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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 01:06
Mon cher Victor,
Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais je dois attirer les cinglés. Peut être parce que tu es un peu dérangée toi-même... Qui se ressemble s'assemble ! Cesse tout de suite tes sarcasmes ou je m'en vais ! Dis donc, tu n'es pas à prendre avec des pincettes aujourd'hui ! C'est le cinglé qui te fait cet effet ? Attends que je te raconte, avant de tirer des conclusions !

23 h, mardi soir. Je suis tranquillement en train de lire un bouquin. Un fort bon bouquin d'ailleurs. Lequel ? Mon chien Stupide, de John Fante. Mais là n'est pas notre propos ! Certes, certes ! Donc, 23h. Le téléphone sonne. C'est un numéro inconnu mais je décroche : j'aurais mieux fait de m'abstenir ! Imprudente ! Et si tu tombais sur un pervers ? Raaaalala ! Ne me parle pas des pervers ! Au bout du fil, un garçon qui bafouille. Qui ne se présente pas. Qui me dit qu'il est gêné. Je ne comprends strictement rien à ce qu'il me baragouine. Il y a des rires et des voix derrière lui. Je le prends pour quelqu'un d'autre, ou du moins j'ai quelques craintes. Le voilà à me raconter qu'il pense à moi sans arrêt depuis deux mois et qu'il me trouve très très belle. Je commence à trouver ça bizarre et à douter qu'il soit bien celui que je crains qu'il soit. Une question de ma part vient dissiper un malentendu quant à cet inconnu : c'est bien un inconnu, un parfait inconnu, et non celui auquel je pensais ! Ouf. Je ne comprends rien à ton affaire ! Qui était ce garçon ? Si seulement je le savais ! Ce n'est pas faute d'avoir insisté pour qu'il se présente, mais il s'obstine à faire des mystères : "Je ne peux pas te le dire". Bon. Paraît-il qu'il fallait que je sache que je lui plaisais trop. Me voilà bien. Il me dit s'être arrangé pour obtenir mon numéro et nous nous serions croisés dans un lieu que j'ai beaucoup fréquenté, sauf que, dommage pour lui, il y a deux mois, je n'y étais plus.
Je commence à avoir peur. Et quand j'ai peur, je deviens un peu... Incisive, disons. Je me défends comme je peux, hein. Je finis par lâcher que ça m'a tout l'air d'un gros canular, cette histoire. J'entends des rires étouffés et puis...

" Oui, tu as raison, c'est un gros canular !"
Et ça raccroche.

C'est une blague de mauvais goût et je ne vois pas qui, dans mon entourage, serait assez bête pour se laisser aller à un humour aussi immature. Je m'en suis tirée avec une belle peur. Décidemment, ma vie de célibataire est trépidante.

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 02:25
Lire jusqu'à en tomber de fatigue. Lire à m'en faire péter les yeux. Lire à en avoir les mots emmêlés dans le regard, à embuer mes pupilles. Lire à en confondre les lignes. Une heure. Deux heures. Trois heures. Oublier où je suis et qui je suis. Oublier tout autour de moi. Voyager. Faire corps avec le texte. Rire. Pleurer. Lire à en finir complètement ivre de mots. Dévorer les histoires, les débuts, les fins, les styles. Retrouver ce plaisir. J'adore.
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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 01:35
Mon cher Victor,


C'est drôle, la vie. Incohérent et drôle. Ce matin, je suis allée faire un tour par chez
, comme tous les jours. Son dernier post m'a fait penser à un petit quelque chose (oh, trois fois rien !) qui m'est arrivé vendredi après-midi... Dans l'ascenseur ! Je tiens d'abord à dire que ce n'est pas mon genre de fantasmer sur des situations impliquant des ascenseurs (quoi que !), que je n'ai rien vu venir et que cela n'en était que plus délicieux ! Raconte !

Je revenais de mes courses à M******x. Je ne sais pas pourquoi, il m'arrive toujours des trucs quand M******x est dans le coin. Bref. J'attendais mon ascenseur pour rentrer chez moi. Jusque là... Ca va !  Arrive alors un jeune homme que j'ai vu une ou deux fois et qui me fait toujours rire intérieurement.
Ah ah ! Oh, ne te frotte pas ainsi les mains, ce n'est pas DU TOUT ce que tu crois : c'est le genre de mec qui me fait rire pour le côté "Marlon Brandon"... La classe en moins ! Maiiis que tu es duuuuuuuuure, mon dieu ! Non, mais attends, il fallait le voir, mon Victor ! Très bling-bling, tu vois, avec chaîne énooorme, sourire Colgate, cheveux laqués, regard de braise, sans oublier le must, la chemise ouverte de quelques boutons sur le torse poilu. Humm... Bref. Ce n'est pas du tout mon genre. Oui, enfin, il y a quelques temps, tu disais que les genres ne voulaient rien dire ! Certes. Enfin là, quand même, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !

Nous attendions donc tous les deux dans un silence qui me gênait. Aurais-tu surpris sur toi un regard sans équivoque pour être gênée à ce point-là ? J'en ai bien peur. Mais il a bien fallu monter dans l'ascenseur. Je n'ose imaginer la suite ! Cet ascenseur est minuscule, c'est vrai. Mais enfin normalement, on est sensé pouvoir tenir à deux sans se coller... Ce qui signifie qu'il t'a collée ? Oh, pas franchement, hein... Mais enfin tu sais comme ça se passe (euh, non tu ne sais pas...). D'habitude, dans les ascenseurs, les gens échangent quelques banalités sur les voisins, la météo, etc. Moi, ça me va tout à fait. En général, toujours, on ne se tient  pas face à face et on ne plonge pas ses yeux sans discontinuer dans ceux de son compagnon d'ascenseur. Ah... Est-ce à dire que... ? Mais oui ! Monsieur était à trois centimètres de moi, planté bien en face de ma petite personne, à me fixer d'un air gourmand de ses grands yeux bleus... Ah la la ! Les hommes ! Ce sont des prédateurs ! Avec ça, il m'adressait un sourire qui, je suppose, se voulait séduisant, sans jamais ô grand jamais me quitter des yeux... Nul besoin de lui demander à quoi il pensait, je l'ai compris tout de suite ! Et alors ? Et alors je ne sais pas ce qui m'a pris... J'ai fini par lui sourire aussi ! Mais tu m'as dit qu'il ne plaisait pas ?! Non, effectivement il ne me plaisait pas... Mais quand on nous regarde comme ça, on ne peut pas être insensible ! Et j'avoue que cela faisait très très longtemps qu'on ne m'avait pas regardée ainsi... Ceci explique cela !

Et puis il faut bien un moment où l'ascenseur s'arrête, et il se trouve qu'il descendait avant moi. Il a pris un ton suaaave : "Bonne journée Mademoiselle !". Moi, amusée et polie : "Bonne journée ! Au revoir !". Et voilà la porte qui se referme. Chacun a repris son chemin, je suis rentrée chez moi le sourire aux lèvres comme s'il m'était arrivé quelque chose d'extraordinaire. Alors que bon, il y a juste eu un regard plus que révélateur, un sourire et un "bonne journée mademoiselle" : pas de quoi se taper la tête contre les murs en somme ! Non, effectivement... Mais c'est toujours agréable ! En fait, j'ai l'impression que quand on sort d'une déception sentimentale, on redécouvre les joies de plaire et c'est merveilleux parce qu'on ne s'en croyait plus digne... Attention tout de même à ne pas fauter avec le premier venu pour te rassurer ! Aucun risque. Je veux juste... Juste quoi ? Me sentir vivante.
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 02:07
Mon cher Victor,


C'était grandiose ! Quoi donc ? Le concert d'AaRON pardis ! AaRON ? Tu ne connais pas AaRON ? Ah... J'oubliais que tu étais d'une autre génération, pardonne-moi ! AaRON, c'est Simon Buret et Olivier Coursier. Aaron c'est le vague à l'âme saupoudré de poussière d'or (ou de poussière d'ange, tiens, comme l'un de leurs titres). Aaron, ce sont des textes en anglais sur un album atypique, dont le titre reflète l'originalité : Artificial Animals Riding On Neverland. Tiens, c'est drôle... Les initiales donnent le nom du groupe ! C'est fait exprès, mon Totor !


C'était la première fois que j'assistais à un spectacle dans une (relativement) petite salle. Je n'avais jusqu'ici connu que les Zénith et autres mastocs du spectacle. Et crois-moi, cela change tout. D'accord, j'étais debout, comme les 1800 spectateurs. D'accord, je crevais de chaud. D'accord, j'ai fait la queue pendant une heure avant d'entrer. D'accord, à la fin du concert, j'avais les genoux bousillés, des fourmis dans les mains et la gorge sèche. D'accord. Mais j'avais aussi le coeur qui bat et le sentiment inexplicable d'avoir eu face à moi un groupe qui me comprend. Cela peut paraître stupide, surtout dit comme ça... Si je dis que j'étais en larmes dès le premier morceau (ma préférée de l'album, "Le Tunnel d'Or", seule chanson en français dont il aurait été dommage de nous priver), on pourrait penser : "Mon Dieu, ce groupe doit être à se tirer une balle" ou au choix "Les textes doivent être d'une sensiblerie à toute épreuve". Eh bien non. Pas du tout.

