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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 00:00

Mon cher Victor,

Comme nous sommes appelés à converser régulièrement, mieux vaut me présenter dans le détail :

Mirabelle, vingt et un an (bientôt vingt-deux), étudiante en première année d'IUFM.

Tu écarquilles les yeux : qu'est-ce que c'est t'y que ça, l'IUFM ? L'IUFM, c'est l'Institut universitaire de formation des maîtres. Regarde la photo, ici, à droite. Je ne te ferai pas l'affront d'en préciser davantage le sens, d'une part pour te laisser exercer ta capacité de déduction, d'autre part, je ne te le cache pas, pour éviter que tu ne cliques tout de suite sur la petite croix en haut à droite de l'écran, vexé par mon ton quelque peu badin. Ne te fais pas de souci, mon cher Victor, on m'a déjà parlé de ton caractère bien trempé, voire "colérique", et jamais ô grand jamais je ne prendrais le risque de perdre un lecteur tel que toi, sois en assuré.
Sache seulement, avec tout le respect que je dois, que l'IUFM ne forme pas des enseignants en tous points semblables à ceux du XIXème siècle. Non. Ce serait d'ailleurs là un contre-sens remarquable. Cependant, il est vrai que tu nous as quittés en 1885, et qu'à cette époque, Religion et Enseignement ne formaient qu'un seul et même corps, même si Jules Ferry avait déjà entamé le processus de laïcisation de l'école. Tu as donc des excuses, j'en conviens. Poursuivons ma présentation :     

Mirabelle, vingt et un an (bientôt vingt-deux), étudiante en première année d'IUFM, domiciliée chez ses parents, une petite soeur, un oncle, deux cousines.

Tu réagis : comment ça, elle est n'est pas encore mariée ? Eh non, Victor. C'est là l'une des évolutions sociales à laquelle je faisais allusion dans mon introduction. Je ne suis pas encore mariée, certes, mais j'ai eu quelqu'un que j'ai "déjà fréquenté" (ne fais pas ces yeux-là, tu comprends très bien ce que je sous-entends), ce qui, je le précise pour ta gouverne, est ,à mon âge, quelque chose de tout à fait fréquent.

Mais, Victor, que se passe-t-il, tu es tout rouge ? Et tu sues ! Non, ce n'est rien, ce n'est rien... Si, si, je le vois bien ! Tu sais, Victor, il est sans doute plus raisonnable d'interrompre notre entretien, parce que, tu comprends, si tout ce que je viens de te dire là te choque déjà, crois-moi, tu n'es pas au bout de tes peines... Nous reparlerons donc un autre jour de l'IUFM, de mes parents, de ma petite soeur, de mon oncle, de mes cousines, et bien sûr, de la personne que j'ai "déjà fréquentée" et que, au-delà de ça, j'aime toujours. T'entraîner dans les méandres de ma vie sentimentale tortueuse serait trop pour toi pour le moment. En attendant, vas donc te reposer...

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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Thème d'aujourd'hui : la PE1. Qu'est ce que la PE1 ? Vaste question, que je traiterai avec le plus d'objectivité possible.

La PE1, c'est... Une carotte. Une carotte ? Tu vas comprendre, mon Victor... Je te raconterai ici l'histoire d'UNE PE1, puisqu'évidemment, tout le monde sait que les femmes sont majoritaires en IUFM, PE1 et PE2 confondues.

Lors de son inscription à l'IUFM, la petite PE1 se sent déjà pousser des ailes : les syndicats se jettent sur elle comme sur les grands PE2, les banquiers exhibent leurs brochures, on lui propose des stylos gratuits, des agendas... Oui, vraiment, cette année, la petite PE1 va en faire, des grandes choses.

Alors, en septembre, la petite PE1 est toujours pleine de rêves et de grandes idées. La petite PE1 entre, comme on le lui précise lors de la réunion de rentrée, "dans la grande maison de l'Education Nationale", vaste demeure des érudits, détenteurs du savoir. Rien que ça, ça en impose... Et la petite PE1 n'est pas habituée.

