Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor, Mirabelle, est-ce que tu te sens mieux ? Eh bien, oui, merci ! J'ai retrouvé ma voix et... Non, mais je ne parlais pas de cela... Je voulais dire... Par rapport à cette histoire avec les parents... Tu sais, le coup de la punition... Ah ! Ma foi, oui, ça va mieux. Ce soir, à 16 h 30, je n'ai pas scruté la grille avec anxiété, ce qui est, je suppose, très bon signe. Mais alors tu avais des problèmes de voix ? Oh, une petite extinction. "L'extinction de la deuxième semaine", comme me l'a dit un collègue en riant. J'ai fini sous corticoïdes. Et aujourd'hui, cela va beaucoup mieux. Et le moral, alors ?
Regallardi. Et sans doute plus lucide. Il faut dire que j'ai été très soutenue. Le lendemain de la fameuse affaire, une collègue prend de mes nouvelles, en me servant un café à la récréation : "Ne t'en fais pas," me dit-elle : "Avec l'âge et l'expérience, ils t'emmerdent moins. Bon. Moi, il faut dire aussi que je suis pas aimable, c'est peut être pour ça qu'ils ne viennent pas me chercher d'histoires. En tous cas, dans ces cas-là, il faut éviter de rester seule. Il faut montrer qu'on est une équipe, et qu'on est soutenue." .Je la remercie chaudement. Elle ne peut évidemment pas savoir (sauf, sans doute, en se plongeant dans ses souvenirs, elle qui est à quelques années de la retraite...) quel bien elle me fait par ces paroles. Combien cette histoire me rendait malade. Elle dédramatise. Tout simplement.
Le café est bon, les collègues rigolent, en causant de tout (les gamins, les évaluations, le passage à la classe supérieure) et de rien (on se charrie doucement les uns les autres...). La photocopieuse tourne comme une folle. On entend les gosses hurler et rire par la fenêtre ouverte. Je les vois courir dans tous les sens. Je suis bien là, parmi ces collègues concernés et prévenants, soucieux de savoir comment se passe mon stage, n'hésitant pas à me proposer de "prendre les pires loustics dans leur classe pour qu'ils se calment".
Pendant mon SR2, l'équipe était froide. Distante. Avec un humour très tranchant. Je n'avais pas senti, au fond, beaucoup d'amour du métier et certains avaient franchement tenté de me dégoûter de cette carrière.Toujours à critiquer les parents. Leurs physiques, leurs vêtements, leurs odeurs. Leurs gamins bien sûr. Ce n'était pas le même milieu, c'est vrai. Il n'empêche que par cette atmosphère morose, sans passion, sans joie de vivre, je n'avais pas encore pu prendre toute la mesure de ce que signifie le mot "équipe" au sein de l'école.
Là, en ce jeudi matin, je me sens bien. Entourée. Soutenue. Et je sais que j'aurais du mal à les quitter samedi. Je sens que je vais laisser des chocolats dans la salle des profs, discrètement, à pas feutrés...
L'ambiance varie beaucoup selon les écoles; je pense que la direction joue une rôle, par les rapports qu'elle introduit. Le problème, c'est que, en tant que débutants, nous y sommes très sensibles, je crois. Une bonne ambiance dans l'école, entre les profs, ça nous aide à prendre nos marques non seulement dans l'école, mais aussi dans le métier. L'mportant est que ce stage se soit bien passé :)Peut-on déjà te souhaiter de bonnes vacances?
C'est vrai que ça aide à prendre des marques, à aborder nos débuts plus sereinement. J'ai eu de la chance pour ce stage... Et je regrette déjà l'équipe ! :("Peut-on déjà te souhaiter de bonnes vacances?" : euh... Pas encore tout à fait... J'ai encore un lundi avec les petits et une semaine de cours à l'IUFM... Après, vous pourrez ! ;-)