Leurs textes sont sensibles, c'est vrai. Mais c'est une sensibilité à fleur de peau. Et qui ne se suffit jamais à elle-même. C'est une sensiblité qui finit toujours par panser les blessures, comme une berceuse : "Don't worry / Life is easy", comme le chante Simon dans la chanson "Little love", reprise en coeur par le public, avec une magie quasiment religieuse. En chantant ces deux vers, à l'unisson avec tous ces inconnus, j'y croyais presque. C'est comme s'ils me prenaient sous leur aile, écoutaient mes maux et m'aidaient à les apaiser. Et à me dire que la vie vaut la peine, dans le fond. Qu'il existe des moments comme ceux d'hier soir, où la musique est tantôt l'expression d'un mal-être et tantôt celle de l'impétuosité de la vie. Ainsi, après avoir essuyé une larme sur "U-Turn" (pourtant matraquée par les radios... Mais il semblerait qu'une chanson, quand elle est bonne, quand elle est vraie, émeut toujours avec la même intensité, quelle que soit sa diffusion), je me suis retrouvée à sauter comme un ressort, à hurler à m'en péter la voix sur "Endless Song" et "Blow". Je me suis tue pour ressentir au maximum "Mister K", avant dernier rappel, morceau terrible où les poissons rouges sont de meilleurs amis que les hommes (non, ce n'est pas du Brigitte Bardot), instant de pureté incroyable, guitare-voix. J'ai ri aux mots d'humour de Simon Buret (ah, les micros avec fil, ça me rappelle des choses...). Au fond... J'ai été heureuse, pendant environ 1 h 30. Et il n'y a que la musique pour me faire cet effet-là.

Le plus magnifique, dans tout ça, c'est que le plaisir était partagé, vraiment. Ce n'était pas comme toutes ces stars archi-blasées, pour qui être en contact avec le public rime avec les mêmes mimiques, les mêmes sourires, les mêmes mots, les mêmes silences calculés. En somme, une mécanique bien huilée. Je ne pense pas faire preuve de naïveté en affirmant que ce n'est pas le cas avec Aaron. Si je me suis éclatée, eux aussi. Aussi bien Olivier Coursier que Simont Buret, que la sublime violoncelliste (Maëva, non pas que je la connaisse personnellement mais j'ai oublié son nom de famille) et la pétillante batteuse (même problème de patronyme, navrée).  J'étais plutôt bien placée pendant ce concert. J'ai ainsi pu observer à loisir les expressions des uns et des autres sur la scène. J'ai vu Olivier Coursier rire à gorge déployée à son piano, et Maëva échanger des sourires de connivence avec le public. J'ai vu Simont Buret suer à grosses gouttes, et je l'ai entendu incapable d'aligner deux mots, tout essoufflé qu'il était. Il faut dire qu'il se dépense sans compter... Il saute, court, balance le micro dans tous les sens, nous offre une danse très personnelle, et finit, épuisé mais ravi, en nous disant : "Ca fait du bien de faire du bordel une fois de temps en temps non ?". Je suis bien d'accord. Et j'avais oublié combien c'est agréable... Et gratuit. Ca fait du bien, les choses gratuites.

Et puis il y a eu le moment où il a murmuré, après que nous ayons tous chanté "U-Turn Lili": "Je voulais vous dire que... Enfin... Ca fait toujours bizarre de... Enfin on écrit des choses qu'on est persuadé être le seul à ressentir... J'imagine que c'est la même chose dans toute forme d'art... Et puis voilà... Un soir comme celui-là, on s'aperçoit qu'on est pas le seul et que plein de gens chantent vos mots... Et... Ben merci...". J'aurais pu lui retourner le compliment... Lui dire qu'avec des mots simples et universels, il avait su mettre le doigt sur mon mal-être, aussi bien que sur mes instants d'espoir. C'est ça, toute la magie de la musique. Enfin. De la bonne, hein... C'est de sortir d'un concert épuisé et heureux, avec les genoux éclatés, la gorge sèche. C'est de crever de chaud, d'avoir des fourmis dans les mains. Et de se dire qu'on a vécu ce soir quelque chose d'exceptionnel, de magique, que l'on n'oubliera pas de sitôt. Don't worry, life is easy...
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 01:49
Birds flying high you know how I feel
Sun in the sky you know how I feel
Reeds driftin' on by you know how I feel

It's a new dawn
It's a new day
It's a new life
For me
And I'm feeling good

Fish in the sea you know how I feel
River running free you know how I feel
Blossom in the tree you know how I feel

It's a new dawn
It's a new day
It's a new life
For me
And I'm feeling good

Dragonfly out in the sun you know what I mean, don't you know
Butterflies all havin' fun you know what I mean
Sleep in peace when the day is done
And this old world is a new world
And a bold world
For me
Stars when you shine you know how I feel
Scent of the pine you know how I feel
Oh freedom is mine
And I know how I feel

