'est certainement pas pour rien... Tu cherchais à bien faire, à éveiller ces enfants au plaisir de la connaissance ! Je le faisais plus ou moins consciemment.

Ce que je sais, désormais, c'est que je donnerais beaucoup pour revoir "mes petits" comme je les appelais, Lyssandre, Thibaut, Iris et les autres. J'aurais aimé les voir grandir. M'émerveiller de la vie, cette vie qui les transforme.  Les voir colorier sans dépasser, d'un air fier, alors qu'il y a un an, ils haussaient les épaules devant mes recommandations. Les voir lancer la balle avec assurance, alors que trois-cent soixante-cinq jours plus tôt, elle leur glissait des mains. Oui, vraiment, j'aurais aimé avoir face à moi les preuves de la vie, cette évolution inébranlable et inéluctable. Donner un sens concret au verbe "grandir".

Si j'ai choisi de te parler de tout ça, Victor, ce n'est pas seulement parce que les enfants me manquent, non. C'est aussi et surtout parce que je pense régulièrement à eux, qu'il me semble avoir grandi en même temps qu'eux, avoir appris grâce à eux. On s'attache à ces petits visages ridés par le pli du drap après la sieste. A ces regards ensommeillés, au bord des larmes, quand, au réveil, ils réalisent que Maman n'est pas près d'eux pour les câliner. Je me suis attachés à ces menottes, qui apprennent peu à peu à lacer leurs chaussures, qui racontent leurs vacances chez Papy et Mamie "dans la caravane" et s'extasient à l'idée que vous soyez adulte, alors que vous, jeune fille de dix-huit ans à peine, vous vous considérez en pleine adolescence. Au fond, je me dis que nous avons tous grandi. J'ai pris de l'assurance face à un groupe, grâce à ces enfants. Et moi, je les ai aidés à se "sociabiliser", opération délicate quand on est un petit bonhomme de trois ans.

En rentrant du marché, j'ai regardé des photos de mon dernier centre, silencieusement, un sourire aux lèvres. Et j'ai pensé à eux. A nos jours heureux...


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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, je vais ENCORE te parler d'Aurélie ! Tu publies la suite de tes écrits ? Non, du tout. Ah... Je voudrais revenir sur sa grossesse, et ce qu'elle a suscité en moi... Très bien, je t'écoute ! Samedi soir, j'ai passé la soirée avec son ami (le futur papa !) et elle-même, dans leur petite maison douillette, dans laquelle ils viennent de s'installer. C'était la première fois que je voyais Aurélie enceinte, et je dois avouer que j'attendais la vue de son ventre rond avec une certaine impatience.

Quand je suis entrée, sa grossesse m'a sauté aux yeux. Mais attention, Victor, je ne te parle pas seulement de l'aspect physique de sa transformation : j'entends aussi tout un épanouissement, toute une métamorphose, un rayonnement que je ne lui connaissais pas. Aurélie était belle. Vraiment belle. On aurait dit une fleur. Elle incarnait la vie, purement et simplement. Pourtant, son ventre est encore petit : six mois de grossesse n'équivalent pas à neuf mois ! Je m'en doute... Aurélie m'a fait visiter la maison. M'a montré la future chambre de Clara. Landeau, berceau, parc étaient déjà entreposés dans la pièce... Elle m'a également mis sous les yeux la brochure de "Bébé9", et en particulier le mobilier choisi pour la chambre de la petite, armoire et table à langer.

Nous avons longuement discuté de désir d'enfant, de continuité, de logique. Silencieusement, je revoyais la Aurélie de mon enfance, si différente de cette adulte, de cette future maman qu'au fond, je ne connais pas bien. J'ai regardé longuement son ventre, ce soir-là. Fixement. Et j'ai ressenti, soudain, un PROFOND DESIR DE BEBE, réel, envahissant, qui prend aux tripes. Tu m'avais déjà parlé de ce désir... Il n'était en rien comparable, Victor. Ce n'était pas du tout la même intensité. Là, assise sur le canapé, à observer le ventre d'Aurélie avec des yeux ronds comme des billes, tout mon corps me criait que je voulais être mère, moi aussi, savoir ce petit corps pas encore autonome à l'intérieur de moi, lui parler, sourire sous ses coups de pieds... Tu connaîtras tout ça un jour, j'en suis persuadé ! Bien sûr. Je n'ai aucun doute là-dessus.