Pourtant, la petite PE1 va vite déchanter. Elle réalise peu à peu qu'être en PE1, cela ne signifie pas que l'on sera professeur des écoles un jour. Etre en PE1, c'est préparer le concours, avec autour de soi des formateurs qui parfois, raisonnent en ces termes : "Quand vous aurez votre classe...", ce qui conviendrait mieux aux grands PE2. La petite PE1 sait qu'il y a à peine deux-cent postes dans l'académie et pas de liste complémentaire. Alors qu'on lui dise, à elle et à son groupe, que pour eux, c'est comme si c'était fait, la petite PE1, ça l'agace un petit peu.

La petite PE1 sait parfaitement, elle, qu'elle n'a pas encore le concours. Alors, s'affilier à un syndicat enseignant, choisir une banque "plus typée Education Nationale", elle se dit que, tout de même, c'est peut être encore un peu tôt.

Ce qu'elle aime, la petite PE1, c'est sortir de l'IUFM. C'est aller en stage. C'est faire partie de l'univers d'une classe, sentir l'odeur des cahiers et voir la date notée au tableau. C'est parler avec son M.A.T (maître d'accueil temporaire) des élèves, des difficultés d'apprentissages, des relations avec les parents... Par contre, ce qu'elle aime moins, la petite PE1, c'est voir le M.A.T faire la moue et l'entendre dire que quand même, la formation en IUFM n'est pas vraiment à la hauteur... Dans ces moments-là... Comment dire... La petite PE1 a un peu peur... Mais quand même, la petite PE1, ce qu'elle préfère, c'est les stages !

Ceci dit, les stages, il faut bien en revenir. Et les retours de la petite PE1 à l'IUFM sont difficiles, surtout après que les enfants aient laissé échapper quelques "maîtresse" pendant que la petite PE1 écrivait la leçon au tableau. La petite PE1 avait presque oublié qu'elle n'avait pas le concours...

Des fois, la petite PE1, elle se dit que la PE1, c'est vraiment le système de la carotte : on vous dit que vous êtes professeurs des écoles, on éclipse parfois un peu le concours, que l'on passe comme au saut à la perche : soit ça passe, soit ça ne passe pas. Ou alors, la petite PE1 le sait, on prend trop d'élan en se disant que c'est dans la poche, et on s'écrase lamentablement dans l'herbe, avant de perdre connaissance...

 

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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Rien de pire que la rumeur. En arrivant à l'IUFM ce matin, on me saute sur le paletot : "le prof de maths aurait entendu dire qu'il y aurait plus de quatre mille inscrits pour le concours !". Bien. Déjà qu'il n'y a plus que cent soixante-dix postes... On frôle l'apocalypse ! Cependant, ne paniquons pas : le formateur en question aurait clairement spécifié qu'il "n'en était pas sûr". Et puis, entre le "aurait entendu dire" et le "il y aurait plus de quatre mille inscrits", ça fait tout de même beaucoup de conditionnels tout ça...!

Ce n'est qu'une rumeur. Il n'empêche qu'avec quelques copines de ma classe de PE1, nous avons bien discuté de ces quatre milles inscrits pendant un bon quart d'heure. En concluant que non, vraiment, ce n'était pas possible, d'avoir autant d'inscrits. Il avait dû se tromper. Espérons que nous avons vu juste... En attendant,je suis prête à parier que tout ça va tout de même tourner dans nos petites têtes à n'en plus finir, jusqu'à ce que certains d'entre nous se découragent et ne se présentent pas aux épreuves.

C'est fou quand même, l'effet que peut faire une rumeur sur une centaine de PE1 croulant sous les Hatiers, Programmes et  autres Documents d'application. Mais toi, toi, Mirabelle ?! Tu ne vas pas te décourager, hein ? Non. Je me présenterai à ces épreuves. Peu importe le nombre de candidats. Peu importe le nombre de postes.

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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 00:00

Victor ! Victor !

JE VAIS A L'ORAL !!! JE SUIS ADMISSIBLE !!!

Je vais à l'oral ! Je vais à l'oral ! Je vais à l'oral ! Je vais l'oral ! Ahhh ! Magnifique ! Extraordinaire ! Merveilleux ! Incroyable ! Je n'y crois pas, je n'y crois pas, je n'y crois pas, je n'y crois pas...  Ah mon dieu, ah mon dieu ! Ca veut dire que je n'ai pas eu la note éliminatoire en mathématiques ! Ah mon dieu ! Ah mon dieu ! Mirabelle, que je suis content pour toi ! Je suis ravi ! Ra-vi ! Allez, raconte-moi tout !

