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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 00:00

Mon cher Victor,

Vendredi dernier, au réveil, je me suis tout de suite rendu compte qu'il serait difficile de tenir mon programme de mathématiques de la matinée. Ce n'est pas bien, ça, Mirabelle ! Je sais. Mais va savoir pourquoi, je n'ai pas culpabilisé...

Dehors, ma mère prenait le petit déjeuner sur la terrasse. Grand soleil. Et les petits oiseaux nous accompagnaient par leurs gazouillis... Je suis restée environ trois quarts d'heure à ne rien faire sur cette terrasse. A simplement bavarder avec ma mère. Nous avons ri des moineaux qui se poursuivaient les uns les autres. Reçu des brindilles sur le crâne aussi : la charpente de notre maison abrite un nid de volatiles fort sympathiques, et nous avions, au-dessus de nos têtes, le pépiement des petits en fond sonore, marquant les allées et venues de leurs parents, des vers de terre aux becs.

Notre jardin était plein de couleurs, ce matin-là. Des tulipes jaunes irisées de rose, des Coeurs-de-Marie qui portent si bien leurs noms... Des fourmis qui grimpaient sur mon plateau de petit-déjeuner, la folle escalade de l'une d'elle sur ma petite cuillère... Un rouge-gorge s'était posé sur la barrière, à quelques mètres de nous, nous l'avons admiré en silence... J'ai observé un ballet de bourdons, dans le pavé de fleurs...

Et puis soudain, je me suis aperçu que j'étais bien, là, au soleil, à contempler la nature et ses merveilles. Les rayons du soleil me caressaient la peau, le chant enjoué des oiseaux me mettait du baume au coeur... Il me semblait que le monde n'attendait que moi pour prendre toute sa dimension, et que bientôt, je ne formerais plus qu'un avec lui. Le concours, mes amours m'ont tout à coup paru sans importance, comparés à l'essence de la vie. Je me suis dit que c'était peut-être ça, le bonheur, tout simplement...

Pourquoi ce froncement de sourcils, mon Victor ? Tu m'avais habitué à des conversations bien plus noires que celle-ci, et je dois dire que je suis assez étonné de te voir si sereine, si... Epanouie ! Il est vrai que j'ai tendance à raconter mes petits malheurs plutôt que mes petits bonheurs. Alors, pour une fois, pourquoi ne pas se laisser aller au plaisir d'une si rare plénitude ? J'étais bien, ce matin-là, et j'avais pensé que peut être, tu serais heureux de partager ce bonheur tout simple avec moi ! Je le suis, en effet ! Et puis, cela fait du bien, un peu de légereté ! L'atmosphère de la blogosphère n'est pas franchement des plus optimistes en ce moment ! J'espère que ton article redonnera le sourire à tes lecteurs, au moins temporairement !

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29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

Contrairement à l'article précédent, j'ai décidé de regarder loin devant moi, loin, très loin, vers l'horizon. De ne plus me retourner. De n'être plus ni nostalgique, ni mélancolique. De ne plus pleurer toutes les larmes de mon corps (et de mon coeur) à l'écoute de L'encre de tes yeux :

Tu viendras longtemps marcher dans mes rêves

Tu viendras toujours du côté où le soleil se lève

Et si malgré ça j'arrive à t'oublier

J'aimerais quand même te dire

Tout ce que j'ai pu écrire

Aura longtemps le parfum des regrets

 

Alors Francis, excuse-moi, mais... Je ne m'appelle pas Francis ! Je ne parlais pas de toi, Victor, mais de Francis Cabrel, l'auteur de cette merveilleuse chanson qu'est L'encre de tes yeux. Ah bon... Je préfère ça... Ce que tu peux être susceptible, Victor, c'est fou, ça !  Revenons à nos moutons : tu me parlais de l'horizon. Voilà, de l'horizon, c'est ça...