"Je suis enceinte."... Ce soir-là, je me suis imaginée prononçant ces mots. A l'homme que j'aime, d'abord... Qui est-il, ce fameux inconnu ? Tu remarqueras que tes lecteurs comme moi-même sommes très curieux sur ce point ! J'ai déjà dit que je me tairai sur ce sujet, Victor ! Tu es têtu comme une mule ! Et puis, cela ne veut pas dire que j'ai trouvé le père de mes enfants... D'accord, d'accord, j'abandonne... "Je suis enceinte". Je me suis vue devant ma mère, en pleurs : "Ma chérie ! C'est merveilleux !", puis ma soeur, au bord de l'hystérie à l'idée d'être bientôt tata... Mon corps qui se transforme, peu à peu. Ma famille aux petits soins... Je vois que ton imagination galope ! Comment faire autrement, Victor, hein, dis-moi ?

Cette maison, ce couple, respirait le bonheur. L'attente sereine et épanouie de ce petit être, de cette petite Clara, connue et inconnue à la fois. Tous deux respiraient "l'évolution de l'amour". Qu'entends-tu par là ? Aurélie m'a expliqué que concevoir cet enfant s'était imposé naturellement à leurs esprits. Naturellement. N'est-ce pas là la plus belle chose qui soit ? C'est ce qui me fascine le plus, Victor... D'où le titre de ton article, je suppose ? Tout à fait !

La vie est un cycle, Victor. Un éternel recommencement. La vie s'impose. C'est rééllement ainsi que je le perçois. C'est cette logique, ce naturel, que je voudrais toucher, ne serait-ce qu'une fois, du bout des doigts. Car le naturel est le signe, selon moi, d'un épanouissement profond, la certitude que le bien existe et que ce bien passe par la lente métamorphose d'un bébé en enfant, d'un enfant en adulte, d'un adulte en parent, d'un parent en grand-parent... Les différents stades dont tu parles, chacun y parvient forcément à un moment donné. Bien sûr... Mais chacun y parvient-il avec le même degré d'épanouissement ? Sereinement ? En se laissant porter, glisser ? Je ne crois pas. Je présume que cette quête est plus difficile... Car ce qui est en jeu, dans tout ça, c'est le bonheur, on en revient toujours au même ! C'est vrai. Et la maternité en fait partie... Patience, Mirabelle, patience, tu y viendras, toi aussi ! Humm... Tu sais ce qui me chiffonne, Victor ? Clara naîtra fin octobre. Et alors ? Et alors ? Et alors je serai en Angleterre à ce moment-là ! Ah, zut... Dommage pour toi !

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

L'autre jour, j'ai accompagné mon amie Camille chez le coiffeur. Elle est rentrée du Mexique ? Tout à fait. Elle va bien ? Un peu secouée par le décalage-horaire, mais la demoiselle reprend ses marques. Mais pourquoi t'intéresses-tu tant à Camille, Victor ? Eh bien parce qu'elle a fermé son blog, pardi ! Comme je le lisais régulièrement, je n'avais nullement besoin de passer par toi pour avoir de ses nouvelles ! Désormais, j'y suis forcé ! Je comprends mieux... Donc, tu l'as accompagnée chez le coiffeur ?

Les séances chez le coiffeur m'intriguent toujours un peu. Elles me mettent mal à l'aise et m'intriguent. Et pour quelles raisons ? Eh bien... C'est sans doute stupide mais... Dis toujours ! Aller chez le coiffeur a tendance à me complexer. Barrettes, cheveux dans les yeux. Généralement, j'ai l'air d'un chien qui va chez le toiletteur. Je n'ai jamais eu le plaisir d'aller chez le coiffeur avec toi mais je suis sûr que tu dis n'importe quoi ! Ce ne sont que des impressions, Victor, rien de plus ! Enfin bon, de toute façon, je ne faisais qu'accompagner Camille, c'est à dire que les barrettes c'était pour elle... Bref, bref... De plus, il est préférable, pour que le temps passe plus vite (du côté du coiffé comme du coiffeur !) de RACONTER SA VIE. Et tu la racontes, toi, ta vie ? JAMAIS, mon dieu. Ce qui fait qu'évidemment, la séance passe à allure d'escargot. Par contre... Ouiii ? Certains ne se privent pas pour le faire ! C'est à dire ?

C'est à dire que, très concrètement, Camille et moi étions assises à côté d'une petit grand-mère en plein shampooinage. Et tiens-toi bien, Victor, la coiffeuse s'épanchait à propos de sa pauvre mamie, atteinte de la maladie d'Alzeihmer. La maladie d'Alzeihmer ? C'est une maladie qui atteint la mémoire. Les sujets atteints de ce mal peuvent, par exemple, oublier qui ils sont ou ne pas reconnaître un membre de leur famille. Cela doit être difficile... J'ai du mal à imaginer que l'on puisse parler d'une chose pareille chez le coiffeur ! C'est ce que je pensais également, avant d'avoir assisté à la scène. Ce qui était effarant, c'est qu'elles en parlaient comme de leur dernière séance cinéma. Etrange... Tu peux le dire ! Drôle d'effet, vraiment ! Et les voilà qui parlent de maisons de retraite, de handicap... Et toujours sur ce même ton badin, comme si elles évoquaient la pluie et le beau temps ! Ca a quelque chose de surréaliste... Je veux bien te croire !