Ambiance extrêmement tendue en cours d'EPS ce matin. Mes petits camarades et moi-même sommes sur les nerfs. Notre formateur nous taquine un peu (à 8h30, il inscrit : "H-3h30" au tableau) et tente, tant bien que mal, de nous "changer les idées" en nous focalisant sur l'entretien d'EPS, entretien que nous ne passerons pas tous, nous le savons. Je regarde ma montre toutes les cinq minutes, tout comme ma voisine. On entend des soupirs, des "j'ai mal au ventre". Quoi de plus normal si près des résultats ?

10 h 30. Notre formateur quitte la salle pour aller faire des photocopies. Chacun s'excite sur son siège, s'impatiente, se plaint. Cécile regarde son téléphone. Devient rouge comme une pivoine. La classe s'immobilise. Silence de mort. Enfin, quelqu'un ose se risquer à poser la question qui nous brûle les lèvres à tous : "C'est les résultats ?". Elle lève les yeux et murmure : "Oui. Ca y est, ils sont affichés au Rectorat, une amie les a consultés. Elle vient de m'envoyer un texto."

Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont ! Soudain, c'est l'hystérie collective. Certains se lèvent déjà. Je me mets à trembler comme une feuille. D'autres restent pétrifiés. Notre formateur revient, nous trouve dans cet état de fébrilité, et admet qu'"on ne peut continuer à faire classe dans ces conditions". D'une compréhension à toute épreuve, il accepte de clore le cours, et nous voilà tous à cavaler dans les couloirs, en espérant que les résultats soient déjà affichés à l'IUFM. Je n'en peux plus. Il me semble que le sol se dérobe sous mes pieds. J'ai peur. Je n'ose y croire. 

Misère... Les résultats ne sont pas encore affichés, et le site du rectorat est toujours fermé. Un quart d'heure d'attente, interminable : jambes qui flageollent, larmes qui montent aux yeux... Et tout à coup, Aline déboule, triomphante : "Ca y est ! Les résultats sont sur Internet !". Je ne me précipite pas. De toute façon, les ordinateurs de l'IUFM sont occupés. Déjà, certaines personnes de ma classe connaissent leurs résultats. Certains vont vomir, d'autres pleurer dans un coin. Ceux qui réussissent ont la joie discrète, par respect pour leurs camarades moins chanceux. C'est mon tour... Le coeur battant, je cherche mon nom de famille...

J'y suis ! J'y suis, Victor ! Oui, c'est bien moi : je relis trois ou quatre fois mes nom et prénom pour m'en assurer ! Je n'y crois pas...

Mes amies les plus proches ont également les écrits. Nous tombons dans les bras, nous embrassons comme si nous avions déjà le concours. Pur moment de grâce. J'appelle ma mère. Je me mets à pleurer en raccrochant. Une vraie gamine. Je n'ose y croire. Moi, Mirabelle, je vais aux oraux, malgré les mathématiques ! C'est inespéré ! Que je suis fière de toi ! J'ai pensé à toi, tu sais ! J'avais si peur d'échouer, Victor. Si peur de décevoir ma famille, mes collègues de la blogosphère... Si peur de te décevoir, toi ! Votre soutien à tous m'a fait tant de bien, je ne vous remercierai jamais assez...

Merci !

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 00:00

Mon cher Victor,

Vendredi matin, 8 h 45, j'étais sur le pont pour mon épreuve d'anglais. Encore traumatisée par ma tentative d'obtention de ce permis à la noix, j'envisage ce nouvel examen avec une certaine sérénité, ou du moins, sans beaucoup angoisser, toute préoccupée que j'étais par mon statut de "phénomène d'auto-école". Tu exagères, comme toujours... Peu importe.