L'horizon... J'en rêve. Ou du moins, j'ai pris la résolution d'en rêver. Je vais reprendre le chemin de ma vie, Victor. Je m'étais quelque peu perdue ces derniers temps, il y avait du brouillard, du vent, et je ne voyais rien, je ne voyais rien... J'avais juste sa main dans la mienne, ses doigts qui serraient si fort les miens, et là-bas, quelques rayons de soleil, fragiles, incertains, mais que nous voulions toucher ensemble. Et puis, je ne sais pas ce qui s'est passé... Sa main a peu à peu lâché la mienne... Et le soleil s'est éloigné...

Le soleil... Peut être est-il au bout du chemin, le mien, celui sur lequel j'ai bifurqué d'un pas hésitant. Peut-être ira-t-il tout droit cette fois, sans zig-zags. Je ne sais pas où me mènera le chemin de ma vie. Mais ce sera le mien, complètement le mien. Il ne sera plus là pour me tenir la main, c'est vrai... Mais c'est la vie.

La vie... La vie, c'est d'espérer que tout soit encore possible. C'est de me dire que j'aimerai à nouveau, et que mon chemin à moi, Mirabelle, ne s'arrêtera pas à celui que nous avons parcouru pendant deux ans, ensemble. Evidemment, mes pieds trébuchent un peu sur ce nouveau chemin, si inhabituel ; évidemment, je serai tentée de revenir sur mes pas, d'emprunter à nouveau ce sentier tortueux, plein d'ornières, que nous avions pris tous les deux. Qui sait... Peut être qu'il m'y attendrait... Et ma vie ? Ma vie, à moi ?

Ma vie... Je sais qu'elle est là, sur ce chemin inconnu. Je sais qu'elle m'attend, elle, pour de bon. Je ne regarderai pas en arrière. Je ne me retournerai pas pour le voir au loin. Un petit point. Sur fond de paysage ensoleillé. Un souvenir. Quand ce jour sera arrivé, ce petit point se sera discrètement glissé sur le côté, immobile. Je lui ferai un signe de la main. Je lui sourirai. Et là, seulement là, j'aurais fait du chemin.

 

 

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29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

Ca y est, j'ai repris gout à la vie en société. Parce que tu l'avais perdu ? Partiellement, oui. Du moins, je n'avais plus confiance en l'avenir... Mais là, je suis sur la bonne voie ! J'aime t'entendre parler ainsi ! Et d'où vient cette prise de conscience ?

D'une folle soirée où j'ai dansé jusqu'au bout de la nuit. Tu as été danser finalement ? Je croyais que tu n'avais envie de rien, et surtout pas de cela ? Moi aussi je le croyais, mais parfois, les lumières, la musique, ça redonne des ailes. On se dit que tout va s'arranger, que tout est encore possible... Et cela fait un bien immense !

Je ne suis pas habituée au monde de la nuit. Je suis quasiment inculte en matière de soirées branchées. Avant hier soir, je ne connaissais même pas les bars sympas où l'on peut se trémousser sur une piste. Tu es si jeune pourtant ! Je sais. J'ai déjà raté pas mal de choses... Mais pas tout ! Et je compte bien rattraper tout ça ! Eh bien... Que se passe-t-il aujourd'hui ? Tu es énergique, souriante, positive ! Une Mirabelle que je ne connaissais pas encore !

J'ai dansé, dansé, dansé. Je n'ai pas spécialement bu en plus de ça, ce dont je ne suis pas peu fière, étant donné qu'en général, j'ai besoin d'une certaine dose d'alcool pour parvenir à me détendre. J'étais avec mes deux cousines. Il n'y avait pas le cousin de J. ? Il n'avait pas dit qu'il t'emmenerait danser un jour ou l'autre ? Il devait venir. Je ne l'ai pas vu. Et impossible de le joindre. Qu'importe ! Cela ne m'a pas empêché de passer une bonne soirée, crois-moi !

