Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor, Tout à l'heure, alors que j'étais tranquillement à lire le journal, je me touchais machinalement l'annulaire. C'est là que je l'ai regardé. Et... ?Et je me suis rendu compte que je n'avais plus la marque de ma bague.Plus rien.Quelle bague ? La bague qu'il m'avait offerte pour nos un an d'amour. Un diamant somptueux. Ah... Tu l'avais retirée ? Evidemment ! Tu ne croyais tout de même pas que j'allais la garder ?! On ne sait jamais ce que font les gens de leurs souvenirs... Non, je ne l'ai pas conservée. Je la lui ai restituée. Dieu seul sait ce qu'il en a fait. De toute façon, cela ne me concerne plus et j'ai tout détruit de ce qui pouvait me le rappeler. Bref. J'ai regardé mon annulaire. Plus rien. Plus aucune trace. J'avais pourtant longtemps gardé cette marque. Peu de temps après notre rupture officielle, tandis je le regrettais encore, j'aimais la contempler, j'en souriais presque, en me disant qu'il était encore avec moi. Un petit peu... Un petit peu seulement... Et puis bien sûr, avec le temps, j'avais arrêté d'y penser, à cette marque. Jusqu'à tout à l'heure. Il n'y a plus rien.
Je la portais nuit et jour. Depuis cet après-midi où il me l'avait offerte. Nous l'avions choisie ensemble. J'étais surexcitée. J'étais rentrée chez moi sur un petit nuage, en claironnant que c'était le plus beau cadeau qu'on m'ait jamais offert. J'y tenais tellement, à cette bague. Enfin, pas à la bague en tant que telle, évidemment (car comme tu le vois, je n'ai pas eu de mal à m'en débarrasser), mais à ce qu'elle représentait : notre amour. En trois ans, je ne l'avais jamais retirée. Elle ne me quittait pas. Dès que je la regardais, c'était comme si je le voyais lui, et cela me remplissait d'un bonheur dont tu n'as même pas idée. Quand il m'a trahie, je la lui ai rendue. Sans regret. Parce que justement, cette bague, c'était notre amour, notre amour à nous deux, celui que nous avions l'un pour l'autre. Humiliée, blessée, je m'en suis séparée, parce que cette histoire, finalement, c'était du pipeau, et avoir ce diamant sous les yeux, c'était comme examiner notre échec, ma déception, chérir quelque chose qui n'était plus de ce monde. C'était surtout remuer le couteau dans la plaie...
Bref. Il n'y a plus aucune trace de cette bague. Mon doigt est vierge, sans histoire. Comme si ce symbole n'avait pas existé. Ca a donc fini par disparaître, ça aussi. Comme tout le reste.
Bonjour Mirabelle... et Victor ^^.tu sais, c'est normal que ce soit difficile pour toi de repenser à ta bague, à ton amour... c'est tout ce qu'il y a de plus normal d' etre triste, un amour qui se termine, c'est douloureux, mais ce qui est bien quand on a laissé le temps s'écouler et faire les choses, panser les plaies, c'est qu'on arrive à se dire, plus tard, que cet amour passé nous a construit, qu'il a contribué à faire ce que nous sommes aujourd'hui... et quand on arrive à le comprendre (comme toi, j'ai l'impression ^^.) , bin c'est vachement bien...gros bisous Mirabelle... et Victor.Passez une bonne journée.
Tu as rendu la bague ?On m'a toujours dit qu'une bague ça ne se rend pas mais que, par contre, on peut la revendre pour en racheter une autre qui signifie "nouveau départ". Enfin, c'est la vieille grand-tante perdue dans sa montagne qui dit ça. Je ne sais pas ce que ça vaut.