Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor, La rentrée se rapproche à grands pas et l'angoisse monte. Je réalise un peu plus chaque jour que ça y est, je vais me lancer dans l'arène. Tu as de ces comparaisons... Oui, bon, c'est peut être un peu poussé mais enfin, tu sais, mon imagination galopante va souvent chercher les situations les plus invraisemblables... Et là, c'est un extrait du film "Gladiator". Russell Crow dans l'arène, pour son premier combat, comprend à peine ce qui lui arrive. C'est l'instinct de survie qui le fait se battre et... Oui mais enfin toi, tu n'en es pas à ce point-là, quand même ! Il ne faut pas exagérer, tu ne risques pas ta vie ! Ne casse pas sans cesse mes images, Victor... Bref.
Dans un premier temps, il se bat sous les huées si je me souviens bien (j'ai vu ce film il y a longtemps, pardonne ma mémoire défaillante), il est seul dans cette arène immense, seul et un peu désamparé. Cela n'a pas dû durer bien longtemps ! Quand les lions sont lâchés, il faut bien se remuer un peu et... Terminés les états d'âme ! Oui. C'est ce que je ferai moi aussi. Quand je serai dans l'arène, avec vingt-cinq lions en moyenne autour de moi, il faudra bien que je les dompte (cette comparaison n'est pas si saugrenue, Victor ! Combien de collègues ai-je entendu s'exclamer, à la fin de la pause café à la récréation : "Allez, je vais chercher les fauves !") et qu'ainsi (car l'un ne va pas sans l'autre...), je parvienne à séduire la foule, la mettre dans ma poche, une foule qui, souvent, me jugera et me demandera des comptes. J'imagine que tu parles des parents d'élèves... Ben oui ! De qui veux-tu que je parle ?
Bon. Calme-toi avec les parents. Ce ne sont quand même pas des monstres. Mais ouiiii je m'en doute ! C'était pour la métaphore !!! Et puis tu n'en es pas encore là. Tu n'es pas encore dans l'arène. Pour l'instant, tu es encore en vacances sous le... Bref... Sous la pluie de ta petite région. Là où tu te trompes c'est que dans mon esprit, je suis de moins en moins en libre et de plus en plus prête à faire mon entrée dans l'arène. Là, c'est comme si... C'est comme si j'étais dans le grand couloir, tu sais. Non, j'avoue... Mais sii ! Je suis un gladiateur qui s'apprête à combattre ! Je marche et devant moi, il y a ce grillage, qui va se lever. J'entends la foule, je sais qu'il y aura les lions, la sueur, les efforts. Je sais tout ça. Et j'ai peur. J'ai la peur au ventre. Mon petit doigt me dit de faire demi-tour mais une voix intérieure me souffle aussi: "Mais sii, Mirabelle, vas-y... Le combat t'excite, tu n'as qu'une envie : entrer dans l'arène. Oublie tes peurs, détends-toi, oublie la foule et concentre-toi sur les lions à dompter !". Je sais que cette voix a raison. J'ai envie mais j'ai si peur, si peur. C'est mon premier combat. Mon premier vrai combat.Celui dont je me souviendrai toute ma vie durant. Il y en aura d'autres, des combats, et peu à peu, comme Russell Crowe, je manierai mieux mes armes, je connaîtrai mieux les lions, je saurai quels gestes, quelles attitudes adopter pour ne pas voir le pouce de la foule s'orienter vers le bas. En attendant, c'est mon premier combat. La grille est encore close, devant moi, mais je vois le soleil, tout au bout, qui descend sur l'arène, lourd comme du plomb. J'entends l'impatience de la foule, qui suppute sur la tête de la nouvelle combattante. Je ne sais pas encore à quoi ressembleront les lions, s'ils sont jeunes ou plus âgés ; je n'ai pas encore foulé le sol de l'arène. Je l'imagine, et je reste là, dans ce couloir, à regarder le grillage, la lumière, et à me dire que ça y est, c'est la bonne. J'ai tant attendu et c'est la bonne, ça va se réaliser. Je vais faire mon entrée dans l'arène. Ma première rentrée. Mon premier vrai combat.
Oula Mirabelle ne me lance pas sur ce sujet là, je vais encore faire une tartine... Je vais te dire ce que je ressentais au début. C'est clair, j'avais la pression, je terminais une heure, épuisée, en alignées plusieurs c'était très compliqué... Mais c'était pendant ma formation, après au boulot c'était différent. J'ai de temps en temps des coups de pression, juste de quoi te relancer un peu le coeur lol. ça développe la réactivité, je rentre pas dans les détails mais on évite régulièrement l'accident. Mais pour l'instant je n'ai jamais eu peur (j'espère que ça va durer). Pour moi le plus dur à gérer, c'est pas les élèves mais certains automobilistes... (pas tous biensur) Mais tu vois, j'aurai super peur de me retrouver devant 25 enfants... tu peux même pas imaginer lol, en plus vu le genre "miss gaffe" que je suis, je suis capable de faire un truc bien ridicule, genre une bonne gamelle dès le premier jour. (Je suis plus en sécurité dans ma voiture...) Rien que les cours de code devant une quinzaine de personnes je flippais, avant et je mettais je sais pas combien de temps à m'en remettre...Bref je te "tire mon chapeau" pour le métier que tu as choisi, merveilleux (le plus beau je crois) mais pas simple. Dans le fond se sont un peu les mêmes angoisses, le contexte est différent c'est tout.Bisous Mirabelle ;)
Je peux imaginer la gorge qui se serre ,le coeur qui bat plus vite,les mains moites....pauvre petite maitresse lâchée dans l'arène...t'inquiètes pas ,je suis certaine que tu vas en faire la conquête de tes jeunes fauves . Un sourire d'encouragement pour toi.
Et puis toi tu seras tout de suite dans le bain ! Contrairement à moi qui ai une petite semaine à attendre après la rentrée pour savoir où je vais exercer pour l'année !Bizz aussi
M
monitrice
21/08/2007 22:07
Profite bien des quelques jours de vacances qu'il reste, ça va être pour toi un grand moment cette première rentrée, sans aucun doute une belle et mémorable journée. Enfin le grand jour !!! ;) C'est pas du tout pareil mais ça me rappelle, mon premier jour de travail après mon diplôme et mes premières leçons : la peur au ventre les jours précédents mais trop heureuse une fois dans l'arène, sauf que mon arène à moi c'était une voiture avec un petit lion à ma gauche (et non pas 25...) et des fauves dehors (beaucoup!!)... C'est différent mais je peux un peu imaginer ce que tu ressents.Je te souhaite que cette journée soit merveilleuse Mirabelle :)Virginie
Oui, dans le fond, j'imagine que notre angoisse et nos sensations seront un peu les mêmes... Sauf que je suis plus en sécurité en classe avec les gamins que toi, sur la route, avec tes premiers élèves débutants ! :D D'ailleurs, c'est rigolo que tu me parles de cela que je me suis souvent posé la question de savoir comment se sentaient les moniteurs de conduite pour leurs premières leçons... Ca doit être, quand on n'a pas l'habitude (ou du moins, pas encore...), une sacrée responsabilité et on doit avoir peur de laisser passer des pépins ! Non ? ;-)Bisous monitrice ! :D
S
Sad Song
21/08/2007 22:00
Des lions?! Comme ceux sur la photo que j'ai mis en lien (en site perso) à la limite!