It's a new dawn
It's a new day
It's a new life
For me
And I'm feeling good


Muse, Feeling good.
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 01:27
Mon cher Victor, bouche.jpgComme le disait justement Mdame Rosa, je vais me transformer, pour la conversation d'aujourd'hui, en sociologue. Enfin, "sociologue" est un bien grand mot, j'imagine que nous aurons une fois de plus une conversation au raz des pâquerettes. Comme tu y vas... Qu'elles ne soient pas d'un haut niveau intellectuel, je le concède tout à fait, mais enfin, elles ne sont pas non plus vides de sens ! Bon, bon, bon... Passons, passons... Alors sur quoi portera notre discussion philosophique ?

Je t'avais déjà parlé, Victor, de ma passion pour le chant. Oui, bien sûr... C'était ce jour-là, je crois et puis d'autres encore, mais je ne peux pas me souvenir précisément de toutes les conversations où nous l'avons évoquée ! T'avais-je confié que j'étais plusieurs fois montée sur scène ? Euh... Jocker ! J'ai la mémoire qui flanche ! C'est sans importance aucune. En fait, si je t'aiguille là-dessus, c'est parce que j'ai chanté en bas des pistes de ski. Chanté en bas des pistes de ski ?! Tout à fait mon cher !

C'était après une longue séance de virages serrés sur des pistes rouges. Au loin, une musique. Avec ma fougue de skieuse impétueuse, j'approche d'un bistrot en bas des pistes, avec transats et... Groupe de rock sur le côté ! Comme à chaque fois que suis face à de la musique live, je gesticule, m'excite, mes yeux n'ont d'yeux que pour la chanteuse que je tuerais volontiers pour prendre sa place. Toute notre petite bande (morcelée, neuf au lieu de onze ce matin-là) prend place sur les transat et je suis incapable de participer à la conversation tellement je suis obsédée par ce groupe. Je veux chanter, je veux chanter, je veux chanter. Et alors ? J'y suis allée au culot. J'ai été voir la chanteuse et j'ai demandé si je pouvais chanter un morceau. Elle a accepté ? Oui. Et pour la première fois de ma vie, j'ai chanté dans un groupe, avec un bonheur énorme. Une éternité que je n'avais pas chanté dans un micro. Et bon sang de bois, cela m'avait manqué ! Et la réaction du public ? Bonne, mais ce n'est pas là-dessus que je voulais m'arrêter. Je voulais parler de la réaction de ma bande. Ah...

Quand je suis retournée m'asseoir sur mon transat, j'ai vu que quelque chose avait changé dans le regard des autres. Ces huit personnes, que je ne connaissais pas bien, et qui ne me connaissaient pas bien non plus, avaient sur moi un regard neuf, me portaient soudain de l'intérêt. Dans leurs yeux, je lisais l'estime et l'admiration, ce que je n'avais pas décelé un seul instant durant les trois jours précédents. Et c'est toujours pareil, malheureusement... Je ne te suis pas, Mirabelle. A l'écart d'une scène, et surtout dans un grand groupe, je suis quelqu'un de très timide. Certains me qualifieraient même d'"effacée". C'est toujours pareil. Dans un grand groupe, je me tais souvent ou quand j'ose prendre la parole, c'est pour m'apercevoir que d'autres ont parlé plus fort que moi et qu'on ne m'a pas écoutée. C'est toujours pareil.

Et puis un beau jour, si par le plus grand des hasards je prends un micro et me mets à chanter, je peux être sûre que je ne serais plus la petite Mirabelle discrète et silencieuse. Non. A partir du moment où j'ai donné de la voix, les gens commencent à m'apprécier et à me regarder. Humm, je vois ce que tu veux dire... Oh, je ne m'en plains pas. C'est juste que parfois, j'aimerais qu'on ait envie de me connaître pour ma personne, et pas seulement parce que je sais chanter. C'est si prévisible... Quand je suis retournée m'asseoir, j'ai eu droit (à mon plus grand plaisir, je l'avoue) à des tonnes de compliments, à des tas de questions ("Comment as-tu appris à chanter comme ça ?", "Tu n'as jamais pensé à faire chanteuse ?" etc.) et j'ai enfin existé. Le soir, une fois rentrés au châlet, il a fallu expliquer aux deux absents comment j'avais osé aller vers le groupe, pris possession de la scène, fait corps avec la chanson. Ce n'était sans doute pas pour te déplaire, si ? Bien sûr que cela m'a plu. C'est juste que j'aurais aimé exister grâce à autre chose.