J'ai ouvert grand mes yeux. Regardé les lumières... et les garçons ! Seulement regardé ? Oui. Certains ont tenté de m'approcher plusieurs fois, je les ai repoussés d'un grand sourire. J'avais oublié à quel point il est agréable d'être courtisée, je risque fort d'y prendre goût... Je réalise peu à peu qu'il faut avancer. Ne pas regarder en arrière, surtout si la personne qu'on laisse derrière soi pourrait vous faire attendre toute votre vie. Tu dis ça pour J. ? Oui. Les détails de la vie quotidienne avec moi lui paraissent insurmontables. Je ne vais pas me battre contre des moulins à vent. Il ne veut plus de moi. Enfin si, mais pour un après-midi seulement... Pas pour la vie. Alors je vais vivre. Et je vais l'oublier.

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29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

Me voilà de retour à l'IUFM. Van-née mais... Tranquille ! Chic... Pince-moi, pour voir si je ne rêve pas ! Non, non, tu ne rêves pas. Je suis moi-même très étonnée par ma propre sérénité ! Oh... Ce sera jusqu'à la prochaine fois ! Parce que, si je ne m'abuse, une fois ça va, et le lendemain, tu as le moral dans les chaussettes. Alors j'attends le creux de la vague... Je te remercie de jouer les rabats-joie !

As-tu remarqué, Victor, comme le contact humain peut aider à relativiser ? A relativiser quoi ? Les petits tracas du quotidien, les histoires de coeur... En ce qui te concerne, ce serait plutôt le dernier cas de figure. Mais qu'est-ce que tu entends par là ?

Beaucoup de choses et rien à la fois. C'est juste que sur le chemin de l'IUFM lundi matin,  je n'étais pas particulièrement motivée par la perspective de retrouver cet établissement, ces formateurs, cet emploi du temps qui laisse à désirer... Non, pas du tout. Mais quand j'ai vu Sophie, Aurélia, Aurélie et les autres, j'ai réalisé, qu'en l'espace d'un instant, j'étais passé d'un état de déprimée chronique à un coeur réchauffé par la flamme de l'amitié... (Que de mièvrerie dans cette phrase, mon dieu, mais comment l'exprimer autrement ?)

Et on relativise. On parle de tout. Sans le vouloir, les autres, les autres m'ont insuflé un peu d'espoir. La routine de l'IUFM aussi, joue un rôle non négligeable : les petites plaisanteries sur les formateurs, les grandes discussions sur le concours, l'angoisse partagée du jour J qui approche... Et on oublie peu à peu ses problèmes et on se dit qu'on est tous dans la même galère, et que si, sur la forme, les préoccupations ne sont pas forcément les mêmes, sur le fond, elles se ressemblent tout de même beaucoup : l'amour, l'amour, l'amour.

Et on se dit : mais si les autres vivent de belles et véritables histoires d'amour, pourquoi pas moi ? Alors on relativise. Et on respire. Et on attend le grand jour, celui où on rencontrera enfin la bonne personne !

 

C'est ainsi que, toute la journée de lundi, j'ai pu laisser mon portable éteint, sans penser au sms que j'aurais pu éventuellement recevoir et, encore plus fou, en me couchant le soir dans mon petit lit douillet, je m'aperçois que l'idée de J. ne m'a (quasiment) pas effleuré l'esprit de la journée !! N'est-ce pas une performance ?! Oui, une grande, une très grande !

Alors merci, tout le monde, de m'aider à aller mieux, juste en étant là, et en me montrant, tous les jours, que décidemment, on fait tous ce qu'on peut dans la vie !

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29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

T'arrive-il d'avoir le cafard ? Bien sûr, je suis comme tout le monde ! Moi, cela m'arrive plus souvent qu'à mon tour... Et dans ces cas-là, je ne connais qu'un remède : les petits plaisirs de la vie ! Et que sont, selon toi, ces petits plaisirs ? C'est bête comme chou. Bien sûr, tu ne connais pas Philippe Delerm, un écrivain bien d'aujourd'hui. Il a écrit un joli livre sur ces petits plaisirs de tous les jours : La première gorgée de bière.