Du coup, avec Camille, nous nous posions une question : est-ce qu'on enseigne aux coiffeuses, lors de leur formation, l'art de la conversation ? Quel que soit le salon, je suis tombée sur des piplettes qui embrayaient sur leurs enfants, leurs maris, leurs loisirs... Me questionnent sur "ce joli diamant que vous portez : c'est un cadeau du chéri" ? Et leur air déçu quand vous confiez que c'est votre maman qui vous l'a offert ! Et elles insistent, insistent : "Ah mais alors, cette belle bague, c'est lui, n'est-ce pas ?". On opine, elle sourit : la voilà rassurée, j'ai un fiancé ! Tu as un fiancé ? Revenons à nos moutons, Victor ! Pourquoi tu ne me réponds pas ? Parce que je n'ai pas envie, na !

Ce que j'aimerais bien savoir, c'est s'il y a, parmi les gens qui écoutent notre conversation, des coiffeurs ou coiffeuses... Pourraient-ils m'éclairer sur le pourquoi du comment leurs collègues racontent leurs vies ? Est-ce stratégique, pour mettre le client à l'aise et l'inciter à revenir ? Ou bien est-ce tout bonnement naturel ? L'appel à témoins est lancé ! Si vous exercez cette profession, prière de contacter Mirabelle pour lui donner la clé de l'énigme !

 

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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Mon séjour à Rouen m'a amenée à réfléchir sur quelques petites choses... Lesquelles ? Eh bien... Tout d'abord, il me faut t'expliquer dans quelles circonstances j'ai débarqué dans cette jolie ville qu'est Rouen. Je t'écoute ! Quelqu'un de cher m'y a invitée. "Quelqu'un de cher", c'est très vague... Tu n'en sauras pas plus, Victor. Ce quelqu'un, qui habitait à Caen, a emmenagé récemment à Rouen, pour raison de travail. Il a donc un appartement à lui, rien qu'à lui. Ah !? Tu as dit "il" !! Cela n'est pas une preuve du sexe de mon hôte Victor, "il" va de pair avec "ce quelqu'un", ne t'emballe pas ! Où en étais-je ? Tu disais qu'il t'avait invitée pour quelques jours chez lui, à Rouen. Ah oui, c'est ça...

Il se trouve que je connais bien cette personne. Elle me disait... C'est une fille, alors ? Victor, c'est exactement la même chose que pour le "il" de tout à l'heure ! Hihi, je le sais bien, je te taquinais ! Donc, lors de ses passages à Caen, les week-ends, cette personne m'affirmait se sentir désormais plus chez elle à Rouen qu'à Caen. J'étais surprise : comment pouvait-on se sentir chez soi en si peu de temps ? Et finalement... J'ai trouvé la réponse à cette question en l'espace de trois jours. Chez elle, cette personne est le contraire de ce que j'ai connu à Caen : si je propose d'aller lui servir à boire, elle me gratifie d'un "non, laisse, reste assise, je vais le faire", elle passe la toile sans même qu'on lui ait soufflé l'idée, maîtrise feu et ustensiles de cuisine... Pendant ces trois jours, je l'ai observée et cette personne, telle qu'elle est en tant que "locataire autonome et indépendant", m'a plu ! Fort bien... Il serait tout de même plus pertinent de nous dire QUI ELLE EST, Mirabelle, cette personne ! C'est mon secret, Victor... Si tu y tiens !

Pendant ces trois jours, j'ai pu aller et venir comme bon me semblait, alternant séances shopping et séances "je transpire en même temps que tout le monde dans le métrobus bondé". J'avais les clefs de l'appartement. Au retour de mes folles promenades, il était bien souvent vide, mon hôte travaillant jusque tard le soir. Et j'avais la sensation étrange de rentrer chez moi. Tu n'étais pourtant pas chez toi... Non, mais j'ai eu ce sentiment d'accomplissement, ce sentiment que doit ressentir tout jeune adulte, s'installant pour la première fois chez lui. Je vois ce que tu veux dire...