Bref. Tout ça pour te dire que je n'ai plus du tout eu, pour le reste de la semaine, à essayer de m'imposer pour qu'on m'écoute. On m'a demandé mon avis, souvent, sur des tas de choses. Comme si chanter me donnait une crédibilité, un respect, que je n'avais pas gagné auparavant. Ce qui est complètement stupide... Oui, ça l'est. Mais c'est ainsi que fonctionnent naturellement les gens. Si on veut exister, il faut se démarquer. Bon, bien sûr, après ça, j'ai été étiquetée "chanteuse" pendant le reste de la semaine. Au risque de n'être plus que ça... Mais enfin j'avais gagné l'estime de tous, même si je suis un peu déçue d'y être parvenue ainsi. Dans mon esprit, une question subsiste, une question qui n'en est pas vraiment une : comment se serait déroulée le reste de la semaine si je n'avais pas osé aller vers ce groupe de rock ?
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 15:51

Mon cher Victor,

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Alors que la fin de l'année approche à grands pas, il est bien temps que je te fasse part de ma façon de penser concernant les fêtes de fin d'année. Ah ! Sublime période de gourmandise, familles réunies autour de la dinde, regards enveloppants et... Oui, bon. Je vois. Avec ton ton douceureux, j'imagine que tu places les fêtes de fin d'année en tête de ton Hit Parade. Or, il se trouve que moi, les années défilant, j'aime de moins en moins cette période. Tiens ? Eh oui. Ca te défrise ? Disons que cela me surprend. C'est amusant, les fêtes de Noël ! Humm... Ca dépend pour qui !

Cette année, plus que les précédentes, je n'ai pas été envahie par "l'esprit de Noël". Très concentrée sur mon métier (ouiiii, je sais, il faut savoir se déteeeendre !), j'en ai oublié le vieil homme à la barbe blanche (mais non, Victor, pas Dieu, celui avec le manteau et le bonnet rouges !), les décorations, les cadeaux, le foie gras et autres réjouissances qui rendent d'ordinaire ce moment particulièrement magique. Bon. 

Aujourd'hui, vendredi 28 décembre, j'ai une satisfaction : Noël est passé ! Mais bon sang, Mirabelle, qu'a-t-il donc bien pu se passer pour que tu en arrives à ce point de soulagement ? Quelqu'un est mort ? Le foie gras était inmangeable ? Tu as encore raté ton permis de conduire ? Que tu es drôle... Non. D'abord, et sans vouloir me faire plaindre, ma famille a ceci de particulier (tu me diras, c'est plus ou moins le cas dans toutes les familles) qu'elle est très très très tendue. Surtout en cette période.

Je n'irai pas développer ce qui justifierait une analyse psychanalytique, mais en gros, chez moi, chaque année, c'est colère, larmes et réconciliations. Quelle misère ! Sauf que cette année c'était pire ! J'aurais tout donné pour être ailleurs. Conflits familiaux ? Certains membres de ta famille se sont ramassés une assiette de saumon fumé en travers de la figure ? De vieilles rancoeurs se sont réveillées ? Pas envie d'expliquer. Je voulais juste en venir à la réflexion suivante.

Noël, ça m'angoisse. Parce que cela me met une pression folle et que c'est le jour où il faut : ne pas paraître fatigué, rire et parler avec tout le monde, faire semblant d'être heureux, être spirituel et faire de l'humour. Et tant pis si on en a marre, qu'on a envie d'envoyer chier tout le monde (pardonne moi l'expression), tant pis si on aurait envie de dire ses quatre vérités à chacun. Non. Noël, conforme aux mièvreries tartinées à la télévision, cela doit être un moment de partage et de paix, tu sais, Victor, avec la petite cousine bien coiffée avec des fossettes aux joues et un air de poupée, et puis le grand-père ravi qu'on s'occupe enfin de lui, et puis aussi le mari qui aide la femme à la cuisine. Bon. Chez moi, tout le monde fait la gueule et fait semblant, en échangeant des banalités et toujours les mêmes. Alors quand le 25 au soir, tout le monde se remet en pyjama, range les restes au frigo et met les emballages cadeaux à la poubelle, nous poussons à l'unisson un soupir de soulagement : c'est enfin terminé !

Et là, comme par magie, tout le monde est de nouveau souriant et détendu... Ca me dépasse ! En résumé, Noël est, selon moi, merveilleux pour les enfants, et seulement pour eux. Qu'ils en profitent, pendant qu'ils peuvent. Parce que quand ils grandiront, ils auront tôt fait de s'apercevoir combien c'est compliqué de trouver un menu qui plaise à tous tout en respectant le menu cholestérol du Tonton, combien c'est agaçant de se voir offrir toujours le même genre d'horreur, tous les ans, par la vieille tante, ou combien on voudrait massacrer le conjoint qui reste le cul sur son siège à boire son champagne alors qu'on se casse le dos à ouvrir les huîtres dans la cuisine ou encore... C'est bon, Mirabelle ! Je crois que nos jeunes lecteurs auront compris l'idée ! Vas-tu me laisser finir ma phrase ?! Ou encore combien il faut prendre sur soi quand, pendant le repas, personne ne daigne dire que "ah, compliments à la cuisinière pour cette bûche de Noël !" alors qu'on a dû recommencé le nappage au chocolat quatre fois pour que tout soit parfait, qu'on en a plein les bottes et que zut, à la fin, vivement que la journée se termine !