Pour moi, c'est la première gorgée de thé qui est la plus délicieuse, quand il n'est pas bouillant, cela va sans dire ! Et puis j'aime bien grignoter un petit carré de chocolat pour accompagner. Et est-ce que le nombre de carrés de chocolat est proportionnel à ton degré de déprime ? Si c'est le cas, j'espère que ton porte-monnais est bien garni, parce que tes tablettes de chocolat ne doivent pas faire long feu ! En plus, tu te contredis... Comment ça je me contredis ?!? Mais oui ! Dans l'article "Pleure pas la bouche pleine", tu disais que tu n'avais jamais essayé la nourriture comme compensation du manque affectif ! Je ne me contredis en rien : là, je te parle juste d'une tasse de thé et de chocolat, ce n'est pas pareil ! C'est toi qui le dis ! Oh... Victor, tu m'énerves ! On ne va pas se disputer pour si peu, quand même ! Allez, laisse-moi parler, et cesse de t'échauffer ainsi, c'est mauvais pour toi...

J'aime le thé et le chocolat, disais-je. Qui plus est quand je saupoudre le tout d'un peu de Mozart, comme c'était le cas tout à l'heure. Oui, vraiment, quand j'écoute le "Concerto pour flûte et harpe", avec au creux de mes mains une tasse de thé si chaude que j'en frissonne, et là, à deux doigts de fondre dans ma bouche, des carrés de chocolat bien noir, alors là, oui, je me dis que la vie est quand même bien bonne d'avoir inventé trois merveilles pareilles... Et que ça vaut bien le coup qu'on souffre un petit peu ! Quelques grammes de finesse dans un monde de brute...

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29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tout à l'heure, alors que je trottinais laborieusement au parc D'Ornano, j'ai soudain pris conscience que 2006, pour moi, Mirabelle, c'était l'année de tous les défis !

Je me suis vue, là, suante, haletante, à deux doigts de m'écraser sur les graviers et je me suis dit que, bon sang de bois, jamais de ma vie entière (courte, jusqu'ici, je te l'accorde !) je n'avais fait autant d'efforts pour obtenir quelque chose : courir trois fois par semaine ! Est-ce que tu te rends compte, mon Victor ! Un exploit ! C'est bien simple : il y a encore quelques années, si on m'avait dit : "Mirabelle, un jour, tu courras trois fois par semaine à raison de trois séquences de dix minutes", j'aurais ri à gorge déployée, en me tapant bien fort les cuisses !

Je me suis vue également au volant de la petite C3 de mon auto-école, à côté de ce moniteur qui doit en avoir ras-le-bol de se coltiner ma personne depuis plus de cinquante heures ("on va y arriver, on va y arriver, il faut qu'on y arrive !", me dit-il...). Je tire la langue dans les virages, plisse les yeux dans les ruelles étroites, pouffe de rire quand je ne remarque pas un feu rouge, pourtant pile sous mon nez... Et cependant, malgré ma joie de vivre naturelle (ceux qui me connaissent dans la vraie vie sauront que c'est ironique !) je désespère, essuyant avec flegme les plaisanteries de mes camarades de PE1 : " Tu en es déjà à plus de cinquante heures ? Mais comment tu fais ?!". Et eux, ils trouvent ça très drôle, ces nigauds-là, moi, un peu moins...

Je me suis vue aussi partagée entre le passé et l'avenir, partagée entre J. et Monsieur "je-ne-sais-pas-qui-mais-pourvu-que-cette-fois-ci-ce-soit-le-bon", partagée entre mes réflexes de Pavlov (pourquoi diable ai-je encore l'automatisme de l'appeler pile à 17 h 30 ?) et mes rêves, qui reviennent peu à peu, certes, mais qui me font culpabiliser face au visage angélique de J., à ses mimiques enfantines. Partagée entre la tendresse et l'envie d'avancer, de passer à autre chose.

Et là, en trottinant, sous des bourrasques bien de chez moi, j'ai réalisé que j'avais beaucoup de projets. Prise de conscience lumineuse, qui me donne envie de relever la tête, d'allonger la foulée, de fixer un point, un seul, droit devant moi, et d'accélerer la cadence, pour relever tous ces défis.