J'habite toujours chez mes parents, Victor. Et pendant ces trois jours, j'ai pris goût à l'indépendance : dîner à 22 h si on le désire, rester en pyjama toute la matinée... C'est ce que tu as fait pendant ces trois jours ? En partie, oui. Tout ça m'a donné très envie d'avoir mon chez moi, Victor. Symboliquement, j'aimais avoir les clés de l'appartement. Sensation de contrôle, sentiment rassurant d'intimité. Avoir les clés de chez soi, j'imagine que c'est une étape importante. Peut être la connaîtras-tu bientôt, cette étape, si tu as le concours ! Cela fait beaucoup de "si", tu es en conscient... Si mes rêves de professorat des écoles s'arrêtent vendredi, ce sera retour à la case départ, et adieu mes jolis rêves d'indépendance... Ce ne sera que partie remise ! Espérons...

En attendant, ce séjour à Rouen m'aura donné un avant-goût de l'indépendance au quotidien. Et m'aura permis de découvrir "ce quelqu'un" sous un jour nouveau, pas déplaisant ma foi... A l'heure qu'il est, j'ai retrouvé ma petite maison caennaise, parents et amis. Mon petit cocon familial, en somme. Et j'attends le jour où j'aurai les clés de chez moi...

 

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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 00:00

Mon cher Victor,

J'ai obtenu mon AFPS il y a quelques temps. L' AFPS ? Attestation de formation aux premiers secours. Elle m'était nécessaire pour le concours, et très franchement, je ne regrette pas. En quoi cela consiste-t-il ? On nous enseigne les premiers soins à administrer à une personne consciente ou inconsciente, lors d'un accident, par exemple, qu'il soit domestique ou autre. On envisage toutes les situations possibles : malaise respiratoire, malaise cardiaque... Que dire ? Que faire ? Qui appeler ? Comment sécuriser les lieux de l'accident ? Comment se protéger ? Comment signaler la victime aux secours ? Toutes ces questions, j'imagine qu'on se les pose toutes un jour où l'autre, avec plus ou moins de précision. En ce qui me concerne, je dois dire que j'avais éclipsé tout élément gênant de mon esprit. On n'aime jamais penser à ce genre de choses...

Et on se dit que cela n'arrive qu'aux autres ! Mais cela n'arrive pas qu'aux autres ! L'autre jour, j'ai lu un article d'Ellalie qui traitait justement le sujet : la pauvre ! Elle a dû secourir une victime ivre : dans un premier temps, on en sourit, mais on réalise finalement qu'à sa place, on n'aurait pas fait le fier non plus ! Comme tu dis. Je l'ai lu moi aussi. Et j'en ai souri également : non pas que la situation décrite m'ait amusée, mais j'avais déjà commencé à écrire cet article sur les premiers secours, et constater combien les blogueurs peuvent se croiser dans le traitement de leur sujet m'amuse toujours. Et cela me fascine... En parlant de sujet, ce n'est pas celui d'aujourd'hui ! Tu as raison, Victor. Surtout, n'hésite pas à me faire signe si je m'éloigne un peu trop !

Cette formation aux Premiers Secours s'est effectuée à l'IUFM, sur deux jours. Deux journées intenses où tous les types de situation sont balayés, avec plus ou moins d'efficacité. Et on s'aperçoit vite que toutes les sortes de risque sont susceptibles de s'entremêler : si une victime souffre d'une fracture au bras et d'une hémorragie à la jambe, que traiter en premier ? De quel côté le mettre en PLS ? PLS ? Position Latérale de Sécurité, Victor. Si tu veux, je te montrerai. Il ne faut pas être trop souple au moins ? Parce qu'avec mes vieux os... N'aies aucune crainte.

Tu ne sais pas la meilleure, Victor ? J'espère que JAMAIS je n'aurai à me servir de ce que j'ai appris pendant ces deux jours. Secourir quelqu'un est une telle responsabilité ! Et j'ai peur de ne pas me montrer à la hauteur. Tant de risques... Quelle horreur, par exemple, de réaliser qu'une forte hémorragie peut nous faire perdre un litre de sang à la minute ! Avec les cinq litres de sang qui coule dans nos veines, on prend bien vite conscience que la vie ne tient qu'à un fil, et que c'est au secouriste de maintenir ce fil, avec tout le sang froid et l'efficacité que l'on attend de lui. C'est un tel poids sur mes frêles épaules...

On ne peut pas toujours sauver quelqu'un, malheureusement. Et si tu te trouves un jour confrontée à ce type de situation, il te faudra l'accepter, et vivre avec. C'est encore cela le plus difficile, j'imagine... Comment ne pas se sentir coupable quand on a échoué dans sa mission ? Comment faire face à la douleur de la famille de la victime, qui peut nous reprocher notre échec ? Toutes ces questions, je me les pose désormais. Et j'espère ne jamais avoir à y trouver de réponse...

 

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