Je tire au sort mon heure de passage : 10 h. D'abord esseulée, je trouve le moyen de papoter avec deux candidates, qui me racontent leurs déboires avec la langue anglaise. Je les écoute patiemment, souris avec compatissance, jusqu'au moment où elles s'inquiètent de mon niveau. Tu leur as répondu quoi ? Que "cela devrait aller"... Elles me lancent un regard perplexe, qu'elles justifient par un "Comment cela se fait quand on entend tout le monde se plaindre de ses piètres capacités ?". J'ai fini par lâcher que j'avais fait des études d'anglais. Et là...

- Ah ! Eh bien dans ce cas-là je ne vois pas pourquoi tu te plains ! Ca va aller comme sur des roulettes !

Bien... Tu t'étais plainte ? Il ne m'avait pas semblé. J'aurais trouvé ça indécent ! Bref. 10 h sonnent. Je caracole en tête pour aller préparer le texte. Cette fois-ci, ni mains qui tremblent, ni crampes dans le ventre. Juste la joie de renouer avec une langue que j'adore. Au signal du serveillant, je retourne le sujet. C'est un texte sur l'obésité en Grande-Bretagne. Il est court. Plutôt facile. Sans trop de vocabulaire. Et surtout, j'y vois beaucoup de prolongements avec la culture française. En rédigeant mon introduction, je suis toute excitée : peut être vais-je réussir à me démarquer des autres ? La demie-heure de préparation s'écoule à vitesse grand V.

Bientôt, je suis face au jury. Une professeur de collège et un conseiller pédagogique spécialisé dans les langues étrangères, fort beau au demeurant, ce qui, tu peux t'en douter Victor, ne gâche rien... J'imagine ! J'engage mon exposé. Ils me font lire un paragraphe de l'article. J'insiste sur les accents toniques. Puis ils engagent la conversation. La conversation ? C'est une partie entretien où le jury évalue les reflexes du candidat. C'est de loin le moment le plus intéressant, celui où il peut réellement juger de ses aptitudes dans la langue. Ca part dans tous les sens. Nous voilà embarqués sur le "Tea Time". Puis vient la spécificité de la culture alimentaire de la Grande-Bretagne par rapport à la France. Toutes sortes de petites questions auxquelles je tâche de répondre de mon mieux. Déjà, c'est la fin. Et quelle est ton impression sur cette épreuve ? On ne peut jamais vraiment savoir mais il me semble que cela s'est plutôt bien passé. Je n'ai pas été désarçonnée par leurs questions, et je n'ai pas fait beaucoup de fautes de langue me semble-t-il. J'espère obtenir une très bonne note, je sais que j'en suis capable. Tant mieux, tant mieux... Cela fait plaisir à entendre, ce genre de choses !

Je suis soulagée, Victor. Soulagée de quoi ? De t'en être bien sortie en anglais ? Tu n'as jamais eu de difficultés dans cette matière, me semble-t-il ! Non. Soulagée d'ETRE CAPABLE dans un domaine précis. Explique-moi ça... Eh bien, pour en revenir au permis... Tais-toi, Mirabelle, je sens que tu vas m'énerver ! Ah bon ? Oh oui ! Tu vas dire que tu n'auras jamais le permis, et gningningnin, alors que tout le monde est capable de l'avoir et pas toi... Tu vas tout dramatiser, comme d'habitude ! N'est-ce pas ? Heu... C'est bien ce que je disais ! Bon, allez, pour la peine, offre-moi un deuxième café !

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13 juillet 2006 4 13 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tiens, voici le papier que j'ai reçu ce matin-même : ce sont mes notes au concours !

A l'écrit :

18/20 en français

10,5/20 en mathématiques

14,5/20 en histoire géographie et sciences et technologies

A l'oral :

