Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Au fond, aujourd'hui, je suis plus triste que malheureuse. Le malheur, c'est le désespoir. Je ne suis pas désespérée. C'est une tristesse amère, qui ne m'entraîne plus jamais au fond du gouffre. Je ne regarde plus les clichés enregistrés sur mon ordinateur, n'écoute (quasiment) plus de morceaux cafardeux. Il me manque moins. Et je crois qu'en réalité... C'est ça qui me rend le plus triste. C'est de l'oublier. Parce que tout passe, un jour ou l'autre, qu'on le veuille ou non. Je n'ai plus le réflexe de penser à lui, ou plutôt penser à lui n'induit plus cette douleur accablante qui m'a si longtemps fait pleurer. Et ça me rend triste : le temps fait son oeuvre. C'est la vie. Et je n'y peux rien. Je ne voulais pas l'oublier. Une minuscule partie de moi-même ne s'y résout toujours pas. Cependant, elle est si imperceptible, si discrète, que bientôt elle aura disparu. Je m'y résigne. Même quand elle hurle qu'elle est bien seule, qu'elle voudrait qu'on la console, qu'IL la console, je m'y résigne. Même quand elle me souffle que le lit est trop grand et trop froid sans lui, je m'y résigne. Il fut une époque où j'aurais décroché les étoiles pour lui. Désormais, son image s'éloigne et je ne lutte même plus pour elle. Et c'est ça qui est triste. Au fond, je ne suis pas malheureuse. Je ne suis plus malheureuse. Je sais que tout s'oublie. Mais en oubliant, je reconnais, à contre-coeur, que je n'ai pas vécu la grande histoire d'amour que j'espérais. Que ce n'était pas lui, ma grande histoire d'amour.Dans dix, vingt, trente ans, nous nous apercevrons que nous n'avons été l'un pour l'autre qu'une histoire "entre autres", alors que sur le moment, tout était si absolu, si passionné, si définitif, si inoubliable, si douloureux. Etre tout. Puis plus rien. C'est triste.Dans dix, vingt, trente ans, nous réaliserons que nous n'avons été l'un pour l'autre que des étoiles filantes. A peine le temps de faire un voeu et nous voilà déjà partis.
Je suis d'accord avec ma2thieu, tu n'oublieras pas tout. J'ai aussi vécue une histoire douloureuse (très douloureuse) il y a quelques années. Je n'ai pas oublié, même si je ne me souviens pas de tout. Et quand je le revoit, et bien je me dit que finalement, je suis contente que ça n'ai pas marché. Je suis avec quelqu'un qui me correspond mieux maintenant. Alors ne t'inquiéte pas, il faut avoir confiance en la vie. Tout arrive au bon moment (ou pas) pour que tu puisses avanncer. Même si c'est vrai que parfois c'est dur, je pense que les expériences difficiles apprennent beaucoup même si sur le moment tu ne t'en rends pas compte. Courage :)
Il arrive un moment où l'on ressent un manque mais ce manque n'est plus vraiment un manque précis de l'autre, plutôt un vague (vague ne veut pas dire faible) manque de tendresse. Je suis peut-être en ce moment quelque part entre le précis et le vague.
Tout comme Céline, je me suis reconnue dans ce billet, surtout concernant la métaphore des étoiles filantes..Mais ce Grand Amour dont tu parles, t'attend quelque partEn attendant, profite des petits bonheurs de la vie
Je ne suis pas si avancée que toi dans le chemin de la "guérison"... en ce moment je suis plus malheureuse que triste... mais lorsque c'est l'inverse, lorsque je suis plus triste que malheureuse... et bien je ressens exactement la même chose que toi... c'est fou, je me suis vraiment reconnue dans ce billet :-)
Tu es un peu dure, non?Même si tu oublies, tu n'oublieras jamais totalement, cette partie de toi qui veut garder des souvenirs fera son travail et conservera des traces. Vous resterez une histoire d'Amour, peut-être pas LA grande histoire d'Amour, mais une quand même. Et comme tu le dis, vous y avez cru, vous l'avez vécu pleinement. Et ça, ce n'est pas rien!:)