Avec tout ça, si tu n'as pas dégoûté nos chères têtes blondes... Maiiiis non ! Il y a toujours les cadeaux !!! Joyeuses fêtes quand même !

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 10:34
Mon cher Victor,

Les-chansons-d-amour.jpg

Il y a parfois dans la vie des moments où on se dit que le cinéma met des mots, tout comme les livres, sur ce que nous, pauvres âmes, n'aurions pu exprimer. Toi, tu as eu un coup de coeur pour un film ! Tout juste ! Il s'agit des "Chansons d'amour", un film de Christophe Honoré. Je n'avais pas lu de critiques mais j'avais entendu dire, par des amis IUFMiens, que c'était très bien. Sans plus de précisions ? Sans plus de précisions. En m'asseyant sur mon siège, lors de la séance, je m'attendais à une petite bluette sans prétention, une sorte de comédie musicale drôle et légère. Ah parce que ça chante ? Oui, ça chante. Les acteurs chantent. Bien, j'espère ? Très bien. Vraiment très bien.
 

Bref. J'en suis ressortie complètement bouleversée. Vraiment. J'en tire donc la conclusion suivante : ce n'était pas "une petite bluette sans prétention, une sorte de comédie musicale drôle et légère" ! Pas du tout. Le choc en a été d'autant plus rude. Alors... C'est sans doute une comédie musicale déprimante et grave ? Tu veux faire ton p'tit malin mais tu as mis en plein dans le mille ! Quoi que... Je me disais aussi que tu allais trouver à redire de mon irrésistible perspicacité ! Eh bien... C'était un film grave, certes, mais pas complètement déprimant. Ce qui veut dire que cela l'est un peu quand même... Oui mais il y a aussi une lueur d'espoir, à la fin du film. De quoi ça cause, ton film ? 

Je ne voudrais pas déflorer le film pour nos lecteurs qui souhaiteraient le voir en salle, Victor. Oui bon, on ne te demande pas de nous dévoiler l'histoire complète ! Le problème c'est que si je commence à en parler, je ne vais plus pouvoir m'arrêter et je risque, par mon étourderie maladive, de laisser passer quelques détails essentiels de l'intrigue ! Eh bien fais attention... Ce n'est pas si compliqué, tout de même ! Bon. Alors parlons de l'affiche. L'affiche est trompeuse. Très trompeuse. chansonsd-amour2.jpgA quoi elle ressemble, cette affiche ? Tiens, c'est celle-là, à gauche. Qu'imagines-tu en la regardant ? Eh bien... Une histoire d'amitié ou... Ou ? Ou... Eh bien... Hem... Une histoire d'a... Eh bien crache-le, Victor ! Tu as lu le titre ! Oui bon, d'accord ! Une histoire d'AMOUR à trois, tu es contente ?! Oui ! Bon. Eh bien je t'arrête tout de suite : le sujet, ce n'est pas du tout le trio amoureux ! Non. C'est, selon moi, le deuil. C'est le deuil. En trois étapes : le départ, l'absence et le retour. Trois étapes qu'Ismaël franchit, après le décès de sa petite amie. C'est laquelle, sa petite amie ? La jeune fille avec le manteau bleu ou celle de droite ? Tu peux toujours aller voir le film si tu veux le savoir ! Comme si je n'avais que ça à faire... Mais oui : tu n'as que ça à faire  ! Passons, passons... Bref. C'est un film terrible. Profond. Les chansons (d'amour, toujours, nous l'aurons compris...), écrites par Alex Beaupain, sont sublimes (des textes très bien écrits, qui sonnent vrais, interprétés par les acteurs, au mieux de leurs voix) et le deuil est exploré dans toutes ses facettes. Il y a ceux qui fuient (scène émouvante où Ismaël avoue ne plus pouvoir franchir le seuil de son appartement sans s'écrouler), ceux qui éprouvent le besoin de retrouver les traces de l'être aimé (bouleversante Chiara Mastroianni, interprétant la chanson "Au parc"), ceux qui se préservent par l'évasion (ah, la lecture...). Il y a le besoin de savoir, de comprendre l'incompréhensible, de nommer l'innommable. Il y a l'oubli, qu'il faut trouver, comme dans la chanson de Gainsbourg : "Souviens-toi de m'oublier". Il y a la lassitude, l'anesthésie. Il y a l'espoir, enfin, qui tient debout, espoir d'être consolé sans pour autant entendre "je t'aime", parce qu'on n'y est pas encore prêt. Il y a tout, dans ce film, Victor.