16/20 en entretien pré-professionnel

15/20 en musique

20/20 en anglais

15/20 en espagnol

14/20 en entretien EPS

Eh bien, eh bien... Pour quelqu'un qui avait raté la musique, tu t'en sors plutôt bien ! J'imagine que de nombreux étudiants voudraient rater comme toi ! Tu sais, Victor, quand je te racontais, dans cet article que je pensais avoir raté cette épreuve, c'était sincère ! J'étais dans un tel état en sortant ! J'imaginais réellement avoir gâché toutes mes chances de succès ! Tu vois bien : cela ne valait pas la peine de fondre en larmes comme tu l'as fait ! Et ta note de mathématiques, qu'en penses-tu ?  Tu es soulagée, je suppose ? Je suis en effet extrêmement rassurée. J'ai la moyenne. Et c'est une prouesse pour la littéraire que je suis ! Alors que je visais 8/20 maximum ! M'est avis que tu as légèrement tendance à te sous-estimer... Peut être... En tous cas, tu as atteint la perfection en anglais ! Toutes mes félicitations ! Ma pratique de la langue n'est pourtant pas sans reproche, loin de là. Mais j'imagine que j'avais un niveau supérieur à d'autres candidats et que le jury a cherché à marquer une nette différence. Tu n'as pas l'air euphorique face à la note parfaite ! Je m'attendais à ce que tu fasses des bonds tout autour de la table ! Ce n'est pas celle-ci que je retiens le plus. Je suis, par exemple, bien plus fière du 18/20 en français. J'espérais un 14 ou 15, un 16 dans mes périodes les plus rêveuses, mais la perspective d'un 18/20 ne m'avait même pas frôlé l'esprit !

La leçon à tirer de tout ça est la suivante : il ne sert à rien de faire des pronostics, on n'est jamais à l'abri d'une très bonne surprise !

 

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9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tout a une fin. Quelle entrée en matière ! Qu'est-ce qui te rend si joyeuse ? Pas d'ironie, s'il te plaît, Victor. J'ai eu une prise de conscience terrible, mercredi après-midi. Allons bon... Encore une ! Tu ne fais que ça de tes journées, ma parole !

Bel après-midi de soleil. Je me rendis à l'IUFM pour poursuivre mes révisions au CDI. Le hall était désert. Les couloirs silencieux... Normal, me diras-tu, nous sommes en période de vacances scolaires ! Non, je n'allais absolument pas te le dire, je l'ignorais complètement ! Ah bon ? Bref, il n'y avait pas un chat, et en plus de cela, le CDI fermé... Alors que j'étais venue exprès pour travailler en bibliothèque ! En bonne mélancolique que je suis, je me suis baladée tranquillement dans les couloirs. Avec les écrits qui approchent, il m'a semblé voir les bâtiments d'un autre oeil. Nous, les étudiants (et les stagiaires PE2, bien sûr, à qui je n'ose même plus penser) donnons vraiment vie à cet établissement. Sans nous, il n'est rien... Et j'étais là, presque triste, à traîner mes Converses sur le carrelage, à me dire que bientôt, nous serions disséminés au quatre coins de l'académie, après avoir partagé nos rêves, nos espoirs et angoisses...

J'ai passé une superbe année à l'IUFM. Je croyais que la qualité de la formation n'était pas au rendez-vous ? Je ne te parle pas de la formation mais de l'aventure humaine. Des liens forts qui se sont tissés, entre nous tous. C'est particulier, tu sais, Victor, une année de préparation à un concours... Tous le même rêve. Tous le même but. Très peu de postes au bout. Et pourtant, on se sert les coudes. On s'entraide. On pleure, on se soutient. On rit aussi... Il y a quelque chose d'indéfectible, entre nous. La sensation d'avoir traversé une épreuve (dans tous les sens du terme) tous ensemble. De ne s'être pas trahis les uns les autres.

Parfois, je me prends à rêver...

C'est le jour des résultats. Le 31 Mai alors ? Oui, le 31 Mai. Ma bande de copines et moi nous sommes donné rendez-vous à l'IUFM pour consulter la liste des admissibles ensemble. Nous retrouvons presque toute notre classe sur place. Le coeur battant, les mains jointes, nous cherchons nos noms avec angoisse. Ils y sont tous ! Tous ! On s'embrasse, on  se saute dans les bras, on crie, on sautille ! Toute la classe est admissible ! Toute la classe ! Autant redescendre sur terre tout de suite... Tu sais parfaitement que ce genre de cas de figure a peu de chances de se réaliser ! Je le sais en effet... Malheureusement.