 

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 00:00

Mon cher Victor,

Je suis en vacances. Mais... Je passe le concours de professeur des écoles à la mi-mai !

C'est pourquoi, sérieuse comme je suis, je me suis précipitée dès ce matin à la bibliothèque universitaire ! Tu n'es pas allée à l'IUFM ? Non. On voit bien, Victor, que tu n'y as jamais mis les pieds : les bibliothécaires se croient dans leur champ, les étudiants se rassemblent sans travailler... Heureusement, la BLVE est là ! Qu'est ce que ça que ça, la BLVE ? La BLVE, c'est la bibliothèque des langues vivantes étrangères. Une atmosphère studieuse. Exactement ce qu'il me faut.

J'aime bien regarder les gens. Quel est le rapport avec cette bibliothèque ? C'est que j'aime regarder les gens surtout dans cette bibliothèque ! Moi-même, pendant que j'écrivais les Misérables, j'avais quelques moments d'absence : tout écrivain part, parfois, dans un ailleurs lointain, et l'inspiration vient. Voilà, c'est tout à fait ça ! On se met à rêver... On regarde autour de soi. On écoute les conversations... Mirabelle ! Tu ne fais pas ça ?!? Si, parfois... Mais tout le monde le fait aujourd'hui, je t'assure !

On regarde leur façon d'écrire. Parfois, certains tirent la langue, d'autres sont couchés sur leurs feuilles. D'autres écrivent trois lignes en dix minutes mais d'une écriture cursive, appliquée, régulière, et ils admirent leur travail avec un sourire d'enfant. Oui, vraiment, j'aime bien regarder les gens.

Dans le bus aussi... Il y en a qui lisent. D'autres qui se mettent les doigts dans le nez. D'autres qui téléphonent... Il y a toujours deux copines, qui gloussent comme deux collégiennes (qu'elle sont peut-être ?) et racontent leurs histoires polissonnes d'une voix de stentor, au cas où les autres usagers n'entendraient pas.

Et on imagine... Que fait-il dans la vie ? Comment s'appelle-t-elle ? Ont-ils des enfants ? On observe la manière dont ils sont habillés ; même, parfois, si on a la chance de les entrevoir, leurs chaussettes... Dis donc, on peut dire que tu as le sens du détail ! Oui. J'ai de grandes théories là-dessus. Par exemple, quelqu'un qui a des chaussettes brodées de minuscules nounours ne peut pas être foncièrement mauvais. Du moins, je l'espère... Et ceux qui n'ont pas de chaussettes ?  Eh bien, on se base sur les chaussures... Et tu en as combien, des comme ça ? Un certain nombre ! Tu en veux d'autres ? Non merci. Ca ira...

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Es-tu de bonne humeur aujourd'hui ? Ma foi, oui ! Tant mieux alors, parce que ce que je m'apprête à écrire n'est pas ce qu'il y a de plus gai, je dirais même que c'est assez déprimant, alors accroche-toi. Bien, bien, bien... Je ferai mon possible !

Aujourd'hui, c'était l'enterrement d'une tante de Johan. Elle souffrait d'une leucémie et laisse derrière elle un petit bout de chou de six ans. Johan est venu me chercher. Il m'a reconduite. Et il est reparti...

 J'ai revu sa famille, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Et je me suis aperçu... Qu'elle m'avait manqué. J'ai revu de loin Benoît, Romain et les autres et vraiment, je me sentais presque à ma place. Bien évidemment, je dis "presque" parce que je ne suis plus la petite amie de Johan. Et cela change tout. Parce que je n'aurais pas dû être placée au milieu de la famille à l'église. J'avais l'impression de mentir, même si tout l'attachement que j'ai pour eux tous légitimait ma présence ici. Je me disais (drôle de circonstances pour de telles pensées) : "profite-en bien, c'est la dernière fois que tu les vois tous !".