Tout à l'heure, en pianotant sur internet, j'ai trouvé ceci. Je comprends pourquoi ça sort des tripes, maintenant, cette musique... Hier, j'ai acheté la bande originale. Depuis une semaine, ce film m'accompagne. J'y pense. C'est magnifique, le cinéma. Il peut rendre beaux les drames les plus injustes de la vie.

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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 01:07
Mon cher Victor,desperate.jpg
Une fois n'est pas coutume, nous discuterons aujourd'hui d'une série télévisée que j'apprécie  particulièrement, et dont, pour être tout à fait honnête, je suis "desperately " fan  : Desperate housewives ! Je n'ai pas l'honneur de connaître cette série... Et tu dois bien être le seul ! Alors, qu'est-ce qui te plaît autant, dans ce feuilleton ? C'est très simple... Et très compliqué à la fois ! Je te reconnais bien là, tiens ! 

Comme le sous-entend la jaquette dvd de la saison 2 (une saison à croquer, si je puis dire...), Desperate housewives, c'est la tentation. Oui, je m'en doutais, ne serait-ce qu'à cause de la pomme et de ces créatures lascivement allongées... Au delà de la pomme et du sex-appeal de ces actrices, la série "Desperate Housewives" a cela de fascinant qu'elle jongle entre le réalisme et un délir jubilatoire, celui de taper là où ça fait mal. Ah... Les femmes de Desperate housewives (Lynette, Edie, Gabrielle, Brie et Susan), c'est nous. Nous nous y reconnaissons, nous y voyons par éclair, celles que nous sommes, et y devinons celles que nous pourrions être si la vie était une série telle que "Desperate Housewives". Tu ne pourrais pas être plus... Claire ? Bien. Prenons mon propre cas.


Je me reconnais dans le côté castrateur de Lynette.
Quand, un peu saoule, elle avoue à ses copines : "J'ai dit à Tom : "Je veux que tu sois ton propre patron". Mais non, c'est faux... Ce que je veux, c'est qu'il fasse exactement ce qu'il veut, à condition que cela me convienne... Je suis une pourriture, avec un grand P...", je me dis, comme beaucoup de femmes, j'en suis sûre : "Tiens, c'est quelque chose que j'aurais pu dire aussi !". Quand Susan, entre deux sanglots alcoolisés, gémit : "J'aimais Mike passionnément... Mais tous ces drames, ces catastrophes... L'amour, ça devrait pas être aussi difficile...", on soupire et on se dit : "A qui le dis-tu ?!". Evidemment, s'il est question d'histoires d'amour dans cette série, toutes les femmes se reconnaîtront ! Mais pas seulement !

La série Desperate Housewives est vacharde, parfois vicieuse, et grâce à ces cinq créatures, nous faisons par procuration ce qu'il nous est impossible d'envisager.
C'est à dire ? C'est à dire filer une mandale à sa belle-mère, avouer que les enfants, c'est la plaie (bon, là, évidemment, je ne parle pas d'expérience, mais enfin je suis certaine que toutes les mères, si elles pensent une telle chose, se gardent bien de prononcer pareille phrases, bloquées par le secret de la honte), se lancer dans un concours de qui-mangera-le-plus-de-tranches-de-jambon-infâme pour défier son patron, faire un chantage immonde à ses parents... La série m'a l'air chargée en "tout est permis même le plus choquant" ! C'est ça qui est plaisant... Si tu le dis... Mais enfin, ne t'inquiète pas, Victor ! Ce n'est que ça non plus ! Ah oui ?

Desperate Housewives, c'est aussi une série qui n'a pas son pareil pour parler d'Amour, d'Amitié. Bref : de la vie ! C'est Mary-Alice Young le narrateur. Et qu'a-t-elle de spécial, cette dame ? A-t-elle un rôle important ? Elle est morte. Un suicide. C'est elle qui ouvre et ferme chaque épisode de la série, en observant les habitants de Wisteria Lane (le quartier où vivent les Desperate Housewives) vivre. Cela donne lieu à de magnifiques monologues sur la vie, ponctués par les images de Susan, Edie, Brie, Lynette et Gabrielle qui courent après le bonheur.