 

 

 Pour les écrits, nous sommes dispersés aux quatre coins de la ville. Je regrette que nous ne puissions passer les épreuves tous ensemble. J'aurais vraiment aimé partager les battements de coeur, les mains moites, la découverte des sujets avec ma classe. Mais ainsi va le concours... Alors en me promenant dans l'IUFM, j'ai eu la sensation de tourner une page importante de mon existence. C'est une année charnière que je viens de vivre. J'imagine que, quel que soient mes résultats au concours, les liens resteront. Je ne dis pas que je reverrai tous mes camarades régulièrement (car qui peut prétendre que les promesses sont toujours tenues ?) mais je sais que je penserai souvent à eux, à cette année que nous avons passé ensemble. Mon dieu, que tu es puriste ! Tu n'es pas le premier à me le dire. Mais je ne sais pas être autrement. J'ai toujours le besoin d'immortaliser les instants forts de ma vie, avant qu'il soit trop tard, avant qu'ils ne s'évanouissent...

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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

C'est à cette heure-ci que tu arrives ? Ton lectorat et moi-même commencions vraiment à nous impatienter !!! Nous attendions le verdict ! Alors, alors ? Il a donné quoi, ce fameux couperet ?

J'ai le concoooours, Victor !! J'ai le concours !!! Je suis admise !!!

Hip hip hip : hourra ! Magnifique ! Je t'avais bien dit qu'il fallait y croire jusqu'au bout !! Tu me vois ravi de ce succès, Mirabelle ! Je n'en attendais pas moins de ta part ! Je rêve, Victor, je suis en plein rêve. Il y a un moment où je vais me réveiller, où toutes ces belles choses vont s'évanouir devant moi ! Ne raconte pas n'importe quoi : c'est la réalité, Mirabelle ! Tu l'as obtenu, ce satané concours ! D'ailleurs, as-tu une idée de ton classement ? Tu ne vas pas en croire tes oreilles : je suis bien classee ! Bien classee ? Alors que tu disais avoir complètement raté certaines épreuves ? Comme quoi il ne fallait pas te fier à tes impressions ! Dis donc, c'est bien, Mirabelle... Surtout quand on sait que vous étiez 1200 candidats lors des écrits ! Que je suis fier de toi ! Que je suis fier de toi ! J'imagine que tout ton entourage l'est également !

Journée très contrastée, Victor. Une nuit mouvementée, où je rêve de la liste de noms une fois de plus, sur laquelle mon patronyme ne figure pas. Il ne s'agissait donc pas d'un rêve prémonitoire ! Heureusement que non ! Cet après-midi, j'ai été au cinéma pour me détendre. A 16 h, j'étais au bord du malaise. Envie de vomir. Du mal à respirer. Je rentre chez moi un quart d'heure plus tard, me connecte sur le site de l'académie avec angoisse. Une dizaine de minutes encore et les résultats sont là. Mes doigts tremblent sur la souris. J'ai peur. Si peur que je ne sais même plus si je dois cliquer sur "Concours externe" ou "Concours Interne" ou "Concours 3ème voie". Je reprends mes esprits, souffle un bon coup. Ca y est, j'ai la liste sous les yeux. Cette liste qui a hanté mes nuits pendant toute une semaine. Cette liste qui me rendait chèvre. Je la fais défiler, le coeur battant... Et soudain : mon nom !!! Mon nom à moi ! Avec un rang de classement qui me laisse abasourdie : je suis dans le peleton de tête !

Je me précipite dans l'escalier en hurlant : "je l'aiiiiiiiiiii ! Je l'aiiiiiiiiiiiiiiii !". Ma respiration est hoquetante, je pousse des cris hystériques. Etat second. Mais tremblantes. Je ne sais plus où je suis ni comment je m'appelle. Je sais juste que j'ai réussi. Ma mère se jette dans mes bras. Ma soeur m'étreint. Je gesticule dans tous les sens. On me dit de me calmer. J'en suis parfaitement incapable. Je remonte à l'ordinateur, talonnée par ma famille, qui veut constater le miracle de ses propres yeux. Ma mère murmure : "Mais oui, mais oui... C'est bien toi !". La voilà qui pleure. Je suis au-delà de la joie, au-delà de l'effarement. Ce que j'ai ressenti à ce moment précis est indescriptible, Victor...

