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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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C'était un 14 juillet

Il y avait la pluie et le tonnerre. Le duvet humide. L'odeur un peu moisie de la tente. Les rires, les cris, la musique dehors. La fatigue, les yeux qui piquent. Mes pieds tout froids et les éclairs. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Comme si j'attendais quelque chose. Ou quelqu'un. Cette nuit de 14 juillet me rappelait celle de mes huit ou neuf ans. Un été, des vacances avec mes parents et ma meilleure amie. Un orage terrifiant, comme celui-là. La même peur : une peur de petite fille.
J'étais seule dans ces deux duvets convertis en un seul. A deux doigts de glisser du matelas pneumatique, seule à maudire cette fichue idée de camping. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Une heure a dû s'écouler, dans la torpeur, dans la nervosité et l'épuisement. De ces instants où le temps nous échappe un peu, où on bascule vers un nulle part, où on n'a plus qu'une vague conscience de qui on est et d'où on se trouve, comme dans du coton.
Et puis, dans le bruissement de l'herbe, j'ai entendu le gémissement de la fermeture éclair, distingué la lueur d'une lampe de poche. Entrevu une silhouette familière. Il est entré dans la tente, a retiré ses chaussures. Il s'est couché à côté de moi, dans ces deux duvets convertis en un seul. Il m'a prise dans ses bras. M'a dit de ne pas m'en faire, et de dormir. Et moi, j'ai béni la vie de m'avoir offert cet orage et cette sensation étrange : celle de ne manquer de rien.
J'ai vraiment vécu ça. Un orage terrible, ses bras autour de mon visage, ses lèvres sur mon front, et l'impression que rien ne pourrait m'arriver, que rien ne pourrait nous arriver.
Si la vie est difficile, si l'amour est compliqué, si un jour tout peut être bleu et le lendemain gris, il y a quelque chose dont je suis absolument certaine, malgré le doute et les épreuves... C'est qu'il y a des instants qui valent la peine qu'on s'en souvienne.
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P
Ce qui est le plus étrange, c'est de voir à quel point nous nous ressemblons toutes et tous. Ces expériences, ces instants qui nous paraissent si personnels sont vécus, de façon similaire, par d'autres. Ca, c'est magique !
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M
 Tu as raison. On a l'impression d'être le seul à vivre des instants aussi forts, alors qu'au fond, c'est très banal, dans le sens où nous sommes touchés par des moments qui nous suivent. C'est surprenant de se dire qu'on a tous vécu des moments différents mais que nos sensations ont été les mêmes... C'est universel, dans le fond ! :D
P
Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps Le beau temps me dégoute et m'fait grincer les dents Le bel azur me met en rage Car le plus grand amour qui m'fut donné sur terr' Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter Il me tomba d'un ciel d'orage
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M
Merci Monsieur Brassens ! :D
F
Jolie prose d'un moment de vie, j'aime beaucoup. Toutefois, je n'aime pas trop le camping je dois l'avouer. A bientôt.
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M
Ben moi non plus, en fait, je n'aime pas trop le camping... ;-)