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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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Et si elle ne revenait pas ?

Fraîchement rentré du travail, il avait pu constaté qu'elle avait pris toutes ses affaires. Toutes. Plus rien dans la penderie. Plus de sac à main dans l'entrée. Plus de crème hydratante dans la salle de bain. Plus rien. Il se laissa lourdement tomber sur son fauteuil : pourquoi ? Le manqua lui attrapa le ventre et le lui tordit dans tous les sens. Il avait mal. Elle n'avait pas pu partir. Non. Elle n'était pas partie. Elle allait revenir. Elle revenait toujours.
Il composa son numéro sur son portable. Fébrile, le coeur battant. Sonnerie dans le vide. Réponds, s'il te plaît, réponds... Ne pas s'énerver, surtout. L'amadouer. Et la faire revenir. A tout prix. Sonnerie dans le vide. Il raccrocha rageusement et recommença. Ne pas se décourager. Elle finirait par répondre. Elle ne pouvait pas se passer de lui, de toute façon. Ne lui avait-elle pas dit qu'il était l'homme de sa vie ? On ne peut pas dire ce genre de choses et s'enfuir le lendemain. Sonnerie dans le vide. Les crampes dans le ventre s'accentuait. Il avait peur.
Quelque chose est cassé... lui avait-elle dit, un jour, après une grosse dispute à propos de leur avenir commun. Ca lui passera, s'était-il dit. Elle passait l'éponge sur tout, une fois qu'elle s'était calmée. Pardonnait tout. Elle lui pardonnerait toujours tout. Quelque chose est cassé... Et si, cette fois-ci, quelque chose s'était réellement brisé en elle ? Si elle ne revenait pas ?
Il ne l'avait pas assez écoutée, pas assez comprise. Et si c'était trop tard ? Mais elle l'agaçait tellement, avec ses reflexions incessantes, que désormais elle l'énervait rien qu'en ouvrant la bouche ! Referme bien le dentifrice, ne déjeune pas debout, tu manges trop de bonbons, tu sales trop tes aliments, enlève tes chaussures dans l'entrée... Tu es trop ci, trop ça, pas assez ci, pas assez ça... Elle l'agaçait, elle l'agaçait, il n'avait donc rien à regretter !
Pourtant, il composa son numéro. Encore. Toujours cette même sonnerie dans le vide. Imperturbable. A se cogner la tête contre les murs. Et s'il n'avait pas vu ses blessures ? Et si c'était de sa faute ? Il se rongeait les ongles. Si elle avait été là, elle lui aurait pris la main et dit d'arrêter. Où était-elle ? Elle avait dû prendre le premier train et rentrer chez elle. Mais pas un mot. Pas une explication. Ca ne lui ressemblait pas. D'habitude, elle laissait toujours une longue lettre, très romantique, ou elle expliquait le pourquoi du comment cela n'allait plus. Aujourd'hui, rien. L'absence. Et l'angoisse de pas savoir.
Qu'avait-il bien pu dire ? D'accord, hier, pendant le repas, il lui avait dit qu'elle n'était pas la femme de sa vie. Elle avait été chercher il ne savait trop quoi dans la cuisine, et quand elle était revenue s'asseoir, elle avait l'air... Triste. Les yeux un peu rouges, peut être, à bien y réfléchir. Elle n'avait pourtant pas pipé mot, il n'avait rien remarqué. Ce n'était pas grand chose, tout de même, d'avoir dit ça !
Et puis, ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Elle avait mal compris. Il l'aimait. Vraiment. Il l'aimait, elle. Jamais il ne resterait s'il ne pensait pas qu'ils pouvaient construire quelque chose ensemble. Alors quoi ? Elle prenait toutes ses paroles au pied de la lettre ! Elle créait les problèmes !
Sonnerie dans le vide. L'idée le frôla de prendre la voiture et de rouler comme un fou sur l'autoroute pour la rejoindre chez elle, à deux cents kilomètres d'ici. En roulant à 150 km/h, cela irait vite. Et elle serait touchée. Elle savait bien que ses preuves d'amour étaient dans les actes. Car il n'était pas doué pour les mots. Vraiment pas doué.
Souvent, ils se disputaient parce qu'il s'exprimait mal. Malentendus éclaircis à force de discussions prise-de- tête. Elle insistait, insistait, lui disait de faire ses efforts sur son langage. Mais qu'y pouvait-il ? Les mots sortaient comme ça, sans crier gare, sans même qu'il s'en rende vraiment compte ! Si elle ne le comprenait pas, il n'y pouvait rien, lui ! Et si elle ne revenait pas ?
Il n'imaginait pas sa vie sans elle. Même si elle était chiante. Même si elle donnait des leçons. Même si elle le critiquait sans arrêt et que rien ne trouvait jamais grâce aux yeux de Mademoiselle Parfaite. Mais il l'aimait. C'était une évidence. Il n'avait jamais cessé d'être amoureux. Jamais. Elle lui avait dit un jour que l'amour ne règle rien... Allait-elle revenir ? Et ce téléphone, qui sonnait toujours dans le vide ! Pourquoi ne répondait-elle pas ?! Ca l'amusait, de le laisser sans nouvelles, à se ronger les sangs ?
Il avait été con, aussi. On ne peut pas dire n'importe quoi, n'importe comment, n'importe quand. Le problème, c'est qu'il ne s'en apercevait que maintenant. Quand elle était partie. Il fallait toujours qu'elle parte pour qu'il ouvre les yeux sur sa bêtise.
Sonnerie dans le vide.
Elle reviendrait.
Elle reviendrait.
Forcément.
Elle l'aimait, ne pouvait pas vivre sans lui. Il avait eu des paroles malheureuses, d'accord, mais tout s'oublie. Elle tournerait la page et reviendrait. Tout rentrerait dans l'ordre, bientôt. Il soupira et alla se chercher une bière dans le frigo. Il garda son téléphone dans sa poche, au cas où elle appellerait.
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M
Mais merde, prends la ta caisse ! Fonce ! Arrive avant le train ! Cherche là, dis lui que tu l'aimes, dis lui que sans elle t'es rien, dis lui que t'es pas doué avec les mots...<br /> <br /> Mais c'est franchement pas ton portable dans ta poche qui réglera la situation, alors que si ça se trouve...
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R
Voilà les mouchoirs ! (Eh ben oui, déménagement oblige, j'ai eu du mal à les trouver)<br /> <br /> Je suis d'avis qu'on prenne des actions chez Kleenex : tant qu'à pleurer autant pleurer utile ;-)
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M
Capitaliste ! ;-)
A
Tant que tu y es, Rosa, ramène-m'en un aussi. *snif*
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M
Allez, je laisserai une boîte de mouchoirs en libre-service pour le prochain épisode ! ;-)
R
Je vais chercher un mouchoir...
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M
Va donc ! ;-):D
P
Deuxième opus dans lequel on suit un autre personnage et son cheminement de pensées.<br /> C'est toujours aussi bien écrit avec une bonne psychologie du personnage, le rejet de la faute sur l'autre, le besoin de déculpabilisation constant jusqu'à l'aveu même de la culpabilité.<br /> C'est très bien vu ! <br /> Contrairement à vous, je pense que les femmes n'oublient pas mais remontent plus vite la pente que les messieurs, lors d'une rupture. <br /> Si les femmes sont sensibles, les hommes sont plus sentimentaux, eux...
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M
Ah bon ? Tu trouves ? Je n'ai jamais trouvé que les hommes étaient plus sentimentaux... Peut être que je n'ai pas rencontré les bons ! ;-)