Ma vie s'ouvre devant moi. Je pars en Grande-Bretagne fin Septembre, pour trois mois. Je vais prendre un appartement. Toucher un salaire. Adopter un petit chat noir, que j'appelerai Réglisse. J'arrive à un tournant de ma vie, Victor. Et je n'ose pas y croire, si tu savais ! L'année prochaine, je serai en PE2 ! Ces PE2, ces dieux innaccessibles, que je jalousais, enviais, admirais ! Je serai PE2, Victor ! Je serai même une collègue de mon papa !

Tout ça, c'est merveilleux, Mirabelle... Tu vas pouvoir profiter pleinement de tes vacances ! Oh que oui ! Et tu sais ce qui me fait le plus plaisir dans tout ça ? Non, mais je vais le savoir ! C'est de ne m'être pas déçue moi-même... Et de pouvoir, dès septembre, créer une rubrique : "Mirabelle, professeur des écoles stagiaire" ! C'est pas la classe, ça, Victor ? En tous cas, cela y ressemble fort ! Allez, débouche cette bouteille de champagne !

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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 00:00

Mon cher Victor,

Je sais que nous avons déjà pris un café ensemble ce matin, mais j'ai vraiment besoin de te parler. Tu es obsédée par tes résultats, n'est-ce pas ? C'est ça. Je n'en peux plus, Victor. Mes pensées sont intégralement tournées vers le concours. Je ne suis un cadeau pour personne en ce moment, crois-moi... Allez, raconte-moi tout.

J'aurai les résultats demain à 17 h. Depuis trois jours, toutes mes nuits sont accaparées par le concours. Je ne vois pas mon nom sur la liste. Je pleure. Autour, personne ne fait attention à mes larmes. Je me retrouve sur le périphérique. Sur le périphérique ? Oui, Victor : dans les rêves, tout est possible. Oh... Cela doit être ton échec au permis de conduire qui te fait encore des misères ! Certainement... Ce matin, au réveil, j'étais si angoissée, si tendue, que je me suis précipitée sur l'ordinateur pour vérifier que les résultats n'étaient pas encore parus. Tu as employé le mot "obsédée", il est tout à fait approprié : il s'agit réellement d'une obsession !

J'ai eu mal au ventre toute la journée. Rien n'a pu me distraire. J'ai tourné en rond dans la maison, en évitant ma chambre, où mon bureau est envahi par mes cours de l'IUFM. Je ne peux pas les regarder. Ou alors, je fonds en larmes... Oh la la ! Je ne pensais pas que cela prendrait ces proportions ! Eh si... Mirabelle, tu n'as pas encore les résultats ! Ne pars pas perdante ! Mais non : paradoxalement, j'y crois encore ! Mais alors pourquoi te mets-tu dans des états pareils ? J'y crois encore, mais dans mes retranchements. Ma raison a renoncé, elle. Il me reste une lueur d'espoir, une seule, minuscule. Si faible, qu'il m'est difficile de l'entretenir. Et j'ai mal. Mal de me savoir si angoissée, alors que ce sont mes derniers instants de rêve. Demain, à 17 h, je serai fixée. Demain, à 17 h, je connaîtrai peut être mon premier échec scolaire.

Pourtant, ne pas savoir pourrait être grisant. Si je n'ai pas encore les résultats, je peux encore m'imaginer sautant de joie, hurlant : "je l'aiiiii !", croulant sous les baisers et les félicitations. Oui... Je pourrais très bien faire défiler ce genre d'images dans mon esprit. Le temps est assassin. Rien ne lui échappe. Aujourd'hui, j'essaie de raviver la flamme. Demain, elle s'éteindra sans doute, en l'espace d'un instant. C'est cette conscience du temps qui me terrifie le plus. Le tic tac de l'horloge. La petite aiguille qui avancera d'un chiffre au bout de 3600 secondes. Et ainsi de suite, jusqu'à 17 h demain. Toute la journée à tenter de s'occuper l'esprit. A faire semblant. Et finalement, le dénouement. Rapide. Disproportionné comparé à ces jours d'attente, ces heures de calcul : et si j'ai telle note à une épreuve coefficient 2, est ce que je pourrais compenser avec une bonne note en langue, coefficient 1 ?