Le petit Nathan a allumé des cierges pour sa maman. Il ouvrait de grands yeux sur tout, se retournait fréquemment, parlait à son papa, à son grand frère... Face à tous ces gens qui pleuraient, il était l'incarnation même de la vie qui doit continuer. Même s'il n'avait sans doute aucune idée de ce que signifiaient vraiment les bougies, l'orgue et ce cercueil... J'avais envie de lui faire de gros bisous, touchée que j'étais avec mes yeux d'adulte, mais il était si nature, si innocent, et en même temps si gai : je n'avais pas envie de verser dans la sensiblerie. Je n'aime pas ça.

J'étais venue pour sa famille. Mais aussi pour lui. Surtout pour lui. Pour Johan, je veux dire... Oui, merci ! J'avais compris ! Je n'étais pas assise à côté de lui dans l'église. J'étais juste derrière lui. Je l'ai beaucoup observé pendant la cérémonie. Je regardais sa nuque. La contraction de ses mâchoires. J'avais envie d'être près de lui. De lui tenir la main. De l'embrasser. L'embrasser ?! Dans une église ?! Oh rassure-toi : un baiser d'une chasteté exemplaire, sur la joue, juste pour lui montrer que j'étais là, simplement. Mais je ne pouvais pas. A un moment, j'ai juste caressé sa nuque du bout de mon doigt, après avoir longuement réfléchi, comme si cela engageait ma vie entière. Toujours dans l'excès... Que veux-tu Victor, c'est ma nature, je ne peux pas lutter contre cela ! Il ne s'est pas retourné, n'a pas eu l'air surpris. Il devait s'attendre à un tel geste. J'y ai vu, bécasse que je suis, comme un encouragement... Et ça t'est retombé sur le coin du nez, comme d'habitude, c'est ça ? Oui, c'est ça...

En sortant de l'église, je lui ai pris la main. Je l'ai embrassée (la main, hein, Victor, pas la bouche !). Il ne m'a pas repoussée. Espoir, quand tu nous tiens... Nous avons attendu la mise en terre. Partout, des fleurs. Et il en arrivait toujours plus, à un tel point qu'on ne savait plus où les mettre ! Nous avons attendu longtemps, dans le froid et le vent, au milieu des pleurs et reniflements.

Et puis nous sommes partis. Nous sommes allés directement chez son oncle. Et là, en sortant de voiture... J'ai fait la bêtise de lui demander si je pouvais l'embrasser. Sur la bouche cette fois-ci ! Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Peut être parce que j'en mourais d'envie depuis qu'il était venu me chercher. Et... Il t'a dit non. Tout à fait. J'étais, bien évidemment, à deux doigts de fondre en larmes, comme d'habitude. J'ai paniqué en voyant toute la famille  débarquer : ils me verraient tous sangloter comme une gamine de cinq ans ! J'ai donc dit, sans trop savoir ce qui me prenait : "je rentre chez moi, je vais me débrouiller !". C'était où ? J'ai oublié de te le dire : à une vingtaine de kilomètres de chez moi. Ah oui... Donc impossible de rentrer par tes propres moyens ! Il a insisté pour me ramener... Pas pour me retenir. Il ne t'aime plus, cela saute aux yeux !

Je suis donc rentrée chez moi en pleurs, comme à chaque fois que je revois Johan. D'où la nécessité de ne plus le revoir ! Effectivement, j'imagine que ce serait plus sage...

Regrettant de n'être pas restée chez l'oncle de Johan (parce que quand même, vraiment, je les aime bien, tous !), j'ai décidé d'appeler Romain, son cousin, à qui j'ai demandé de transmettre le message suivant : "je ne suis pas là, mais dis à Fabrice et Nathan que je pense bien à eux.". Le message a été transmis dans un brouhaha général, d'où un Romain qui se met à hurler, pour obtenir le silence : "Mais taisez-vous ! C'est la copine de Jo !", alors que j'avais bien précisé, voilà quelques temps, que je n'étais plus la petite amie de personne, et surtout pas celle de Johan !

Réflèxe, réflèxe, quand tu nous tiens...

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