Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Quelle longue absence ! J'ai cru devenir fou, à t'attendre tous les jours à notre table ! Pardonne ce silence prolongé. Mes deux semaines de stage m'ont permis de me ressourcer, me forçant parfois à délaisser la blogosphère. Humm... De toute façon, me revoilà, fraîche et dispose, pour cette dernière semaine avant les vacances ! Nous gratifieras-tu tout de même d'un article relatant ta formation ? J'hésite. Il y a beaucoup de choses à en dire et en même temps... Rien ! C'est très clair, très très clair ! Je te reconnais bien là ! Bref... Comment se sont déroulées tes retrouvailles avec les élèves ?
Très bien. Cela m'a d'ailleurs aidé à réaliser que je suis VRAIMENT maîtresse.Parce que tu n'as pas encore réalisé ?! Si, si, mais enfin, disons que j'en prends conscience un peu plus chaque jour. Vendredi après-midi, je suis retournée à l'école. Même si j'étais encore en stage officiellement, la circo' nous a demandé d'y faire un saut, pour prendre connaissance de toutes les ressources de l'établissement et éventuellement commencer à préparer notre retour. Bref. Afin de discuter avec mon remplaçant, rejoignant ma classe, je dois traverser une partie de la cour.
Il est aux environ de 12 h 30, soit l'heure où tous les Cycle 3 se déchaînent. Quand je passe dans l'allée, je vois de loin la petite Louise s'exciter comme une puce : "Yyyyyyyyya la maîîîîîîîîîîîîîîîîtreeeeesse !". J'esquisse un sourire amusé (et ravi intérieurement, il faut bien le dire...) et vois débarquer une dizaine de mes élèves, hurlant des "Maîîîtreeeesse !!!" à la limite de l'hystérie. - Raaa, Maîîîîtresse, vous nous avez trop manqué ! - C'était bien, Maîtresse, votre stage ? - Et vous avez appris quoi ? - Ca va bien, Maîtresse ? - Vous venez nous faire classe cet après-midi ?
J'explique que non, c'est encore le remplaçant pour aujourd'hui mais je serai de retour lundi. J'entends des "oooh" de déception. Hihihi... Oui, je sais ce que tu penses... C'est du fayotage mais c'est bien agréable quand même ! Chargée des commandes de matériel que je viens de recevoir (enfiiiin !), j'indique aux gamins que j'ai fort à faire et quitte mes admirateurs avec des étoiles dans les yeux. Dans l'allée, j'ai le sourire aux lèvres. J'ai l'impression de rentrer chez moi. D'appartenir à quelque part.
Bouhouhouhhhh, moi c'est l'inverse.Je suis la maîtresse de personne! Quand la titulaire passe dans l'école les enfants s'écrient, tournés vers ELLE : "hoooo, maîtresssseee!!!" et ça me bouffe de les voir si contents de la voir, elle.Je suis déracinée, nomade, éternelle "remplaçante" aux yeux des enfants, je n'appartiens nulle part...
En plein avec toi. Qu'est-ce que ça a du te remplir de joie et "disons-le d'une certaine fierté," tout ce petit monde qui te dit que tu lui as manqué. J'attends la suite de ton roman "maîtress".Bisous Boisette.