J'aimerais fixer ces instants de doute, Victor. Pour qu'ils soient immortels. Preuve que pendant longtemps j'ai espéré. Pendant longtemps, malgré l'incertitude, je me serais persuadée que tout était encore possible. Demain, lors de notre conversation, je me lamenterai. Et pour une fois, je ne te ferai pas de reproche sur ta fâcheuse tendance aux jérémiades. Tu auras bien le droit de t'épancher un peu : ce sera totalement justifié ! Demain, je saurai. Toute la blogosphère saura également. Humm... Garde les pieds sur terre, Mirabelle : disons plutôt que TON LECTORAT saura. A ce que je sache, tu n'es pas n°1 dans le top 50 des blogs... Si je n'étais pas au bord de la crise d'angoisse, je rirais de ta soudaine maîtrise des données blogosphériques, Victor. Et dire qu'il y a encore six mois, tu ne savais même pas ce que c'était qu'un ordinateur...

Tout à l'heure, je relisais tous les articles publiés dans la rubrique "Mirabelle future instit". Tant de chemin parcouru... Parfois, je n'ose y croire : moi, Mirabelle, j'ai été aux oraux du CRPE ? Moi, Mirabelle, j'ai suivi une formation dans un IUFM ? Moi, Mirabelle, j'ai caressé le rêve de faire classe, un jour, à des élèves aux yeux de qui je serais adulte, responsable, savante, alors que je quitte à peine les rives adolescentes ? Je suis émerveillée et terrifiée à la fois. Emerveillée face à mon évolution. Et terrifiée... Terrifiée que tout puisse s'arrêter, demain à 17 h ? Oui.

Je suis navrée, Victor. Il est 19 h 35 et tu as sans doute autre chose à faire que d'écouter mes états d'âme. Mais j'avais un tel besoin de parler... Je m'en rends compte. C'est normal, va... Mes paroles ont sans doute été quelque peu décousues. Les mots ont suivi mes sensations, parfois contradictoires. Un flot de phrases, pas toujours ordonnées. Je m'en excuse... Allez, tu es toute pardonnée ! Rentre chez toi, maintenant, il se fait tard... En fait, je vais rester en ville : je retrouve toute ma classe dans un bar pour un dernier rendez-vous. Un rendez-vous où nous tous serons sur un même pied d'égalité. Pour la dernière fois... Avant le couperet.

 

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 00:00

Mon cher Victor,

Ca y est ! Je suis en vacances ! Ca n'a pas l'air de te faire extrêmement plaisir... Disons que je suis encore sous le choc de ma dernière épreuve. Qui était ? Qui était mon entretien d'EPS. Ca a été ? Très moyennement. Ce n'était pas la catastrophe, mais pas l'épreuve du siècle non plus... Bon. Au moins, désormais, tu es débarrassée !

Je pensais être soulagée, libre comme l'air en sortant de cette épreuve : il n'en est rien. Je suis tendue comme un arc. Je ressasse toutes les bêtises que j'ai pu prononcer, j'essaie de m'attribuer une note... Tu sais très bien que cela ne sert à rien ! Je sais, je sais... C'est juste que... Il m'est difficile de réaliser qu'une année de travail vient de s'achever. J'ai sué sang et eau sur ce concours. Surtout sur les oraux. Et ça y est... C'est terminé... Comme par un claquement de doigts ! Quels que soient les résultats, cette année aura été riche en expérience : tu auras beaucoup appris ! Bien sûr. Et c'est un point important, c'est vrai. Mais l'année prochaine... L'année prochaine, si je ne suis pas reçue le 7 Juillet, il me faudra tout recommencer ! Eh oui... Mais c'est le prix à payer ! Si tu veux ce concours, Mirabelle, il faut perséverer, quel que soit le temps que cela prendra. Je persévèrerai, Victor... Je persévèrerai !

En attendant, profite de tes vacances ! Pour ça, fais-moi confiance : c'est ce que je vais faire ! Au planning : séjour à Rouen, week-end plage à Cherbourg, séances de shopping, restaurant avec ma meilleure amie, rattrapage de tous les articles publiés dernièrement par mes blogueurs préférés... Programme chargé alors ? Oh que oui ! Eh bien cueille dès aujourd'hui les roses de la vie, Mirabelle ! Cueille, cueille, cueille !

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