Et plus étonnant, dans cette série qui comprend si bien les femmes... Oui ? C'est que son créateur est un homme ! C'est tout à son honneur ! Tu le crois, ça ? Oui, sans peine ! Les hommes ont une psychologie plus complexe que tu ne l'imagines, Mirabelle...
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 01:08
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Dimanche soir, Michel Serrault est décédé. Qui est Michel Serrault ? Un grand acteur français, très populaire. Tu l'adorais ? Eh bien... En réalité, non. Cela n'allait pas aussi loin. Je l'aimais bien. Et pourtant, tu lui consacres un article ?! Oui. Pourquoi donc ? Tu vas comprendre.

Camille était venue dormir à la maison. Nous avions douze ans. Nous avions regardé une vidéo, un film dont je ne me souviens plus du titre. Après ce film, nous en avons découvert un autre, en laissant défiler la cassette. C'était la "Cage aux Folles". Je ne l'avais jamais vu mais évidemment, une telle dénomination m'intriguait et je m'attendais à je ne sais trop quel genre sulfureux, sans me douter une seconde qu'il s'agissait d'une comédie. Il était tard, très tard, et nous avons décidé de regarder ce film, parce qu'il y avait un cabaret, des boas et des travestis, tout un tas de raison pour défier le sommeil et se faire plaisir, dans le noir du salon. Nous avons bien ri, et d'aussi loin que je m'en souvienne, c'est l'un des plus beaux moments de complicité que j'ai eu avec Camille. Les jours suivants, au collège, pendant les récréations, j'imitais Zaza Napoli en poussant des cris suraigus ("Aaaaah ! Renatoooo ! J'ai cassé ma biscotte !"), ce qui bien sûr, ne manquait pas de me faire passer pour une illuminée auprès des autres élèves, sauf de Camille, évidemment, qui se fendait la pêche à l'unisson avec moi.

A vingt-trois ans passé, j'ai les DVD de la "Cage aux Folles" à la maison. A vrai dire, ce sont des films dont je n'aurais pas pu me passer. Albin Mougeotte/Zaza Napoli est un personnage que j'affectionne, et il me fait rire, pleurer aussi. Zaza Napoli m'a permis de découvrir que j'avais les ressources, en moi, pour pousser des cris suraigus dans la cour de récréation ("Renatooo !), sans m'inquiéter du regard des autres. Bien sûr, j'ai vu d'autres films avec Michel Serrault : "le Papillon", par exemple, est un film que j'aime beaucoup, un film très tendre. Mais j'avoue que la "Cage aux Folles", si ce n'est pas un film dramatique, si c'est du rire premier degré, loin du standing de "Garde à vue", a et aura toujours une place particulière dans mon coeur.

Pourtant, je n'avais pas une admiration sans borne pour Michel Serrault.
Non. Il faisait partie de ces acteurs que j'aimais bien, sans me poser trop de questions, sans chercher à voir tous ses films, à connaître toute sa vie. Mais il faisait aussi partie de ces acteurs qui ont jalonné mon existence... Il y a des gens, comme ça, qui sont là, toujours en toile de fond. Vous grandissez, et eux vieillissent pendant que vous grandissez, pendant que vous vous envolez vers l'âge adulte. A ceci près que vous, vous ne vous apercevez pas qu'ils vieillissent. Bien sûr, la "Cage aux folles" est diffusée régulièrement à la télévision, bien sûr "Le bonheur est dans le pré" raconte toujours la même histoire, avec les oies, le foie gras, le puits, les bêtises d'Eddie Mitchell, le bonheur tout neuf et menteur de Serrault, et tout le tintoin. Quelles que soient les années, au fil du temps, les histoires restent les mêmes, intemporelles. A vingt-trois ans, j'ai toujours autant de plaisir à plaindre Renato dans "La cage aux folles", quand il doit persuader Albin de ne pas se suicider (moment savoureux où celui-ci a apporté un petit coussin pour mieux supporter les rails du train). J'ai toujours la même petite larme quand Albin lui-même s'observe dans le miroir, lui aussi.

Ce que j'essaie de te dire, Victor, c'est que j'avais assimilé Michel Serrault à Albin. On oublie parfois, parce qu'on a toujours connu certains acteurs, certains films, que les comédiens sont mortels, comme nous, et qu'un jour, il leur faut bien, comme tout à chacun, tirer leur révérence. Alors hier matin, en regardant les journaux sur le net, quand j'ai vu que Serrault était mort... Cela m'a fait un choc. En me disant "Tiens, lui aussi !" avec un peu de surprise, comme s'il ne pouvait pas mourir. C'est la vie, Mirabelle... Oui, c'est la vie...  Tout ça pour dire que Michel Serrault m'avait accompagnée de loin, icone de cinéma rassurante sur mon chemin. Alors oui, Michel Serrault est parti, mais pas Albin, pas Zaza Napoli. Et je sais qu'à chaque fois que je regarderai "La Cage aux folles", j'aurais le même sourire, le même rire, les mêmes larmes qu'à douze ans. C'est peut être ça, ne pas mourir...
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